Battle of the sexes

Battle of the sexes : Borg/McEnroe vs King/Riggs !

Battle of the sexesAprès Borg/McEnroe, c’est au tour de Battle of the sexes de faire son entrée sur le terrain, tout aussi en forme, mais avec des objectifs différents.

Battle of the sexes prend également deux figures de proue du tennis des années 70 : Billie Jean is not my lover King et Bobby Riggs, tous les deux interprétés par deux belles pointures du cinéma US, Emma Stone et Steve Carell. Pour arriver à un résultat correct, voire bon, je pense qu’il aurait fallu mixer Borg/McEnroe et Battle of the sexes. Prendre la sensibilité et le rythme de l’un pour l’ajouter à l’histoire développée et travaillée de l’autre. Le film est vendu comme un bras de fer (il n’y a qu’à voir l’affiche) entre l’ex star masculine et la star féminine numéro 1 du tennis. Le but du jeu n’étant pas de montrer ce match incroyable, bien qu’on l’attend tout au long du film, mais il est d’exposer la combat de King pour faire respecter les femmes, le tennis féminin, face à un Riggs plus sexiste que jamais. Un combat noble et juste, qui manque de rythme et d’émotions pour qu’on puisse s’immerger et soutenir totalement ce que King essaie de combattre. Alors oui, Riggs est un porc, qui n’a aucun respect, qui rabaisse les femmes à la moindre occasion. L’écoeurement s’arrête-là et il est loin d’être vif.

Pour arriver à nous accrocher complètement, Battle of the sexes aurait dû susciter l’émotion, d’autant que sous couvert de ce rapport de force, se cache aussi l’image de l’homosexualité au sein des athlètes. S’ajoute à cela un match qui manque assez de dynamisme et de tension, ne nous laissant sur notre faim.

Même si vous n’aimez pas le tennis, comme moi, vous serez plus attirés par le sujet, qui prend d’ailleurs le dessus sur le sport en lui-même. C’est un combat qui s’est fait sur le terrain pour une plus large cause. Loin d’être mauvais et supporté par de très bons acteurs, Battle of the sexes n’a pas le pouvoir pour marquer les esprits.

Sortie en salles le 22 Novembre 2017.

Borg/McEnroe

Borg/McEnroe : Jeu, set et film !

Borg/McEnroeCe qui est bien avec Borg/McEnroe, c’est que je suis arrivée devant le film complètement vierge d’informations : ne m’intéressant pas au tennis, je connaissais John McEnroe de nom, Björn Borg était inconnu au bataillon et je ne vous parle même pas de la finale qui les a opposés à Wimbledon en 80. Pour la petite information, les amateurs de la petite balle jaune vont être ravis, deux films sur ce sport sortent en fin d’année.

Déjà, je vais commencer par le plus flagrant, le titre est sacrément trompeur ! Il aurait dû juste s’appeler Borg, parce que McEnroe est presque un personnage secondaire dans l’ascension du joueur suédois. En fait, Borg/McEnroe est bourré de potentiel mal exploité. Pour vous situer, le film s’accroche sur l’incroyable finale à laquelle vient s’ajouter des flashbacks ainsi que le conditionnement à ce match. L’accent est clairement mis sur Borg, sa jeunesse colérique comme joueur débutant et son explosion. Timidement, en fond, vient s’ajouter quelques rares bribes sur McEnroe. Une opposition inégale sur deux têtes d’affiche du tennis, montrant deux figures ayant beaucoup de points communs malgré les apparences.

Le film ne cherche pas à expliquer – à tort ou à raison – préférant laisser sous entendre. D’un côté, Björn Borg a eu toute l’attention dans sa jeunesse pour pouvoir progresser, à contrario de John McEnroe qui lui s’est formé seul. Et c’est ce que j’ai trouvé de plus touchant, ce contraste entre les éducations et cette ressemblance entre les joueurs. Shia Labeouf excelle dans son personnage le rendant terriblement attendrissant (alors que l’on sait que McEnroe n’était pas réputé pour être quelqu’un de sympathique). En ce sens, je trouve que le film rend justice à ce grand joueur mal-aimé. Sverrir Gudnasson n’est pas en reste dans le rôle de Borg, mais de part l’histoire du joueur, je l’ai trouvé moins touchant.

D’un autre côté, le film laisse sous entendre de trop. J’aurais aimé que la source des caractères très impulsifs de chacun soit expliquée. Que la fin soit plus explicite par rapport aux derniers cartons explicatifs. Ces détails auraient apporté plus de consistance pour les amateurs de tennis qui n’y découvriront, au final, pas grand chose de plus qu’une finale magistrale (filmée avec tension. N’ayant vu aucune image et n’y connaissant rien, j’ai vécu le match comme si j’y étais).

Hormis un titre qui ne convient pas, Borg/McEnroe plaira certainement aux sensibles, peut-être plus qu’aux fans de ce sport. Il souffre de nombreux défauts, mais essaie de mettre en avant, certes trop discrètement, des parcours difficiles de joueurs mondiaux.

Sortie en salles le 08 Novembre 2017.

by missbobby