le mans 66

le mans 66

H.A.P.P.Y

Il n’y a pas besoin d’être un passionné de voitures de courses, ni d’être imbattable sur les 24 heures du Mans pour aller découvrir Le Mans 66. Beaucoup compare le film de James Mangold avec Rush, je n’en ferais rien, ne l’ayant pas vu.

J’ai découvert Le Mans 66 sans savoir de quoi cela parlait, j’y allais un brin à reculons sachant qu’il était question des 24 heures du Mans et bien que j’aime les voitures, je ne suis pas spécialement fan de la course, ni même des voitures qui concourent. Heureusement que je ne me suis pas arrêtée à ces critères, je serais passée à côté de ce film.

Remettons un peu le contexte : Henry Ford II n’a pas autant le vent en poupe avec ses voitures que ne l’avait son père. Cet homme aigri et qui jalouse Ferrari, décide un beau jour que lui aussi mériterait le succès en gagnant cette grande course que sont les 24 heures du Mans. Et pour tenter de réussir, il s’entoure du pilote américain qui l’a gagnée et qui maintenant construit des voitures, à savoir Carroll Shelby aka Matt Damon (vous savez les voitures au serpent, je pense notamment à la Ford Mustang Shelby pour ne citer qu’elle). Seulement, Shelby ne se sépare jamais de son meilleur pilote, interprété par Christian Bale : Ken Miles.

Le Mans 66 n’est pas qu’une histoire de voitures, ni une histoire d’ego, ce n’est pas non plus la glorification de Ford qui souhaite rouler des mécaniques. Le film de Mangold est avant tout une belle amitié de longue date entre Shelby et Miles, les deux excellent dans la machinerie automobile, se mettant au service l’un de l’autre. quand l’un crée un moteur ou une voiture, l’autre va s’empresser de le/la tester afin d’atteindre la perfection. C’est ça Le Mans 66 : deux passionnés au service d’un grand ponte. Et c’est entre courses haletantes et enjeux égocentriques que le film balance, nous donnant à découvrir une histoire vraie absolument fascinante entrecoupée de reconstitutions de courses à laisser sur le carreau le spectateur. Ces dernières sont tellement bien réalisées que l’on se demande qui est le plus stressé dans l’histoire : les personnages ou les spectateurs ?

Certains diront que 2h33 de film sur des voitures, c’est long. Je n’ai pas vu le temps passer. J’ai été absorbée, j’ai trouvé cette histoire particulièrement intéressante et passionnante. J’ai été époustouflée par la réalisation des courses, bluffantes de réalisme. Je vous conseille les yeux fermés Le Mans 66, c’est un vrai bijou. De quoi être en admiration devant une aussi belle carrosserie.

Sortie en salles le 13 Novembre 2019.

by Miss Bobby
Hostiles

L’homme est un animal hostile pour l’homme.

Hostiles

Le pire ennemi que l’Homme ait connu, c’est lui même et son semblable. Hostiles aurait même pu être rebaptisé Red Dead Redemption (pour les amateurs de jeux). Un nouveau souffle au western apparaît avec Hostiles, loin de la poussière, des bottes d’herbes séchées qui roulent, loin de cette chaleur étouffante, et de la saleté. Loin du gentil et des méchants. Scott Cooper, le réalisateur et scénariste, repart du mythe du cowboy et de l’indien, pour l’emmener dans des contrées reculées, sauvages, repoussant chacun dans ses plus profonds retranchements. Le nouveau film de Christian Bale (et accessoirement, la troisième fois que l’on voit Timothée Chalamet cette année) est une aventure philosophique et morale, où l’ennemi n’a pas les apparences qu’on lui prête.

Dans des paysages naturels tous plus beaux et immenses que jamais, le silence rime avec danger. Chaque canyon, colline, arbre cache une flèche, une balle ou une lame meurtrière. Le capitaine de cavalerie traverse ces immensités sauvages pour escorter son ennemi juré, un vieil Indien proche de la mort, désireux de mourir sur ses terres entouré de sa famille. Il croisera sur son chemin une femme dont sa famille a été totalement décimée par les peaux rouges. Au fur et à mesure que les jours défilent, que l’ennemi rôde et que cette « randonnée » à cheval avance, l’hostilité ambiante, rancunière que chacun ressent disparaît au profit de la rédemption. Ce chemin de croix mortuaire apaise les esprits, les Hommes deviennent égaux. La haine du début s’évapore en poussière dans l’air chargé de cette odeur de sang. Chacun porte son fardeau, comme un boulet à la cheville.

La force d’Hostiles réside dans sa morale et le chemin parcouru et par le spectateur et par les personnages pour y arriver. Une puissante philosophie qui éclaire les visages des acteurs d’émotions silencieuses, enfouies, brutes, raidissant leurs traits. La colère s’entremêle à la tristesse, aux blessures, aux drames, ne laissant jamais s’échapper un peu de répit.

L’Homme est un ennemi pour l’Homme.

Sortie en salles le 14 Mars 2018.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Exodus - Gods and Kings

Miss Bobby_Exodus - Gods and Kings Sortez les cornes de brume, les chars et les chevaux, le 24 décembre débarque en grandes trombes le nouveau film de Ridley Scott : Exodus : Gods and Kings. Dieux et Rois. Tout de suite, ça en impose comme titre. Pour l’avant-première du film, les choses ont été faites en grand : l’eau a été séparée en deux telle Moïse séparant la mer Rouge afin d’accéder au cinéma (oui, alors Moïse, ce n’était pas pour faciliter l’accès au cinoche, soyons clairs). Regardez un peu sur la photo, tous encapuchonnés dans nos kaways estampillés Exodus, à traverser le canal :

Miss Bobby_ExperienceExodus

Malheureusement, vous n’aurez pas cet accueil quand vous irez voir le film, néanmoins, je peux vous en dire un peu plus sur ce qui vous attend sur le grand écran.

Moïse versus Ramsès, les hébreux contre les égyptiens. Ridley Scott s’attaque à un pan du Livre de l’Exode et le fait avec plus ou moins de succès. Visuellement, c’est très beau : l’Egypte ancienne, les statues immenses, l’architecture, tout est très beau. L’effet péplum est présent, et les « jupettes » siéent à merveille à ces messieurs. D’ailleurs, en parlant d’apparat, le maquillage à renfort de gros traits d’eye liner soit, mais le vernis à ongles, à l’époque… En même temps, soit on s’appelle Séphora (comme la femme de Moïse), soit on ne s’appelle pas. Blague à part, sur le contenu, Scott s’est permis pas mal de liberté par rapport au livre sacré, ré-arrangeant les dix plaies à sa façon, mortalisant Dieu sous les traits d’un jeune garçon, « ré-écriture » des 10 commandements, etc. Une libre adaptation donc sur un rendu spectaculaire. Je ne m’attarderai pas sur la séparation de la mer en deux, vous laissant la « surprise », seule chose que je peux me permettre de vous dire, c’est que j’ai été vraiment déçue sur ce moment du film (que l’on attend avec beaucoup d’impatience, on ne va pas se le cacher). Enfin, Exodus : Gods and Kings manque incroyablement d’émotions. Ce n’est pas comme s’il ne se passait pas des événements importants dans la vie de Moïse ou celle des égyptiens sur laquelle s’abat les plaies, mais rien ne s’en dégage. Vraiment dommage.

Le film de Ridley Scott est impressionnant visuellement et il risquera d’en énerver plus d’un sur l’adaptation de l’Exode.

Sortie en salles le 24 décembre