Le retour du héros

C’est l’histoire de Dujardin qui débarque sur son cheval blanc…

Le retour du hérosDans mes souvenirs lointains baignés par les contes de fée, le prince était élégant, blond la plupart du temps, bien coiffé, avec de bonnes manières. Après avoir réduit de taille l’acteur dans la bonne comédie Un homme à la hauteur, Laurent Tirard retrouve Jean Dujardin pour en faire un « prince » loin des contes dans Le Retour du Héros.

C’est le Dujardin et ses gros sabots que l’on retrouve, celui qui cabotine, le charmeur de ses dames, celui dont le public est habitué et qui fait le job, envoyant de la vanne de son sourire en coin. Face à lui, rien de bien surprenant non plus, Mélanie Laurent, qui ne sort pas des sentiers battus également. Le Retour du Héros, ce sont deux acteurs qui font ce qui savent faire le mieux, dans un film qui aurait pu être plus travaillé, couvrant un panel de personnages bien clichés, parfois même insupportables (je pense notamment au personnage de Pauline interprétée par Noémie Merlant, qu’on giflerait bien histoire de lui remettre les idées en place). Cette comédie n’égale pas Un homme à la hauteur qui surprenait par l’audace de son histoire, même si celle-ci était convenue d’avance. Ici, le scénario est rigolo, les vannes auraient pu courir plus loin, et au fond, ce n’est qu’une nouvelle démonstration du cabotinage de Jean Dujardin.

Ne vous y méprenez pas pour autant, Le Retour du Héros n’est pas mauvais, bien au contraire, il n’est pas non plus inoubliable. Il se laisse regarder, nous changer les idées, il nous fait rire parfois malgré un scénario cousu du fils blancs et des décors qui sentent bon la naphtaline. Tant qu’à vous conseiller un film, découvrez Un homme à la hauteur, plus subtil, plus frais et plus tendre.

Sortie en salles le 14 Février 2018.

Miss Bobby_Vice Versa

Miss Bobby_Vice VersaJ’avais un peu peur à la lecture du pitch de Vice Versa, comment faire un film d’animation centré sur les émotions présentes dans le cerveau d’une jeune adolescente pubère ? Pari gonflé. Néanmoins, tout le monde s’accordera à dire que c’est une réussite.

Une vraie prouesse que de vous faire réfléchir durant le film en vous faisant poser des questions sur vos propres émotions et vos réactions cérébrales. Il vous arrivera sans doute de décrocher quelques secondes pour faire la corrélation entre ce qui se passe à l’écran et votre cerveau. C’est là que je me suis dit que l’imagination des créateurs était débordante pour réussir à imager des sensations et des réactions non palpables, comme la création de souvenirs, l’abstraction, le déjà-vu, etc.

Vice Versa, pour ne pas perdre le spectateur, crée des ponts entre les émotions cognitives (?) et le résultat externe sur la jeune fille. Sinon, nous aurions été vite perdus. Mais le film ne s’arrête pas là : si le sujet aurait pu être ennuyeux ou tourner très vite en rond, Vice Versa a su faire ressortir beaucoup d’émotions et de franches rigolades.

Je sais que je manque d’arguments sur ce film, alors que je l’ai beaucoup aimé, comme tout le monde. Encore une facétie de mon cerveau. Qu’est-ce qui se passe quand l’inspiration manque à l’appel ? Les cinq émotions sont en panique et se creusent les méninges (ou les miennes) pour trouver une idée ?

Les créateurs de Là-Haut nous sortent avec Vice Versa un petit bijou d’originalité et de créativité.

Sortie en salles le 17 juin.

by missbobby
Miss Bobby_Mélanie_Laurent

Miss Bobby_Mélanie_LaurentC’est un conte pour adolescentes : trouver la meilleure amie qui nous fera vivre de grandes aventures, qui nous prendra telle qu’on est et qu’on admirera plus que tout. Seulement voilà, tous les contes ne sont pas de fées. Elles sont sûres d’elles, elles émanent quelque chose d’indestructible et d’insaisissable, elles attirent l’œil des garçons par leur confiance, les autres filles veulent être comme elle. Telle une sirène, elle envoûte et vous embarquera très bas dans les bas-fonds sans même que vous vous en rendiez compte. Et elle vous y laissera, un boulet au pied au cas où vous seriez tenté de remonter à la surface.

C’est ce qu’a raconté Mélanie Laurent avec son second film Respire, cette amitié qui donne des ailes et qui vous détruit, pour laquelle vous seriez prêt à tout par pure naïveté. Un titre tout en nuance pour un sujet qui touche beaucoup plus de personnes qu’on ne le croie. Cette amitié qui vous donne l’impression de respirer à pleins poumons et finalement, qui vous étouffe, tuant à petit feu tout brin de gaieté qu’il vous reste. Un film puissant, jouant avec subtilité avec les cordes, emprisonnant sa victime comme elle emprisonne le spectateur dans ce tourbillon d’émotions vertigineux.

Mélanie Laurent nous laisse comme son héroïne, Charlie, perplexes, partagés, naïfs et plus que tout, elle nous insuffle cette capacité à pardonner. Pardonner le mal-être, pardonner les écarts, parce qu’au fond, cette destruction ne peut avoir qu’une origine, un être ne peut pas être profondément destructeur envers les autres, non ? Elle nous pousse à rejeter nos limites toujours plus loin, à nous endurcir, à subir. Quoi donc ? L’amitié malsaine, la sexualité chamboulée, l’amour incompris, les doutes, les peurs… soi-même.

Les actrices (Joséphine Japy et Lou de Laâge) illuminent l’écran par leur beauté, qu’elle soit sauvage ou inoffensive, par leur talent de jeunes premières et par ce je-ne-sais-quoi de pureté.

Respire, c’est essayer de comprendre que l’on peut se perdre, très vite, mais surtout, c’est ne pas oublier de se retrouver. Chacun y verra son interprétation.

Sortie en salles le 12 novembre

Je continue avec les hostilités cinématographiques. Le réalisateur de mon cœur m’a fortement incitée (si ce n’est obligée) à aller voir avec lui le dernier Q.T. (prononcez Kiou Ti, plus chic), Inglourious Basterds. Je vais en décevoir plus d’un, je ne suis pas une fan inconditionnelle de Monsieur Tarantino (et je ne vous précise même pas le nombre de films que j’ai vu de lui) mais j’ai une bonne raison ! Je n’aime pas le côté boucherie, charcuterie, triperie chez lui ; je suis une âme UN PEU sensible et mes yeux ne supportent pas sa violence démesurée. Bref, revenons à mon mouton.

Inglourious Basterds… étant donné que je connais très peu le travail de Q. (Kiou), j’ai jonglé avec ce que j’avais pu voir, entendre, lire. Pour moi, on y retrouve sa patte, pas partout, les petits travers humoristiques très sarcastiques, ses coupures très Tarantinesques (c’est à la mode en ce moment de mettre des « esques » partout), son générique de début. Selon M.G., il fait beaucoup de rappels au cinéma. J’ai trouvé l’histoire bien ficelée avec des séquences trop longues. Il s’est retenu sur le côté violent (merci) mais il ne l’a pas complètement supprimé (faut pas exagérer non plus).

 

Niveau acteurs, bon, Brad Pitt (je fais partie des rares filles qui ne crient pas d’hystérie en le voyant) a pris un coup de vieux (j’ai remarqué ses rides plus que son jeu)… je pense qu’en version originale, il doit être plus… plus… euh… enfin mieux (désolée). Ce n’est pas son meilleur rôle à mon goût. Mélanie Laurent, parfois bonne, parfois c’est rayé, ça saute comme un vieux disque. Pourquoi ? Je ne sais pas. J’ai relevé Diane Krüger qui pour le coup, joue parfaitement bien (cela reste mon point de vue), elle a un jeu très fluide, sans fausses notes. Et je finirai par l’acteur qui m’a totalement bluffée (et c’est rare), Christoph Waltz, qui n’a pas du tout volé sa Palme au dernier Festival de Cannes. Il joue remarquablement bien, en instaurant toujours cette tension lors de ses séquences, ce petit sadisme. Vraiment, là, j’adhère !

Pour en finir, mon côté chauvin a apprécié qu’une bonne partie du film soit en français et tournée en France (dommage que Brad Pitt ne s’est pas essayé en Molière plutôt qu’en rital). Le film est à voir, surtout pour ceux qui vouent une admiration ultime au chef Tarantino. Je regretterais les quelques longueurs.

by missbobby