Blu-Ray Tirez sur le pianiste film

Blu-Ray Tirez sur le pianiste filmJe ne sais trop quoi penser de Tirez sur le pianiste de Truffaut. Un pianiste (Charles Aznavour) dont la carrière s’est brisée suite à l’arrêt brutal de son histoire d’amour. L’homme vivant promis à un glorieux destin, a fait place à un pianiste quitté par la lumière et la joie de vivre, sévissant dans un bar de quartier.

Moi qui ne suis pas du genre à être « choquée » par la moindre séquence machiste qui passe par là, j’avoue que le rang de la femme dans ce film en prend un sacré coup. Entre rabaissements, gifles, faire-valoir sexuel, elle est bien égratignée. Et puis, elle est source de chute, d’échec, de dépression. Bonjour le tableau. Heureusement que d’autres films la mettent sur un piédestal. Du coup, tout ce traitement qui est régulier dans le film, m’a gênée. Tout comme je suis restée insensible à l’histoire de ce pianiste.

Peut-être que le cinéma de Truffaut ne m’atteint pas. À voir avec d’autres films !

Bonus :

  • Présentation du film par Serge Toubiana (4 minutes)
  • Commentaire audio du film par Marie Dubois (1h21)
  • Commentaire audio du film par Raoul Coutard (1h21)
  • Les bouts d’essai de Marie Dubois (1959) (3 minutes)
  • Bande-annonce originale

Sorti en Blu-Ray depuis le 04 novembre 2015.

Docteur Frankenstein film James McAvoy

Docteur Frankenstein film James McAvoyD’après ce que je sais et non ce que j’ai vu (niveau Frankenstein, je ne suis pas spécialement à jour), qui se frotte au docteur avec modernité, se plante. Bon. Je pense qu’on peut facilement ajouter Docteur Frankenstein à la liste.

Ça commence assez mal avec une séquence dans l’introduction qui ressemble à s’y méprendre à du Guy Ritchie et son Sherlock Holmes. Manque de pot, n’est pas Ritchie qui veut ! Là où celui-ci sert une réalisation qui moi me laisse rêveuse (tout le monde tombera d’accord sur la fameuse scène de la forêt de Sherlock Holmes 2), Paul McGuigan ne fait que mal copier. Imaginez un peu des ralentis sur des sauts ridicules, des caméras qui partent dans tous les sens, on ne sait plus où poser l’œil et on n’est définitivement pas abasourdis par le rythme saccadé de l’action (là où Ritchie s’éclate). En somme, pâle copie. Heureusement que le film n’est pas truffé de ce genre de séquence.

Docteur Frankenstein a toujours le fessier entre deux chaises : parfois il se veut fantastique, parfois il tâte du bout des doigts l’horreur (on conviendra que sa première créature est particulièrement dégoûtante), pour retomber dans le drame pas émotionnel pour un sou. En gros, Frankie est un peu frappé du ciboulot (on s’en doutait un peu, pour avoir envie de créer des monstres et les faire ressusciter) et Igor, bien qu’affranchi du cirque, ne se rend pas compte qu’il retombe dans le même schéma de maître – domestique/moins que rien, mais en mieux.

Parlons-en tiens des personnages ou plutôt de leurs interprètes. James McAvoy est le seul qui s’en sort, partant dans la folie, parfois un peu trop en tombant dans le sur-jeu. Daniel Radcliffe (malgré toute mon affection) n’arrive toujours pas à nous faire croire à son personnage. Comme d’habitude, il manque de consistance et a un regard naïf. Je ne désespère pas de le voir un jour sortir de sa coquille de garçon trop lisse. Les seconds couteaux sont bâclés, ne soutiennent pas l’histoire et n’ont aucun charisme, même Charles Dance nous laisse de marbre.

Docteur Frankenstein, pas vite vu, mais vite oublié, idéal pour un dimanche soir et mettre le cerveau au repos. Petite note rigolote, la grosse connotation homosexuelle du film qui vous vaudra quelques rires.

Sortie en salles le 25 novembre 2015.

http://www.imdb.com/title/tt1976009/?ref_=nv_sr_1

Strictly Criminal film johnny depp

Strictly Criminal film johnny deppJohnny Depp, l’homme aux mille déguisements revient encore une fois grimer, non pas pour Tim Burton, mais pour Scott Cooper et son Strictly Criminal (Black Mass).

Tiré de l’histoire vraie de l’alliance entre le FBI et le grand criminel Jimmy « Whitey » Bulger, pour éradiquer la mafia italienne de South Boston. Cette alliance a profité à Whitey pour s’étendre et passer dans le grand banditisme, sous le nez du FBI.

Difficile de s’aventurer dans des films mafieux après Scorsese et Strictly Criminal tombe malgré lui dedans sans le vouloir, venant titiller de temps à autre le monstre Les Affranchis. Les codes du genre ont tellement bien été imposés par le réalisateur de Brooklyn qu’il est quasi impossible de ne pas s’en approcher. Cela dit, Black Mass (son titre anglais) s’offre un casting prestigieux qui vient soutenir Johnny D. et son rôle de composition. Depp dépeint un Whitey particulièrement froid et sans concession. L’émotion y est très contrôlée (les décès de ses proches le fond plonger un peu plus dans le banditisme) et la noirceur du sadisme est profonde, elle coule dans ses veines. Il inspire une certaine confiance, que seuls ses sbires se méfient : son sourire abîmé et sa diction laissent planer une épée damoclès qui peut s’abattre sur n’importe qui, à n’importe quel moment et surtout quand on ne s’y attend le moins. Strictly Criminal : le crime personnifié. Par la même occasion, un titre qui prend tout son sens si on voit le film en version originale sous-titrée.

La réalisation est soutenue par l’interprétation de Depp et nous met souvent au même niveau que ses acolytes : eux savent quand la situation ne sent pas bon, nous aussi. Le suspense dure parfois, on nous fait mijoter, voire douter : passera ou passera pas à la casserole. L’image a du grain confortant les années 70-80.

Strictly Criminal est brut, sec dont la réussite repose essentiellement sur son histoire peu commune (que le public européen et français ne doit pas connaître) et une pléiade d’acteurs apportant chacun sa vision de la peur, qu’elle soit ignorée, hypocrite, assumée ou rejetée. Johnny Depp nous sort enfin une prestation très réussie (même si les lentilles bleues peuvent gêner) !

Sortie en salles le 25 novembre 2015.

http://www.imdb.com/title/tt1355683/?ref_=nv_sr_1

Blu-Ray Hôtel du nord film

Blu-Ray Hôtel du nord filmPour sa ré-édition en Blu-Ray, je découvre enfin Hôtel du Nord, le fameux film de Marcel Carné où Arletty s’égosille avec sa « gueule d’atmosphère ».

L’Hôtel du Nord est avant tout une histoire d’amour, de celle qui fait mal, plus qu’un lieu où les habitués y ont élu domicile. Un jeune couple décide d’en finir par amour, pour être heureux, mourront ensemble, de toute manière, nous n’avons plus rien à perdre. Et puis un autre, atypique, mal-assorti.

Des « gueules » et des personnages populaires, pour deux couples emblématiques délivrant deux messages de l’amour bien différents. Tout d’abord le couple Annabella – Jean-Pierre Aumont : elle, est une amoureuse éperdue, au romantisme à fleur de peau, prête à s’abandonner cœur et âme pour l’homme qu’elle aime. Elle croit en l’Amour véritable. Lui est un lâche amoureux qui n’assume pas toutes ses décisions, balancé entre ses craintes et sa volonté de laisser celle qu’il aime s’envoler pour la rendre heureuse. Quand les hommes comprendront qu’une femme amoureuse est une femme déterminée, prête à souffrir et à se battre pour son homme, ils auront compris bien des choses.

Et puis il y a le duo Arletty – Louis Jouvet, deux figures charismatiques indomptables. C’est une fille de joie qui s’est amourachée d’un homme libre. Elle cache sa naïveté romantique sous son caractère et sa désinvolture de femme forte, qui ne souhaite pas se laisser piéger par l’amour et surtout dompter par celui-ci. Et pourtant. Lui est à l’image de Raymonde, il ne veut pas s’accrocher et surtout, il ne veut pas tomber dans le panneau des bons sentiments. Il va où bon lui semble, tel un grand solitaire. Et pourtant.

L’amour y est synonyme de patience et de contradictions, tantôt figure de grand romantisme, tantôt de dureté et d’émotions enfouies, entouré par les seconds couteaux qui proposent d’autres facettes de celui-ci : fidèle sur la longévité ou infidèle, apportant un aspect comique et bon vivant.

Hôtel du Nord, ce sont des femmes qui aiment et des hommes qui se perdent en aimant, des femmes qui savent ce qu’elles veulent et qui ne lâchent rien et des hommes qui ont parfois du mal à assumer leur sensibilité. C’est un film fort et dramatique par ses émotions brutes livrées au spectateur par des acteurs brillants : la tendresse, la mélancolie, les éclats de colère, les déceptions. Des va-et-vient amoureux sous l’œil protecteur des seconds rôles bienveillants de cet hôtel. Pour ma part, ces couples ont tous une certaine naïveté dans leur façon d’aimer, que ce soit en espérant, en ayant de vaines croyances ou qu’en se leurrant.

La restauration n’est pas époustouflante, l’image est certes plus claire et nettoyée, un léger grain subsiste. Cela dit, l’édition Blu-Ray fera le bonheur des cinéphiles.

Hôtel du nord film ArlettyBonus

  • Présentation du film par Serge Toubiana (4 minutes) : Quelques minutes qui retrace la genèse du film, l’écriture initiale du scénario et la place du personnage d’Annabella dans le film face à Arletty.
  • Bande-annonce originale

Sorti en Blu-Ray depuis le 04 novembre 2015.

Blu-Ray_Le jeu du faucon_Sean Penn

Blu-Ray_Le jeu du faucon_Sean PennEncore une découverte Wild Side qui n’en finit plus de ressortir des films en version Blu-Ray, pour mon plus grand plaisir. À l’honneur aujourd’hui, Le jeu du faucon de John Schlesinger, tiré d’une histoire vraie, celle de Christopher Boyce et Daulton Lee.

Synopsis

Peu après le scandale du Watergate, un jeune homme employé dans l’électronique de pointe et en possession d’informations gouvernementales ultra-secrètes, décide de vendre des renseignements à l’URSS. Il convainc son meilleur ami de traiter avec les diplomates soviétiques de l’ambassade de Mexico. Mais ce dernier multiplie les maladresses et les deux espions en herbe se trouvent bientôt engagés dans un engrenage fatal…

Avec son Jeu du faucon, Schlesinger explique en images que tout le monde ne peut pas s’improviser espion (mince, moi qui envisageais une reconversion). Adapté d’une histoire vraie, on y découvre un  jeune dealer et consommateur de drogues (Sean Penn) qui va se trouver enrôlé par son ami (Timothy Hutton). Ce dernier récupère des informations secrètes transmises par la CIA. Ces deux hommes vont se lancer dans une entreprise qui va complètement les dépasser, pensant faire le bien en vendant des informations, à aucun moment ils ne pensent trahir leur pays. L’un est assoiffé par sa volonté de faire quelque chose de bien, sous forme de vengeance contre la CIA. Et l’autre va s’improviser espion sous couverture, idée renforcée par les drogues.

On aurait presque du mal à croire que cette histoire est vraie tellement elle est incroyable. C’est comme si vous décidiez de vous improviser maçon, sans rien y connaître, en espérant que personne ne découvrira la supercherie. On observe sur l’écran la montée en puissance de cette tricherie, on y croit autant qu’eux jusqu’au point de non retour qui va entraîner leur perte. Même si le rôle de Boyce est calme, on apprécie avoir un contraste entre les deux caractères, d’autant que Sean Penn en Daulton Lee est saisissant, une vraie tête à claques agaçante.

C’est la première fois que Le jeu du faucon sort en Blu-Ray et si vous n’avez jamais eu l’occasion de découvrir ce film (et cette histoire), ça sera un bon moyen de faire une pierre, deux coups. Un film prenant, brillamment interprété.

Bonus :

  • Jeu d’espions : entretien avec Philippe Rouyer (18 minutes)

Sorti en vidéo depuis le 04 novembre 2015.

by missbobby
Blu-Ray_Girls Only

Blu-Ray_Girls Only film Keira KnightleyLe fantasme de retrouver son adolescence, qui n’a jamais voulu ça ? Fuir sa vie d’adulte, les responsabilités, les impôts, les factures, si seulement. C’est ce rêve qui est exposé dans Girls Only, via les yeux de Keira Knightley.

En fait, il faudrait faire comme elle, disparaître une semaine et rencontrer une adolescente, pour passer du temps loin de toutes les contraintes vendues avec la vie d’adulte. Quelques jours à être insouciante, à se prendre pour une lycéenne, à fréquenter des jeunes et leurs problèmes. Girls Only n’exploite pas seulement ce fantasme de l’adulte régressant, mais également l’ado qui peut vivre des épreuves toutes aussi marquantes que nous, les grands. Sommes-nous définis par ce qu’on a vécu à l’école ? Nos amis rencontrés à cette époque ? Le film rapporte justement que nous avons nos propres décisions à prendre et qu’elles ne nous ont pas à être imposées par un groupe, sous prétexte qu’on se connait depuis des années et qu’on doit évoluer ensemble via un diktat social. Oui, il est possible de rencontrer de nouvelles personnes, ne pas faire comme tout le monde, ne pas grandir à la même vitesse que son entourage et surtout, ne pas avoir les mêmes attentes.

Malheureusement, ce cocon amical n’était pas obligé de ressortir à l’écran par des clichés, notamment par la meilleure amie, ultra parfaite, tirée à quinze épingles, perles aux oreilles, qui a déjà planifié sa vie (et celles de ses amies) sur 30 ans. Le personnage d’Allison est tellement agaçant et antipathique. Vous me direz que c’est fait exprès, mais était-ce vraiment nécessaire de pousser le cliché aussi loin ? Les relations de couple sont particulièrement mis à mal : entre les divorcés, les infidélités, l’hypocrisie, le « amour pour la vie » (ah oui ! Le petit ami, Anthony, joué par Mark Webber, le charisme d’un bulot, la naïveté en plus et le caractère en moins. Bon sang ce qu’il est niais ! Il est d’un chiant, on doit sacrément s’ennuyer avec un mec pareil). Ça donne envie de sa caser quand on fait un aussi joli portrait du couple.

Girls Only se laisse regarder, on comprend le traitement de l’adulte qui a du mal à grandir et qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie, malmenée par son groupe d’amis qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’a pas évoluée comme eux.  C’est un film qui pousse à aller chercher ailleurs ce qu’on n’a pas réussi à trouver dans les vieux pots ou dans les acquis. Sortir de ses habitudes et de sa zone de confort pour trouver qui l’on est, tout en malmenant certaines valeurs. La présence de Sam Rockwell vient secouer un peu le tout. Les prestations de Knightley et Chloe Moretz sont loin d’être étourdissantes.

À regarder si on se sent perdu.

Girls Only film Keira Knightley

Bonus (très belle qualité d’image):

  • Making of (11 minutes) : Les 3/4 de ce segment sont consacrés à la réalisatrice, Lynn Shelton, pourquoi elle a choisi ce scénario, pourquoi Seattle et surtout, c’est une succession de commentaires très élogieux de la part de l’équipe, à quel point elle est formidable, le tournage décontracté, etc. Aucune utilité.
  • Interview décalée – Keira Knightley par Sam Rockwell (2 minutes) : Tous les deux à prendre un petit déjeuner, Rockwell pose des questions préparées à Knightley. Concept amusant qui manque de spontanéité.

Sortie en vidéo le 18 novembre.

by missbobby
Experimenter film Peter Sarsgaard

Experimenter film Peter SarsgaardÀ première vue, par son titre, on serait tenté de croire qu’Experimenter est un film fantastique. Et bien, pas du tout. En revanche, c’est un gros gros film coup de cœur lors du dernier Festival de Deauville que j’ai envie de défendre avec acharnement, quitte à vous saouler, tant ce film a aspiré ma curiosité, mon attention du début à la fin. Au lieu de m’évertuer à vous expliquer de quoi retourne cet Experimenter, jetez un œil au synopsis :

Université Yale, en 1961. Stanley Milgram conduit une expérience de psychologie – considérée comme d’une importance majeure encore aujourd’hui – dans laquelle des volontaires croient qu’ils administrent des décharges électriques douloureuses à un parfait inconnu, attaché à une chaise dans une autre pièce. La victime a beau leur demander d’arrêter, la majorité des volontaires poursuivent l’expérience, en infligeant ce qu’ils croient être des décharges pourtant presque mortelles, simplement parce qu’on leur dit de le faire. Par cette expérience, Milgram souligne la propension qu’a tout homme à se soumettre à l’autorité, au moment précis où le procès du nazi Adolf Eichmann est diffusé à la télévision à travers toute l’Amérique. L’opinion populaire comme la communauté scientifique en sont bouleversées. Célébré dans certains cercles ou accusé d’être un monstre manipulateur dans certains autres, Milgram parvient pourtant à traverser les épreuves grâce au soutien de son épouse Sasha.

L’histoire est vraie et les recherches du Docteur Milgram sont étudiées à l’université. J’y suis allée vierge de toutes connaissances, me prenant une belle petite gifle de fascination face au travail de Stanley Milgram. Cela dit, le génie ne vient pas seulement du psychologue, mais également de Michael Almereyda, le réalisateur et des acteurs. L’histoire, aussi passionnante soit-elle, mal retranscrite/interprétée/écrite ne fera pas un bon film, et ici, à par quelques petits détails qui m’ont gênée, je n’ai rien à redire sur le nouveau film d’Almereyda.

Experimenter film Milgram

Experimenter est, à mon sens, un biopic, une fiction et un documentaire. Un biopic, car il retrace une très grosse partie de la vie de Milgram, sans pour autant s’arrêter sur des morceaux futiles. Ainsi, le scénario se concentre sur le travail de fond de l’expérience majeure du psycho-sociologue, la rencontre avec sa femme, la construction de sa famille ne sont qu’une toile de fond, ramenant le docteur à l’état d’humain et non au simple rang de scientifique. Une fiction par l’élaboration de certaines séquences en fond vert accentué, l’utilisation de pastiche grotesque ou de décors théâtraux. C’est en cela que j’ai été gênée. Le souhait du réalisateur sur ces faux décors étaient d’ajouter une dimension irréelle s’apparentant au rêve et au fantasme, des événements tels que notre imaginaire souhaiterait qu’ils se passent. Heureusement, cette utilisation n’est pas exagérée. Enfin, l’assimilation au documentaire s’effectue pour moi sur les apartés face caméra de Milgram (Peter Sarsgaard), prenant le spectateur dans l’action, lui expliquant ses expériences comme s’il était un élève à part entière.

Pour ceux qui, comme moi, ne connaissaient pas du tout cette expérience, je pense que vous serez autant surpris par cette découverte, du moins, ce comportement pointé du doigt, remettant en cause votre propre rapport à l’autorité et à l’obéissance. Almereyda a également ajouté quelques autres petites expériences du Docteur, simples, qui vous feront sourire, car vraies, voire probablement déjà vécues. Peter Sarsgaard est vraiment très bon dans le rôle de Milgram, accordant une certaine froideur émotive, tout en gardant une ligne directrice pour ses recherches (son objectif), analysant au fond tous les comportements humains qui se présentent à lui. Winona Ryder interprète sa femme, lisse, et une pléiade d’acteurs que vous avez tous déjà vus (Dennis Haysbert, Anthony Edwards, Kellan Lutz, John Leguizamo) offrent de très beaux petits rôles.

Une réalisation fine rappelant les films à suspense des années 60, un sujet fascinant sur la psychologie sociale et une prise de conscience qui fait froid dans le dos. Une superbe réussite.

Sortie en salles le 27 janvier 2016.

Retrouvez ma rencontre avec le réalisateur du film Michael Almereyda.

http://www.imdb.com/title/tt3726704/?ref_=nv_sr_1

Crazy Amy film critique Judd Apatow

Crazy Amy film critique Judd ApatowJe demande à la barre Judd Apatow et son nouveau film trashouillon Crazy Amy. Là on remercie le choix judicieux de changer le titre car Trainwreck, pour peu que vous ayez le nez bouché, ç’aurait été compliqué. Comment est-elle cette folle Amy ? Ce bout en train du chic où vulgarité se mêle au sexe et aux jupes trop courtes.

Crazy Amy partait d’un constat fort intéressant du cliché du mec qui se tape tout ce qui bouge en fuyant les relations sérieuses aussi vite qu’Usain Bolt lors de son dernier 100m, apposé à une trentenaire. On échange les rôles, celui qui part sans prendre une douche, ni même un petit déjeuner, c’est Amy et sa méthode bien rodée pour ne pas froisser l’égo masculin. En soit, un pitch pas mauvais qui avait attiré mon attention moi qui ne suis pas du tout une adepte de l’humour plus que lourdingue du réalisateur. C’est donc avec surprise que j’ai ri plusieurs fois de bon cœur aux vannes piquantes et autres moqueries bien tordues, même si Apatow travaille le cliché jusqu’à la corde, s’arrêtant juste à temps pour nous éviter l’écœurement. Amy Schumer assume pleinement son corps et son personnage, se fondant dans des tenues outrageuses et crachant des mots qu’une fille normalement de bonne famille ne se permettrait pas. Heureusement pour nous, Amy n’est pas bien élevée.

Si Apatow s’en serait tenu là, c’eût été bien, mais non. Lui qui s’évertue d’habitude à nous conter fleurette avec des histoires du quotidien sans forcément verser dans le convenu, il étire sa Crazy Amy sur deux heures, nous gratifiant au passage d’un bon gros ventre mou, pour terminer avec une comédie romantique tout ce qu’il y a de plus déjà-vu. Un soufflé qui avait l’air appétissant, qui a tenu le temps que les invités s’installent et qui a fini par retomber bien avant le dessert.

On reconnaîtra au réalisateur avoir choisi une actrice loin des canons de beauté qui en font baver plus d’un, rapprochant le spectateur de son sujet. Bonus métamorphose à Tilda Swinton qui pourrait presque « s’habiller en Prada ».

Sortie en salles le 18 novembre 2015.

http://www.imdb.com/title/tt3152624/?ref_=fn_al_tt_1