The Lobster

The Lobster_film_Colin FarrellPetit cours d’anglais, histoire que vous vous interrogiez un peu plus sur le titre : the lobster signifie le homard. C’est plus chic qu’en français et heureusement il restera tel quel pour sa sortie nationale. Ma curiosité avait été piquée par le synopsis :

Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.

Dans le genre dystopie, on est loin d’Hunger Games. Une société qui punit le célibat et qui vous transforme en animal si vous n’avez pas trouver un partenaire de jeu, fallait y penser. Heureusement que ce n’est qu’une fiction, sinon il y aurait moins d’espèces en voie de disparition. Que vaut cet homard ? Vivace ou prêt à être passé à la casserole ?

Le film de Yorgos Lanthimos se divise clairement en deux parties, que ce soit dans le scénario que dans la qualité. Car si The Lobster met en exposition des mœurs où l’État impose d’être en couple – comme dans tout bon régime qui se respecte – il y aussi des dissidents marginaux qui accueillent les brebis célibataires, mais (forcément) qui imposent aucune relation entre les membres sous peine de punition drastique. The Lobster est-il vraiment une dystopie en fin de compte ? Toute la première partie exploite les conditions misent en œuvre pour trouver votre moitié : vous atterrissez contre votre gré à l’Hôtel où se mélange hommes et femmes de tout âge, l’accent est appuyé sur l’alchimie, aucune relation sexuelle n’est permise. Si vous rencontrez l’élu de votre cœur, vos physionomies respectives s’accorderont à l’unisson. Si tu boites, je boiterai aussi. C’est beau l’amour ! C’est donc ça l’Amour, ce n’est pas seulement partager des intérêts, c’est aussi se fondre l’un dans l’autre, pour ne former plus qu’un. Ce premier morceau particulièrement riche déroule le fonctionnement de l’Hôtel et les personnages. Une ambiance froide, aseptisée qui ne laisse que peu de place aux émotions et à la spontanéité amoureuse. Ironie ! S’il existait une formule ou des codes pour trouver l’âme sœur, ça se saurait. Il s’y mêle un mélange de curiosité et une vérité pas si éloignée de la nôtre sur les « clichés » créés sur les couples.

Le second morceau est plat et redondant, l’action tourne souvent en rond, appuyée par la répétition du décor (des arbres partout), réduisant les possibilités créatives. La vie dans le fin fond de la forêt où est censée prôner la liberté, n’est finalement que de la poudre aux yeux, une liberté payante, soumise à des règles, à une autorité et à des punitions.

The Lobster est une fable originale qui pourrait être au fond, un aspect de notre société sur la liberté, le libre arbitre et ce formatage imposé « naturellement » sur le couple, la famille, par les médias, les publicités et la société en elle-même. En somme, vous serez jugé parce que vous ne serez pas casé avec des enfants à partir d’un certain âge, vous aurez le choix entre suivre cette voie, quitte à vous trouver une moitié qui ne vous convient pas, pourvu que l’illusion fonctionne. Ou vous pourrez accepter de rester célibataire et le regard des autres sur votre choix de ne pas entrer dans des cases. J’aurais voulu une seconde partie moins froide, aussi fournie et intéressante que la première, toutefois, The Lobster n’en reste pas moins un OFNI très intriguant, ne serait-ce que par son titre. À ne pas mettre entre toutes les mains !

En quel animal voudriez-vous être transformé ?

Sortie en salles le 28 octobre.

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