Le pape françois

Habemus Papam

Le pape françoisWim Wenders s’attaque à la star des stars, mondialement connu, qui amasse des foules de fans, le bien nommé Pape. Et en l’occurrence, celui en service, le Pape François. Wenders trace, en 1h36, le portrait complet de ce Pape peu ordinaire, originaire d’Amérique du Sud et ayant pour principale cause les pauvres. Ce documentaire a ses bons et ses mauvais côtés.

Qu’on soit catholique ou non, il est intéressant de suivre le parcours d’un Pape, surtout quand celui-ci est atypique. Wim Wenders a voulu dresser un portrait aussi complet que possible de ce Pape, grand bien lui fasse. Je ne connaissais pas toutes les positions qu’il pouvait avoir sur le monde, ce fut intéressant d’avoir une approche de ses combats. J’y ai vu l’homme, ses convictions, ses choix, sa manière de voir la vie. J’ai essayé autant que j’ai pu de laisser la soutane de côté, d’oublier le religieux. Ainsi, on se rend vite compte de la stature, du piédestal qu’apporte le statut de Pape. À quel point il peut rassembler un nombre incroyable de gens, des foules dignes des plus gros concerts, un enthousiasme et une émotion assez phénoménaux. C’est la partie positive du film, celle qui peut faire développer de l’empathie envers le personnage, sans pour autant vous chanter les gloires du christianisme. La distinction est bien faite pour voir l’homme derrière le Pape.

Cela dit, Le Pape François – Un homme de parole a aussi ses défauts, à vouloir trop en mettre, Wenders passe les sujets rapidement. À ne vouloir rien oublier, il balaie au lieu de se concentrer sur des thèmes plus importants que d’autres (même s’ils sont tous importants). Complètement oublié et qui, en soi, aurait eu toute sa valeur : pourquoi s’intéresser à ce Pape plutôt qu’un autre ? Qu’est-ce qu’il a de plus que les autres ? Il aurait pu faire une comparaison, car c’est clairement ce qu’il manque au documentaire et ce que j’aurais aimé savoir. Enfin, toute les parties sur la reconstitution du parcours de François d’Assise (le Pape François a choisi ce nom par rapport à ce catholique) ne sont pas nécessaires et ennuyeuses.

Il est vrai qu’à moins d’avoir une certaine sympathie, de l’intérêt ou un rapport religieux, le premier choix pour aller au cinéma ne se tournera pas forcément vers Le Pape François – Un homme de parole. Cela dit, je ne lui ai pas trouvé de longueurs à ce film, je l’ai trouvé intéressant, touchant parce que sa vision fait écho à la mienne (et je ne doute pas qu’elle fera écho à la vôtre), et dans un sens, on suit un peu plus près le Pape, ce n’est pas mal aussi.

Sorti en salles depuis le 12 Septembre 2018.

Miss BobbyEvery thing will be fine

Miss BobbyEvery thing will be fineToute chose ira bien, oui, sauf pour le spectateur. En gros, le film s’étale sur 2h pour nous expliquer qu’à n’importe quel moment de la vie, nous aurons beau avoir des coups durs, à 30 ou à 40 ans, tout finira par s’arranger. Sur le papier, le thème est plutôt intéressant, à l’écran, en revanche l’idée s’envole, quelque part entre l’ennui, le manque d’émotions et le manque d’intérêt. Il y avait définitivement matière à travailler ce sujet différemment, mais Every Thing will be fine se perd en micros séquences inutiles (en longues aussi), où l’on passe notre temps à comprendre le but et les choix du réalisateur.

Choix étonnant, pas inintéressant, l’utilisation de la 3D dans un film qui à priori ne s’y prête pas. Probablement caprice artistique ou volonté de Wim Wenders de jouer avec un concept qui lui échappait. Narrativement parlant, nous sommes d’accord qu’elle ne sert strictement à rien (comme souvent), visuellement, il a accordé de l’attention sur la profondeur de champ et les plans, une réussite qui s’illustre surtout au début du film et qui fini par disparaître, oubliant même que le film est en 3D.

Le choix de James Franco. Autant il aime s’illustrer dans des œuvres indépendantes, avec plus ou moins de succès, encore plus qu’il a un capital sympathie indéniable et un certain talent (ou un talent certain), sauf que la mono expression à mi-chemin entre « ma beuh est super bonne au point que je ne peux ouvrir mes yeux qu’à 40% » et « deux mois que je me paie des insomnies », c’est irritant, et on a envie de le secouer ou de lui mettre une gifle.

L’histoire en elle-même est découpée en… bah en je ne sais pas trop quoi en fait. Succession de séquences longues où le propos n’est jamais clair, ne sachant pas où le film veut en venir, enchaînant les moments de vie, comme si on filmait votre quotidien, sauf que cela n’apporte rien à la narration. S’ajoute à cela des saynètes de quelques secondes à la Terrence Malik, contemplatives montrant des personnages continuant leur vie. Ok. Que doit-on comprendre ? Pendant que certains mènent leur vie tranquillement, ou qu’ils arrivent à surmonter un drame, ou que les difficultés s’enchaînent, la vie continue – ailleurs ?! Je vous avouerai que ce n’est absolument pas pertinent au visionnage, au point que l’idée vient seulement de surgir de mon esprit en écrivant ces lignes. Sur le coup, ce sont des apartés qui ne servent à rien et qui, encore, ne font rien avancer.

Enfin, les émotions. On est en droit d’attendre un torrent de larmes, voir une forte empathie pour les personnages lorsque le pire intervient, on veut avoir le cœur serré, se retenir de pleurer, parce que bon sang, c’est dur quoi ce qui leur arrive. Eh bien non ! La dureté de la vie coule sur nous telle la pluie sur un imperméable, et ça nous passe au-dessus royalement.

Every thing will be fine s’engage à retranscrire le quotidien dans son ennui et sa monotonie la plus totale, c’est réussi, imposant parfois des situations dramatiques complètement inutiles pour insuffler un dynamisme au récit qui aurait pu être apporter autrement. Le film image maladroitement les émotions et nous laisse insensible à un scénario qui devrait pourtant tous nous toucher, puisqu’il évoque tout simplement les cycles d’une vie.

Sortie en salles le 22 avril.

by missbobby