Le grand bain

Grand plongeon réussi !

Le grand bainGilles Lellouche a sorti son plus beau maillot pour faire un très beau plongeon dans Le Grand Bain. Et quel plongeon ! 9/10 ! Très belle performance, très belle réalisation, une entrée dans l’eau fine et sans éclaboussures. Du sport de haut niveau.

L’acteur n’est pas à son premier coup d’essai puisqu’il avait co-réalisé Narco avec Tristan Aurouet et avait participé à la réalisation d’un sketch des Infidèles. Mais là, c’est tout seul comme un grand qu’il s’est jeté à l’eau.  Je ne sais pas s’il faut lui dire merci ou chapeau, je propose les deux, pas de jaloux.

Le Grand Bain est l’histoire d’un groupe d’hommes qui font de la natation synchronisée et qui décide un jour de participer au championnat. Dit comme ça, cela peut paraître ridicule. Sauf que pas du tout. On suit ces hommes lambda, ces hommes cassés, fêlés, fatigués, dépressifs, voire un peu ratés, ces hommes qui sont passés à côté de leurs rêves et qui se sont perdus. Ces hommes qui vont trouver un refuge dans la natation synchronisée, en laissant de côté les préjugés sur la connotation très féminine de ce sport. On les a tous croisés ces hommes : ceux profondément blessés, terriblement sensibles, qui sous leur caractère bien trempé imprégné dans leur carapace se cache des hommes tous doux. Et Lellouche expose une très belle palette : Benoit Poelvoorde et son argent, Philippe Katerine grandiloquent d’excentricité et de douceur, Guillaume Canet chef d’entreprise, Jean-Hugues Anglade qui aurait voulu être un grand artiste, Mathieu Almaric bourré aux cocktails médicamenteux. Petit reproche : ne pas avoir plus développé les histoires de Felix Moati ainsi que d’Alban Ivanov et avoir relégué l’acteur Thamilchelvan Balasingham à un simple gag redondant pas utile.

Le reste, c’est du pur bonheur. Le Grand Bain n’est pas qu’une ode à l’homme éraflé, c’est aussi une belle exposition de femmes toutes aussi blessées par la vie, magistralement interprétées par Virginie Efira (j’aime toujours ce qu’elle dégage à l’écran) et Leïla Bekhti qui joue un rôle complètement à contre-emploi particulièrement drôle.

Gille Lellouche donne à son Grand Bain une piscine d’humour qui cache en sa profondeur beaucoup de sensibilité, sorte de petite chose fragile et forte à la fois. C’est aussi une réalisation travaillée et une très belle photographie. Il y a une vraie recherche de plans, pas prétentieux pour un sou.

Un grand oui, un grand film, une grande réussite.

Sortie en salles le 24 Octobre 2018.

by missbobby
Le sens de la fête_film

Le sens de la fêteToujours avides d’originalité, le duo de réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano reviennent avec leur nouveau film, Le Sens de la Fête qui, pour une fois, vous montrera l’envers/l’enfer du décor d’un mariage, par les yeux du traiteur et de son équipe. Le duo a réussi à se faire une place de choix dans le panorama des comédies françaises avec des films sensibles, toujours bien écrits et jouant sur la finesse.

Entrez dans le monde mystérieux des traiteurs, vous savez, ceux que l’on attend avec beaucoup d’impatience lors des événements, qui vont embellir votre soirée/fête en remplissant comme il se doit votre estomac et par conséquent, marquera en grosse partir la réussite – ou non – de ce moment festif. Parce qu’en vrai, on est tous venus pour manger et boire à l’œil, non ?! Nous suivons le chef Bacri entouré de sa belle brigade pendant une journée, du matin jusqu’au le lendemain dans les préparatifs d’un mariage en passant par l’exécution. Un beau portrait d’un métier de l’événementiel qui pourrait presque refroidir le premier novice/naïf venu voulant se lancer dans l’aventure. Parce que bon, quand on est invité, généralement tout se passe bien : les serveurs sont à disposition, on ne manque de rien pour remplir notre gosier, tout va pour le mieux. Mais derrière, cela ne se fait pas tout seul en un claquement doigt ! Le Sens de la fête nous fait une sorte de fiche métier très détaillée :

  1. Le client est roi : toujours l’écouter, lui faire plaisir, répondre à ses demandes, même les plus extravagantes ou celles de dernière minute et surtout, essayer de ne pas l’étrangler. Calme.
  2. Gérer son équipe : les retardataires, les absents qu’il faut remplacer au pied levé, les incompétents, les lents, les têtes en l’air, les égocentriques, les mésententes, et toujours essayer de ne pas en prendre un pour taper sur l’autre. Zen.
  3.  Faire face aux imprévus : un plat raté, un aliment avarié, un problème technique et tout fout le camp ma bonne dame ! Il faut donc être réactif, inventif et sortir le plan de secours. On garde son sang froid.
  4. Avoir de l’humour, beaucoup d’humour, quitte à ce que ça vire au cynisme comme Max (Jean-Pierre Bacri), ce n’est pas grave, c’est une manière subtile de se défouler.
  5. En cas d’extrême urgence : jetez l’éponge si vous êtes entouré d’incompétents finis !

Le rôle de « chef d’orchestre » va comme un gant à Bacri qui vous fera mourir de rire par ses répliques blasées. Vous rirez encore plus avec l’ignorance inouïe de Samy (Alban Ivanov) – les professionnels ayant déjà rencontré ce genre de spécimen rigoleront peut-être moins, vaut mieux l’avoir dans un film que dans sa brigade. Attendez, ça ne s’arrête pas là avec le kéké de service, joué par Gilles Lellouche, Mister DJ comme disait Madonna. Et plein d’autres encore (le casse-pied Benjamin Laverhne, Vincent Macaigne qui sort un peu de son registre d’homme « passible », Jean-Paul Rouve qui collabore pour la troisième fois avec les réalisateurs) !

Le Sens de la Fête est une très bonne comédie, sur un sujet original, jonglant entre un humour subtil et un peu pataud (mais ça fonctionne très bien) avec une belle équipe de bras cassés.

Sortie en salles le 04 Octobre 2017.

by missbobby