DVD_La loi du marché film Vincent Lindon

DVD_La loi du marché film Vincent LindonJ’avais envie de voir le film qui a valu une Palme d’or à Vincent Lindon lors du dernier festival de Cannes. Si elle était tant méritée que ça.

Bon…

Je ne vais pas m’arrêter sur des lignes et des lignes d’analyse, pour aller à l’essentiel sur pourquoi j’ai trouvé La Loi du marché particulièrement ennuyeux. Que l’on fasse des films engagés, avec un propos sociétal fort et incrusté à notre époque, c’est louable, autant le faire correctement. L’exemple qui me vient et qui m’avait touchée, était Discount de Louis-Julien Petit. Un réel propos qui ne tombe jamais dans la pathos, rythmé, servi par une belle brochette d’acteurs. Le film de Stéphane Brizé a lui aussi un sujet qui peut nous toucher : le chômage et le monde des demandeurs d’emploi. Pourquoi ça ne prend pas ?

Une réalisation qui m’a parue fainéante par de longs et lents plans fixes où le quotidien y est jeté froid, brut sans émotions. Suffit-il de reproduire la réalité pour s’en approcher et faire passer un message ? Clairement non. Brizé a pris le risque d’employer peu d’acteurs pour ne montrer à la caméra que des personnes authentiques, comme la banquière, qui est vraiment banquière. Cela dit, je comprends la démarche, faire du réel avec du réel pour montrer cette cruelle société qu’est la nôtre, c’est finalement bien pensé. L’administration n’est pas tendre, on ne vous accueille pas à bras ouverts, avec un sourire et des blagues. On se mange les obstacles en pleine face : manque d’argent, dettes à n’en plus finir, crédits à rembourser. Les personnes qui vous annoncent ce genre de bonnes nouvelles font leur travail, sans compassion. Alors pourquoi ça n’a pas pris ? Vincent Lindon ? Je n’ai pas réussi à avoir de l’empathie, je n’ai pas été touchée par sa détresse, peut-être parce qu’on ne la voyait pas, on voit un homme fatigué et impassible qui tente de s’en sortir, qui se trouve un travail pour subvenir aux besoins de sa famille, tel un automatisme. J’aurais voulu plus d’émotions, soit un personnage qui a la rage, soit dépressif, mais quelque chose de plus consistant qu’une personne qui semble accepter une certaine fatalité.

La loi du marché m’a dépassée : j’ai compris le propos et cette volonté d’exposition, néanmoins, il manquait quelque chose de concret pour qu’il soit percutant. Le film s’enfonce trop dans la réalité, exposant un quotidien qui n’est pas inconnu aux Français, mais dont la finalité n’est pas clair. Un film tableau en somme, représentant une réalité bien vécue.

La loi du marché_Vincent Lindon

Bonus :

  • Le film commenté par Stéphane Brizé
  • Entretien avec Stéphane Brizé (16 minutes)
  • Le discours de Vincent Lindon à Cannes (9 minutes)
  • Entretien avec Claude Halmos, psychanalyste  (16 minutes) : Complément d’analyse intéressant permettant de comprendre que le personnage est face à un rouleau compresseur qui est la société. La psychanalyste explique que l’homme se construit de manière privée, puis il s’ouvre au social, celui-ci fini d’ailleurs par atteindre la sphère du privé. Aussi, développe-t-elle que l’on ne pense pas à la destruction psychologique du chômeur. C’est également un segment où Claude Halmos fait passer une publicité pour son bouquin (je l’ai ressenti comme ça).
  • Bande-annonce

Sortie en vidéo le 07 octobre 2015.

by missbobby
DVD_Le tournoi Elodie Namer

DVD_Le tournoi Elodie NamerC’est vrai que les échecs n’est pas un sujet régulièrement abordé au cinéma, c’est un jeu souvent associé aux intellectuels, voire aux geeks, dans les séries télé, faire partie du club d’échecs ne s’apparente pas à la popularité, bien au contraire. Avec son film, Le Tournoi, Elodie Namer a souhaité revaloriser l’image des échecs en ajoutant du glamour et en choisissant des acteurs à l’opposé des clichés, cadrant les échecs comme un sport de combat.

Là où certains réalisateurs ont réussi à transformer des jeux ennuyeux en un sport frénétique, Namer n’a pas su accrocher mon attention. Effectivement, elle a su rendre les échecs sexy grâce à des acteurs charismatiques, travaillant en profondeur la psychologie de son personnage principal sur le stress et l’angoisse. Pour autant, cette complexité ne ressort pas à l’image, ne laissant transpirer aucune tension qui aurait été le bienvenu dans ce genre de film. Si visuellement, la réalisatrice s’amuse entre couleurs chaudes et froides, comme elle le dit dans les bonus, pour faire valser le spectateur entre irréel et réalité, entre la froideur du jeu et de la compétition face à l’insouciance de l’âge, des filles et de l’alcool, on peine à s’attarder sur l’un ou l’autre.

J’aurais aimer être happée par le Tournoi, être sous tension et fascinée par le jeu, la compétition, et je n’ai malheureusement rien ressenti de tout ça. La photographie est travaillée, mais le scénario n’a pas su me faire décoller.

Bonus :

  • Entretien avec Elodie Namer (11 minutes)
    La mise en scène : L’histoire n’est pas naturaliste, elle est métaphorique, sur le passage de l’enfance à l’âge adulte illustré par la lumière qui montre l’irréel. La réalisatrice a souhaité humaniser par les émotions, lui qui ressemble plus à un robot au départ. Elle a travaillé la symétrie des plans au début pour exprimer la rigueur, puis sensation de vertige avec les diagonales pour la perte de contrôle.
    La musique : La musique est un mix composition originale (représentant l’intériorité du personnage) et morceaux existants. Musique électro/robotique en rapport avec le début du personnage et ensuite plus organique avec des instruments.
    Les comédiens : La réalisatrice a souhaité échapper au cliché du geek joueur d’échecs. Michelangelo Passaniti, qui n’est pas acteur, a suivi un entraînement de 6h d’échecs par jour pendant 9 mois ainsi que des cours de théâtre.
    Les échecs : Elodie Namer avait une image très intellectuelle avant. Elle s’est rendue compte que c’était un vrai combat, et que certains joueurs ont un mode de vie complètement dédié au jeux et qui sont payés pour jouer.
  • La partie finale commentée (16 minutes)
  • Bande-annonce
  • Teaser blind
  • Teaser piscine
  • Teaser long

Et si le film a éveillé en vous une curiosité pour les échecs, vous pourrez vous entrainer avec ces quelques jeux.

Sortie en vidéo le 02 septembre.

Miss Bobby_Blu-Ray Fast and furious 7

Miss Bobby_Blu-Ray Fast and furious 7Et voilà. Paul Walker a fait chauffé une dernière fois sa Toyota Supra et nous a offert un dernier tour de piste à la hauteur de nos attentes, à en laisser du caoutchouc collé sur le bitume. Ce Fast and Furious 7 s’envole par l’humour, des situations encore plus dingues que l’opus précédent et une grosse couche de mélancolie.

Fast and Furious 7 c’est comme se faire un gros kiff, soit on assume, soit ce n’est pas la peine d’essayer si c’est pour ne pas apprécier à sa juste valeur le délire dans sa globalité. James Wan, habitué à faire des films qui font peur (comme Conjuring, pour ne citer que celui-ci) a su servir du 300% jouissif en barres. Mon seul et unique bémol, c’est qu’il est UN TOUT PETIT PEU moins barré que le sixième qui m’avait laissée pantoise beaucoup plus de fois. Mais je chipote, parce que cela ne m’a pas empêché de sortir des « oh pu**** ». James Wan apporte une réalisation plus léchée, notamment dans les prises de vue sur les combats avec son effet de renversement qui est tout bonnement génial, suivant la courbe engagée par la chute d’un corps, accentuant le côté « waouh » (j’avoue qu’en choix de mots, j’ai fait mieux). Certaines répliques méritent d’être cultes, vous savez, c’est typiquement le genre de phrase qu’on aimerait sortir au mec ou à la nana qui joue avec vos nerfs, et que sur le moment, on ne trouve pas. Faudrait que je les apprenne, pour ne pas être prise au dépourvu.

À part ça, Fast and Furious 7, c’est toujours du bon gros son, un casting qu’on adore retrouver, des voitures à donner une syncope à votre compte en banque et à vous brûler la rétine tant elles sont belles, des fesses et des bikinis dignes d’un clip de rap qui fera baver votre chéri, Dwayne Johnson hilarant, et un superbe hommage à Paul Walker qui vous fera tirer une larme.

J’aimerai que la saga s’arrête-là, car comme le dit si bien Dom (Vin Diesel) : « ça ne sera plus jamais pareil ». Moi j’ai pris un plaisir à peine coupable avec ce septième volet (comme avec les autres, mon objectivité vole en éclats avec les Fast), je pense que vous aussi vous allez prendre votre pied.

Miss Bobby_Fast and furious 7

Bonus :

Une sacrée pelleté de bonus qui vous immergera totalement dans le film, où les cascades et les séquences les plus mémorables sont expliquées, des bonus particulièrement intéressants et impressionnants de par leur contenu. On se rend à quel point tout est vrai.

– Scènes coupées (6 minutes) : 4 scènes.

– À propos de Fast (31 minutes) : Passionnant. James Wan présente face caméra et via une table numérique, la manière dont il a construit son film et ses séquences. Quelle touche il a voulu apporter à la franchise pour se différencier des précédents opus. Ce segment est à mi-chemin entre un making of et un reportage. Les acteurs interviennent pour expliquer eux aussi des scènes ainsi que la perception de leur personnage.

– Retour à la case départ (12 minutes) : Un making of court et très complet regroupant aussi bien l’essence de la franchise que l’arrivée des nouveaux acteurs, leur apport, en finissant par un hommage à Paul Walker.

– Voitures volantes (6 minutes) : Toujours plus gros. Toute la séquence du saut en parachute des voitures expliquée. Impressionnant !

– L’occasion fait le larron (7 minutes) : Encore un autre segment explicatif des cascades, notamment comment faire roules vite les voitures, plus la scène du bus. On se rend compte à quel point cela demande de la précision. Tout est vrai !!

– Saut de tour en tour (7 minutes) : Ne jamais dire non à l’impossible et toujours repousser les limites pour aller plus loin. La réalisation de cette scène monumentale.

– Dans la bagarre :
* Hobbs contre Shaw (3 minutes) : Deux personnalités, deux styles de combat.
* Combat de filles (3 minutes) : Ronda Rousey a beaucoup aidé Michelle Rodriguez. Tout en robe et talons !
* Dom contre Shaw (3 minutes) : Grosse tension sur ce combat.
* Tej entre en action (2 minutes) : Utiliser les capacités de … que l’acteur connaissait.

– Les voitures du film (11 minutes) : Chaque personnage a une voiture qui lui ait dédiée, représentant son caractère. Certains bolides n’étaient même pas terminés pour le film.

– Race Wars (7 minutes) : Une volonté de revenir là où tout a débuté, avec les fans, sur la race wars

– Vidéoclip officiel de « See you again »

– Le making of de Fast & Furious supercharged (9 minutes) : La construction de l’attraction pour le parc Universal Studios. Les acteurs et l’équipe de réalisation de l’attraction expliquent le travail sur celle-ci, mais à aucun moment on peut voir le résultat et on ne comprend pas en quoi elle consistera. Dommage.

Sortie en vidéo le 04 août.

by missbobby
Miss Bobby_Blu-Ray If you love me

Miss Bobby_Blu-Ray If you love meLe sexe, parlons-en. C’est vrai que dans les films on ne parle jamais des travers sexuels du couple, ni des problèmes conjugaux à travers la problématique des relations intimes. Il y a bien 50 nuances de Grey qui a tenté de nous faire aimer le sado-masochisme. Peut-être que cette pratique est trop banalisée pour nous faire sourciller. Pourtant il y a tellement de choses que nous ignorons, par exemple, avec If you love me, j’ai découvert la lacrimophilie ou encore la somnophilie, des pratiques que l’on appelle paraphilie (pratique sexuelle peu traditionnelle) .

Vous allez vous découvrir de nouvelles passions !

À travers l’incompréhension sexuelle du couple, Josh Lawson appuie sur les soucis de communication qui pourrissent les couples, car c’est bien là le réel problème : se sentir assez confiant et libre de parler avec son conjoint afin de faire en sorte d’améliorer les choses, de trouver un terrain d’entente. Le manque de communication engendre les non-dits, alimentent les doutes, les tracas, et c’est comme ça qu’on se retrouve à faire des thérapies de couple/à se séparer/à divorcer, parce qu’on n’aura pas osé parler avec son conjoint et que celui-ci n’aura pas pris le temps de nous écouter. C’est bête.

If you love me met en exergue le manque de communication à travers le prisme de la sexualité, car s’il y a bien un autre sujet délicat qui peut causer des torts, c’est bien l’intimité, un couple qui n’est pas sur la même longueur d’ondes et qui, pareil, ne peut pas en parler, court droit dans le mur. Même si le film se penche sur des pratiques peu communes pour illustrer son propos, il n’en reste pas moins que le sujet est universel.

Si vous êtes en couple, vous serez forcément sensible à ce film particulier, si vous êtes célibataire, vous serez peut-être tenté par la nouveauté ou vous réfléchirez sur vos erreurs passées ou celles qu’il ne faut pas commettre. Prenez If you love me à la légère, comme une comédie d’un certain genre, mais qui fait passer un message sous-jacent assez important.

Bonus :

– Making of (24 minutes)

– Bande-annonce

– En blu-ray

Sortie en vidéo depuis le 22 juillet.

by missbobby
Miss Bobby_DVD_A trois on y va

Miss Bobby_DVD_A trois on y vaJ’ai cherché une belle phrase d’accroche, quelque chose qui rime ou quelque chose de poétique pour démarrer cette critique de ce film qui m’a poignardé le cœur, mais je n’ai pas trouvé. J’ai, je pense, les mots pour vous décrire À trois on y va, mais je n’ai rien pour l’amorcer. Alors tout sortira, peut-être de manière brouillonne, peut-être en désordre.

À trois on y va, le nouveau film de Jérôme Bonnell est un triangle amoureux plus particulier que les autres : un couple se trompe avec la même femme.

C’est une comédie romantico-mélancolique, à la fois douce et terriblement amère, une spirale de passion et d’amour qui aspire, piégeant quiconque s’y aventura, surtout les plus naïfs. Mélodie, celle dont le cœur s’est involontairement immiscé entre ce couple, s’est perdue dans une chimère, la pire de toute : l’espoir que. Un jour, peut-être. Elle est éperdument amoureuse de Charlotte, envisageant tout avec elle et attendant quelque chose qui ne viendra peut-être jamais. Et de l’autre côté, il y a Micha (en couple avec Charlotte donc), qui voit sa copine s’éloigner, cette copine qui a toujours été insaisissable, énigmatique, et qui va lui aussi se tourner vers Mélodie. Micha reste indéniablement accroché à Charlotte, Charlotte ne peut pas se défaire de Micha, et Mélodie bien qu’ayant un cœur assez gros pour accueillir deux personnes, bien qu’elle apporte bonheur et réconfort, bien qu’elle se donne corps et âme, Mélodie souffre et se perd lentement.

C’est difficile de s’abandonner à quelqu’un qui ne s’abandonne pas totalement à vous, de faire des choix, de se défaire d’une vie de couple pas si heureuse, qui ne se raccroche plus à grand chose, mais qui perdure par sécurité et habitudes. C’est difficile d’être fort, de prendre des décisions : rester ou s’éloigner ? Être heureux ou malheureux ? Se séparer ou continuer l’air de rien, gardant ses œillères bien fixées.

C’est à celui qui fera le premier pas vers le changement, qui se sacrifiera, vers une certaine liberté, la liberté et le courage de recommencer ailleurs et de tourner la page. Pour être heureux il faut savoir passer par la souffrance du manque, de la distance, de la rupture, de la nouveauté, de l’inattendu, passer outre la naïveté que tout va bien en apparence et que fuir ne réglera rien.

Jérôme Bonnell signe un film drôle, innocent, sensible, tendre, naïf, parfois enfantin, parfois plein de grâce pour de jeunes adultes qui apprennent l’amour au jeu du hasard. Une réalisation douce et épurée, l’utilisation de gros plans pour accentuer la proximité et l’identification, intégrant complètement le spectateur à l’histoire. Trois acteurs attachants pour trois personnages bien distincts.

Certains se reconnaîtront dans ces sentiments qui explosent, dans ce tiraillement et dans cette souffrance qui gangrène tout.

J’avoue en relisant ma critique que c’est un peu embrouillé, mais elle représente bien la confusion des sentiments.

Bonus :

– Quatuor (court-métrage) (10 minutes) : en noir et blanc et muet, où le bruit de la pellicule qui tourne est omniprésent. Ce court-métrage raconte l’histoire d’un homme qui trompe sa femme sous son nez, pendant qu’un ami couvre le bruit en jouant des instruments. C’est très burlesque, exagéré, façon Chaplin mal exécuté, voire grotesque.

– Bande-annonce

Sortie en vidéo le 05 août.

by missbobby
Miss Bobby_Blu-Ray The Voices

Miss Bobby_Blu-Ray The Voices« Bonjour. Je vous appelle car mon chat est un psychopathe. Il aime tuer et me pousse à faire des choses bizarres » « Enfin monsieur, comme tous les chats » « Ah bon ? Tous les chats incitent leur maitre à tuer des gens ?! » « Euh… »

Si la folie m’était contée par mon chat, appelé Monsieur Moustache (original !). En voilà une idée ! The Voices est un film pour public averti, comprenez qu’il vaut mieux avoir l’esprit trèèèès ouvert pour apprécier cet Objet Filmique Non Identifié (OFNI).

Je me rappelle avoir dit : ouh la, je sens qu’il va être spécial. Ce n’est rien de le dire ! Non catégorisé, il pourrait très bien se glisser dans la comédie, le drame, l’horreur. Voyez un peu le tableau ? Sous couvert d’une couche psychédélique ultra colorée.

Qu’est-ce que c’est que ce The Voices ? Lisez le synopsis dans un premier temps :

Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona – la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments…

Ryan Reynolds revêt le costume (rose) du simplet d’esprit sous médocs, enfin non, justement, pas sous médocs, parce que le monde est plus beau, plus coloré, c’est comme vivre dans un rêve éveillé. Les filles sont jolies, les gens sont gentils, et surtout, mon chien et mon chat me parlent, et ça, c’est cool, je me sens moins seul comme ça. Ils sont mes amis. Certes, mon chat est un peu psychopathe sur les bords, mais mon chien est adorable, toujours très sympa, délivrant la bonne parole. Bosco (mon chien) est tout le temps en désaccord avec Monsieur Moustache, mais au fond ils s’aiment bien.

Au pays de Candy…

Enfin, ça ne va pas durer, sinon le film serait chiant et ce n’est absolument pas le cas. Dans un subtil jeu de couleurs chaudes et froides, la réalisatrice Marjane Satrapi nous fait passer de l’illusion harmonieuse qui sévit dans la tête de Jerry, à la réalité, particulièrement glaciale et cauchemardesque. Vous vous doutez bien qu’à un moment, les choses vont basculer dans l’horreur (étant une âme super sensible, il n’y a que la première scène dont le couteau est un peu difficile à passer), horreur nourrit par la maladie de Jerry où lui n’y voit qu’un monde rigolo et presque magique.

Ryan Reynolds, qui n’a jamais vraiment brillé par ses rôles, a enfin trouvé chaussure à son pied, et dès ses premières secondes à l’écran, on dénote tout de suite que quelque chose cloche chez lui et ce, uniquement avec de subtiles mimiques faciales. Mais il ne s’arrête pas là, se laissant bercer par ses voix (The Voices) intérieures qu’il immortalise par le biais de son chat et de son chien, sorte de balance entre l’enfer et le paradis, le démon et l’ange. Chacun sur une épaule. Monsieur Moustache est un personnage à part entière, représentant à lui seul le vice à renforts d’insultes, montrant ses plus bas instincts de tueur.

Toi aussi, réveille le chat qui est en toi (avec modération).

Si vous aimez les films atypiques, The Voices est fait pour vous. Vous y retrouverez tous les codes des films d’horreur (mais pourquoi t’es partie courir dans les bois, tu m’expliques ?!) ajoutant au côté parodique et comique, une pointe 60’s très drôle et hallucinante dans le générique et puis évidemment, l’exploitation de la mort vue sous le prisme de l’absurde.

Je vous conseille de suivre le compte Twitter de Monsieur Chat (@TheVoicesFilm), c’est une vraie saloperie vous verrez, il est toutefois hilarant.

Miss Bobby_The voices

Bonus :

– Ryan Reynolds – Jerry (4 minutes) : Raynolds explique sa difficulté à jouer 5 personnages. Les deux animaux qui sont la personnalité de Jerry, comment il perçoit son personnage qui vit au pays des bisounours, sa vision. Et que d’une certaine manière, on aime Jerry.

– Gemma Arterton – Fiona (4 minutes) : Les scènes du frigo sont surréalistes. Très original. Le meilleur par marjane. Le plus difficile le frigo car pas bouger.

– Anna Kendrick – Lisa (2 minutes) : Elle a pris tout de suite la décision de jouer dans ce film car c’était Marjane la réalisatrice. Elle a trouvé le scénario cool et bizarre.

– Marjane Satrapi – réalisatrice (3 minutes) : Toute la difficulté fut de faire aimer un tueur et de jongler entre plusieurs styles. Le film balance constamment entre le monde de Jerry et la réalité.

– Michael R. Perry – Scénariste (2 minutes) : le scénariste a eu l’idée du film en parlant avec des profileurs du FBI. Il explique également que Marjane vient du monde de la BD et c’est en cela que le film est très visuel.

– Effets spéciaux – Making of (6 minutes) : différent de faire parler des animaux pour un film pour enfant. Il fallait que ça soit réaliste. Utilisation d’un chat normal en comparaison de la figure imposante du chien. Tout le travail pour faire parler les animaux.

– Scènes de tournage (10 minutes) : pseudo making of sans commentaire. Caméra sur le tournage, mauvais mixage son.

– Karaoké animé (4 minutes) : générique de fin version dessins, alors qu’il suffisait juste de reprendre le générique original. Cela n’a pas vraiment d’intérêt et ce n’est pas joli.

Sortie en vidéo depuis le 22 juillet.

by missbobby
Miss Bobby_Blu-Ray_Birdman

Miss Bobby_Blu-Ray_BirdmanBirdman, c’est comme une fresque murale représentant une bataille ou une scène particulièrement forte : de loin, vous pouvez apprécier le tableau dans sa globalité, le travail titanesque, et de près, votre œil se balade dans tous les sens pour tenter d’accrocher tous les axes de lecture, tous les personnages distincts, chacun ayant leur propre action, leur propre histoire, leur propre impact sur cette grande épopée. Et puis, c’est aussi apprécier le travail méticuleux du peintre, sa précision, ses coups de pinceau, sa technique, son génie.

Ouvrez grand vos yeux pour décortiquer l’oeuvre magistrale de l’oiseau fou : Birdman.

Synopsis

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

Freud aurait adoré Birdman pour sa quintessence sur le surmoi. L’être aux prises par sa perception de la réalité, le bon et par sa propre fiction, le mal, paradoxalement imagé par l’oiseau synonyme de liberté. Alejandro González Iñárritu a dessiné sous le prisme de Birdman ce qui sommeille en tout à chacun, avec un degré de folie plus ou moins élevé : le masque que l’on porte dans ce grand théâtre que l’on appelle la vie.

Quoi de mieux que le comédien pour illustrer le fil du rasoir ? Être complexe partagé entre sa personne, son ego, son image, son succès, son profond mal-être, sa solitude.  Birdman dépeint des portraits de comédiens coincés entre la scène et la réalité, au point de fusionner avec ce masque de l’illusion. Aucun n’y échappe, chacun reflète une image erronée de lui-même, mis en exergue dans le jeu de cadrage avec les miroirs des loges par exemple, qui montre bien cette mise en abyme, ces différentes couches – le personnage, le reflet, la caméra et enfin le spectateur – tous les niveaux de lecture qui nous sont offerts incitant notre œil et notre compréhension à analyser cette oeuvre toute aussi complexe et riche que ses personnages. Que ce soit l’actrice (Naomi Watts) voulant accéder à Broadway, synonyme d’apologie pour fuir son manque de caractère, cet acteur (Edward Norton) à l’ego sur-gonflé sans cesse dans le paraître pour cacher les dysfonctionnements de sa sensibilité, l’avocat (Zach Galifianakis) assoiffé par l’argent et le rendement pour se donner une stature, la fille (Emma Stone) complètement paumée cultivant son côté rebelle pour se faire remarquer. Et enfin, le maître de cérémonie, le metteur en scène (Michael Keaton), qui tente de mener sa propre valse en marchant pieds nus sur des bris de verre.

Michael Keaton… quand l’absolu génie d’Iñárritu s’applique dans ce fabuleux « détail » repoussant les interrogations du public à son paroxysme par la fusion parfaite de la réalité et de la fiction : l’acteur s’entremêle étroitement avec son rôle. À l’instar de son personnage, Michael Keaton s’est envolé dans les hautes sphères de la célébrité grâce à Batman pour ensuite retomber dans l’oubli en tentant de maintenir sa carrière à flots. Comme Keaton, Riggan a explosé le box office avec son rôle dans Birdman, s’étiquetant au fer rouge sur le front du titre de super-héros. Comment faire oublier cette marque visible, reconquérir le public (et la critique qui s’est faite une idée de vous bien pitoyable sans pour autant avoir eu un aperçu de tout votre talent), se convaincre soi-même et les autres de la profession de notre talent dans un registre totalement différent ?

S’il n’y avait que ça… Relancer sa carrière, se surpasser alors qu’il y a toujours cette ombre qui plane au-dessus de vous : l’affiche est superbe en ça. Les démons qui surplombent, toujours au-dessus de la tête, gardant un certain périmètre de « sécurité » entre le monde qui vous entoure et votre folie, prêts à bondir pour vous garder dans votre bulle.

Je ne peux pas terminer cette critique sans vous parler de la réalisation, fabuleux plan séquence de deux heures (petit jeu : amusez-vous à dénicher les coupes) concentré dans un quasi huis-clos, dans ce labyrinthe qu’est ce théâtre, figure de style à lui tout seul, embarquant le spectateur dans un tournis incessant (au rythme d’une musique répétitive, tambourinant votre cerveau au point de vous rendre aussi dingue que les personnages), vous faisant monter, descendre, partir, repartir, appuyant sur votre condition de physique et votre souffle, engageant votre esprit dans des millions de choses à penser (mes problèmes, ma pièce, les acteurs à gérer, ma copine, mon ex-femme, ma fille, ma popularité, etc.). Que vous le vouliez ou non, vous allez être pris dans la même spirale que Riggan, dans ce ballet psychotique. Vous serez enfermés dans ce théâtre, pratiquement à l’abris de la cohue extérieure.

Birdman est en fait la rencontre de plusieurs arts : la peinture, le théâtre, le cinéma. L’explosion talentueuse par la réalisation, l’écriture, l’interprétation, les lectures. J’aurais voulu prendre 4h pour vous écrire deux feuilles doubles sur le film pour vous mentionner le succès et la reconnaissance recherchés par l’acteur alors qu’ils peuvent être atteint différemment, ne serait-ce que par les réseaux sociaux. J’aurais aimé vous parler de cette sensation d’être toujours au bord du gouffre (idéalement imagé à l’écran). J’aurais aimé vous parler de l’aspect médiatique, sur ce qui construit et déconstruit une personnalité reconnue, l’attente du public, en complète opposition avec le talent.  J’aurais aimé vous parler des scénettes dans ce plan séquence. J’aurais aimé vous parler de la folie de Times Square face au huis-clos.

Parler de chef d’œuvre avec Birdman ne sera pas de trop.

Prenez votre envol avec Birdman. Lâchez prise. Tout va bien se passer.

Miss Bobby_Birdman

Bonus :

– Birdman : les coulisses (33 minutes) : On se rend compte avec ce segment à quel point les acteurs et toute l’équipe étaient constamment sous pression durant le tournage, à avoir peur de se tromper ou de faire capoter la scène. Des scènes particulièrement complexes et millimétrées, qui ont demandé beaucoup d’heures de répétition.

– Conversation avec Michael Keaton et Alejandro G. Inarritu (14 minutes) : la vision du tournage par le réalisateur et l’acteur principal, leurs explications sur le scénario qui vous permettra peut-être de mieux le comprendre ou de vous apporter soit un autre point de vue, soit un complément à votre compréhension, voire même à vous conforter sur les différents niveaux de lecture qu’est Birdman.

– Galerie : les photos de Chivo sur le plateau : très belles photos prises sur le tournage par Emmanuel « Chivo » Lubezki (directeur de la photographie).

Sortie en vidéo depuis le 08 juillet.

by missbobby
Miss Bobby_Blu-Ray_Kingsman services secrets

Miss Bobby_Blu-Ray_Kingsman services secretsC’est à chaud que je m’attèle à l’écriture du test Blu-Ray de Kingsman : services secrets et cela ne va pas être une mince affaire, car je ne sais pas par où commencer. Je suis dans une veine inspiratrice, mais mes idées partent dans tous les sens tant le film m’a mise à terre telle une prise de Jujitsu, coupant net le souffle, me laissant K-O. En gros, vous prenez Star Wars, Pulp Fiction, La Fièvre du samedi soir, Kick Ass, James Bond (pour ne citer que ceux-là), vous secouez bien fort et vous obtenez Kingsman. Grande classe.

Kingsman : services secrets, film d’espionnage, mais pas que. Tantôt film d’action qui tranche littéralement dans le vif du sujet, tantôt comédie crue à l’humour British, tantôt parodie faisant le pied de nez à J.B. (Jason Bourne ? Non, James Bond), Matthew Vaughn sert sur un plateau une oeuvre pour les amoureux du cinéma, sachant apprécier des scènes tels des ados attardés et excités à l’approche du prochain Iphone/Star Wars/épisode de Game of Thrones (rayez les mentions inutiles). En somme, de la jouissance pure ou Noël après l’heure (ou avant l’heure, c’est selon).

Des séquences mémorables, à deux doigts de la folie, symbiose entre l’horreur, l’action et le burlesque, recalant au passage les valeurs pieuses. Chorégraphies parfaites ou comment l’espion britannique rencontre Benny Hill. Grandiose. Ou encore l’anarchie illustrée par le disco, l’apparition de John Travolta sous les traits de Sofia Boutella alias la femme kangourou aux lames acérées.

Scénario point cousu de fil blanc, où se mélange la formation des nouvelles recrues face au maniement de parapluie des anciennes générations, nous laissant nous accrocher aux personnages, accordant notre sympathie et notre fascination. Des personnages mis en valeur par des acteurs superbes : Samuel L. Jackson affublé d’un petit plus (que vous découvrirez par vous-mêmes, je ne souhaite pas vous gâcher la surprise) rendant chaque scènes hilarantes, Colin Firth offre son flegme, sa classe et son charisme dans un rôle hors normes d’espion. La gymnastique n’a plus de secret pour lui. Mention pour leurs seconds rôles à Michael Caine et Mark Strong. La nouvelle génération éclot sous le visage du minet Taron Egerton, gueule d’amour qui suit les traces de Colin Firth et c’est réussi.

Kingsman : services secrets est un trip exaltant pour grands enfants à l’approche de leur anniversaire, regroupant différents genres et mélangeant les références. Définitivement à avoir dans votre DVDthèque pour vous aérer l’esprit. Vous m’en direz des nouvelles.

Miss Bobby_Kingsman_services secrets

Bonus

– Tout sur Kingsman : Services Secrets (1h30) : *La formation d’un super espion – de la BD à l’écran, * Héros et voyous, *Matthew Vaughn : Un style bien à lui, *Les armes et les gadgets, *Un montage choc, *La BD qui inspira le film : 1h30 de making of, de quoi ravir les amateurs de contenu. Un bonus particulièrement complet et passionnant sur la construction du film, la distinction entre la BD et l’œuvre filmique, apportée par le travail de Matthew Vaughn. La volonté de celui-ci de faire une sorte de film parodique, à la fois comique et très sérieux, avec les codes du genre. Le choix du casting, un élément important par rapport à l’évolution des personnages. Un bêtisier n’aurait pas été de trop.

– Galeries

– Film annonce

Sortie en vidéo le 08 juillet.

by missbobby
Miss Bobby_DVD_Hungry hearts

Miss Bobby_DVD_Hungry heartsAdam Driver n’est pas qu’un acteur exubérant, il peut aussi éclater de talent dans des rôles très modestes et particulièrement dramatiques, comme dans Hungry Hearts où il incarne un jeune père luttant contre sa femme dans l’éducation de son bébé. Le synopsis est plus détaillé que moi :

Jude est Américain, Mina Italienne. Ils se rencontrent à New York, tombent fous amoureux et se marient. Lorsque Mina tombe enceinte, une nouvelle vie s’offre à eux. Mais l’arrivée du bébé bouleverse leur relation. Mina, persuadée que son enfant est unique, le protège de façon obsessionnelle du monde extérieur. Jude, par amour, respecte sa position jusqu’à ce qu’il comprenne que Mina commence à perdre contact avec la réalité.

Un drame brutal où l’on se sent comme Jude, impuissant et désemparé face à sa femme, ses convictions, ses croyances et son entêtement maladif. Comment faire comprendre à son conjoint que ses actions sont mauvaises, alimentées par des préjugés erronés ? Accepter de mettre en péril son couple pour le bien-être de son enfant, et surtout, accepter que la personne que l’on a connue a totalement changé. C’est également tenter d’appréhender le comportement de Mina : nous sommes tiraillés par cette mère qui aime profondément son fils et en même temps, par le mode de vie qu’elle lui impose, qu’elle juge bon.

Saverio Costanzo retranscrit une sensibilité et une authenticité très justes, bien réelles, voire même très délicates. Le spectateur prend une place d’observateur discret, comme s’il vivait lui-même l’action au cœur de ce couple, comme une troisième personne, sans verser dans le voyeurisme. Adam Driver et Alba Rohrwacher brillent par leur simplicité au point qu’ils nous laissent juste assez de place pour qu’on puisse s’immiscer dans leur intimité sur la pointe des pieds. Hungry Hearts ouvre les portes d’un couple en proie aux difficultés, aux obstacles psychologiques. Face à face entre l’impuissance de la situation, le combat quotidien, les convictions de chacun, Hungry Hearts est troublant, terriblement émouvant et dur. Un petit film sans prétention, bourré d’émotions, particulièrement réaliste et intime, interprété avec brio.

Sortie en vidéo le 07 juillet.

by missbobby
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