Conférence de presse - Retour de Mary Poppins

Pour célébrer le retour de la super nounou, l’équipe du film a fait le déplacement à Paris pour boire une tasse de thé une conférence presse. Retrouvez Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, le réalisateur Rob Marshall et le producteur John DeLuca. N’oubliez pas la critique du film Le Retour de Mary Poppins.

LA CRÉATION DU FILM

Rob Marshall, le réalisateur, a voulu rester proche du premier film, car celui-ci est très important pour les gens. Cette suite a donc été un réel défi intimidant pour lui, d’une part, car il est fan de Mary Poppins et d’autre part, car cela lui tenait à cœur de réaliser Le retour de Mary Poppins, tout en sachant que la barre était très haute. C’est Pour lui, cela a été un vrai travail d’équilibre. Il voulait à la fois rendre hommage au film tout en ayant une nouvelle histoire. Ils se sont tournées vers les livres de Pamela L. Travers pour commencer à trouver leur chemin. Les livres ont été rédigé lors de l’époque de la Grande Dépression à Londres, ce fut une grande clé pour eux. Ils leur semblait de placer l’histoire dans cette époque, ce qui, en plus, semblait d’actualité. C’est comme comprendre les difficultés de cette ère, plutôt sombre. Pour atteindre l’équilibre, Marshall a su trouver des moments spécifiques et stratégiques pour rendre hommage au premier volet. Quant au producteur John DeLuca, il trouve que ce sont ces petits clin d’oeil qui rendent la chose encore plus amusante pour le public. Même s’ils ne le voient pas la première fois, ils le verront la deuxième fois. Ils souhaitaient proposer un antidote au stress, pour tout le monde. Les gens sont aujourd’hui insensibles à la violence et au cynisme du monde et ils voulaient chasser les nuages noirs en faisant renaître Mary Poppins. C’est une lumière en ces temps difficiles.

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LE RÔLE DE MARY POPPINS

Pour ce rôle mythique, Emily Blunt a trouvé très excitant d’endosser le costume de Mary Poppins malgré son inquiétude face au côté iconique du rôle interprété par Julie Andrews. Elle a senti qu’une grande responsabilité reposait sur ses épaules et a tout de même dit oui ! Elle a réussi avec le réalisateur à faire ressortir l’excentricité du personnage qui prône dans les livres, tout en gardant de l’élégance. Blunt savait que Marshall allait y mettre tout son cœur et que le film ne serait pas une simple version 2018. Elle a été séduite par le scénario de David Magee, mélange entre magie et complexité. Il est vrai que Poppins, dans cette version, est à la fois terre à terre et extraordinaire, légère et insolente. L’inquiétude a donc fait place à l’excitation. Pour la petite anecdote, l’actrice a d’ailleurs gardé un des parapluies du film comme souvenir.

SUR LES CHANSONS

John DeLuca n’a pas voulu reprendre les standards comme Supercalifragilitic, ils voulaient créer une nouvelle comédie musicale, autre que celle que nous connaissons déjà tous. L’équipe voulait une nouvelle version, avec de nouvelles chansons. Et Rob Marshall d’ajouter qu’ils ne voulaient pas faire du réchauffé, surtout en moins bien. Emily Blunt a tenu à préciser qu’il y a eu plusieurs versions pour les chansons. Elles ont toutes eu un « costume » différent, de la composition au moment où elles ont été enregistrées. Ce fut un vrai travail d’équipe et d’écoute. Parfois, des titres n’ont pas été changés du tout, mais sa première chanson par exemple a eu 3 ou 4 versions, la première chanson de Lin-Manuel a eu 7 ou 8 versions. Il faut du temps et de la patience avant de pouvoir atteindre la chanson parfaite. Lin-Manuel Miranda de renchérir que les chansons ont été testées un certain nombre de fois, dans différentes versions jusqu’à ce qu’elles soient parfaites. Selon Rob Marshall, c’est aussi Emily et Lin qui les ont inspirés au fur et à mesure des répétitions et du tournage parce qu’ils sont presque partis de zéro. C’est un travail de trois ans. Ils ont travaillé sur le film depuis 2015.

Conférence de presse - Retour de Mary Poppins

SUR DICK VON DYKE

Lin-Manuel Miranda : « Dick a plus d’énergie à 92 ans que je n’en ai jamais eu dans ma vie. C’est de la caféine humaine. Il a tourné sa scène sur deux jours et je pense que tout le monde sera d’accord avec moi pour dire que les moments les plus magiques du tournage sont ceux-ci. C’était une connexion directe avec le premier film. Il complète l’arc de la première histoire. Il est magique et plus vivant que n’importe qui quand vous êtes dans la même pièce que lui. C’est un vrai talent. »

Rob Marshall : « Pour moi, c’est un rêve qui est devenu réalité parce que c’était mon héros. Vous savez, l’avoir avec nous sur le plateau était une chose tellement surréaliste. Il a joué dans le premier film il y a 54 ans . 54 ans ! Sur le plateau, il m’a attrapé la main et ma dit « je sens le même esprit sur le plateau qu’il y avait sur le premier film ». Cela signifiait tellement pour moi. Dans le film, il délivre un joli monologue aux enfants sur le fait de nourrir les oiseaux avec une musique en fond. Nous l’avons stratégiquement placé à cet endroit et je me souviens que je ne pouvais pas lui dire « coupé » parce que j’avais le souffle coupé. Je pense que la boucle est bouclée. Il incarne à lui seul le message du film. Il trouve l’enfant qui vit en lui et aborde la vie ainsi. C’était magique. »

Retour de Mary Poppins - Dick Von Dyke

SUR LE TOURNAGE

Pour Lin-Manuel Miranda, les scènes avec Meryl Streep ont été les plus drôles à tourner. Elle avait un numéro absurde et il la regardait émerveillé, interpréter cela comme un vaudeville. Elle joue un personnage délicieux avec cet accent dont on ne sait d’où il vient. Elle avait toujours cet air malicieux qu’on lui connait et que tout le monde adore. 

Selon le producteur John DeLuca, la scène la plus drôle fut avec le petit garçon qui joue le rôle de Georgie dans le film. Il n’avait jamais joué la comédie avant. Il n’avait pas conscience de certaines choses comme se restreindre ou faire semblant, il laissait ses pulsions parler et cela donnait un super truc. Ils ont fait ce que les enfants auraient fait dans la vie, de manière simple et naturelle. C’était très agréable pour Emily et lui de voir cette fraîcheur et cette innocence de ce jeune enfant. Les choses qui l’ont fait rire aussi sont les choses qui ne faisaient pas du tout rire Emily. Comme être suspendue dans les airs en étant effrayée…

Traduit par L’Ecran Pop.

Merci à toute l’équipe de Disney et Heaven.

Ant-Man et la guêpe

L’équipe d’Ant-Man et la Guêpe

On peut dire que ce mois de Juillet et plus particulièrement le week-end du 14 et 15 fut marquant. Une très belle journée à Disney pour l’avant-première d’Ant-Man et la Guêpe, la fête, les feux d’artifices, la fête nationale, la conférence de presse avec l’équipe du film et puis cette superbe victoire des Bleus, fêtée sur les Champs Elysées. Un moment mémorable à Paris, hors du temps, hors de tout, dans cette joie grandiloquente. Mais je ne vais pas m’attarder sur le foot.

Voici quelques images de la rencontre avec l’équipe d’Ant-Man et la Guêpe. Étaient présents : le réalisateur Peyton Reed, Evangeline Lilly, Paul Rudd, Michael Douglas et Hannah John-Kamen.

Et pour découvrir la conférence de presse, voici un extrait vidéo ainsi que l’enregistrement audio complet :

by missbobby
Captain America Civil War_conférence de presse

De passage à Paris pour la promotion de Captain America : Civil War, j’ai pu participer à la conférence de presse avec d’autres petits chanceux. Ce sont Emily VanCamp, Don Cheadle, Robert Downey Jr. et l’un des réalisateurs Anthony Russo qui ont répondu à nos questions. Retrouvez la conférence complète dans la vidéo traduite ci-dessous. N’oubliez pas de jeter un œil à ma critique de Captain America : Civil War. ATTENTION : LA VIDÉO CONTIENT DES SPOILERS.

Captain America Civil War_conférence de presse


Un grand merci à Disney et Heaven.

by missbobby
Ron Howard_Au coeur de l'océan

Ron Howard était de passage à Paris pour la promotion de son nouveau film Au Cœur de l’Océan. Nous avons été quelques privilégiés à assister à sa conférence de presse en toute intimité. Retour sur les réponses à nos questions :

Qu’est-ce qui vous a attiré à la lecture du scénario ? Est-ce l’aventure humaine, la source de l’inspiration de ce roman mythique, l’opportunité de faire un grand film épique ou le challenge cinématographique ?

Les quatre en fait. C’est la combinaison de toutes ces valeurs qui en fait quelque chose de frais. Il y a aussi la surprise de ce personnage mythique de Moby Dick et de réaliser que c’était des évènements réels. Il y avait donc l’élément humain, l’élément épique, mais aussi politique qui fait que cela nous concerne encore aujourd’hui.

Êtes-vous un grand fan du roman Moby Dick d’Herman Melville ?

Non, mais je respecte le roman bien sûr et j’ai vu deux fois le film de John Huston. J’ai toujours été fasciné par les comédies dramatiques qui se déroulent dans l’océan. Il y a quelque chose d’effrayant et de mystérieux. L’océan me fait peur.

Pourquoi ?

Lorsque j’étais enfant, à 8 ans, j’ai joué dans le film Raod 66 et je devais sauter dans l’océan. Je savais nager, mais c’était la première fois que je sautais dans le véritable océan. Sous l’eau, j’avais l’impression que ça n’en finissait plus, que c’était éternel. Il n’y avait même plus de bulles, j’étais encore sous l’eau et je voyais tout le bleu de l’océan. Finalement, lorsque je suis remonté à la surface, j’ai crié « papa ! » et heureusement, dans le film, mon personnage en avait effectivement un. J’ai dû refaire cela plus tard et tout s’est bien passé, mais par la suite il y a eu beaucoup d’excitation autour du lieu de la scène. J’ai vu des personnes tirer quelque chose de l’eau. C’était un requin qu’ils sortaient de l’eau. Il était donc tout à côté de moi. C’est de là que vient ma peur.

Puis j’ai réalisé le film Splash au début des années 80. Le film se passait au milieu de l’océan. j’ai dû apprendre à faire de la plongée sous-marine, car je devais filmer la sirène. C’est cela qui m’a permis de dépasser ma phobie. Depuis j’ai fait plusieurs films sur l’océan, mais ce n’est pas quelque chose que je n’admirai pas par plaisir.

J’ai donc compris quelque chose en réalisant Splash et Cocoon. Je voulais réaliser un film qui se passerait entièrement sur l’eau. En 83 et 84, j’ai tenté de faire un film sur Greenpeace et le Rainbow Warrior. Tout était planifié et préparé, mais je n’ai pas obtenu les finances nécessaires. Il y a quinze ans, j’ai voulu réaliser une aventure maritime au XIXe siècle avec Jack London, mais le projet était beaucoup trop cher. Le projet a donc disparu. C’est pour cela que lorsque Chris Hemsworth, sur le tournage de Rush, est venu me proposer le scénario d’Au Cœur de l’Océan, je me suis dit que c’était le moment. J’avais l’expérience, le personnage de Owen Chase puisque la relation avec Chris se passait très bien et l’histoire réunissait les valeurs de ces films avortés.

Ron Howard_Au coeur de l'océan

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans la personnalité d’Owen Chase ?

C’est sa transformation qui m’intéressait, le fait qu’il gagne en humilité. C’est une chose très dure pour lui au départ, car c’est un homme extrêmement fier et c’est cela qui le pousse dans tout ce qu’il fait. Mais là, à cause de sa confrontation avec la baleine, il va se sentir tout petit, insignifiant, et cela va rééquilibrer la pensée de cet homme et son attitude.

Qu’avez-vous en commun avec lui ?

Je comprends l’ambition, la frustration et le fait qu’il faille dépasser les préjugés que l’on peut avoir sur vous. Enfant, quand j’étais acteur, je rêvais déjà de faire des films et quand j’ai commencé à l’exprimer, on me prenait pour un effronté. Les gens me disaient « toi réalisateur ? C’est mignon. À 30/35 ans tu pourras peut-être commencer à le faire ». J’avais alors 18 ans et voulais le faire tout de suite. Sinon je ne fonctionne pas comme cela, ce n’est pas dans ma façon de faire.

Quelles ont été les plus grandes difficultés pour ce film ?

C’est le film le plus compliqué que j’ai fait. Bien plus que Apollo 13 ou Backdraft. Il y avait les problèmes, les défis techniques et logistiques extrêmement difficiles. Il fallait équilibrer tout cela, trouver les différentes couches de l’histoire, pouvoir les mélanger entre elles, le tout de façon non conventionnelle. Il y avait donc un gros défi à relever. Tous les jours,  il y avait d’énormes problèmes à résoudre et cette intensité n’a pas molli durant les 78 jours de tournage.

Au coeur de l'océan_Ron howard

Melville n’aurait apparemment pas rencontré Thomas Nickerson. Pourquoi avez-vous décidé de faire ce face à face ?

Cette décision avait été prise en amont par l’écrivain bien avant mon implication dans le projet. J’étais d’accord avec cette idée parce que je trouvais que cela exprimait un peu toute cette recherche de la vérité. Melville a découvert cette histoire dans des conditions compliquées et complexes et a rencontré par la suite Pollard et Nickerson. Le parcours de Melville dans l’écriture de ce livre a été très long. Il y a eu plusieurs écritures, réécritures et à chaque fois, entre chacune d’elles, il a relu des notes, est retourné vers le journal de bord. Il a même lu le livre que Owen Chase avait écrit sur le naufrage de l’Essex. Lors de la seconde écriture du roman, je pense que c’est là qu’il a introduit le personnage d’Achab. J’ai donc trouvé que c’était une bonne manière de planter le décor et d’expliquer tout le contexte.

Un autre exemple. Peter Morgan, le scénariste de Frost/Nixon et Rush, m’avait expliqué que la séquence du coup de fil dans la nuit entre Frost et Nixon n’avait jamais existé, mais que c’était une bonne astuce dramatique, très expressive, qui en disait très long sur ce qu’il fallait exprimer. Tout comme dans le film Rush, il n’y a jamais eu cette conversation entre Niki Lauda et James Hunt par rapport à la relation. J’ai appris au cours des années qu’il fallait quelquefois créer un élément de fiction qui permet d’exprimer et parler d’une plus grande vérité.

Grâce à vous, on remarque pour la seconde fois que Chris Hemsworth est un bon acteur dramatique et non juste un grand blond musclé. Qu’elle est votre relation avec lui ? L’envisagez-vous pour un troisième rôle ? Comment travaillez-vous avec lui ?

Il n’y a rien de planifier pour l’instant, mais j’adorerai pouvoir faire un autre film avec lui. Pour son rôle dans Rush, Chris a fait une audition qu’il a créée lui-même. Il était sur le tournage d’Avengers et dans son hôtel, il a rédigé un monologue à partir du scénario. Il a trouvé une sorte d’interview sur internet et a créé ce dialogue avec James Hunt. Quand je l’ai découvert avec Morgan, nous étions subjugués par sa capacité à s’exprimer avec son corps. Dans ce film ce n’est pas du tout sa personnalité, il a vraiment construit son personnage. C’est au cours de ce travail qu’il a gagné énormément ma confiance et c’est pour cela que je l’ai inclus et que j’ai beaucoup plus collaboré avec lui sur ce film, comme je fais avec Russel Crowe et Tom Hanks.

Quels sont ses atouts d’après vous ?

Son atout majeur c’est son charisme, la présence qu’il a à l’écran, un peu comme les grands acteurs classiques. Ce qui lui permettra de durer dans ce travail c’est son appétit pour le travail et sa volonté de vouloir être au mieux de lui même dans tous les genres, quel que soit le genre de films qu’il fait.

Au coeur de l'océan_Ron Howard

Une chose que l’on apprécie dans le film, c’est le soin apporté à la reconstitution de la ville et de la chasse à la baleine. Comment avez-vous procédé pour trouver tout cela, où avez-vous cherché ?

Il y a des musées à Nantucket et New Bedford où l’on trouve énormément de détails sur la chasse à la baleine et sur le processus de fabrication. Comme l’agriculture, la chasse à la baleine était le moteur économique des États-Unis à l’époque. Il y a donc beaucoup de livres sur le sujet, de photos. Nous avons même retrouvé des films muets des années 20, très précis, qui montrent la manière très classique de la chasse à la baleine. Même si, à l’époque, on ne parle pas du fait d’exterminer cette espèce, on y retrouve certaines allusions sur ce dilemme moral que semble partager certains naufragés dans leur journal de bord. Certains parlent même d’une punition de l’homme par l’animal, et même Melville y fait allusion dans le livre.

Pourquoi ne pas avoir tourné le film en Cinémascope ?

A cause de la hauteur des bateaux. On a senti que l’on avait surtout besoin de hauteur dans l’image. Si on avait pu, on l’aurait même fait en 4/3. Mais je ne crois pas que le studio aurait apprécié l’idée ! (rires) C’était vraiment le format le plus adéquat aux types d’images que l’on voulait créer.

Qu’est-ce que ce film vous a apporté en terme de mise en scène, dans votre travail de réalisateur ? C’est un film tourné dans un espace très restreint, avec beaucoup d’effets spéciaux, un monstre qui n’existe pas physiquement et en plus, en 3D…

La moitié du film a été filmé en mer. Tout ce que l’on pouvait tourner sur le bateau ou dans l’océan, on l’a fait dans de vrais décors. C’est simplement quand les contraintes de sécurité nous en empêchaient, que l’on ne l’a pas fait. Car on ne peut pas contrôler l’océan. On a essayé de faire en sorte à ce que cela ne se voit pas à l’écran. Une fois, il y a eu une prise, pour la séquence qui se passe sur la plage volcanique, où l’on avait le droit le filmer sur la plage, mais pas dans l’eau. On allait faire la scène dans un bassin en studio, mais Chris Hemsworth m’a dit : « Attends, je suis un surfeur et je peux te garantir que ce n’est pas dangereux. On peut le faire. » Je lui ai répondu que non, on nous avait imposé des règles très strictes et je ne voulais pas y déroger. Et pendant qu’on préparait la scène, j’ai vu Chris avec le chef op, qui s’y connaissait bien en matière de photo sous-marine, en train de tourner la scène ! Et c’est comme ça qu’il a permis au film d’avoir plus d’authenticité dans ce passage.

Au coeur de l'océan_ron howard

Pourquoi avoir choisi de faire le cachalot blanc ?

Il y a des baleines albinos qui avaient d’ailleurs inspiré Melville quand il a écrit Moby Dick. Ce n’était pas seulement une comme ça qui avait coulé l’Essex, mais Melville avait combiné plusieurs sortes de cachalots pour créer Moby Dick. Nous avons découvert aussi que certains cachalots, en vieillissant, développent une maladie qui blanchit leur peau. On s’est dit que l’on pouvait utiliser ça tout en restant fidèle à l’histoire vraie. On reste quand même proche du mythe. Et puis je trouve ce look assez cool.

Pourquoi avoir permis aux acteurs de perdre autant de poids alors que vous auriez pu le faire avec des effets spéciaux ?

En fait, c’est vrai qu’on peut le faire en CGI, mais c’est extrêmement cher et assez difficile. On n’avait pas les moyens de le faire, mais de toute manière, on voulait un résultat qui fasse authentique. Et pour les acteurs aussi, c’était important qu’ils s’impliquent complètement dans leurs personnages. Tout s’est fait sous la surveillance de médecins, coaches et nutritionnistes. J’ai aussi demandé des conseils à Tom Hanks car il l’avait fait une fois tout seul, et il avait eu des problèmes de santé après. Quand il avait fait Seul au Monde, il était surveillé et tout s’est bien passé.

La lumière est très importante dans le film. Vous avez travaillé avec Anthony Dod Mantle, qui a collaboré avec des cinéastes tels que Danny Boyle ou Lars von Trier. Pourquoi l’avoir choisi lui précisément ?

J’avais travaillé avec Anthony sur Rush et j’avais été très impressionné par son travail et notre collaboration. On était tous les deux totalement en phase. Pour moi, l’aspect graphique doit exprimer l’état émotionnel des personnages. Pour cette histoire, il y avait cet aspect classique de l’histoire, mais je voulais aussi lui donner une touche moderne et esthétique. C’est là qu’Anthony a pensé à mélanger l’ancien et le nouveau sur le plan cinématographique, tout en donnant aux acteurs, la possibilité d’être en relation totale avec la mer et le cachalot. On voulait une sorte d’osmose. Aussi, l’intimisme et l’intensité étaient des choses très importantes pour moi. Et Anthony a une énergie incroyable, il va prendre une caméra, aller dans des recoins inhabituels auxquels on ne penserait pas, pour trouver des angles particuliers et créer une énergie visuelle qui aide énormément.

De nombreuses séries deviennent des films en ce moment. Seriez-vous intéressé pour faire un film Happy Days ? Qui verriez-vous en Richie ?

Je n’ai aucune ambition personnelle de revisiter Happy Days en tant que réalisateur ! C’était de bons souvenirs mais c’est tout. Pour l’acteur, je ne sais pas… Justin Bieber ! (rires). Mais je préfère laisser tout ça derrière, ce sont juste de bons souvenirs. Et même en tant qu’acteur. On me demande souvent de venir jouer la comédie, mais je suis déjà très pris par ma carrière de réalisateur.

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Où en est votre projet sur les Beatles ?

Maintenant que mes enfants ont grandi, j’ai plus de temps. J’avais déjà fait un documentaire sur Jay-Z qui s’appelle Made in America, et j’y avais pris beaucoup de plaisir. Pendant Rush, les producteurs m’ont parlé de ce projet et je me suis senti comme invité à le faire. J’ai très envie de le réaliser, je vois cela comme une grande odyssée. J’espère être à la hauteur de ce groupe, de leur histoire. Pour l’instant, j’apprends énormément du parcours de ces génies.

Il semblerait que l’on va enfin voir l’adaptation de The Dark Tower (le roman de Stephen King – ndlr) en 2017 mais vous n’allez pas le réaliser. Pourquoi donc ?

Je n’ai pas vraiment le droit d’en parler mais on a aux commandes, un très bon réalisateur danois (Nikolaj Ancel – ndlr) et ça s’annonce prometteur. Si vous êtes un fan comme je le suis, vous allez adorer, je pense.

Pourriez-vous nous parler de la 3D ? Le film a t-il été pensé ainsi dès le début ?

Non, nous n’avions ni le temps ni le budget pour le tourner en 3D. Et si le film a été repoussé de cet été à cet hiver, ce n’est pas pour des raisons techniques par rapport à la 3D, mais juste pour des raisons marketing. Le film était complètement fini, déjà cet été. J’étais d’accord d’ailleurs avec ce choix. Je pense que la période de fin d’année est plus propice pour ce genre de films. Mais du coup, avec ce décalage, nous avions le temps de songer à une éventuelle post-conversion. Quand Warner l’a proposé, j’ai pensé que ça pouvait apporter de la profondeur, de la texture. Je suis très content du résultat. Si vous aimez la 3D, allez-y. Mais dans tous les cas, le film avait été conçu pour être une expérience immersive déjà en 2D.

A travers votre filmographie, on voit que vous explorez différentes formes de courage, sous différents angles. Est-ce que c’est quelque-chose que vous recherchez vraiment, et si oui, est-ce qu’il y a d’autres angles que vous aimeriez encore explorer ?

J’ai toujours été intéressé par la façon dont un personnage peut être testé et défié par des évènements inhabituels. Certains ont un courage naturel, d’autres non, et vont devoir relever le challenge. C’est une thématique qui m’intéresse. J’aime le fait qu’à travers mes films, on se pose la question de savoir si personnellement, on aurait le courage de faire telle ou telle chose. Je ne sais pas si je suis courageux moi-même, mais j’aime m’inspirer dans ma vie personnelle, des histoires que je peux voir, qu’elles soient fictives ou non, au cinéma ou dans l’actualité. Cela dit, je ne cherche pas à tout prix à injecter ça dans mes histoires, à le fabriquer pour m’en servir. Mais si ça se présente, je vais l’explorer.

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Les scènes entre Ben Whishaw et Brendan Glesson dégagent beaucoup d’émotion. Comment les avez-vous convaincu de venir sur ce projet et comment avez-vous travaillé ces scènes ?

Le scénario les a attiré à la base. Ces scènes ont représenté un temps de tournage assez court mais intense. Ils ont tous les deux fait énormément de recherches à tel point, qu’il y avait même des répliques totalement authentiques, qu’ils ont tiré de certains écrits. Il y avait aussi ce livre, Why Read Moby-Dick ?, qui révèle beaucoup de choses sur Melville et met en relation les deux aspects de l’histoire. Pendant les répétitions, on se rendait parfois compte qu’il y avait deux voire trois niveaux de lecture dans ces scènes. On a continué à explorer toutes les différentes facettes qu’elles présentaient, sur le plan émotionnel ou personnel.

On vit une époque pas vraiment formidable aujourd’hui, truffée de remakes, reboots, sequels etc… Que feriez-vous si la Fox venait vous voir un jour, avec l’envie de faire un remake de Willow ?

J’en suis à une époque de ma vie où je n’ai pas envie de revenir en arrière et de faire des remakes de mes propres films. J’adore Warwick Davis ou George Lucas, ce sont devenus des amis. Peut-être éventuellement s’il y avait la possibilité de faire évoluer le personnage en utilisant la technologie d’aujourd’hui. Mais même si c’était le cas, je pense que j’y réfléchirai à deux fois. Après, je suis très content d’avoir la possibilité de faire ce troisième film avec Dan Brown (Inferno, troisième volet de la série Da Vinci Code). Mais la différence, c’est que je sens que chaque film a son propre mystère, chaque film a vraiment une histoire à lui. Dans Inferno, il y a une situation de crise que je trouve très moderne. Et puis j’aime tourner avec Tom Hanks. Cela dit, j’aimerai faire un test : Aimeriez-vous voir une suite à Willow ? Levez la main, ceux qui le souhaiteraient…

Personne ne lève la main, et le non est collectif.

Ok. Voilà. J’ai ma réponse.

Retranscription Mondociné.

Merci à toute l’équipe Warner Bros. France.

Miss Bobby_The Grand Budapest-Hotel

Miss Bobby_The Grand Budapest-HotelThe Grand Budapest Hotel ne déroge pas à la règle de son réalisateur, Wes Anderson, à savoir vous embarquer dans un univers reliant à la fois la réalité et les contes. C’est comme ça que je vois ses films, une ouverture vers l’imaginaire.

Entrer dans un film de Wes Anderson, c’est y aller en tant qu’adulte ayant volontairement garder son âme d’enfant. The Grand Budapest Hotel dégage cette authenticité, cette odeur un peu vieillotte et rassurante de moquette que l’on trouve dans ces vieux hôtels. Ils ne sont pas très beaux, mais on les aime, car on y est coupé du monde moderne. C’est également ne pas avoir peur d’ouvrir un vieux livre poussiéreux, regorgeant de personnages plus atypiques les uns que les autres, apportant leur lot de surprises et de fantaisie.

Miss Bobby_The Grand Budapest_Hotel

L’Hôtel d’Anderson déborde de personnages incarnés par des acteurs et actrices de renom, offrant au film un casting (et une affiche) à en faire pâlir plus d’un. C’en est d’ailleurs frustrant, car on aimerait que certains personnages soient bien plus développés tant le souci du détail sur leur caractère ou leur costume est travaillé. Je veux pour exemple Bill Murray, Tilda Swinton ou encore Jason Schwartzman (des habitués de la maison Anderson).

Pour apprécier le film, il faut ouvrir son cœur et ses yeux, ne pas avoir peur de la folie, des surprises, d’être embarqué dans un voyage bourré d’aventures, rythmé et parfois complètement loufoque. Wes Anderson est définitivement un réalisateur et créateur à part, qui a su avec beaucoup de sensibilité, de détails, d’originalité et d’amour créer un univers bien à lui, emprunt d’un « je ne sais quoi » qui fait toute la différence. Il m’est difficile de vous parler du film avec précision, le mieux étant de voir The Grand Budapest Hotel et les autres, parce que se sont des films qui se vivent. On aime ou on n’aime pas, mais au moins, on pourra se targuer d’avoir vécu une expérience étrange.

Sortie en salles le 26 février.

CONFÉRENCE DE PRESSE

J’ai eu la grande chance de participer à la conférence de presse en présence de Wes Anderson et Ralph Fiennes. Je vous mets ci-dessous l’enregistrement de la conférence (ne vous inquiétez pas, il y a une traductrice qui rend la chose plus compréhensible) ainsi que des photos prises par mes soins.

Retrouvez également sur la page Facebook du blog une petite vidéo que j’ai faite de la conférence.


Un grand merci à Cartel

Miss bobby_La vie rêvée de Walter_Mitty

Miss bobby_La vie rêvée de Walter_MittyJe l’attendais avec tellement d’impatience, un peu comme le Père Noël. J’en avais parlé deux fois (ici et ). Je sentais qu’il allait faire écho, que Ben Stiller allait se révéler.

J’ai bien senti.

J’ai un seul problème : par quoi je commence ? L’amour ? Les rêves ? Le voyage ? Le courage ? Les petits riens ? La routine ? L’espoir ? La solitude ? L’aventure ? La vie ? Les souvenirs ? Les peines ? Les joies ? J’en oublie probablement, en tout cas, j’ai vu tous ces thèmes dans le film.

La vie rêvée de Walter Mitty est l’histoire d’un homme à la vie routinière. Son métier ? Il se charge de développer au sous-sol les photos pour le magazine Life. Pour s’échapper de la monotonie, il rêve éveillé d’elle, sa collègue Cheryl (Kristen Wiig) dont il est secrètement amoureux. Un jour, Sean (Sean Penn), un photographe reconnu, lui envoie une série de négatifs dont une photo est manquante. Il suffira d’une phrase et d’une mauvaise nouvelle pour sauter dans un avion à la recherche de ce photographe.

Vous vous imaginez dans la même journée sortir du travail, courir à l’aéroport et vous envolez à l’autre bout du monde, sans valise, sans dire au revoir, sans autre chose que votre mallette ? C’est terriblement courageux. On ne va pas se mentir, on l’a tous rêvé au moins une fois.

Je pourrai vous parler du film des heures durant, mais j’en ai déjà trop dit.

J’ai regardé le film avec ce sourire et ce regard qui trahissent la grande rêveuse que je suis. Je pense que mon confrère blogueur Chtounet (qui sévit chez Cineloutres) a dû s’en rendre compte. Ce regard amoureux, plein de sensibilité, l’œil qui brille et des idées plein la tête, un « spectacle » à moi toute seule.

Le film n’est pas parfait, mais en toute franchise, on s’en fiche ! L’aventure est bien trop belle, même semée d’embûches. Le message est fort, la photographie est magnifique, la bande originale emporte. J’espère revoir Ben Stiller dans des rôles aussi touchants, ça lui va tellement bien. Mention spéciale pour Patton Oswalt, la voix de « l’au-delà ».

Si la famille tient une grande place dans votre vie, si vous êtes rêveur, si les grands espaces vous fascinent, si vous avez une bonne peur, si votre vie manque de piment, si vous avez un cœur qui ne demande qu’à s’exprimer, si vous êtes amoureux, si vous faites attention aux détails, si vous êtes sensible, si vous voyez du bon en chacun et si vous êtes du genre à prendre de bonnes résolutions chaque début d’année, prenez donc celle-ci en 2014 : au lieu de cuver votre soirée du réveillon, marchez, courez, pédalez, glissez, volez voir La vie rêvée de Walter Mitty qui sortira le 1er janvier. Je ne vois pas de meilleure manière de commencer l’année. Et n’oubliez pas d’emmener avec vous une ou plusieurs personnes que vous aimez !

CONFÉRENCE DE PRESSE

Parce que la joie avec ce film a été totale, j’ai eu la chance de participer à la conférence de presse en présence de Ben Stiller et de Kristen Wiig. Voici quelques photos de mon cru ainsi que la vidéo de la conférence (et même qu’on me voit souvent dessus… de dos).

Un grand merci à Cartel