Respire

Miss Bobby_Mélanie_LaurentC’est un conte pour adolescentes : trouver la meilleure amie qui nous fera vivre de grandes aventures, qui nous prendra telle qu’on est et qu’on admirera plus que tout. Seulement voilà, tous les contes ne sont pas de fées. Elles sont sûres d’elles, elles émanent quelque chose d’indestructible et d’insaisissable, elles attirent l’œil des garçons par leur confiance, les autres filles veulent être comme elle. Telle une sirène, elle envoûte et vous embarquera très bas dans les bas-fonds sans même que vous vous en rendiez compte. Et elle vous y laissera, un boulet au pied au cas où vous seriez tenté de remonter à la surface.

C’est ce qu’a raconté Mélanie Laurent avec son second film Respire, cette amitié qui donne des ailes et qui vous détruit, pour laquelle vous seriez prêt à tout par pure naïveté. Un titre tout en nuance pour un sujet qui touche beaucoup plus de personnes qu’on ne le croie. Cette amitié qui vous donne l’impression de respirer à pleins poumons et finalement, qui vous étouffe, tuant à petit feu tout brin de gaieté qu’il vous reste. Un film puissant, jouant avec subtilité avec les cordes, emprisonnant sa victime comme elle emprisonne le spectateur dans ce tourbillon d’émotions vertigineux.

Mélanie Laurent nous laisse comme son héroïne, Charlie, perplexes, partagés, naïfs et plus que tout, elle nous insuffle cette capacité à pardonner. Pardonner le mal-être, pardonner les écarts, parce qu’au fond, cette destruction ne peut avoir qu’une origine, un être ne peut pas être profondément destructeur envers les autres, non ? Elle nous pousse à rejeter nos limites toujours plus loin, à nous endurcir, à subir. Quoi donc ? L’amitié malsaine, la sexualité chamboulée, l’amour incompris, les doutes, les peurs… soi-même.

Les actrices (Joséphine Japy et Lou de Laâge) illuminent l’écran par leur beauté, qu’elle soit sauvage ou inoffensive, par leur talent de jeunes premières et par ce je-ne-sais-quoi de pureté.

Respire, c’est essayer de comprendre que l’on peut se perdre, très vite, mais surtout, c’est ne pas oublier de se retrouver. Chacun y verra son interprétation.

Sortie en salles le 12 novembre

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Un commentaire

  1. Le mécanisme de l’emprise et de la dépendance affective ici mis en scène de façon si réaliste et remuant…superbes actrices qui ont réussi l’exercice de la légèreté et de la gravité en alternance. Vraiment bravo et quel beau et vrai sujet !

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