Justice League

Bienvenus chez Justice League : Farces et attrapes !

Justice LeagueSi vous voulez bien m’excuser, je vais chercher ma pelle pour aider le tractopelle de Warner à continuer de creuser. Quoi qu’avec ma petite pelle, je ne vais pas beaucoup les soutenir, d’autant qu’ils sont hyper efficaces avec Justice League ! Honnêtement, je ne sais même pas par où commencer ! Ah si ! Peut-être en allant aussi chercher un sac poubelle.

Dès les premières minutes, Justice League annonce la couleur : ça sera caca (appelons un chat un chat). D’ailleurs je propose qu’on renomme le film par Justice League : les fonds verts au cinéma. Il n’y a que ça et on les voit tellement qu’on se demande s’il n’y a pas un panneau lumineux qui indique leur présence à chaque fois… Soit pendant TOUT le film ! J’en ai vu des effets spéciaux moches (coucou Independence Day Resurgence), mais de cet acabit, rarement. Si vous ajoutez à cela cette texture floue, pseudo brumeuse de l’image – et non de l’atmosphère – vous allez perdre à coup sûr un dixième à chaque œil. Les effets spéciaux de mon petit neveu de 5 ans ne sont que les hors d’œuvres du film !

L’apparition du grand méchant : Steppenwolf. Avec un nom pareil, les plus assidus penseront à eux. Et pour les férus de la manette, ils penseront indubitablement à Diablo (remarquez, c’est encore plus flagrant dans Thor Ragnarok). La référence aux jeux vidéo ne s’arrête pas là, puisque le film – visuellement – est un vaste jeu vidéo ! Ça y est ? Vous commencez à imaginer le niveau de rendu ?

On continue le repas avec une histoire dont on se contre fiche. Rien ! Pas un brin d’empathie, un peu d’émotions ou même un rire. Que dalle ! Si, j’exagère, de la consternation et de l’ennui. Il n’y a rien qui se passe, vous regardez les images défiler durant deux longues heures et stoïque. À aucun moment on ne suscite votre intérêt en attendant que ça passe. Les personnages sont comme le film, en papier mâché. Batman est en carton, c’en est ridicule ! Moi qui adore ce que Nolan avait fait du héros, on touche les sommets de la honte. Je passe sur Aquaman et Cyborg, pas la peine de s’attarder dessus. Si vraiment je devais sauver quelque chose de cette (In)Justice League, ça serait Wonder Woman (j’avais aimé le film, la femme forte, etc. J’aime bien le personnage) et Flash. Parlons-en de lui ! C’est le petit cousin de Vif-Argent (celui qui va vite dans X-Men), construit sur le même principe : jeune, moins insouciant que son cousin, essayant d’être drôle, avec le même genre de scène (j’aime bien les ralentis, donc je ne vais pas me plaindre). Il a fallu qu’ils le rendent maladroit, le faisant passer pour un idiot ! Dommage.

La réalisation de Justice League n’est pas digne de Zack Snyder qui nous a habitués à bien mieux. Quant au passage de Joss Whedon… Est-ce qu’un film entièrement fait par Snyder aurait changé la donne finale ? Je ne pense pas. C’est d’un fouillis (pour rester polie). Warner, qui avait su reprendre son souffle avec Wonder Woman, a repris la brasse coulée. Il faut bien qu’ils comprennent qu’ils sont très loin de Marvel et de leur ô combien millimétré MCU (*Marvel Cinematic Universe), où tout s’emboîte dans un ordre chronologique. Le DC Universe de Warner veut aller trop vite pour contrer la concurrence et à vouloir aller vite, on se plante. Je me suis même surpris à dire que les Marvel, à côté, ce sont des chefs d’œuvres. Oui oui !

Allez vous faire votre propre idée, mais tant qu’à vous bousiller les yeux, dans votre salon vous aurez moins de séquelles.

PS : La punchline de l’affiche est « Vous ne sauverez pas le monde seul »… Mmmhhh, j’ai envie de dire « Vous ne sauverez pas le film à plusieurs ».

N.B : Je ne juge que sur le film ainsi que les inspirations que j’ai ressenties et non sur les comics que je ne lis pas.

Sorti en salles depuis le 15 Novembre 2017.

by Miss Bobby

Après avoir écumé des heures et mis plusieurs raclées aux copains sur Injustice, je ne pensais pas que 4 ans, ce jeu de combat estampillé DC reviendrait avec une suite. C’est enfin chose faite, on peut de nouveau se bastonner entre super-héros et en plus, sur Playstation 4 (pas que). Que peut-on bien apporter de nouveau à un jeu tel que celui-ci, aussi ciblé ? Une fois qu’on a fait le tour d’une partie des gentils et des méchants de l’écurie DC, qu’est-ce qu’on fait ?

Eh bien on prend quasiment les mêmes, certains héros et vilains ont pris leur retraite pour faire place à des petits nouveaux. Adieu Hawkgirl, Raven, Shazam, Arès, Doomsday, Lex Luthor, Killer Frost, Sinestro, Solomon Grundy, Deathstroke, Nightwing. Je n’ai dû oublier personne. Bonjour à Supergirl, Blue Beetle (la nouvelle voiture bleue… euhm), Robin, Black Canary (y en a qui ont vraiment des noms à coucher dehors), Swamp Thing, Dr. Fate, Firestorm, Red Hood, Starfire, Atrocitus (je ne me remets toujours pas que le mec vient combattre avec son chat, remarquez, pour attaquer le Canary, plus pratique), Deadshot, Gorilla Grodd (aka King Kong), Poison Ivy, Brainiac, Darkseid (de la mauvaise graine encore… euhm *dark seed), Captain Cold (qui remplace Killer Frost au rayon surgelés), Cheetah (qui n’est pas un singe étonnamment) et L’Épouvantail. Voilà ! Donc mine de rien, il y a de quoi s’amuser avec tout ce beau monde.

Mais ce n’est pas tout ! Si cela ne suffisait pas, il est possible de rendre les super-héros encore plus super, et les vilains, les rendre encore plus super aussi ! Au fur et à mesure que vous jouerez, vous ferez grimper en niveau les personnages et débloquerez au passage des équipements. Exemple : si des fois vous trouvez que Superman n’est pas assez puissant (on ne sait jamais), vous pourrez l’équiper d’une armure. Vous avez dit invincible ? S’ajoute à cela le changement de couleur des costumes (j’ai eu envie de m’amuser un peu avec Harley Quinn. Je vous rassure, c’est provisoire).

Injustice 2_Harley Quinn

À ce propos, on peut même avoir comme proposition un changement old school du personnage, comme avec Flash qui ressemble plus à un pompier qu’à autre chose (ça marche aussi avec Green Lantern qui vire noir, etc)

Injustice 2_Flash

Le mode histoire est toujours présent qui reprend dans la continuité ce qui s’était passé dans Injustice entre le clan Batman vs celui de Superman, où vous pourrez jouer tous les personnages.

Injustice 2

Injustice 2 apporte également de nouvelles arènes évidemment, avec toujours la possibilité d’interagir avec elles soit en utilisant le décor, soit en le changeant (en balançant votre adversaire). Vous pourrez débloquer des récompenses dans des boîtes préalablement gagnées. Enfin, un jeu de baston n’en est pas vraiment un si vous ne pouvez pas jouer contre l’IA, affronter vos amis, faire des tournois ou jouer en ligne. Autre nouveauté, le Multivers, qui vous proposera des défis/objectifs dans des mondes parallèles (cela fait suite à l’histoire du premier Injustice).

Injustice 2_2

Lorsque vous aurez terminé l’histoire solo d’Injustice 2, il vous restera de longues soirées à affronter vos potes. Si vous vous ennuyez, franchement je ne comprends pas ! En tout cas, je retrouve mes repères avec ce second opus (la fameuse musique est de retour) qui ramène avec lui ses bases ainsi que de la nouveauté. J’avais passé du bon temps avec le premier, je ne manquerai pas d’en faire autant avec celui-ci !

Disponible depuis le 18 Mai 2017 sur PS4, Xbox One et une version mobile.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Birdman

Miss Bobby_Birdman Birdman, c’est comme une fresque murale représentant une bataille ou une scène particulièrement forte : de loin, vous pouvez apprécier le tableau dans sa globalité, le travail titanesque, et de près, votre œil se balade dans tous les sens pour tenter d’accrocher tous les axes de lecture, tous les personnages distincts, chacun ayant leur propre action, leur propre histoire, leur propre impact sur cette grande épopée. Et puis, c’est aussi apprécier le travail méticuleux du peintre, sa précision, ses coups de pinceau, sa technique, son génie.

Ouvrez grand vos yeux pour décortiquer l’oeuvre magistrale de l’oiseau fou : Birdman.

Synopsis

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

Freud aurait adoré Birdman pour sa quintessence sur le surmoi. L’être aux prises par sa perception de la réalité, le bon et par sa propre fiction, le mal, paradoxalement imagé par l’oiseau synonyme de liberté. Alejandro González Iñárritu a dessiné sous le prisme de Birdman ce qui sommeille en tout à chacun, avec un degré de folie plus ou moins élevé : le masque que l’on porte dans ce grand théâtre que l’on appelle la vie.

Quoi de mieux que le comédien pour illustrer le fil du rasoir ? Être complexe partagé entre sa personne, son ego, son image, son succès, son profond mal-être, sa solitude.  Birdman dépeint des portraits de comédiens coincés entre la scène et la réalité, au point de fusionner avec ce masque de l’illusion. Aucun n’y échappe, chacun reflète une image erronée de lui-même, mis en exergue dans le jeu de cadrage avec les miroirs des loges par exemple, qui montre bien cette mise en abyme, ces différentes couches – le personnage, le reflet, la caméra et enfin le spectateur – tous les niveaux de lecture qui nous sont offerts incitant notre œil et notre compréhension à analyser cette oeuvre toute aussi complexe et riche que ses personnages. Que ce soit l’actrice (Naomi Watts) voulant accéder à Broadway, synonyme d’apologie pour fuir son manque de caractère, cet acteur (Edward Norton) à l’ego sur-gonflé sans cesse dans le paraître pour cacher les dysfonctionnements de sa sensibilité, l’avocat (Zach Galifianakis) assoiffé par l’argent et le rendement pour se donner une stature, la fille (Emma Stone) complètement paumée cultivant son côté rebelle pour se faire remarquer. Et enfin, le maître de cérémonie, le metteur en scène (Michael Keaton), qui tente de mener sa propre valse en marchant pieds nus sur des bris de verre.

Miss Bobby_Birdman

Michael Keaton… quand l’absolu génie d’Iñárritu s’applique dans ce fabuleux « détail » repoussant les interrogations du public à son paroxysme par la fusion parfaite de la réalité et de la fiction : l’acteur s’entremêle étroitement avec son rôle. À l’instar de son personnage, Michael Keaton s’est envolé dans les hautes sphères de la célébrité grâce à Batman pour ensuite retomber dans l’oubli en tentant de maintenir sa carrière à flots. Comme Keaton, Riggan a explosé le box office avec son rôle dans Birdman, s’étiquetant au fer rouge sur le front du titre de super-héros. Comment faire oublier cette marque visible, reconquérir le public (et la critique qui s’est faite une idée de vous bien pitoyable sans pour autant avoir eu un aperçu de tout votre talent), se convaincre soi-même et les autres de la profession de notre talent dans un registre totalement différent ?

S’il n’y avait que ça… Relancer sa carrière, se surpasser alors qu’il y a toujours cette ombre qui plane au-dessus de vous : l’affiche est superbe en ça. Les démons qui surplombent, toujours au-dessus de la tête, gardant un certain périmètre de « sécurité » entre le monde qui vous entoure et votre folie, prêts à bondir pour vous garder dans votre bulle.

Je ne peux pas terminer cette critique sans vous parler de la réalisation, fabuleux plan séquence de deux heures (petit jeu : amusez-vous à dénicher les coupes) concentré dans un quasi huis-clos, dans ce labyrinthe qu’est ce théâtre, figure de style à lui tout seul, embarquant le spectateur dans un tournis incessant (au rythme d’une musique répétitive, tambourinant votre cerveau au point de vous rendre aussi dingue que les personnages), vous faisant monter, descendre, partir, repartir, appuyant sur votre condition de physique et votre souffle, engageant votre esprit dans des millions de choses à penser (mes problèmes, ma pièce, les acteurs à gérer, ma copine, mon ex-femme, ma fille, ma popularité, etc.). Que vous le vouliez ou non, vous allez être pris dans la même spirale que Riggan, dans ce ballet psychotique. Vous serez enfermés dans ce théâtre, pratiquement à l’abris de la cohue extérieure.

Birdman est en fait la rencontre de plusieurs arts : la peinture, le théâtre, le cinéma. L’explosion talentueuse par la réalisation, l’écriture, l’interprétation, les lectures. J’aurais voulu prendre 4h pour vous écrire deux feuilles doubles sur le film pour vous mentionner le succès et la reconnaissance recherchés par l’acteur alors qu’ils peuvent être atteint différemment, ne serait-ce que par les réseaux sociaux. J’aurais aimé vous parler de cette sensation d’être toujours au bord du gouffre (idéalement imagé à l’écran). J’aurais aimé vous parler de l’aspect médiatique, sur ce qui construit et déconstruit une personnalité reconnue, l’attente du public, en complète opposition avec le talent.  J’aurais aimé vous parler des scénettes dans ce plan séquence. J’aurais aimé vous parler de la folie de Times Square face au huis-clos.

Parler de chef d’oeuvre avec Birdman ne sera pas de trop.

Prenez votre envol avec Birdman. Lâchez prise. Tout va bien se passer.

Sortie en salles le 25 février.

by Miss Bobby