Jean-Christophe et Winnie

Mon petit ours jaune

Jean-Christophe et Winnie« Je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » chantait feu Charles Aznavour. Un temps où les enfants de ma génération et celle d’avant regardaient les aventures de Winnie l’ourson à la télévision et de ses amis, les illustres Bourriquet, Tigrou et Porcinet. Ce petit ourson tout jaune, un peu pataud sur les bords et qui se régalait de pots de miel. Je me souviens qu’il avait cette voix de vieux monsieur, très tendre. Jean-Christophe & Winnie s’adresse à moi et à toutes ces personnes qui ont connu l’ours jaune, l’âne blasé, le tigre foufou et le petit cochon peureux.

Et c’est tout le but de Jean-Christophe & Winnie : nous replonger en enfance, dans l’insouciance, loin du monde gris d’adultes individualistes dans lequel nous sommes. Le film de Marc Forster s’approche de Paddington : une Angleterre vintage, mais plus triste et peu colorée, le numérique de l’ours accro aux sandwichs à la marmelade d’orange a fait place aux peluches. Cela peut d’ailleurs être déroutant au premier abord, néanmoins, ce côté peluche véritable fait ressortir toute la tendresse et la douceur des personnages et du film.

Jean-Christophe & Winnie conviendra plus à l’enfant qui sommeille tranquillement dans les adultes que nous sommes plutôt qu’aux petits. En effet, le film flirte avec le drame, même s’il n’en reste pas moins très touchant. Les enfants n’y verront que le côté peluche sans vraiment comprendre l’histoire qui se résume assez facilement : nous avons tous en nous une part d’enfance oubliée qui ne demande qu’à revivre dans ce monde bien grisâtre.

Jean-Christophe & Winnie est tout doux même pour ceux qui n’ont pas connu l’ourson. C’est tendre comme une caresse ou comme un pot de miel, c’est beau comme un conte, et on se dit que parfois, nous devrions tous laisser sortir l’enfant caché au fond de nous.

Sorti en salles depuis le 24 Octobre 2018.

by missbobby
T2 trainspotting_film

T2 trainspotting_filmDans la lignée des films cultes qui ont gagné le droit d’avoir leur suite 20 ans après, Trainspotting vient s’ajouter à la liste. Les junkies écossais reviennent à 40 piges moins défoncés, mais pour autant plus responsables ?

On prend les mêmes et on recommence, enfin, on continue. Danny Boyle s’est entouré de la même bande d’acteurs qui nous avaient tous marqués dans le premier opus déstabilisant, peignant un portrait des ravages de la drogue, cru, froid et qui mettait mal à l’aise. Attention pour ceux qui avaient adoré Trainspotting, ce T2 n’a rien avoir. Il expose la vie de ces drogués 20 ans après, ce qu’ils sont devenus, s’ils ont réussi à décrocher et surtout, il donne les conséquences directes de la fin du premier.

Danny Boyle lèche toujours autant sa réalisation, tout en perdant cette atmosphère malsaine du premier volet. Il est plus posé, tout comme les personnages et l’histoire. On assiste un peu trop lentement à ce que sont devenus ces quatre personnages, c’est-à-dire pas grand chose. On obtient un film parfois long, peu rythmé, qui laisse dubitatif. Fallait-il faire une suite à Trainspotting pour nous montrer qu’un raté d’un jour sera toujours un raté ? Les deux films sont différents, le premier était puissant, celui-ci est dans la continuité de la vie de ces quarantenaires : plan-plan.

Il est logique d’avoir avec T2 Trainspotting, un film n’ont pas sur la maturité (loin de là), mais sur les conséquences, l’âge adulte, le vieillissement. Un film qui n’est plus nerveux. Attendez-vous à quelque chose de plus calme, voire un peu trop, qui, à mon sens, n’était pas indispensable, si ce n’est faire plaisir aux fans de la première heure.

Sortie en salles le 1er Mars 2017.