Un illustre inconnu

Miss Bobby_Un illustre_inconnuGrande question fondamentale digne du bac philo : qui suis-je ? Quel individu je suis face à moi-même et face aux autres ?

Vous avez quatre heures !

Un illustre inconnu s’est penché sur la question en 1h58, correction de la copie :

Il y a de quoi élaguer. Des explications parfois étirées et du remplissage absolument pas nécessaire au propos, rendant certaines séquences lentes, laissant le spectateur décrocher, voire piquer du nez. Une introduction bien trop longue également, retardant l’entrée en matière et l’implication dudit spectateur.

Ces points négatifs passés, Mathieu Kassovitz se surpasse dans l’exercice périlleux de la quête de soi, de son image et du manque de repères. Jouant sur plusieurs tableaux à la fois, Sebastien Nicolas, être troublé et troublant, ou illustre musicien dont la carrière a été brisée, et puis, ce mélange des deux : abandon de cet être vide et absorption d’une nouvelle identité. Hormis un jeu d’acteur remarquable, le réalisateur Matthieu Delaporte a su faire un travail de précision pour coller à la cohérence du récit. Ainsi, les identités volées ne sont jamais parfaites, tout comme les voix. Mettez-vous à la place de Sébastien Nicolas, vous ne pourrez jamais être aussi bien que l’original. Et là où le sens du détail va plus loin, c’est sur les défauts entre la copie du musicien et le musicien (tous les deux incarnés par Kassovitz) : la facilité aurait voulu d’utiliser les mêmes prothèses et la même voix, mais on serait sorti de la logique (mentionnée juste avant, à savoir que la copie ne peut être exactement la même que l’original). Vous me suivez ? Quand vous verrez le film, vous comprendrez.

Un illustre inconnu rapporte cette maladie que certaines personnes ont, notamment, le fait de ne pas se reconnaître dans le miroir. Toutefois, à l’heure des multiples réseaux sociaux, nous sommes en droit de nous demander quelle identité donnons-nous au « public », cette image sociale, tronquée, imposant le paraître à l’être, jouant parfois un double-je(u) pour se donner un genre, pour enjoliver aux yeux des autres une réalité morose. Finalement, et si l’illustre inconnu ce n’était pas vous derrière votre écran à me lire ? Êtes-vous réellement honnête avec vous-même ?

Alors ma copie sur l’identité ?

Sortie en salles le 19 novembre

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