Miss Bobby_Ted 2

Miss Bobby_Ted 2Il s’est fait désirer cet ours en peluche ! De longues années à attendre son retour et enfin il sort de sa léthargie. Que vaut cette nouvelle aventure de Ted ? Grosse déception ? Ennui mortel ?

Ennui ne rime certainement pas avec la peluche la plus trash du cinéma. Par logique, la surprise ne faisant plus effet, Seth MacFarlane a dû tabler sur un scénario plus travaillé que sur la simple relation fusionnelle entre John et sa peluche parlante. Ted veut avoir un enfant avec sa blonde, et il lui faudra passer par la justice afin de se faire définir des droits en tant que personne et non être considéré comme un simple meuble.

Scénario différent, mais toujours la même recette (ç’eut été dommage de la changer, elle est tellement bonne) : toujours plus trash, toujours plus référencé. Certains gags ont fait mouche dans le premier film, MacFarlane a su combler les fans en les réutilisant tout en les remaniant. Merci mec, mon cœur en mousse fut comblé ! Giovanni Ribisi est de retour ! En même temps, s’il n’avait pas été là, il aurait manqué une bonne part comique. Lui aussi revient avec ses références du premier Ted (pour ma plus grande joie).

Qu’est-ce qui arrête la mauvaise graine MacFarlane ? Rien ! Il se moque outrageusement du physique de son actrice (Amanda Seyfried), joue avec l’actualité dramatique comme avec un bilboquet (même la France y a le droit), et le pire, c’est que c’est drôle, car osé ! S’est-il à un moment posé la question du politiquement correct ? Possible. Mais là où beaucoup se contentent d’effleurer l’incorrect, l’assumant du bout des lèvres, lui met les deux pieds dans le plat, et c’est à mon sens une des grosses qualités de Ted : Seth MacFarlane repousse les limites du trash et les assume. Il se fait plaisir, ça se sent et nous prenons notre pied !

Ted 2 n’est pas aussi surprenant que le premier, forcément, on a compris la blague de l’ours en peluche qui parle, il est toutefois plus trash, moins correct, plus assumé et jouant plus avec les codes actuels. J’ai ri aux éclats bon nombre de fois et je prendrai plaisir à le revoir. Toute façon, vous connaissez mon objectivité avec Ted, quasi nulle. Je suis sûre que si le premier vous avez plu, celui-là aussi.

Sortie en salles le 05 août.

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Miss Bobby_Sharknado 3

Miss Bobby_Sharknado 3Sharknaki ? Sharknado ! Ne cherchez aucune logique à ce pseudo jeu de mots de bas étages, il n’y en a pas ! Le 23 juillet était diffusé sur Syfy Sharknado 3, l’occasion d’une grosse soirée organisée par la chaîne et Canalsat pour accueillir cette nouvelle tempête ! C’était mon baptême de l’eau, puisque je n’avais vu aucun des deux opus précédents, je ne connaissais pas non plus le concept. Maintenant c’est fait.

Je vous remets un peu dans le contexte, Sharknado est la combinaison de Shark et Tornado (requins et tornades), vous voyez un peu venir le truc ? Des tornades qui viennent de l’océan, ramassant sur leur passage des requins, balancés en ville quand celles-ci les traversent. Comble du chic, les requins ne sont pas morts, donc lorsque la pluie de requins se déverse sur les populations, il y a du croquage de membres dans la foulée. C’est absurde ? Bien sûr ! C’est le principe même : jouer à fond sur la débilité et le « n’importe quoi ». C’est réussi ? Ah ça oui ! En même temps, impossible de se rater quand on surfe là-dessus. Tant qu’à faire dans la série Z, les effets spéciaux sont au même niveau que le contenu, à savoir réalisé avec Paint (ou presque).

Si vous êtes un peu trop sérieux, que vous prenez tout au premier degré, laissez tomber Sharknado, où le maître-mot est autodérision. Sharknado 3 assume à fond les ballons son côté kitch, ses dialogues débiles, ses effets qui piquent les yeux, son absurdité exacerbée, son jeu d’acteur affligeant et assumé. Vous venez pour vous marrer et c’est tout ! Le film s’octroie quand même des caméos et des références !

Sauterez-vous dans la gueule du requin ?

by missbobby
Miss Bobby_Love

Miss Bobby_LoveLove était LE film sulfureux du 69ème Festival de Cannes ! Pornographique, les journalistes et le public s’étaient rués à sa séance de minuit, tels des voyeurs excités, pour juger par eux-mêmes du « taux » de pornographie dans le nouveau film de Gaspar Noé. Je ne me suis pas rué dans la salle, mais j’ai pu juger la bête. Est-ce que le réalisateur débourre la machine ? Ou a-t-il trouvé un sens profond à cet étalage sexuel ?

C’est toujours traitre les films tendancieux comme Love ou Nymphomaniac, ils sont très vite rangés dans une case où soit disant le metteur en scène trouve un moyen subtil de faire ressortir ses pulsions les plus basses ou comment faire du porno au cinéma, sans vraiment que ça soit du porno. Bon, il y a toujours des têtes pseudos pensantes qui s’offusqueront. Si cela leur donne un sens à leur existence, ma foi. À ma grande surprise, je n’ai pas détesté Love, ni vraiment aimé. Le propos général est cohérent, logique, émouvant, même si la réalisation m’a gênée.

Noé n’a pas inventé l’eau chaude, il expose un couple dans ses différentes phases d’évolution, et ce, grâce à un montage déconstruit. Au revoir romantisme et autre niaiserie. Vous pensiez que ça se finissait toujours bien ? Que tout est toujours beau ? Détrompez-vous et regardez ! Noé montre un couple follement amoureux qui peine à gérer cette overdose d’amour. Des questions qui peuvent nous traverser l’esprit : construire à deux, aimer et être démonstratif, surmonter les obstacles, appréhender le caractère de l’autre et sa vision d’aimer, plonger dans la déchéance, s’aimer et se faire mal, tomber dans les jeux malsains, voire même accepter l’ex, la place qu’elle a et qu’elle a eue… Là où d’autres réalisateurs seraient tombés dans le schéma classique d’un film romantique ou d’un drame, reléguant le sexe au simple drap sur la poitrine de son héroïne, Noé a décidé de tout montrer. Et finalement, ce n’en est pas choquant. Le caractère est pornographique, certes, par le fait de montrer et de non simuler ce que d’autres cachent ou montrent subtilement. Noé a-t-il voulu lui aussi faire un film sulfureux et provocateur, histoire de faire parler ? Possible. J’y ai vu un couple qui s’aime, qui se cherche, qui tente de recoller les morceaux en essayant des choses différentes, se créant des sensations inédites communes qui permettraient de se ressouder. Un couple presque comme les autres, où l’on ne nous voile pas les relations intimes. C’est tout.

Malgré une réalisation léchée, à la photographie particulièrement colorée, lumineuse, je l’ai trouvée très égocentrique, se parquant dans un style m’as-tu vu où les titres sont placardés sur l’écran, où les coupes sont trop nettes et brutes, ça m’a dérangée. Je ne saurais vous expliquer ce ressenti, car je n’ai ni l’analyse technique, ni la culture ciné pour, il paraitrait que le procédé est redondant chez Gaspar Noé. Je ne peux confirmer, m’offrant avec Love mon premier film du réalisateur. Néanmoins, à défaut de comparer ses films, je n’ai que la modestie de vous partager cette sensation « je fais un film indépendant, pornographique, où j’ai envie de me prendre la tête sur le montage et la réalisation super travaillés, mais avec un sens profond, et je te le balance, telle une éjaculation en pleine figure » (voilà, je l’ai dit. Oui, c’est cru !).

En fait, même si j’aurais voulu un film moins pompeux, moins long, le propos ne m’a pas laissée indifférente dans le traitement du couple, de son évolution, de ses troubles, doutes. La 3D m’a parue inutile, certains méandres amoureux m’ont même retournée. Love n’est pas qu’un simple film pornographique, ça serait réducteur de s’arrêter à cet aspect, car enlever toute la nudité, le film garde un propos et un traitement des relations sentimentales intéressants.

Sortie en salles le 15 juillet.

PS : Pour info, le film est interdit aux moins de 16 ans.

http://www.imdb.com/title/tt3774694/?ref_=nv_sr_1

by missbobby
Miss Bobby_Sorcerer-Le convoi de la peur

Miss Bobby_Sorcerer-Le convoi de la peurSouvent quand je découvre des vieux films ou d’autres qui datent d’une vingtaine d’années, je me dis que j’ai la surprise à une trentaine d’années de découvrir des œuvres que beaucoup ont découvert il y a longtemps. Je dis ça pour deux raisons : la première, c’est que si je les avais découvert il y a longtemps, je n’aurais pas eu l’analyse et le recul nécessaire pour les appréhender à leur juste valeur. La deuxième, c’est qu’à leur du numérique et de l’utilisation à outrance d’effets spéciaux, il est absolument fascinant de découvrir qu’il y a plus de 35 ans arrière (voire plus), il était possible de réaliser des films incroyables, qui dégagent bien plus que des films d’aujourd’hui. Je me rends compte qu’il n’y a pas d’âge et qu’il n’est jamais trop tard pour apprécier de vieux films, même si on a été « formé » sur du moderne.

J’ai donc découvert avec du retard (mais sur grand écran), Le convoi de la peur de William Friedkin qui ressort sous le titre Sorcerer et j’ai été soufflée. Dans une ère où l’effet spécial est surconsommé, Friedkin s’est contenté de recréer pour donner plus de réalisme et d’authenticité, n’utilisant aucun effet. En voyant le résultat, on ne peut qu’être en admiration.

Là où certains s’inquièteront de savoir comment il est possible de faire un film sur un convoi, je leur dirais qu’il y a bien un mec qui a fait un film palpitant avec un camion qui colle au train d’une voiture (pour info, je parle de Duel et ce n’était que Spielberg). Friedkin vous tiendra en haleine, sur le fil du rasoir, où la moindre pierre, la moindre embûche peut être fatale. Résisterez-vous à l’envie de vous ronger les ongles ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, oui, il y a bien Bruno Cremer (alias Maigret), complètement convaincant dans son rôle d’homme secret.

Je ne peux que vous inviter à aller voir Sorcerer en salles, il comblera votre cœur de cinéphile et vous époustouflera bien plus qu’un Jurassic World (oui, j’ai osé le dire !), autant par le scénario que par la réalisation.

Retrouvez la folle masterclass de William Friedkin lors de son passage à Paris.

Sortie en salles le 15 juillet.

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Miss Bobby_Ant-Man

Il m’aura fallu attendre Ant-Man et mon indisponibilité à me rendre à la projection pour enfin avoir un article pour mon blog de Mondocine ! Est-ce que l’homme fourmi a su éveiller son âme d’enfant ? Je vous laisse juger par vous-même (vous verrez, on est loin de ma longueur de critique, mais c’est un autre niveau, un autre type d’analyse. Vous allez aimé, j’en suis sûre) :

Miss Bobby_Ant-ManUn peu à la manière des Gardiens de la Galaxie, l’adaptation du Comics Ant-Man arborait de faux airs de film « à part » dans l’univers Marvel actuel. Si le studio affiche clairement son intention de le rattacher prochainement à sa franchise Avengers, le projet de long-métrage autour de l’homme-fourmi représentait un pari risqué et audacieux, à de nombreux égards. En premier lieu, parce que Ant-Man est un super-héros atypique, loin d’être une fière figure musculeuse tout en puissance et en virilité comme quantité de ses voisins. On parle quand même d’un combattant en costume de la taille d’un insecte ! Ensuite, car visuellement, le film représentait un vrai défi formel pour parvenir à ramener à échelle réduite, tous les codes et les ingrédients d’un univers de super-héros traditionnel. Dans tous les cas, une chose est sûre, Ant-Man revient de loin. De très loin, même. Mis sur la table à la fin des années 80 avant de capoter pour cause de « proximité » avec Chérie, J’ai rétréci les Gosses (véridique), l’homme-fourmi a du patienter et attendre les années 2000 et la déferlante de film de super-héros, pour connaître enfin son envol sous la direction du cinéaste Edgar Wright. Un choix original pour un film original, qui semblait toutefois rassurer bien des fans, même si le mariage entre le réalisateur décalé de la trilogie Cornetto et Disney, laissait songeur. L’histoire le confirmera d’ailleurs, puisque le divorce sera prononcé en 2014 après des années de développement, lorsque le britannique abandonnera l’affaire à quelques semaines du tournage, pour divergences artistiques profondes avec le studio sur la ligne directrice à donner à Ant-Man. La folie d’Edgar Wright se serait-elle un peu trop frictionnée avec le formatage des films Marvel de la Phase II, dont Ant-Man est la dernière pierre ? Une évidence. Repris par Peyton Reed, cinéaste plus docile, auteur de comédies comme La Rupture ou Yes Man avec Jim Carrey (notez l’ironie du titre), Ant-Man commençait alors à inquiéter malgré son alléchante distribution, l’omni-sympathique Paul Rudd endossant le costume de l’homme-fourmi, entouré de beaux noms tels que Michael Douglas, Evangeline Lilly, Corey Stoll ou Michael Peña. Des inquiétudes ensuite nourries par des premières bandes annonces peu convaincantes, puis presque balayées aussi sec par les dernières, nettement plus rassurantes et prometteuses d’un grand spectacle potentiellement réussi et soufflant un vent d’air frais au milieu des Iron Man, Thor, Avengers et autres Captain America.

Miss Bobby_Ant-Man

Mais trêve de blabla, que vaut donc Ant-Man à l’arrivée, est-il la folie virtuose et virevoltante espérée ou une cruelle déception nous obligeant encore à patienter avant de voir un film Marvel pleinement abouti et fédérateur ? La première impression que laisse le film de Peyton Reed, est comparable à celle d’un thé tiède que l’on viendrait tout juste de se servir et dont on se satisferait par flemme de se relever pour aller le faire réchauffer encore un coup. Ce n’est pas désagréable en soi mais le plaisir du palais à un parfum de gâché et d’inachevé. En somme, Ant-Man baigne dans un entredeux, à la fois divertissement satisfaisant rappelant vaguement l’esprit du premier Iron Man (probablement le Marvel auquel il serait le plus comparable dans l’absolu) et petite déception laissant un sentiment mitigé, doublé d’un arrière-goût d’amertume. Point par point, c’est sans arrêt cet écartèlement qui va revenir caractériser le lancement des aventures de l’homme-fourmi au cinéma. Comme les fourmis qui sont petites et travailleuses, Ant-Man est au final un « petit film » mais qui essaie avec générosité. Sauf qu’il le fait bien souvent maladroitement et ne capitalise jamais assez sur ses qualités, au point de finir par en faire des défauts.

Le script par exemple, où ruissèlent en fond de toile, de vagues restes du travail d’Edgar Wright, laissant entrevoir le projet qu’aurait pu être Ant-Man, si son passage dans le moule Marvel version Kevin Feig ne l’avait pas défiguré par un lissage destiné à le faire rentrer dans les canons actuels du studio. Par intermittence, les idées nées sous la direction du réalisateur de Hot Fuzz et Scott Pilgrim s’affichent comme de vagues morceaux de tapisserie mal décollés, mais la matrice dans laquelle il a été refondu ne lui seyait guère et lui ôte une bonne partie de son originalité, de sa créativité et de sa truculence attendues. Ces restes ne suffisent pas à embellir et à transcender un ouvrage qui oscille inlassablement entre audace et sagesse, entre envie et impersonnalité. La direction artistique et la mise en scène de Peyton Reed se soumettent ensuite aux mêmes indélicatesses. Si Ant-Man est prometteur au départ, parvenant à matérialiser avec brio son concept de la miniaturisation au détour de quelques séquences ahurissantes (la première transformation dans la baignoire, par exemple), il ne parvient pas à maintenir son haut-niveau formel sur la durée et le défi technique finit par sombrer lentement dans le non-incroyable, peu aidé par une 3D qui ne joue pas assez avec une mise en scène filmant des scènes d’action assez fades. Et ainsi de suite, de la conduite de l’histoire à l’humour injecté, des personnages aux effets spéciaux, en passant par l’interprétation ou le production design, Ant-Man est la perpétuelle histoire d’un mariage maladroit, souvent trop ou pas assez, souvent embarqué dans la bonne direction mais ne s’appliquant pas à la suivre avec panache.

Miss Bobby_Ant-Man

Ant-Man paraît surtout être un film qui ne sait pas très bien ce qu’il fait, où il va, et ce qu’il veut être. Si l’on reconnaîtra bien volontiers qu’il déploie de gros efforts pour s’ériger au-dessus du panier de crabes où évolue ses confrères tous semblables à des photocopies des uns et des autres, reste qu’il ne parvient jamais à convaincre pleinement, capable du meilleur comme du moins bon, capable de soubresauts mais rechignant à embrasser pleinement décalage et second degré. On regrettera autant ses tunnels de dialogues et sa trop longue exposition, que l’on pourra être séduit par certaines de ses fulgurances (notamment un combat avec un guest dont on vous garde la surprise). De même que l’on aura souvent éprouvé des difficultés à pénétrer dans son univers miniature souffrant d’un manque d’épique entravé par son concept alors que globalement, le spectacle nous est apparu sympathique. Sympathique mais affichant des carences en lyrisme, doté d’intentions épatantes mais manquant d’adresse, essayant des choses mais sans se révéler vraiment surprenant. Le chat qui se mord la queue en définitive, où l’on perçoit des notes de bonne volonté mais insuffisamment traduites. A propos de son concept « macro », on ajoutera que Ant-Man joue à un jeu dangereux dans un premier temps malin, mais qui vrille vers un effet boomerang à chaque fois que Peyton Reed essaie de s’en amuser un peu. Le recours au running gag resituant à échelle réelle, l’épique du spectacle miniature, finit par en devenir contreproductif. On rit d’abord de la blague, avant d’être gêné par ce procédé annihilateur à force de ramener la vision du spectateur vers la réalité d’un film qui se joue à une échelle anti-épique. En clair, Ant-Man essaie de nous absorber dans sa dimension lilliputienne avant de briser la crédibilité de qu’il avait construit en nous imposant une réalité premier degré pas loin du ridicule : les explosions ou les destructions massives ne sont que de micro-effets ne cassant pas grand-chose de significatif. Seuls les combats essaient de garder un cap un brin impressionnant.

En bref, Ant-Man a deux visages et aucun des deux ne réussit à prendre vraiment le dessus sur l’autre. Tant est si bien que le film en devient bancal, à la fois correct et dans le même temps, insatisfaisant et ne comblant pas notre appétit alors que s’y côtoient des envies intéressantes et un potentiel sabordé, dans un long-métrage au final trop moyen pour convaincre. Loin d’être la purge redoutée par certains, Ant-Man n’est pas non plus le sommet qu’il aurait pu être. Reste une distraction pleine d’humour (même s’il a tendance à dériver vers la lourdeur) mais inscrite au régime des intermittents du spectacle. Et histoire de prévenir, ne manquez pas la traditionnelle scène post-générique, elle a sa pertinence.

Sortie en salles le 14 juillet.

Nicolas Rieux – Mondocine

by missbobby
Miss Bobby_Les Minions

Djoolien est de retour sur le blog (ça ne sera pas la dernière fois) ! Le veinard a eu la chance de voir Les Minions avant sa sortie (je suis à peine frustrée). S’est-il transformé en banane après le visionnage ?

Miss Bobby_Les MinionsComme moi, vous n’aviez pas loupé à la fin de « Moi, moche et méchant 2 » la séquence annonçant le prequel dédié aux Minions, et bien nous y voilà ! Nous repartons loin loin loin en arrière, à l’ère monocellulaire, rien que ça, parce que les Minions ont toujours été là, depuis le tout début ! Ils ont un seul but dans leur existence : servir le maître le plus impitoyable, le plus cruel, le plus méchant ! Mais ils ont un énorme problème, les méchants, ça ne reste pas en vie bien longtemps ! C’est là qu’intervient Kevin, notre Minion qui veut sortir son espèce de cette spirale infernale, d’un naturel protecteur et aventureux, il recherche des volontaires afin de mener à bien cette mission : trouver leur nouveau maître. Il se retrouvera donc accompagné de Stuart, l’adolescent guitariste en recherche de reconnaissance et de bellas, et de Bob (et sa papuche), le cadet de la tribu, complètement innocent, curieux de tout et un brin survolté.

Notre trio part donc à l’aventure afin de trouver LE maître à servir, et cette quête va leur faire voir du pays ! Direction New York et sa jungle urbaine, Orlando et enfin Londres pour se frotter à la monarchie anglaise. Tous ces changements de décors amènent une vraie dynamique au film, rythmant le scénario, sans nous laisser le temps de s’ennuyer.

L’histoire ancrée dans les années 60 donne un effet visuel assez inédit pour un film d’animation, avec des scènes assez décalées et particulièrement appréciables. La bande son est tout logiquement inspirée des 60’s avec, excusez du peu : Jimi Hendrix, The Beatles, The Turtles, The Who, The Doors ! Un régal !

L’animation des Minions est bluffante, on ne comprend pas très bien ce qu’ils disent, un mélange de Français/Italien/Espagnol/non défini (même en VO), pourtant leurs expressions et leur mimiques nous permettent de très bien les comprendre, superbe ! L’histoire des Minions nous fait penser à une critique de la société où pour survivre, le faible va se placer sous le joug du plus fort, pas par contrainte, mais par choix pour continuer d’exister/survivre, quitte à y perdre un peu de soi.

Les Minions est une jolie réalisation, on pourrait s’attendre à rire non stop, mais ce n’est pas le cas. Certains seront déçus, mais ce vide est largement comblé par l’action, la découverte, et les petites séquences d’émotion. Pas de mauvaise surprise du côté des blagues, rien de potache, parents et enfants y trouveront des références qui leur parleront. Ce film nous démontre un joli savoir faire et on en ressort quand même avec la banana !

Sortie en salles le 08 juillet.

Djoolien

PS : Retrouvez le dictionnaire Minion – Français pour ne pas être largué pendant le film !

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Miss Bobby_Youth Paolo Sorrentino

Miss Bobby_Youth« La jeunesse »

En sélection officielle lors du dernier Festival de Cannes, j’ai eu le plaisir de découvrir Youth hier soir. Il m’avait beaucoup intriguée au dernier Showeb, l’extrait que nous avions eu était pour le moins étonnant (dont l’affiche s’inspire). Les retours cannois étaient un peu partagés, mais il en ressortait plutôt du positif et il faisait partie des films en compétition que j’avais envie de voir.

Que vaut ce nouveau film de Paolo Sorrentino (le premier que je découvre de ce réalisateur) ? Youth est-il source de jeunesse éternelle ? Était-il à la hauteur de mes attentes ?

Youth, c’est 2h de film sur la vie, ordinaire, extraordinaire, la vieillesse, la jeunesse, l’être humain, les émotions, le commun des mortels. Comme champ d’exposition, un hôtel perdu dans les Alpes Suisses, gigantesque huis clos entouré de verdure et de fleurs champêtres, lieu de villégiature pour le voyeurisme, l’observation, l’intrusion dans le quotidien, où les personnalités tendent à se révéler. Microcosme caché dans les montagnes, chaque chambre est révélatrice de personnages atypiques, aux secrets bien enfouis.

« La jeunesse » de Sorrentino s’oppose à la vieillesse, parfois elles s’allient ou se mélangent. Youth expose les destins croisés de célébrités, de personnes ordinaires au service de ces personnalités de renom, pour finalement nous faire comprendre que bien que nous soyons physiquement différent, que nous sommes ou avons été connus ou que nous ayons un métier lambda, que nous soyons jeune ou vieux, nous sommes tous pareils : nous fonctionnons avec nos émotions, nous avons nos secrets, nos mensonges, nous nous cherchons, nous nous évadons avec nos passions, nos activités. Peu importe que vous ayez accompli de grandes choses dans la vie, cela ne fait pas de vous quelqu’un de fondamentalement meilleur, au contraire. Les mots et les actes nous égratignent tous.

Réalisateur, compositeur, masseuse, assistante, prostituée, etc. nous avons tous une particularité qui nous rend tous extraordinaire, qui nous différencie, qui nous rend unique et qui peut apporter quelque chose d’authentique aux autres, faisant ressortir des qualités inespérées, et même quelque chose qu’ils ne trouvent pas au fond d’eux-mêmes.

La réalisation est surprenante, gracieuse, profonde, recherchée, méticuleuse, accompagnée d’une superbe photographie. Paolo Sorrentino a su sublimer le quotidien paisible des résidents de cet hôtel, offrant des portraits émouvants, sensibles, parfois drôles, innocents, solitaires (à ce propos, le film met aussi en exergue la vaine quête de l’être humain à lutter contre la solitude) à travers des acteurs d’exception : Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda, aucun ne tombe dans le surjeu, apporte énormément au récit. On s’accroche à chacun d’entre-eux.

Youth est riche de sujets, d’interprétations, il est fascinant, troublant de réalisme et de sensibilité. Il capte l’attention par une qualité de photo remarquable, une réalisation léchée et complexe, et un scénario dans lequel chacun pourra s’y retrouver. J’en oublie la bande originale, une pure merveille. Sorrentino a su jouer avec les émotions de ses personnages et ceux du spectateur, regardant au plus profond de nous-mêmes avec un grand sens du détail.

Sortie en salles le 09 septembre.

by missbobby
Miss Bobby_Un incroyable talent

Miss Bobby_Un incroyable talentJ’aime bien ce concept de e-cinéma honnêtement, il redore vraiment le blason de la VOD ou du DTV (Direct To Video) qui souffre de films très/trop bons marchés, de piètre qualité. Avant, quand on disait qu’un film sortait directement en vidéo, c’était synonyme de mauvais film. Depuis que le e-cinéma a fait son apparition, nous offrant de chouettes pépites comme les Dossiers du département V (chez Wildbunch) ou Adaline (chez TF1), le e-cinéma est vraiment plein de bons espoirs, je veux pour preuve Un incroyable talent. Je suis tombée des nues, car j’étais persuadée qu’il sortait sur grand écran. Comme quoi.

Un incroyable talent reprend l’histoire de Paul Potts, cet anglais, chanteur et passionné d’opéra, persécuté par ses camarades à cause de son talent et qui a participé à l’émission Britain’s Got Talent (la meilleure version de « La France a un incroyable talent »). C’est un film divertissant et relativement plaisant que nous offre David Frankel, même si le film souffre d’une légère baisse de régime où l’on attend le fameux moment fatidique, Un incroyable talent arrive à nous hérisser quelques poils (même si ce n’est pas James Corden qui chante), on s’attendrit également sur ce parcours atypique où les assimilations sont faciles quand on a une voix de ténor. On se met aisément à la place de Paul qui souhaite vivre de sa passion et devenir quelqu’un, être épanoui.

Un incroyable talent est un film gentillet, plaisant, qui tire un peu sur la longueur parfois, mais parfait pour passer une soirée agréable.

Sortie en e-cinéma le 03 juillet.

by missbobby
Miss Bobby_Victoria

Miss Bobby_VictoriaQuand on est jeune, on a toujours ce petit goût d’interdit dans la bouche, on est à l’affût des moments qui rendront notre vie palpitante, qui feront qu’on se sentira vivant. Le tout est de savoir saisir ces moments et de s’arrêter quand il faut.

Victoria est jeune, jolie, insouciante et elle aime s’amuser. Et pendant un plan séquence de 2h15, sa vie va complètement changer. Un peu pompette en sortant de boîte, elle va suivre un petit groupe de garçons, bien imbibés eux-aussi, par curiosité et pour goûter au danger. La particularité du film réside dans sa réalisation, 2h15 d’un plan séquence où l’on ne quitte pas Victoria des yeux, traversant la ville avec ces jeunes hommes, à faire connaissance avec eux, se révélant petit à petit, faisant tomber ses barrières et se laissant aller, passant d’une inconnue à un membre à part entière de la bande.

La première moitié est assez lente, c’est une mise en place de l’action, elle instaure la proximité et l’attachement, procédé logique dans la narration, mais pas du tout palpitant pour le spectateur. Comme si vous veniez de rencontrer de nouvelles têtes, vos échanges sont limités aux questions et à faire connaissance, emprunts d’une certaine naïveté et d’inattendu. On a d’ailleurs du mal à s’intégrer à la bande. Première partie à double tranchant qui pose les bases, mais qui laisse le spectateur sur le côté, ressentant trop le déroulé de leur fin de soirée ou début de rencontre (tout dépend de comment on se positionne).

La seconde partie est plus palpitante, mais s’accompagne d’un nombre incalculable de vraisemblances. Je conçois qu’un individu, quel qu’il soit, s’embarque dans des situations qui ne laissent présager rien de bon, par simple soif d’adrénaline et de nouvelles rencontres. Delà à prendre une jeune femme qui aime s’amuser, qui semble plutôt « sage », raisonnable et raisonnée, qui décide de faire n’importe quoi, à prendre des décisions dangereuses, dans une société où sortir dans la rue quand on est une femme n’est déjà pas facile, je n’ai pas compris le but. Le personnage de Victoria vire d’un opposé à un autre, trop rapidement, certainement pour se prouver quelque chose que je n’ai pas cerné, prenant des décisions improbables et tout à fait illogiques. L’anti-thèse de ce qu’une personne normalement constituée ferait. Et ces invraisemblances sont légion et cassent l’approche réaliste. On se doute qu’il fallait bien qu’il se passe quelque chose durant ces 2h15 (sinon, ç’aurait été particulièrement difficile), mais pas au point de partir sur des séquences éloignées de la réalité. Quoi que, il est certainement possible que certaines personnes dans le monde virent en quelques heures du tout au tout juste en faisant de nouvelles rencontres… Néanmoins, c’était trop gros pour moi.

Je pense que le film m’aurait bien plu s’il avait été plus court et plus logique, d’autant que certaines émotions sont disproportionnées et si vous n’avez pas eu l’actrice – comme nous – pour vous expliquer le pourquoi du comment de ses réactions surjouées, vous allez presque en rire. Il faut toutefois souligner la prouesse technique du plan séquence, répété plusieurs fois pour être sûr d’être bien calé. Je sais que le film en a touché beaucoup, bon… Je suis passé à côté malheureusement.

Sortie en salles le 1er juillet.

by missbobby
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