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Tranche de vie 2

 

Un jeune couple dans le RER et quand je dis jeune, c’est proche de la vingtaine, voire moins.

Ils sont en face de moi, chacun à tour de rôle me regarde, voient-ils mes yeux à travers le fumé de mes lunettes ? Quoiqu’il en soit, la demoiselle me dévisage souvent. J’ai envie de lui préciser qu’elle ne s’inquiète pas, je ne vais pas lui piquer son jeune amant.

Ce qui me saute aux yeux, c’est qu’il y en a un qui est plus dans la relation que l’autre. Devinez qui ? La jeune femme se colle à son chéri tel un chewing-gum, ne cessant de blablater, lui prenant son bras pour le mettre autour de son cou. Lui, peu causant, se laisse faire, son regard précisant son dépit.

Autant au concert de Placebo, j’ai été servie niveau bécotage, chacun y mettant du sien, autant là, le jeune homme ne joue pas le jeu. Nous ne lui en tiendrons pas rigueur : il est jeune, n’a pas dû fréquenter beaucoup de filles en émoi…pourvu qu’il ne lui brise pas trop le cœur, c’est tout ce que l’Histoire exige.

Elle en aura marre de toujours lui demander de se forcer, de ne pas être démonstratif, de ne pas lui dire je t’aime, de ne répondre qu’une fois sur 15 à ses sms écrits dans une langue étrangère que l’on nomme la phonétique. Elle lui dira qu’il vaut mieux faire une pause, pleurant toutes les larmes de son corps. Il ne rechignera pas. Puis, elle reviendra, ils se remettront peut-être ensemble pour une semaine, car finalement, deux jours de rupture ne l’auront pas changé. Lui avait plutôt bien vécu son moment de liberté sans elle, se dira que s’il en a eu une, il en aura d’autres qui lui prendront moins la tête, qui seront moins sentimentales et plus…faciles.

Ainsi va la vie et les amourettes de jeunesse. Et moi derrière mes lunettes transpercées d’un rayon de soleil j’observe le désastre.

À quoi bon aimer si c’est, dans la plupart des cas, pour souffrir juste après ? Apparemment, nous sommes sur Terre pour l’Amour (pas que, mais surtout), j’ai des doutes vu les histoires que l’on me raconte, les cœurs brisés, les mots « d’amour » balancés, les âmes trompées. Où est-ce juste l’être humain qui est pourri ? Ça, j’en suis persuadée.

Décidément, c’est peut-être moi qui ai trouvé la meilleure combine en restant seule, avec un manque. J’ai au moins une créativité exacerbée.

À tous ceux qui souffrent de cet Amour, à toi ma p’tite bouclette pour tout ce que tu as enduré, à ceux qui cesseront d’être aveugle un jour, à tous ceux qui se voilent la face et qui mentent, à tous ceux qui occasionnent des dégâts…

Je ne suis pas fière d’être spectatrice de ce triste spectacle.

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Tranche de vie

Je suis dans  le RER et il y a deux femmes qui discutent. Jusque là, rien de surprenant.  Mais l’une d’elle parle avec sa bouteille d’un litre d’eau ouverte, entrecoupant son récit qui semble passionnant (vu la bonne volonté qu’elle y met), de grosses gorgées de source de vie. Je la regarde derrière mes lunettes fumées et mon imagination débordante s’active : se balade-t-elle toujours avec sa bouteille, ouverte de surcroit ? Je ris parce que je l’imagine au boulot, en pleine réunion, proposant son projet avec son contenant dans une main : « si vous supprimez les frais « gloup » occasionnés par les infrastructures « gloup » de Pékin, nous « gloup » obtiendrions des bénéfices remarquables « gloup, gloup » ».

Dans toutes les situations : « bonjour, une baguette svp « gloup » », « chériiii, tu viens « gloup » te coucher ? ». Ce qui est bien, c’est qu’à la toilette (comme dirait le mannequin suédois), c’est plus rapide : ça rentre d’un côté et ça ressort direct de l’autre. J’y pense, elle doit avoir une vessie en béton ?!

En tout cas, c’était assez marrant et maintenant que vous avez compris que les transports m’inspirent… Je ne vais pas m’arrêter « gloup ».

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Mélancolie automnale

19h34. 7 octobre. La nuit prend place. Il fait doux dehors pour un début d’automne. L’orangé des lampadaires contraste avec la froideur des néons de la gare. J’attends sur le quai, mon lecteur mp3 collé aux oreilles, Placebo caressant mes tympans. J’attends le prochain RER, ayant loupé de justesse celui que je devais prendre. Si je gagnais 1€ à chaque fois que cela m’arrive… Je regarde autour de moi, les gens arrivent, le bleu gris clair du ciel se transformant en bleu foncé.

Je pense. La liste des affaires que j’ai oubliées s’agrandit (je ne dors pas chez moi ce soir) : le chargeur de mon portable, le lisseur pour mes cheveux (qu’elle idée que j’ai eu de les désépaissir, ils rebiquent), un t-shirt de rechange. Ça va, j’ai encore ma tête.

Je pense. A. n’avait pas l’air d’aller aujourd’hui, je n’ai eu aucune réponse de sa part. Pas bon signe.

Je suis dans le train, il fait chaud. L’air extérieur sent la nuit, l’été et le bois humide. J’aime. Je serais bien restée sur le quai, l’ambiance nourrissant mon inspiration, dispersant une certaine mélancolie, regardant s’engouffrer vers la sortie les nouvelles fournées de voyageurs. Je n’aime pas la lumière qu’il y a dans les wagons, elle est impersonnelle, proéminente, limite aveuglante pour quiconque tenterait une petite sieste avant le diner (sachant que sur la partie haute du train, il n’y a que moi et ce monsieur qui lit son journal…le roupillon ne sera pas pour nous).

Je pense. Arrêt Villiers-sur-Marne. J’ai souvent une pensée pour mon grand-père ici, quand il allait au marché le dimanche ou quand il venait me chercher à la gare lorsque celui de Tournan était supprimé. Maintenant, j’attends le prochain. J’ai un pincement au cœur.

Une goutte vient de percuter mon œil (d’ailleurs, je me suis toujours demandé à combien de km/h allait un RER), la pluie n’est pas cordialement invitée. J’ai déjà du mal à garder un semblant de coiffure, je ne veux pas qu’elle vire serpillère. Et là, c’est le drame : le ciel noir de morosité pleure. Raaaaa… adieu mes cheveux presque lisses pour ma soirée. Ah. En plus de verser des larmes, monsieur est en colère. Génial. Je suis en mini-jupe, t-shirt, leggings et bottes, avec mon cuir dans le sac, j’ai connu mieux comme tenue pour un temps maussade. Quelqu’un dont je tairais l’initiale, a mis sur son statut Facebook (deux secondes, deux choses : ça sent le brûlé et les fenêtres ouvertes laissent entrer le torrent venant du toit), je disais, qu’il avait mis il n’y a pas si longtemps sur son statut « ils ont prévu de la nuit pour ce soir » (quelque chose d’y ressemblant en tout cas). J’avais trouvé ça très beau. Eh bien ce soir, ils ont prévu de la pluie et c’est beaucoup moins poétique.

Mon RER fait la course avec un autre, j’espère toujours que l’on gagnera. L’autre a réussi à nous dépasser, mais c’est sans compter notre super chauffeur qui a mis un coup d’accélérateur pour pouvoir gagner haut la main.

Changement de décor. Métro ligne 2. J’ai l’impression d’être dans un autocuiseur et que je vais être servie au diner : « au menu ce soir, du Bobby à l’étouffé », j’entends dans le haut-parleur. Une odeur de kebab surplombe l’atmosphère, comme un vieux reste oublié sous un siège. Certaines personnes me regardent d’un drôle d’air…que peut-elle bien écrire ? Il est même possible que la demoiselle debout à mes côtés essaye de déchiffrer mes lignes. Non, ceci n’est pas mon journal intime (des fois qu’elle s’interrogerait, je préfère lui préciser).

Mon stylo a rendu l’âme, tout comme mes cheveux et j’ai failli rater l’arrêt complètement submergée par les quelques lignes qui se transforment en roman. Je suis arrivée à bon port, malgré le cataclysme qui sévit à l’extérieur. J’ai chaud.

Un diner m’attend, à l’abri du mauvais temps et une soirée dansante se prépare, à l’abri des regards…

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« Allo Sarkozy? Faut qu’on parle! »

Aujourd’hui, j’ai pris le RER pour aller à l’aéroport Charles De Gaulle (première fois que je mettais les pieds dans un aéroport) pour récupérer mon pote Perush qui revenait de son périple de 6 mois au Pérou.

Assise, regardant défiler le paysage par la fenêtre, j’ai vu quelque chose qui m’a choquée et terriblement attristée. Une dame d’un certain âge avançait en déposant des petits papiers sur les sièges, à la manière de nos « amis » de l’Est. J’ai cru qu’elle faisait de la promotion pour sa paroisse. Jusqu’à ce que j’ai, moi aussi, droit à mon petit papier : « J’ai 64 ans, je n’ai pas encore touché ma retraite. Je suis sans domicile, etc. ». Je lui aurais volontiers donné une pièce voire plus, mais étant aussi en galère, je n‘ai pas pu. Alors, je l’ai regardé partir, cette dame aux yeux baissés, avec cette tristesse dans le regard.

Mon dieu ! Et personne ne fait rien. Personne dans ce p***** de gouvernement ne réagit ! Nous sommes tous dans une merde royale (pardonnez ma vulgarité, mais je suis vraiment dégoûtée) et rien ne se passe. C’est normal ! Que fait le nain, à part s’afficher en quatrième page de Voici ?

 

Malheureusement, la vie me maintient dans cette idée honteuse que j’ai de l’Homme avec un grand H. À quoi bon ?

J’espère que vous comprendrez ma rancœur, mais si je ne partagerai pas ce ressenti, ce blog serait mort. On sait tous ce qui se passe et on continue de se marcher dessus. On a un président, on se demande à quoi il sert (et le gouvernement qui va avec). Désolée si je contrarie les pros Sarkoskistes (dédi’ à feu mon grand-père) mais ce n’est pas mon genre de me taire sous prétexte que quelques-uns pensent différemment. De plus, il est difficile d’être philanthrope lorsque nous avons peu de moyens (et de la bonne volonté).

Si quelqu’un parmi vous, a des relations haut placées, qu’il s’en serve. Une bonne engueulade des fois, ça fait du bien par où ça dépasse !

Salut compatriotes !

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