Festival du cinéma américain de Deauville 2015 – Jour 3

Bon, ça y est, je déclare officiellement ma prise de retard dans la publication de mon journal de bord ! La faute à la fatigue et à mon ordinateur. Les conférences de presse s’amenuisent pour laisser place au cœur du sujet : les films, les films et encore les films ! Pour ce troisième jour, trois films : Jamais entre amis, Le Prodige et 99 Homes. Et une conférence de presse qui va rendre jaloux plusieurs personnes, celle d’Orlando Bloom présent pour un hommage.

CONFÉRENCE DE PRESSE D’ORLANDO BLOOM

Orlando Bloom a pris le temps de nous raconter son parcours, en commençant par l’une de ses plus grandes aventures, Le Seigneur des anneaux, nous précisant qu’il a été casté peu de temps après être sorti de l’école de théâtre, jeune diplômé, ce fut pour lui un apprentissage inestimable et qu’après une telle trilogie, il faut arriver à bien tenir sa carrière, en faisant les bons choix. Comme souvent chez les artistes étrangers, Bloom adore le cinéma français, et le public français, qui a une approche unique du cinéma. Il a bien voulu se confier un peu sur le tournage de Pirates des Caraïbes 5, il apparaîtra au début et à la fin du film, également, qu’il étaient particulièrement intéressant de travailler avec les deux réalisateurs (qui ont réalisé Kon-Tiki), Joaquim Ronning et Espen Sandberg.

Jamais entre amis

La charmante Annie de Community (Alison Brie) qui rencontre le charmeur Jason Sudeikis, un duo qui pourrait être improbable et pourtant qui fonctionne.  Deux accros du sexe qui font le pacte de ne jamais déraper ensemble en devenant amis. Cette trame est mise en place dès le début, sauf qu’à aucun moment elle n’est appliquée, dans le sens où il l’addiction n’est jamais montrée, s’attendant à une abondance de partenaires pour les deux protagonistes, mais celle-ci ne vient jamais, ce qui est dommage puisque le film nous est vendu comme ça. Toutefois, une certaine alchimie ressort de couple d’amis, il l’aide à panser ses blessures et elle joue son rôle d’amie. Tout est naturel, sans chichis. Jamais entre amis oscille entre finesse de l’action et la « brutalité » des mots, sortants de la bouche de trentenaires via un humour trash et sans filtre. Le film est sincère, Alison Brie y est sexy et mimi tout plein, et Jason Sudeikis est à la fois beau gosse (comme d’habitude) tout en ayant un je ne sais quoi inhabituel, une sorte de tendresse et d’authenticité fort appréciables.

Le Prodige

Ça tombe bien, j’ai vu Le Tournoi il y a une semaine, donc j’ai pu comparer ces deux films qui parlent des échecs, sauf que Le Prodige est sur fond de guerre froide, et ce ne sont pas des petits jeunes qui font n’importe quoi. Tobey Maguire incarne Bobby Fischer, le célèbre joueur d’échecs Américain, à la fois prodige et atteint d’un gros niveau de paranoïa, dans un contexte qui entretenait cette dernière : cette impression d’être constamment sur écoute, surveillé. Le Prodige souffre de longueurs et d’un ventre bien mou au milieu là où finalement Fischer perd pieds, et s’enfonce dans sa folie. Pour autant, Edward Zwick, a su filmer une chose essentielle que je n’ai pas trouvé dans le Tournoi : la beauté du jeu d’échecs par de gros plans sur les pièces, tout en arrivant à capter l’attention du spectateur en retransmettant la tension du jeu, vous tenant en haleine durant toute la dernière partie du film. Le Prodige aurait pu être moins long en raccourcissant certaines séquences de paranoïa, il n’en reste pas une belle performance pour Maguire. J’ai noté aussi que Liev Schreiber n’a pas son charisme habituel en jouant le rôle du joueur d’échecs russe, Boris Spassky. Mention spéciale pour la bande-originale.

99 Homes

Ce qui est bien quand on assisté aux conférences de presse avant de voir les films, c’est qu’on est influencé avant par l’équipe et c’est qu’au visionnage qu’on se rend compte si elle a réussi à nous convaincre. Par exemple, Life, j’avais une idée du film exposée notamment par le réalisateur, mais le film n’était pas du tout à la hauteur de mes attentes, sur-vendu ! C’est la même chose avec 99 Homes, sauf que, par les dires de son réalisateur Ramin Bahrani, j’ai eu un tout autre effet : voir le film différemment par la véracité des faits. 99 Homes s’accapare un sujet pour le moins inattendu avec les agents immobiliers spécialisés dans les saisies, un film particulièrement intéressant, auquel on ne pense pas et dont on en s’imagine pas les travers, ni à quel point les choses peuvent aller loin. Des agents portant des armes, des familles qui se retrouvent sans logement du jour au lendemain, dans la détresse de voir leurs biens disparaître et face à l’humiliation d’être à nue en face de leurs voisins. Andrew Garfield tombe le masque de Spiderman pour celui d’un jeune homme lambda, vivant avec son fils et sa mère, il n’est pas embellit, juste brut, offrant un très beau jeu d’acteur aux côtés de Michael Shannon (sans ses chaussettes Joconde), froid et charismatique. 99 Homes aurait mérité quelques coupes, pour le rendre un peu moins long, mais c’est un très bon film au sujet intéressant.

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