Un jeune couple dans le RER et quand je dis jeune, c’est proche de la vingtaine, voire moins.
Ils sont en face de moi, chacun à tour de rôle me regarde, voient-ils mes yeux à travers le fumé de mes lunettes ? Quoiqu’il en soit, la demoiselle me dévisage souvent. J’ai envie de lui préciser qu’elle ne s’inquiète pas, je ne vais pas lui piquer son jeune amant.
Ce qui me saute aux yeux, c’est qu’il y en a un qui est plus dans la relation que l’autre. Devinez qui ? La jeune femme se colle à son chéri tel un chewing-gum, ne cessant de blablater, lui prenant son bras pour le mettre autour de son cou. Lui, peu causant, se laisse faire, son regard précisant son dépit.
Autant au concert de Placebo, j’ai été servie niveau bécotage, chacun y mettant du sien, autant là, le jeune homme ne joue pas le jeu. Nous ne lui en tiendrons pas rigueur : il est jeune, n’a pas dû fréquenter beaucoup de filles en émoi…pourvu qu’il ne lui brise pas trop le cœur, c’est tout ce que l’Histoire exige.

Elle en aura marre de toujours lui demander de se forcer, de ne pas être démonstratif, de ne pas lui dire je t’aime, de ne répondre qu’une fois sur 15 à ses sms écrits dans une langue étrangère que l’on nomme la phonétique. Elle lui dira qu’il vaut mieux faire une pause, pleurant toutes les larmes de son corps. Il ne rechignera pas. Puis, elle reviendra, ils se remettront peut-être ensemble pour une semaine, car finalement, deux jours de rupture ne l’auront pas changé. Lui avait plutôt bien vécu son moment de liberté sans elle, se dira que s’il en a eu une, il en aura d’autres qui lui prendront moins la tête, qui seront moins sentimentales et plus…faciles.
Ainsi va la vie et les amourettes de jeunesse. Et moi derrière mes lunettes transpercées d’un rayon de soleil j’observe le désastre.
À quoi bon aimer si c’est, dans la plupart des cas, pour souffrir juste après ? Apparemment, nous sommes sur Terre pour l’Amour (pas que, mais surtout), j’ai des doutes vu les histoires que l’on me raconte, les cœurs brisés, les mots « d’amour » balancés, les âmes trompées. Où est-ce juste l’être humain qui est pourri ? Ça, j’en suis persuadée.
Décidément, c’est peut-être moi qui ai trouvé la meilleure combine en restant seule, avec un manque. J’ai au moins une créativité exacerbée.
À tous ceux qui souffrent de cet Amour, à toi ma p’tite bouclette pour tout ce que tu as enduré, à ceux qui cesseront d’être aveugle un jour, à tous ceux qui se voilent la face et qui mentent, à tous ceux qui occasionnent des dégâts…
Je ne suis pas fière d’être spectatrice de ce triste spectacle.







