Dear White People

Miss Bobby_Dear White PeopleCe titre pourrait s’apparenter à un début de lettre manuscrite, pourtant il s’agit là d’une émission de radio présentée par une jeune et charismatique noire interprétée par Tessa Thompson, dans le film du même nom : Dear White People.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : je suis passée complètement à côté du film, et en beauté ! Il a du potentiel, c’est un fait, mais je ne pense pas être la cible sur plein de niveaux. Je vais plutôt vous exposer comment je l’ai perçu, libre à vous de m’expliquer votre opinion, je serai ravie de lire ce que je n’ai pas su voir.

Dear White People se range dans la catégorie film polémique, fausse polémique même : création d’un propos et d’un débat qui n’a pas forcément lieu d’être, en l’occurrence pousser la différence blanc contre noir en cherchant la petite bête, en cherchant les coups. Et ça, ça m’énerve. J’imagine que ce type de comportement existe bel et bien (plus aux Etats-Unis sans doute), mais nous n’avons pas le même genre de problème en France (le racisme est là, c’est indéniable). Je vais arrêter de tourner autour du pot, le film met en exergue une nana qui défend les droits des noirs, dans une université cotée où chacun est bien parqué dans une communauté (dite « maison », un peu comme à Poudlard, mais en moins fun), en créant des pseudos conflits. S’ajoute à cela qu’à chaque fois qu’elle ouvre la bouche je ne comprends rien, toujours sur la défensive, à émettre un jugement très strict prouvant un état activiste mal placé sous prétexte qu’elle veut se prouver quelque chose… Hey ! C’est bon ! D’ailleurs, TOUS les personnages veulent se prouver un truc. C’est lourd. Qu’il y en ait un ou deux qui soit paumé, bon, je veux bien, mais ils jouent tous un double jeu et aucun n’affirme sa vraie personnalité. Du coup, je me suis perdu entre des « belles » paroles fondées dans un cadre qui ne s’y prête pas, où vient s’ajouter la question « Comment trouver sa place en tant que noir ? », à la limite, j’aurais vraiment préféré que le film se centre sur ce deuxième sujet, facilitant l’identification, l’intégration de manière générale, ça touche du monde.

Le montage est chapitré, pour quelle raison ? Cela n’apporte aucun intérêt et en plus, on finit par perdre le fil. En revanche, les cartons de présentation des « maisons », ça j’ai trouvé ça sympathique et bien fait. Il y a plusieurs petites idées intéressantes comme ça qui ne sont pas abouties et pas assez travaillées, des personnages dont on définit mal leur rôle et leur but. Se pose la question des fêtes racistes aussi, où il faut s’habiller et se comporter comme un noir (par exemple), c’est typiquement le genre de choses qui nous est étrangère ici, cela ne m’empêche pas de comprendre le problème, mais idem, il est perdu dans le flot d’idées.

Dear White People avait du potentiel pour plaire (et il plaira à certains), un combat pour sa couleur face à des idéaux très ancrés créés par les blancs dans le milieu étudiant, mais pour ma part, il a été mal orienté vers une sorte de gue-guerre officieuse où ce sont surtout les égos qui sont mis à mal et où ce combat démarre sur des fondements qui n’existent pas ou peu (dans le film j’entends), accentuant certains clichés.

Sortie en salles le 25 mars.

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