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Dineysland*

 

Nous sommes bien calés dans nos sièges.

Nous démarrons doucement.

Puis nous prenons de la vitesse. Nous entrons dans le tunnel de la mort. Tout s’accélère, les lumières défilent rapidement et les secousses se font de plus en plus ressentir. Il est difficile de s’accrocher. Ça va tellement vite que je commence à avoir peur, il n’y a que moi apparemment. La machine ralentit, s’arrête quelques secondes pour que nous puissions reprendre notre souffle et elle redémarre de plus belle, dans cette vitesse infernale.

Le tour est bientôt terminé, je vais pouvoir descendre, avec la nausée.

J’ai payé ce petit tour de manège 1,60€ sur la ligne 6 au départ de Nation. Pas besoin d’aller à Disneyland ! C’est la seule rame de métro qui me donne cette impression de vitesse, tout en étant dans le « train de la mort », chahutée par tous les côtés, comme tractée jusqu’au point culminant pour être lâchée dans le vide et ainsi dévaler les rames telle une montagne russe.

(* à mon grand-père)

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« Et si on parlait? »

 

J’aimerai vous parler d’une bonne intention que j’avais vu sur ce site et qui a vu le jour au début du mois. Je m’adresse à ceux qui utilisent les transports en commun et plus particulièrement, le métro parisien. Dois-je (« doivent-je »… hahahahaha, désolée, petite blague que certains reconnaitront, j’étais obligée) vous rappeler la fort bonne réputation du métropolitain de Paris et surtout, de ses usagés enjoués (loin de moi la rime) ? Non, on est d’accord.

Alors est né ce site : Et si on parlait ? Hein ?! Parce que c’est bien de savoir que les Parisiens font tous la gueule dans leur wagon trop chaud, serrés comme des sardines sentant un peu trop l’huile de tournesol, mais ils ne sont pas tous comme cela (oui, j’ai du mal à me convaincre aussi). Certains ont envie de parler, de …. mince… vous savez… le truc avec les dents… argh… ah oui ! Sourire ! Raconter des blagues, des trucs de gens normaux en fait ! Certes, je prends les Parisiens, mais il n’y a pas qu’eux ! Moi non plus, je ne suis pas super expressive, mais quand il m’arrive de sourire (voir définition ci-dessus), en général, je me prends un mur en réponse !

Eh bien, maintenant, c’est possible (on dirait un vieux slogan de pub) ! Vous créer votre badge pour 2€ ou vous le fabriquer vous-même, par exemple : « Venez me parler, je ne mords pas », vous l’accrochez sur vos vêtements et vous prenez les transports. Le but étant que d’autres personnes en aient un, facilitant ainsi la communication. Elle n’est pas bonne cette idée ?! Au moins, on laisse les ronchons de côté et on balance notre bonne humeur à ceux qui sont prêts à la recevoir (oui, il y a des petites fleurs dans les prés, ça sent bon le Printemps à Haussmann et la guerre n’existe pas).

Vous avez compris le principe : aller vers les autres, faire de nouvelles rencontres et aimer son prochain ! N.B. pour moi-même : créer mon badge !

Chat haut, chat haut !

 

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Mélancolie automnale

19h34. 7 octobre. La nuit prend place. Il fait doux dehors pour un début d’automne. L’orangé des lampadaires contraste avec la froideur des néons de la gare. J’attends sur le quai, mon lecteur mp3 collé aux oreilles, Placebo caressant mes tympans. J’attends le prochain RER, ayant loupé de justesse celui que je devais prendre. Si je gagnais 1€ à chaque fois que cela m’arrive… Je regarde autour de moi, les gens arrivent, le bleu gris clair du ciel se transformant en bleu foncé.

Je pense. La liste des affaires que j’ai oubliées s’agrandit (je ne dors pas chez moi ce soir) : le chargeur de mon portable, le lisseur pour mes cheveux (qu’elle idée que j’ai eu de les désépaissir, ils rebiquent), un t-shirt de rechange. Ça va, j’ai encore ma tête.

Je pense. A. n’avait pas l’air d’aller aujourd’hui, je n’ai eu aucune réponse de sa part. Pas bon signe.

Je suis dans le train, il fait chaud. L’air extérieur sent la nuit, l’été et le bois humide. J’aime. Je serais bien restée sur le quai, l’ambiance nourrissant mon inspiration, dispersant une certaine mélancolie, regardant s’engouffrer vers la sortie les nouvelles fournées de voyageurs. Je n’aime pas la lumière qu’il y a dans les wagons, elle est impersonnelle, proéminente, limite aveuglante pour quiconque tenterait une petite sieste avant le diner (sachant que sur la partie haute du train, il n’y a que moi et ce monsieur qui lit son journal…le roupillon ne sera pas pour nous).

Je pense. Arrêt Villiers-sur-Marne. J’ai souvent une pensée pour mon grand-père ici, quand il allait au marché le dimanche ou quand il venait me chercher à la gare lorsque celui de Tournan était supprimé. Maintenant, j’attends le prochain. J’ai un pincement au cœur.

Une goutte vient de percuter mon œil (d’ailleurs, je me suis toujours demandé à combien de km/h allait un RER), la pluie n’est pas cordialement invitée. J’ai déjà du mal à garder un semblant de coiffure, je ne veux pas qu’elle vire serpillère. Et là, c’est le drame : le ciel noir de morosité pleure. Raaaaa… adieu mes cheveux presque lisses pour ma soirée. Ah. En plus de verser des larmes, monsieur est en colère. Génial. Je suis en mini-jupe, t-shirt, leggings et bottes, avec mon cuir dans le sac, j’ai connu mieux comme tenue pour un temps maussade. Quelqu’un dont je tairais l’initiale, a mis sur son statut Facebook (deux secondes, deux choses : ça sent le brûlé et les fenêtres ouvertes laissent entrer le torrent venant du toit), je disais, qu’il avait mis il n’y a pas si longtemps sur son statut « ils ont prévu de la nuit pour ce soir » (quelque chose d’y ressemblant en tout cas). J’avais trouvé ça très beau. Eh bien ce soir, ils ont prévu de la pluie et c’est beaucoup moins poétique.

Mon RER fait la course avec un autre, j’espère toujours que l’on gagnera. L’autre a réussi à nous dépasser, mais c’est sans compter notre super chauffeur qui a mis un coup d’accélérateur pour pouvoir gagner haut la main.

Changement de décor. Métro ligne 2. J’ai l’impression d’être dans un autocuiseur et que je vais être servie au diner : « au menu ce soir, du Bobby à l’étouffé », j’entends dans le haut-parleur. Une odeur de kebab surplombe l’atmosphère, comme un vieux reste oublié sous un siège. Certaines personnes me regardent d’un drôle d’air…que peut-elle bien écrire ? Il est même possible que la demoiselle debout à mes côtés essaye de déchiffrer mes lignes. Non, ceci n’est pas mon journal intime (des fois qu’elle s’interrogerait, je préfère lui préciser).

Mon stylo a rendu l’âme, tout comme mes cheveux et j’ai failli rater l’arrêt complètement submergée par les quelques lignes qui se transforment en roman. Je suis arrivée à bon port, malgré le cataclysme qui sévit à l’extérieur. J’ai chaud.

Un diner m’attend, à l’abri du mauvais temps et une soirée dansante se prépare, à l’abri des regards…

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Moments de vie

Je fais partie de ces banlieusards qui pour se rendre à la capitale ont deux solutions : la voiture et les transports. J’utilise le véhicule pour mes sorties nocturnes, le reste en RER voire en métro. On s’y habitue après 3 ans.

Parfois, quand vous daignez lever le nez de votre morosité (cf. pub pour la Ricoré), vous regardez les personnes assises autour de vous et certaines vous inspirent.

Comme cette femme d’un certain âge à quelques sièges de moi qui, rien qu’à l’odeur, se vernit les ongles. Ce que j’aime chez elle (je ne l’ai croisé que deux fois), c’est qu’elle est coquette, surtout dans sa manière de se maquiller. Arborant toujours ce petit sourire discret, comme si elle allait retrouver son amant ainsi que son âme d’adolescente frivole. Elle a ce je-ne-sais-quoi de rassurant, que même passé la barre des 50 ans, il est toujours possible d’aimer, de s’amuser et de s’entretenir.

Il y a aussi cet homme que j’entrecroise depuis 2 ans je crois. Très bel homme qui dégage quelque chose d’irrésistible, de viril, de mystérieux et de fier. Je l’ai vu changer de style, s’améliorer (je pense qu’il a dû remarquer cela aussi chez moi), certainement grâce à cette blonde qui venAIT le chercher. Cet homme qui n’a pas arrêté de me regarder la dernière fois que je l’ai vu. Difficile de ne pas sourire étant donné les circonstances. J’aurais peut-être dû vous préciser qu’il y a un peu plus d’un an, je lui avais laissé mon numéro… sans réponse, certes, mais fière vu le courage que j’ai dû concentrer. Apparemment, depuis quelque temps, la blonde semble avoir fait place au bus, et lui est toujours là.

Il m’arrive de voir un autre homme (pas d’infidélités, ne vous inquiétez pas), plus rarement. Lui aussi est très loin d’être désagréable. À chaque fois que nos routes se croisent, nous nous fixons, comme une sorte de coup de foudre qui dure plusieurs secondes, comme si on se disait : « pas pour maintenant ». Je vous avouerai que je n’ai pas fait preuve de courage envers lui, probablement « déçue » de ma première tentative. Pas folle la guêpe. Au moins, je fais en sorte de ne pas avoir de regrets (le moment de se lancer n’est pas encore venu avec lui).

Ainsi, d’autres individus passent dans ma vie par habitude en prenant le même wagon. Vous vous demandez s’ils sont heureux, si quand ils rentrent, leur femme ou leur mari les attend pour diner, si leurs enfants vont leur sauter dans les bras, s’ils aiment leur travail, où se rendent-ils chaque matin ?

Quelquefois, vous surprenez une conversation des plus banales ou une autre qui va vous faire réfléchir. Cela vous est-il déjà arrivé en regardant un(e) inconnu(e), de vous demander s’il ou elle pourrait être votre âme sœur ? Mais que ni lui/elle, ni vous, ne le savez ? On ne rencontre jamais les gens par hasard, qu’ils vous idolâtrent, vous détestent ou ne vous connaissent pas.

Je me pose beaucoup de questions existentielles : pourquoi suis-je sur Terre ? Quel est mon destin ? Que vais-je accomplir ? Où vais-je ? Aurai-je des enfants ? Aurai-je un homme dont je serai follement amoureuse ? …… Si quelqu’un a un semblant de réponse, vous savez où me joindre !

Je m’appelle Bobby, j’ai 25 ans et ma vie prend un autre point de départ. Êtes-vous prêt à me suivre ?

PS : de nouvelles photos sur la page « mes Essais Créatifs ».

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