Silvio et les autres de Paolo Sorrentino

Et moi, et moi, et moi !

Silvio et les autres

Voilà un film… épineux, comme son sujet. Silvio et les autres, on n’en sort pas comme d’un Disney ou d’un Mission : Impossible. Silvio, il faut l’encaisser, le digérer, l’analyser pour avoir un semblant de compréhension et un vague avis sur la question. Cela dit, j’ai eu beau le digérer, demandez-moi si j’ai aimé le film, je ne saurais toujours pas quoi vous répondre. Dans le meilleur des cas, on l’aime ou on le déteste.

Avant de me perdre dans une tentative d’explication, je tiens à préciser que la bande-annonce n’est pas à l’image du film, du moins, en partie. Oui il y a l’abondance de filles, mais pas que. Ça serait trop simple sinon.

Pour résumer Silvio et les autres : la réalisation de Paolo Sorrentino est à l’image du personnage dépeint dans le film, le prétendu Silvio Berlusconi. Le film prend bien le temps de se dédouaner de toute ressemblance, j’en fais de même. Le film a une esthétique si travaillée et léchée qu’il en devient égocentrique et pompeux. À raison ou à tort ? Sorrentino joue tellement sur l’abondance (d’argent, de nudité, de magouilles…), la surexposition, l’image tronquée, qu’au final, on ne sait pas trop où commence le film et où se trouve la vérité. Pastiche ? Moquerie ? Caricature ? Réalité ? Hommage ? Idolâtrie ? Qui sait ?

Silvio et les autres est vicieux, il prend parfois les spectateurs pour des naïfs – pour ne pas dire autre chose – en jouant avec la corde sensible de l’image : que voyez-vous ? Un mari au mariage raté et un gentil grand-père ? Ou un vendeur d’immobilier qui a su s’imposer dans la politique par ses bons mots et sa ruse ? Sensibilité ou machiavélisme ?

Au fond, le film comme son contenu est une superbe œuvre de David LaChapelle : colorée et éblouissante où il suffit de gratter la surface et de chercher les détails pour voir apparaître tous les vilains défauts.

Pourquoi aller voir Silvio et les autres ? Si vous aimez Paolo Sorrentino déjà et son approche particulière. Si vous êtes curieux et interrogatif par nature. Si vous avez vu dans la bande-annonce la fissure et que vous avez envie de dépasser la première lecture qu’on vous impose. En fait, c’est ça Silvio et les autres : soit vous le prenez au premier degré et vous tombez dans le panneau, soit vous enlevez la première couche de peinture et vous arrivez à déchiffrer ce qu’il y a entre les lignes de ce qu’on a tenté de vous vendre. Simple, non ?!

Sortie en salles le 31 Octobre 2018.

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2 commentaires

  1. Encore une refoulée d’allociné ! Pouah, quel torchon prétentieux, com d’hab…

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