Festival du cinéma américain de Deauville 2015 – Jour 8

Oui, le festival est terminé et pourtant, je continue mon journal de bord. Je me dis que je dois bien le finir pour les rares personnes qui l’ont suivi. Jour 8, le jour où Michael Bay a fait péter le tapis rouge. Je rencontrais en chair et en os (et bizarrement, pas en métal) le papa de Transformers. Vous connaissez mon affection pour la franchise. C’est comme Keanu Reeves pour Matrix, ce sont des petits accomplissements pour moi. Deux films en compétition et une première à la clef : Babysitter, Dope et Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E.

BABYSITTER

Et encore un film sans plus ! J’ai dû forcer ma mémoire à me souvenir du film tant il est marquant. Grossomodo, c’est une jeune fille qui rejoint une famille en plein divorce. Le père est réalisateur et la mère actrice. Ils ont eu deux enfants, dont un adolescent. On suit son arrivée, les changements qu’elle opère malgré elle sur le jeune garçon et sur la famille. À part ça, quel est le message ? Eh bien je le cherche toujours. Babysitter n’est pas mauvais et ce range dans la catégorie que j’aime appeler de « films bobo » où le titre en jette par sa typo trendy/hype, ses couleurs filtrées façon Instagram. J’avais eu le même effet avec Day out of days, où le concept bobo était poussé plus loin. Soit. Et du coup, dans cette même veine de faire de jolies images Pinterest au cinéma, on se retrouve sans fin. Encore. Je ne comprendrais décidément jamais ce cinéma esthétique, au propos vague, où la déduction du message s’associe au vécu du spectateur : vous serez touchés, car probablement, l’histoire fera écho à votre avis. Et si vous ne l’êtes pas, eh bien tant pis, vous n’aviez qu’à avoir une jeune nounou noire (je précise, cela a son importance dans le film) dans votre enfance ! Donc encore une fois, Babysitter c’est beau, pas trop mal construit, assez intéressant par moments, mais qui vous laissera sur le bord de la route à la fin.

CONFÉRENCE DE PRESSE DE MICHAEL BAY

D’après les propos de Michael Bay en conférence de presse, les détraqueurs diront qu’on comprend mieux son cinéma, ses montages et sa manière de filmer. Il ne prépare pas ses films avec un storyboard, il préfère tout penser dans sa tête, même pour le montage et ne tourne que le nécessaire. Il n’aime pas les cinéastes qui font beaucoup tourner la caméra, créant des heures de rush non utilisées. Il ne voit pas l’utilité du e-cinéma, pour lui, les films doivent être découverts sur grand écran la première fois, et non sur un petit écran, comme les jeunes le font sur leur téléphone ou leur tablette. Il a également évoqué sa collaboration avec Aerosmith, pour lesquels il avait déjà réalisé un clip avant Armageddon. Après la réalisation de ce dernier, il a vu avec Jerry Bruckeimer pour que le groupe rejoigne ce film, créant au passage l’un des plus gros morceaux d’Aerosmith. On en déduit donc que Liv Tyler n’était pas présente au générique d’Armageddon à cause de son papa (Steven Tyler, chanteur d’Aerosmith), puisque le groupe s’est greffé bien après.

Deauville 2015 - Jour 8 - Michael Bay

DOPE

C’est le film en compétition qui m’a le plus plu. Un jeune noir récupère par mégarde un sac rempli de drogue et ne sait pas quoi en faire, lui qui est un gentil geek à la base, bien sous tous rapports, amoureux du R’n’B des années 90. Dope est un film intelligent qui joue sur les préjugés et notamment que nous sommes conditionnés pour que, selon une description, notre imagination associe une image particulière, sciemment ancrée par la société dans notre catalogue de clichés. Je ne vous aurais pas dit que ce garçon était noir, vous n’auriez pas forcément imaginé ce geek de cette manière. Sur une bande-originale particulièrement entraînante, Dope nous mène par le bout du nez, nous donnant ce que nous voulons bien recevoir et ne provoquant jamais en nous un sourcillement de doute. Malin ! Une belle découverte emmenée par des jeunes acteurs très prometteurs.

AGENTS TRÈS SPÉCIAUX : CODE U.N.C.L.E.

Non, je ne m’attarderai pas sur le fait qu’à chaque fois que je vois Henry Cavill, j’ai un petit filet de bave au bord des lèvres. Encore moins lorsqu’il porte un costume autre que celui de Superman. Un film que j’ai réellement apprécié et qui me laisse dans une impasse sur le papier. Je ne sais absolument pas quoi écrire dessus, si ce n’est que Guy Ritchie s’offre quelques effets que j’aime beaucoup (et qui avaient déjà titillé ma rétine dans les Sherlock Holmes), une très belle retranscription des années 60 tant sur le fond que sur la forme : des décors, en passant par les costumes, le montage, la réalisation et même jusqu’aux sous-titres. Des dialogues très drôles et subtils où les deux beaux gosses (l’autre c’est Armie Hammer) se tirent dans les pattes à coups de joutes humoristiques. Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. s’apparente aux vieux films d’espionnage, où les maîtres-mots sont classe, glamour et humour. Un trio d’acteur (n’oublions pas la part féminine avec Alicia Vikander) qui prend à l’écran, dans un film qui ne tombe pas dans la facilité.

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