Je le connaissais peu. J’avais déjà vu un de ses sketchs à Montreux aux côtés de Laurent Ruquier. Un humoriste faisant dans le cynisme, assez blasé et incisif. Passant par chez moi dans sa tournée « province » (comme il le dit : « c’est la province, ça mais reste pas loin de Paris »), j’ai proposé à M. et à Mr. Apple de m’y accompagner. Je ne savais pas si le 36ème degré durant tout un spectacle allait me plaire et heureusement, ce fut le cas.

1h30 de dézinguage. Mais attention, à part « Nicolas » qui en a pris un peu pour son grade, Gaspard Proust préfère s’en prendre à un genre plus riche en inspiration, en inventivité : vous et moi (enfin, pas moi en particulier hein!). Vous pensiez être un minimum intelligent et cultivé?! Laissez tomber! Il vous rabaissera au simple rang de lecteur de Oui-Oui… au mieux. C’est-à-dire qu’il y a un moment où il faut arrêter de lutter, car c’est moche à voir. Vous, pardon, nous sommes « débiles » (les guillemets me permettent de garder une certaine fierté)! Oh ça va! Je ne me voile pas la face. J’ai compris 99% du spectacle, les 1% restants étant des références, notamment à des personnes connues que je ne connais pas, voire à des références littéraires haut de gamme que je n’ai pas lu. Moi, c’est plutôt Tom-Tom et Nana et lui c’est Rousseau. Clairement pas le même niveau. Cela ne m’a pas empêché de comprendre le mot utopiste avant d’entendre sa définition (très drôle soit dit en passant).

Qui dit flinguage en bonne et due forme, dit aussi jeux de mots et là, je fais figure de petite joueuse à côté. J’ai retenu ceci (entre autres) :

Labeur n’est pas un travesti maghrébin (ça va que je ne suis pas Jane Berkin, parce que j’aurais plutôt compris ce mot comme étant une substance jaune et solide dont la fonction est le tartinage de baguette ou le graissage de steaks. C’est selon)

Cogiter est bien un synonyme de réfléchir et ne signifie en aucun cas une colocation rurale.

Franchement, si avec ces deux « définitions » vous vous sentez encore intelligent, c’est que votre égo a du mal à passer la porte OU que vous êtes Gaspard Proust et que vous admettez volontiers que votre égo est surdimensionné et qu’il vous arrive parfois de mettre un cale-tête sur votre épaule pour éviter de tomber à cause de la lourdeur de votre pastèque.

Tout ça pour dire que si vous n’êtes pas allergique au cynisme, à cette manière plus qu’agaçante d’être blasé par tout/partout, que vous n’êtes pas trop susceptible, et parce que cela fait longtemps que vous avez enlevé le balai qui était coincé dans cet endroit incongru que l’on appelle votre fessier – OH! J’ai choqué! – alors Gaspard Proust est fait pour vous!

J’ai 100% 99% adhéré et adoré.

by missbobby

AH LA VACHE ! Dieu sait que j’aimerai m’exprimer ainsi plus souvent pour un film.

Hier soir, toute seule comme une grande, je suis allée voir Gainsbourg en VO (rrroooo blagounette). Pourtant, ce genre de film français, d’autant plus biographique, c’est loin d’être ma tasse de café. J’ai vu La Môme bien sûr…devant ma télé ! Mais pour celui-là, voyant Laëtitia Casta en Brigitte Bardot et entendant tous les éloges, je me suis dit que j’allais me déplacer, même si je connais très peu la vie de l’artiste ainsi que ses chansons (pas vraiment fan).

Plutôt en demi-teinte assise dans mon fauteuil, je ne savais pas à quoi m’attendre. Croyez-moi, je pense différemment aujourd’hui, d’ailleurs, je n’arrête pas d’y penser.

Tout d’abord, l’histoire est essentiellement centrée sur les conquêtes du chanteur, son rapport aux femmes, sur fond d’évolution du petit Lucien Ginsburg au Gainsbarre, bercé par les chansons mythiques de l’artiste. Ainsi, nous nous remémorons les moments de sa vie (très féminins) qui lui auront permis de créer certains titres mondialement connus : de Juliette Gréco, en passant par l’icône Brigitte Bardot et Jane Berkin (entre autres).

Pour les acteurs… comment dire. Cela fera ma troisième fois. De quoi ? D’être bluffée ! Je ne sais pas quels mots employer honnêtement. Ils sont tous remarquablement bons (excepté Sara Forestier en France Gall, je n’y ai pas cru) au point d’être complètement immergée et de ne pas regarder un film sur Gainsbourg, mais AVEC lui (Éric Elmosnino peut concourir pour être sosie officiel). C’est hallucinant de ressemblance surtout pour lui et B.B. Une motion spéciale à Kacey Mottet qui joue Serge enfant, très talentueux.

Pourquoi vous ne pouvez pas passer à côté de ce film ?

1. C’est très bien réalisé ! Pour un dessinateur qui n’est pas metteur en scène à la base, chapeau !

2. On ne s’ennuie pas.

3. C’est émouvant et beau.

4. C’est Serge Gainsbourg !!!

5. Pour réécouter ses chansons.

6. Pour les ressemblances physiques stupéfiantes.

7. Pour le jeu d’acteur.

8. Parce que ça fait du bien de voir d’aussi bons films français.

Pour toutes ces raisons, ce film vaut le coup de bouger ses fesses jusqu’à une salle obscure (et pour ceux qui ne veulent pas payer 9€, c’est 5€ le mercredi par chez moi et ça, c’est d’autant plus cool).

Et parce que j’aime bien cette chanson…

by missbobby