Ex Machina

Miss Bobby_Ex MachinaParler d’Ex Machina, c’est comme se replonger dans ses cours de philo pour écrire un devoir dessus, sauf que, le film, bien que très intéressant, a un sujet à la fois simple, déterminé et encadré, mais complexe à développer sur le papier. Souhaitez-moi bon courage !

Ex Machina est un face à face entre l’homme et l’intelligence artificielle, sur fond de manipulation psychologique et d’émancipation féminine. Nathan (Oscar Isaac) est un génie informatique qui développe, reclus dans les bois, depuis des années une intelligence artificielle féminine, toutefois, son travail ne s’arrête pas là, puisqu’il pousse le vice jusqu’à recréer le corps de la femme, sous forme d’exosquelettes recouverts de peau synthétique. Un développement spécifique où le créateur solitaire se retrouve continuellement nez à nez avec ses créations, qu’il améliore, tels des logiciels informatiques. Afin d’avoir le recul nécessaire sur son objectif, il invite un jeune homme, Caleb (Domhall Gleeson) pour tester sa « machine ». C’est à ce moment-là que les choses se compliquent et que je vais tenter de développer sans trop en révéler, ce qui n’est pas gagné.

Jusqu’où peut aller l’intelligence artificielle ? À quel moment prend-t-elle le contrôle ? Peut-elle être manipulatrice, séductrice ? A-t-elle un libre arbitre ? Sommes-nous à ce point si naïfs ? Autant de questions inimaginables et quasi sans fin, toutes relatives à l’humain et à l’existentialisme.

C’est dans un confinement au cœur de nulle part, coupé de tout, que le scénario d’Ex Machina tente de répondre si l’être humain, face à une intelligence dotée de conscience, peut oui ou non faire la part des choses lorsque l’on touche directement à ses émotions. On peut aisément se mettre à la place de Caleb, que ferions-nous à sa place ? Qui croire ? Qui manipule qui ? La sincérité de la machine qui paraît évidente, car neutre et vierge du monde extérieur, soit disant neuve de part la création, ou le créateur, renfermé dans sa soif d’absolu, jouant sur le libre arbitre de ses créations. C’est en cela qu’Ex Machina est particulièrement intéressant et philosophique, notamment sur l’humain, sa capacité à compatir, sa fascination et finalement, sa grande naïveté. Caleb en est là : fasciné, il ne fait plus la part des choses et baisse la garde, mélangeant réalité et fantasme, l’humain et le robot. Tout est de question de limites. Alors quand le sujet est aussi perturbant qu’Alicia Vikander, n’importe quel mâle tomberait dans le panneau.

Ex Machina est un film de science fiction flirtant avec le thriller, le philosophique et l’existentiel, engendrant des questions psychologiques sur la création, la perception, les limites, l’image (en l’occurrence la création est-elle à l’image du créateur ou peut-elle évoluer en tant qu’individu propre ?). Profond, intelligent, futuriste, avec un point de vue pas si inaccessible de notre monde moderne, et complexe, il réveillera certains raisonnements si vous deviez vous retrouver dans la même situation.

PS : Il y a une scène mémorable de danse. Vous ne regarderez plus Oscar Isaac de la même manière.

Sortie en salles le 03 juin.

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