Mortal engines

Mortal engines

Mortel ennui

Sur le papier, ça semblait plutôt sympathique : dans un monde post-apocalypse, les villes se déplacent sur de gros engins, formant une petite gue-guerre où les plus grosses engloutissent les plus petites. Mortal Engines démarre d’ailleurs comme ça, c’est intéressant, intriguant, on se demande comment va évoluer le film… Et puis, pouf ! Plus rien ! Commence alors une petite aventure rocambolesque entre un garçon et une fille que tout oppose (cela va de soi).

Ce n’était pas vraiment ce qu’on m’avait vendu ! Je m’attendais à un scénario un peu plus original que le vide intersidéral qu’il y a dans Mortal Engines. Déjà, les films pour ados ça devient fatigant à la longue, c’est vu, revu et digéré. Ensuite, il n’y a pas d’enjeux : on se fiche royalement de l’histoire, des pseudos destins des personnages, le concept des villes roulantes est complètement perdu de vue. S’ajoute à cela des raccourcis scénaristiques aussi faciles qu’un claquement de doigts. Pour finir avec un cruel manque d’explications : plein de choses apparaissent, on ne les connaît ni d’Adam, ni d’Eve, on ne sait pas pourquoi elles sont là, ni quel est leur but. C’est fabuleux ! Mais c’est relativement beau ! Déjà ça !

Vous l’aurez compris, Mortal Engines est une jolie coquille vide, ni plus, ni moins qu’une perte de temps.

Sortie en salles le 12 Décembre 2018.

Voyage à yoshino

Voyage à yoshino

Forêt de tous les songes

C’est de nouveau dans une forêt mystique que Naomi Kawase a décidé de perdre les spectateurs dans Voyage à Yoshino avec comme guide spirituel Juliette Binoche. Comme à son habitude, elle prend le temps d’observer et de nous montrer, de nous faire apprécier l’environnement, Mère Nature, laissant les émotions s’installer, s’étirer, vagabonder.

Là où elle m’avait complètement charmée avec Les Délices de Tokyo, j’avoue être restée perdue dans sa forêt, ne sachant pas apprécier à sa juste valeur le mysticisme des lieux. J’aime qu’elle m’embarque dans sa lenteur pour apprécier la vie, les détails, les sons (j’aurais voulu les odeurs boisées aussi), cependant, son histoire était un peu trop alambiquée à mon goût, même si tout se tient : l’opposition entre le contemporain goudronné qui traverse la verdure naturelle, et la dure réalité face aux souvenirs que font resurgir cette forêt. Peut-être suis-je allée trop loin dans ma réflexion ? Partant vers la réincarnation et la renaissance, alors qu’il ne s’agit que de souvenirs… Quoi que je pense qu’il y a une certaine forme de renaissance dans son propos.

Voyage à Yoshino n’en reste pas moins un voyage poétique où Juliette Binoche déverse son habituelle douceur face au renfermement du néanmoins sympathique Masatoshi Nagase. Même si je suis passée un peu à côté du film, la balade fut agréable et tranquille.

Sorti en salles depuis le 28 Novembre 2018.

by Miss Bobby
Le Grinch

Le Grinch

Le petit bonhomme vert va nous envahir !

Avant l’arrivée dans toutes les bonnes chaumières du gros bonhomme rouge, le maigrichon Grinch, vert et tout doux va d’abord débarquer en salle histoire de réveiller votre esprit de Noël enfoui sous le réchauffement climatique, sous la disparition massive de la faune (et de la flore), des trumperies, des gilets jaunes et autres joyeusetés dont on nous bourre le crâne en ce moment.

On ne finit pas l’année sans un petit dessin-animé (et sans un Star Wars, ce qui n’est pas plus mal) et c’est non pas Disney qui s’y colle, mais Universal avec l’abominable Grinch. Quelle saloperie !

C’est mignon tout plein. Vous arrivez dans l’univers coloré des Chous (déjà, quand on s’appelle comme ça, on démarre avec un gros bonus sympathie), où Noël est une affaire sérieuse. J’avoue, moi qui ai un peu perdu foi en cette fête, ça m’a redonné envie de m’y mettre, mais pas dans la demi-mesure.

Sinon, on connaît tous plus ou moins l’histoire du Grinch même s’il ne fait pas partie de notre culture : un Chou vert, sans cœur, froid et grincheux, dont l’objectif est de voler Noël. On sait très bien où l’on met les pieds et où on va (c’est un dessin-animé, ne l’oublions pas). C’est drôle, pas au point de rire aux éclats (SAUF aux apparitions du bouquetin, on m’a perdue !), c’est beau toute cette magie de Noël, c’est divertissant, je voudrais un chien comme Max aussi.

Le Grinch ne fera pas partie de ces films d’animation inoubliables, néanmoins, il aura le mérite de nous faire passer un bon moment en famille en cette fin 2018 peu glorieuse.

Sortie en salles le 28 Novembre 2018.

by Miss Bobby

Silvio et les autres

Et moi, et moi, et moi !

Voilà un film… épineux, comme son sujet. Silvio et les autres, on n’en sort pas comme d’un Disney ou d’un Mission : Impossible. Silvio, il faut l’encaisser, le digérer, l’analyser pour avoir un semblant de compréhension et un vague avis sur la question. Cela dit, j’ai eu beau le digérer, demandez-moi si j’ai aimé le film, je ne saurais toujours pas quoi vous répondre. Dans le meilleur des cas, on l’aime ou on le déteste.

Avant de me perdre dans une tentative d’explication, je tiens à préciser que la bande-annonce n’est pas à l’image du film, du moins, en partie. Oui il y a l’abondance de filles, mais pas que. Ça serait trop simple sinon.

Pour résumer Silvio et les autres : la réalisation de Paolo Sorrentino est à l’image du personnage dépeint dans le film, le prétendu Silvio Berlusconi. Le film prend bien le temps de se dédouaner de toute ressemblance, j’en fais de même. Le film a une esthétique si travaillée et léchée qu’il en devient égocentrique et pompeux. À raison ou à tort ? Sorrentino joue tellement sur l’abondance (d’argent, de nudité, de magouilles…), la surexposition, l’image tronquée, qu’au final, on ne sait pas trop où commence le film et où se trouve la vérité. Pastiche ? Moquerie ? Caricature ? Réalité ? Hommage ? Idolâtrie ? Qui sait ?

Silvio et les autres est vicieux, il prend parfois les spectateurs pour des naïfs – pour ne pas dire autre chose – en jouant avec la corde sensible de l’image : que voyez-vous ? Un mari au mariage raté et un gentil grand-père ? Ou un vendeur d’immobilier qui a su s’imposer dans la politique par ses bons mots et sa ruse ? Sensibilité ou machiavélisme ?

Au fond, le film comme son contenu est une superbe œuvre de David LaChapelle : colorée et éblouissante où il suffit de gratter la surface et de chercher les détails pour voir apparaître tous les vilains défauts.

Pourquoi aller voir Silvio et les autres ? Si vous aimez Paolo Sorrentino déjà et son approche particulière. Si vous êtes curieux et interrogatif par nature. Si vous avez vu dans la bande-annonce la fissure et que vous avez envie de dépasser la première lecture qu’on vous impose. En fait, c’est ça Silvio et les autres : soit vous le prenez au premier degré et vous tombez dans le panneau, soit vous enlevez la première couche de peinture et vous arrivez à déchiffrer ce qu’il y a entre les lignes de ce qu’on a tenté de vous vendre. Simple, non ?!

Sortie en salles le 31 Octobre 2018.

by Miss Bobby
Bohemian rhapsody

Bohemian rhapsody

« Here we are, born to be kings, we’re the princes of the universe… »

Ça y est, on y est ! On l’a attendu, on a salivé bon nombre de fois devant la bande-annonce, Bohemian Rhapsody sort enfin en salles.

Bohemian Rhapsody est à la fois un régal pour les yeux que pour les oreilles. Une plongée au cœur de Queen auprès de son mythique chanteur Freddy Mercury.

C’est avant tout un film pour les fans, pour ceux qui ne peuvent s’empêcher de taper du pied aux premières notes de « Don’t stop me now » (pour ne citer qu’elle), car le film n’est pas une fresque qui dépeint les plus sombres côtés de Mercury. Cela déplaira à certains, mais est-ce vraiment bien nécessaire ? De la rencontre entre les membres du groupe jusqu’à leur apogée en passant par la vie tumultueuse de Freddy, le portrait est certes lissé tout en laissant transparaître en subtilité les obscurs travers du chanteur. En fallait-il plus ? Non. A-t-on envie de voir comment Freddy Mercury a pu se perdre dans les méandres de la drogue, du sexe et de l’alcool ? Pour ma part, non. Tout est suggéré, on le comprend très bien et c’est suffisant. Le reste, c’est du bonheur en barre : des tubes qui défilent au fur et à mesure que l’histoire s’écoule, on est fasciné par le personnage brillamment interprété par Rami Malek (aka Mr. Robot) – on lui espère le début d’une longue carrière. Bohemian Rhapsody est un bon moyen de découvrir l’histoire de Queen, qui ne se résumait pas qu’à Mercury : n’oublions pas que de brillants musiciens l’entouraient (Brian May, Roger Taylor et John Deacon). Il faut bien avouer que c’est l’excentricité et l’originalité de Mercury qui ressortent dans le film et qui ont permis au groupe d’atteindre le rang de légende.

On regrette deux choses : une dentition trop proéminente  (on n’en demandait pas tant), et de ne pouvoir les découvrir en concert (pour ceux – comme moi – qui n’ont pas eu cette grande chance).

Bohemian Rhapsody tient le rythme pendant deux heures, entre chansons grandioses et émotion, les reconstitutions sont vraiment bien réalisées, dans les moindres détails. Et vous finirez le cœur serré, mais avec au moins une chanson dans la tête.

Sortie en salles le 31 Octobre 2018.

by Miss Bobby
Jean-Christophe et Winnie

Mon petit ours jaune

Jean-Christophe et Winnie« Je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » chantait feu Charles Aznavour. Un temps où les enfants de ma génération et celle d’avant regardaient les aventures de Winnie l’ourson à la télévision et de ses amis, les illustres Bourriquet, Tigrou et Porcinet. Ce petit ourson tout jaune, un peu pataud sur les bords et qui se régalait de pots de miel. Je me souviens qu’il avait cette voix de vieux monsieur, très tendre. Jean-Christophe & Winnie s’adresse à moi et à toutes ces personnes qui ont connu l’ours jaune, l’âne blasé, le tigre foufou et le petit cochon peureux.

Et c’est tout le but de Jean-Christophe & Winnie : nous replonger en enfance, dans l’insouciance, loin du monde gris d’adultes individualistes dans lequel nous sommes. Le film de Marc Forster s’approche de Paddington : une Angleterre vintage, mais plus triste et peu colorée, le numérique de l’ours accro aux sandwichs à la marmelade d’orange a fait place aux peluches. Cela peut d’ailleurs être déroutant au premier abord, néanmoins, ce côté peluche véritable fait ressortir toute la tendresse et la douceur des personnages et du film.

Jean-Christophe & Winnie conviendra plus à l’enfant qui sommeille tranquillement dans les adultes que nous sommes plutôt qu’aux petits. En effet, le film flirte avec le drame, même s’il n’en reste pas moins très touchant. Les enfants n’y verront que le côté peluche sans vraiment comprendre l’histoire qui se résume assez facilement : nous avons tous en nous une part d’enfance oubliée qui ne demande qu’à revivre dans ce monde bien grisâtre.

Jean-Christophe & Winnie est tout doux même pour ceux qui n’ont pas connu l’ourson. C’est tendre comme une caresse ou comme un pot de miel, c’est beau comme un conte, et on se dit que parfois, nous devrions tous laisser sortir l’enfant caché au fond de nous.

Sorti en salles depuis le 24 Octobre 2018.

by Miss Bobby
Le grand bain

Grand plongeon réussi !

Le grand bainGilles Lellouche a sorti son plus beau maillot pour faire un très beau plongeon dans Le Grand Bain. Et quel plongeon ! 9/10 ! Très belle performance, très belle réalisation, une entrée dans l’eau fine et sans éclaboussures. Du sport de haut niveau.

L’acteur n’est pas à son premier coup d’essai puisqu’il avait co-réalisé Narco avec Tristan Aurouet et avait participé à la réalisation d’un sketch des Infidèles. Mais là, c’est tout seul comme un grand qu’il s’est jeté à l’eau.  Je ne sais pas s’il faut lui dire merci ou chapeau, je propose les deux, pas de jaloux.

Le Grand Bain est l’histoire d’un groupe d’hommes qui font de la natation synchronisée et qui décide un jour de participer au championnat. Dit comme ça, cela peut paraître ridicule. Sauf que pas du tout. On suit ces hommes lambda, ces hommes cassés, fêlés, fatigués, dépressifs, voire un peu ratés, ces hommes qui sont passés à côté de leurs rêves et qui se sont perdus. Ces hommes qui vont trouver un refuge dans la natation synchronisée, en laissant de côté les préjugés sur la connotation très féminine de ce sport. On les a tous croisés ces hommes : ceux profondément blessés, terriblement sensibles, qui sous leur caractère bien trempé imprégné dans leur carapace se cache des hommes tous doux. Et Lellouche expose une très belle palette : Benoit Poelvoorde et son argent, Philippe Katerine grandiloquent d’excentricité et de douceur, Guillaume Canet chef d’entreprise, Jean-Hugues Anglade qui aurait voulu être un grand artiste, Mathieu Almaric bourré aux cocktails médicamenteux. Petit reproche : ne pas avoir plus développé les histoires de Felix Moati ainsi que d’Alban Ivanov et avoir relégué l’acteur Thamilchelvan Balasingham à un simple gag redondant pas utile.

Le reste, c’est du pur bonheur. Le Grand Bain n’est pas qu’une ode à l’homme éraflé, c’est aussi une belle exposition de femmes toutes aussi blessées par la vie, magistralement interprétées par Virginie Efira (j’aime toujours ce qu’elle dégage à l’écran) et Leïla Bekhti qui joue un rôle complètement à contre-emploi particulièrement drôle.

Gille Lellouche donne à son Grand Bain une piscine d’humour qui cache en sa profondeur beaucoup de sensibilité, sorte de petite chose fragile et forte à la fois. C’est aussi une réalisation travaillée et une très belle photographie. Il y a une vraie recherche de plans, pas prétentieux pour un sou.

Un grand oui, un grand film, une grande réussite.

Sortie en salles le 24 Octobre 2018.

by Miss Bobby
Venom

Venom, en tournée stand up !

VenomIl est où le gentil toutou à sa mémère ? Il est où le gentil Venom ? Allez viens jouer Venom, va chercher la baballe ! Ah parce que vous pensiez voir un super-méchant, qui arrache les têtes en guise d’encas et qui fait du mal aux gentils ?! Vous vous trompez ! Parce que la version de Sony est très loin de la Nemesis de Spider-Man, très loin d’être méchant, très loin de tout en fait.

Qu’on fasse un film sur un vilain, soit. Ensuite, qu’on apprenne qu’il a été remonté pour qu’il y ait moins de violence et plus d’humour, bon… Ça commence à tiquer. Mais alors quand on voit le résultat… Au final, on se retrouve avec rien.

Un méchant gentil voire cabotin, pseudo humoriste à ses heures perdues et rabibocheur de couple. Eh bien c’est cool. Merci. Venom est chiant : pas chiant, long hein, chiant dans le sens il ne se passe rien, c’est ennuyeux, pas drôle, on sent effectivement qu’à la base, le film devait être plus violent. Ça n’a aucun intérêt pour le public. Vraiment aucun. Ça n’apporte rien. Le pauvre Tom Hardy est une mascarade à lui tout seul et Michelle Williams… Que fait-elle là-dedans ?! Les effets spéciaux sont souvent pas bons, surtout quand on décide de faire apparaître Venom et le visage d’Eddie Brock 2 en 1, une horreur visuelle. La scène de combat est un amas d’immondices illisibles. Je pensais que Michael Bay était le spécialiste des combats où on ne comprend rien à qui fait quoi. Bon bah apparemment Ruben Fleischer l’a dépassé haut la main. Ah c’est violent pour les yeux !

Vous allez regretter le Venom de Spider-Man 3, je vous le dis. Il n’y a rien à garder ! Ah si ! La deuxième scène post-générique, c’est tout. Qu’est-ce que je peux vous dire ? J’espère que les fans de comic books ne seront pas trop déçus… Euhm.

Sortie en salles le 10 Octobre 2018.

by Miss Bobby

Petite et pourtant si grande !

C’est vrai que celle que l’on surnomme aux Etats-Unis « Notorious RBG » est loin d’être connue en France. À moins d’être calé sur la culture américaine ou d’avoir une passion dévorante pour le droit dans le monde. Ruth Bader Ginsburg – R.B.G. pour les intimes – a définitivement changé l’approche du droit aux US et notamment à la cour suprême.

RBG est un documentaire qui raconte l’ascension de cette juge et ce qu’elle a apporté en matière d’évolution des droits. Ce petit bout de femme, pas plus haute que trois pommes, toute timide, s’est démenée dans sa vie privée et ses études pour son diplôme et obtenir un statut qui impose le respect.

Dans un premier temps, elle a choisi comme angle d’attaque les femmes : leurs droits à l’époque ne passaient essentiellement que par les hommes ou leur mari, Ruth Bader Ginsburg a imposé au tribunal et aux juges l’égalité des droits pour elles. De là, elle ne s’est pas arrêtée qu’aux femmes, puisque qu’elle a défendu cette égalité pour tout le monde jusque devant la cour suprême. Derrière cette timidité se cache une femme forte, aux plaidoyers incisifs et justes.

Je ne souhaite pas vous dévoiler tout le documentaire et préfère vous laisser le plaisir de voir que cette femme est incroyable, qu’elle a marqué son époque, qu’elle a fait évoluer les droits civiques et qu’elle a aussi beaucoup donné pour la cause féminine. Betsy West et Julie Cohen, les réalisatrices, ont su montrer toute l’importance de RBG dans un documentaire passionnant et pas ennuyeux.

Sortie en salles le 10 Octobre 2018.

by Miss Bobby