Miss Bobby_Hors de portée

Miss Bobby_Hors de portée Quand t’es dans le désert, depuis trop longtemps, ton film devient un enfer et c’est vraiment embêtant. On a beau gratter, on ne peut pas gagner à tous les coups et clairement, avec Hors de portée, on perd son temps. Mince Michael, qu’est-ce que t’as été faire là-dedans ?

Dès les premières minutes, ça sentait le roussi, un je-ne-sais-quoi de vide qui planait dans l’air sous-couvert de dialogues qui laissaient présager des répliques à faire passer un enfant de 5 ans pour un génie. Une virée dans le désert pour aller chasser l’ours, qui va se transformer en chasse à l’homme. Enfin, ça, c’est ce qu’on nous vend sur le papier. Catégorisé comme thriller, je m’attendais à un suspense haletant, où Michael Douglas, animé par le vice et le jeu, traquerait le pauvre Jeremy Irvine, dans un acharnement sans merci, lui faisant vivre un enfer sur terre. Eh bah c’est raté ! Madec (Douglas) quand il traque le gibier, il l’épuise tout en le suivant tranquillement en super 4×4/maison roulante/5 pièces tout compris avec hall d’entrée. Vas-y cours Forrest Ben, moi je te regarde et je me prends un petit cocktail en attendant. Attendez ! Laissez au spectateur le temps de reprendre son souffle, c’est trop haletant. Sinon, le soleil ça brûle la peau (c’est dommage, j’avais oublié ma crème solaire) et l’eau s’assèche, à défaut de mouiller. C’est ballot.

Peau brûlée : 100%

Cloques et lèvres séchées : 100%

Vives émotions : 0%

Jeu d’acteur : -50% (pour le coup, il a été soldé)

Et le moment aggravant du film, c’est quand une partie de la salle s’est mise à rire, pas parce que c’était drôle, juste car les dialogues et certaines séquences étaient affligeants. Entre facilité, absurdité et ridicule, Hors de portée est une traque au temps, soit on accroche sur le concept de l’usure, retranscrit par un flot d’émotions aussi vif qu’un squelette d’animal mort entre deux touffes d’herbes sèches, soit on prend son mal en patience, en espérant un sursaut qui pourrait rattraper le film. Irvine n’a pas compris comment il fallait interprété la peur et l’épuisement, et Douglas… là je ne sais pas ce qui lui a pris.

Vous l’aurez compris la chasse, c’est mieux en forêt et durant la nuit ! Dans le désert, en étant sur-équipé et sans vraiment avoir de quoi se cacher ou de s’amuser pour le suspense, on s’embête.

Pas de date de sortie pour le moment.

by Miss Bobby
Miss Bobby_The road within

Miss Bobby_The road within Autant le film d’ouverture de ce Champs Élysées Film Festival était quand même pas terrible, autant ce premier film de la compétition est un petit bijou de film indépendant. Un sujet assez compliqué traité avec beaucoup de légèreté et d’humour.

The Road Within traite des handicaps psychologiques, trois en particulier : le syndrome Gilles de la Tourette, l’anorexie et les T.O.C., chez les adolescents. Un thème qui pourrait refroidir rien qu’à la lecture du synopsis ou qui peut vite tourner au drame, aux clichés. Et c’est là où Gren Wells accouche d’un long-métrage frais, divertissant, particulièrement drôle, un brin naïf, tendre et interprété avec brio par trois jeunes acteurs pas méconnus du grand écran : Dev Patel (Slumdog Millionaire, Indian Palace), Zoë Kravitz (Mad Max Fury Road, Divergente) et le rôle principal tenue par la gueule d’ange Robert Sheehan (Killing Bono).

Road trip physique et psychique, ne tombant pas dans la facilité, The road within ne cherche pas à résoudre, préférant montrer, appréhender, et faire sauter les préjugés qui s’accrochent telle une vilaine petite saleté à un maniaque de la propreté. On suit paisiblement, parfois gravement et souvent en riant ce chemin sinueux et tortueux de l’esprit qui fait rage chez ces personnages riches en défauts, mais terriblement attachants, laissant transparaître des failles, des troubles et des comportements difficiles à gérer, à analyser, à guérir. Des caractères joués avec beaucoup de justesse et de talent, auxquels on se prend très vite de compassion, ressentant une forte empathie, qu’elle soit comique ou plus grave,

The Road Within est sans prétention, il brille par l’interprétation de ses acteurs, Dev Patel est admirable, balançant entre une profonde sensibilité et ses troubles qui peuvent virer à l’extrême, le rendant souvent très drôle. J’ai été vraiment touchée par son regard, la souffrance qu’on pouvait y lire parfois. Idem pour Robert Sheehan, nous gratifiant de jurons plus originaux les uns que les autres, néanmoins très brut dans ses gestes, s’approchant au mieux de la réalité. Il n’y a que Zoë Kravitz qui m’a le moins touchée.

The Road Within est une jolie découverte, surprenante, sensible, grave et très drôle qui a réussi à m’accaparer.

Pas de date de sortie pour le moment, j’espère que vous aurez la chance de découvrir cette petite pépite en salles.

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Miss Bobby_Valley of love

Miss Bobby_Valley of love J’ai envie de le retitrer : Valley of emptiness (vallée du vide au lieu de l’amour), avec en personnages Gérard et Isabelle qui jouent leur propre rôle, ou presque.

J’ai toujours peur de ces films qui débutent par une longue séquence contemplative (j’avais eu le même problème avec Sofia Coppola et son Somewhere), là on suit Isabelle Huppert de dos qui traîne sa valise. Voilà voilà. Remarque, ça donne le ton, pourquoi garder la surprise sur le fait qu’on va s’embêter (j’allais dire s’emmerder, mais je tiens à rester polie).

En gros, c’est un couple de divorcés qui va suivre un parcours laissé par le fils suicidé en plein cagnard dans la Vallée de la mort en Californie. Sorte de pseudo voyage initiatique qui leur fera comprendre pourquoi leur fils a mis fin à ses jours. D’accord. Et si j’ai envie de résumer encore plus, ce sont deux divorcés, qui se plaignent de la chaleur accablante et qui se rappellent bons et mauvais souvenirs sur fond de culpabilité. Depardieu joue son propre rôle, d’ailleurs, c’est le seul qui joue, car Huppert a clairement oublié son actors studio sur le tarmac à Roissy.

À part « juste une mise au point » et le fait qu’il fasse chaud, qu’est-ce qui se passe ? Le réalisateur Guillaume Nicloux a voulu ajouter une vague intrigue spirituelle mal exploitée, mal introduite, qui aurait pu être intéressante dans un contexte différent et qui n’a pas sa place dans Valley of love. Enfin je l’ai vue comme ça. Des séquences qui tournent en rond, plates, répétitives, où rien ne ressort, ne faisant pas spécialement avancer le récit. Le film est à l’image des deux minutes d’introduction de son réalisateur : lent, qui tourne autour du pot en faisant du hors sujet pour présenter son film, pour finalement cibler son discours sur la chaleur étouffante sur le tournage. C’est exactement ce qu’on retient du film.

Valley of love est un film qui ne donne pas envie d’aller visiter la Vallée de la mort tant il y fait chaud, que l’air y est irrespirable et que les zones d’ombre y sont quasi inexistantes. Gérard Depardieu est seul à nous donner un vrai jeu d’acteur et des émotions face à une Isabelle Huppert mono-expressive, froide et sans consistance. Je vais être sympa, il y a une courte séquence où son jeu est intéressant. C’est peu. Et au milieu coule un scénario sur un fils mort, sur le passé, sur la culpabilité et les pourquoi.

Sortie en salles le 17 juin.

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Miss Bobby_Spy

Miss Bobby_Spy Paul Feig, réalisateur de plusieurs comédies trashouilles où les héroïnes n’hésitent pas à se moquer d’elles, revient avec en tête de course, Mélissa McCarthy, récurrente chez Feig, dans Spy tel un Colin Firth dans Kingsman, tout en ronds de jambes.

Spy, à la vue de la bande-annonce, peut laisser paraître une comédie potache où l’on se demande ce que sont venus faire Jude Law et Jason Statham. Un trio d’acteurs complètement inattendu qui va s’avérer très efficace à l’écran et surtout hilarant.

Quand vous ne pouvez plus utiliser vos espions habituels pour l’infiltration, il faut savoir aller chercher du côté de la bureaucratie, on n’est pas à l’abri d’y découvrir des pépites aussi douées sur le terrain que derrière un ordinateur. C’est comme ça que Susan (McCarthy) va se retrouver affublée de mille et une perruques pour dézinguer du méchant.

Après Mes meilleures amies et Les Flingueuses, Paul Feig monte d’un cran dans le trashouille s’octroyant – à la manière d’un Matthew Vaughn et de son Kingsman – un film aux dialogues peu châtiés et à l’action exaltante. Les rôles y sont inversés, alors que beaucoup s’attendront à voir Statham faire ce qu’il fait de mieux, à savoir du Statham, ils seront surpris de voir l’acteur jouer à fond sur l’autodérision, se moquant des rôles qu’il a pu incarner et de son assimilation aux films d’action. Oui, il sait être drôle. Jude Law n’a qu’un second rôle, mais a une scène d’ouverture qui donne le ton de Spy. Quant à Melissa McCarthy, régulière chez le réalisateur, celui-ci lui a dessiné un rôle éprouvant physiquement et 100% trash. Elle n’est plus relayée au rang d’actrice ronde qui fait rigoler les copains.

Spy est une très bonne comédie (n’en déplaise à certains), qui m’a fait m’écrouler de rire bon nombre de fois par des répliques qui en choqueraient plus d’un, où Paul Feig a fait la part belle à l’improvisation. Pour information, il ne fait jamais de répétitions, laissant tourner constamment la caméra afin de saisir les meilleurs moments d’impro. Je me suis réellement régalé.

Sortie en salles le 17 juin.

Retrouvez le compte de rendu de la rencontre avec Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham.

Retrouvez les images de la rencontre avec Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham.

Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham pour #Spy

Rencontre avec Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham pour #Spy

Posté par Miss Bobby sur mercredi 10 juin 2015

by Miss Bobby
Miss Bobby_Jurassic World

Miss Bobby_Jurassic World On pensait en avoir fini avec les dinosaures depuis quelques millions d’années et puis a débarqué un mec qui aurait pu être le frère caché de Steve Jobs, geek sur les bords, grand enfant dans l’âme, passionné de cinéma et qui nous a pondu un film mémorable (pas le seul à son palmarès) : Jurassic Park. C’était en 1993 et ce type n’est autre que Steven Spielberg. Il allait en effrayer plus d’un avec son T-Rex animatronic et ce parc merveilleux où des hommes, grands rêveurs et scientifiques chevronnés ont su recréer un monde préhistorique plein d’animaux gigantesques. Avec son film jurassique, Spielberg allait marquer une génération de petits et grands enfants. Un deuxième, puis un troisième (de Joe Johnston) ce sont succédés, mais ils n’ont jamais atteint les griffes attisées du premier tyrannosaure.

L’air de rien, 22 ans plus tard, à l’heure où Hollywood pioche dans les vieux pots de confitures pour en faire des nouvelles avec un meilleur goût, c’est naturellement que les dinos sont sortis des cartons, ont été dépoussiérés pour faire, devinez quoi ?! Jurassic World ! Devez-vous rugir de plaisir à la sortie de ce nouvel opus ? Vieille confiture ou marmelade fraîchement préparée ?

On ne savait pas trop comment allait être positionné ce nouveau film, suite ? Reboot ? En fait, c’est un mélange des deux plutôt correct jouant sur la nostalgie : reconstruction du parc 20 ans après, auquel il a été apporté des améliorations (il ne faudrait pas qu’il y ait encore des problèmes de sécurité, hein…), dont le concept a évolué avec la société : toujours plus loin, plus gros, plus féroce et plus de dents. Il faut que ça en jette, il faut que l’intérêt du public soit sans cesse renouvelé, il faut du spectaculaire, de la peur au ventre. Et tout ça, les enfants, ce n’est pas avec un pauvre T-Rex qu’on y arrive. C’est donc là que World surfe sur la vague actuelle du sensationnel, en repoussant les limites de la génétique, créant, à l’aide de combinaisons d’ADN, des dinosaures aux noms improbables. Ne vous inquiétez pas, les velociraptors, diplodocus, et les autres, qui ont bel et bien existé, sont présents. Jouer sur la nostalgie était une excellente idée, réveillant l’âme d’enfant des fans de la première heure, titillant nos bons souvenirs en réutilisant le thème original à maintes reprises, tout en sortant des références à la louche. Un parti pris réussi, qui fait sourire plus d’une fois. Comme si Spielberg et son Jurassic Park n’étaient pas loin, planant au-dessus du film, tel un fil rassurant : « c’est nouveau, mais nous ne vous prenons pas complètement pour des idiots, nous savons ce que vous venez chercher et comment vous avez été bercés ».

C’est bien gentil, mais ça ne suffit pas de ressortir la recette de la grand-mère (enfin du grand-père en l’occurrence). Aurait-il fallu ajouter un meilleur ingrédient secret ou mieux travailler la préparation. Le casting est moins puissant, les émotions se sont perdues en route et la technologie a fait disparaître cette authenticité. Là où Spielberg jouait au marionnettiste avec de l’animatronic, Trevorrow a naturellement utilisé du numérique, la sensation de réel disparaît et tout ce qui lui était associé également : le spectaculaire, la peur, l’inattendu. Essayez de regarder le premier film, vous verrez, il n’a pas pris une ride et il fait toujours flipper ! Je n’ai eu que de brefs sursauts, mais pas de quoi me ronger les ongles. J’aurais aimé avoir de l’empathie et la boule au ventre pour ces deux gosses, être fasciné devant ce nouveau monde et ces bêtes, parce que même si le choix s’est orienté sur la nouveauté, pour ne passer que très brièvement sur l’ancien, je n’aurais pas été contre des séquences longues et posées qui nous auraient laissé le temps de nous émerveiller une seconde fois. D’avoir plus d’interaction entre l’homme et les animaux. Et puis, même si l’idée de la transformation génétique est particulièrement intéressante accompagnée de son message sur une société toujours plus consommatrice de sensations fortes, avoir des dinos modifiés, ça m’a gênée. Le premier est tellement marquant et il y a un assez gros panel de bestioles pour s’amuser avec je pense, pourquoi aller en créer d’autres ? Je chipote certes, j’ai trouvé ça dommage, toutefois cohérent avec le propos et d’actualité.

Je terminerai par la partie française du film : Omar Sy. Notre doudou national qui tâte du dino, il y a de quoi être fier, en revanche, question talent et utilité du personnage, on repassera. Omar n’est toujours pas à l’aise avec son anglais et cela se ressent dans son jeu, au point de jouer faux. Et soyons honnêtes, son rôle n’apporte rien du tout.

Ce n’est clairement pas dans les vieilles cassettes VHS qu’on fait les meilleurs films, preuve en est, Jurassic World n’a pas égalé le maître, toutefois, il n’en reste pas moins un bon divertissement, dans l’air du temps, s’imposant sur la nostalgie, mais perdant en authenticité et en émotions.

Sortie en salles le 10 juin.

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Miss Bobby_Loin de la foule déchaînée

Miss Bobby_Loin de la foule déchaînée Loin de la foule déchaînée, j’aurais dit : loin de déchaîner les foules, tellement loin à perte de vue que même en plissant des yeux, on ne distingue pas à l’horizon le déchaînement.

C’est typiquement le genre de film qui ne me plaît pas et qui ne m’inspire même pas pour un article. Je ne vois pas comment détailler le fait que ça tourne autour du pot sur 1h45. C’est dire. Une nana, quatre prétendants ! Pour faire son marché, c’est toujours pratique d’avoir du choix. Une femme qui se proclame indépendante, forte, entrepreneuse, qui a de bons partis qui lui tournent autour et qui s’éprend d’un mauvais garçon qui n’en a rien à faire, se mettant dans la peau de la femme fragile, qui baisse la garde. Typique ! Difficile de résister à la moustache frétillante, je comprends.

C’est d’une lenteur, on suit la demoiselle au quotidien faire face à ses nouvelles tâches qu’elle a dû acquérir en récupérant la ferme familiale. Elle repousse ses prétendants… Non, je m’excuse, elle ne les repousse pas, elle tourne un peu autour du pot, sans trop savoir ce qu’elle veut, ni qui choisir et finit par ne pas s’investir. Super ! Et ça, ça dure 2h ! C’est tout. Certains ont fait un rapprochement lointain avec Autant en emporte le vent, moui, très très lointain alors.

Si je résume un peu, Loin de la foule déchaînée a un scénario qui tourne en rond, une réalisation qui titille les grand pâturages, les grands accomplissements sur fond de dragouille (attention, je t’ai envoyé une carte pour la Saint Valentin, piouf !). Un film qui porte très bien son titre !

Sortie en salles le 03 juin.

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Miss Bobby_Ex Machina

Miss Bobby_Ex Machina Parler d’Ex Machina, c’est comme se replonger dans ses cours de philo pour écrire un devoir dessus, sauf que, le film, bien que très intéressant, a un sujet à la fois simple, déterminé et encadré, mais complexe à développer sur le papier. Souhaitez-moi bon courage !

Ex Machina est un face à face entre l’homme et l’intelligence artificielle, sur fond de manipulation psychologique et d’émancipation féminine. Nathan (Oscar Isaac) est un génie informatique qui développe, reclus dans les bois, depuis des années une intelligence artificielle féminine, toutefois, son travail ne s’arrête pas là, puisqu’il pousse le vice jusqu’à recréer le corps de la femme, sous forme d’exosquelettes recouverts de peau synthétique. Un développement spécifique où le créateur solitaire se retrouve continuellement nez à nez avec ses créations, qu’il améliore, tels des logiciels informatiques. Afin d’avoir le recul nécessaire sur son objectif, il invite un jeune homme, Caleb (Domhall Gleeson) pour tester sa « machine ». C’est à ce moment-là que les choses se compliquent et que je vais tenter de développer sans trop en révéler, ce qui n’est pas gagné.

Jusqu’où peut aller l’intelligence artificielle ? À quel moment prend-t-elle le contrôle ? Peut-elle être manipulatrice, séductrice ? A-t-elle un libre arbitre ? Sommes-nous à ce point si naïfs ? Autant de questions inimaginables et quasi sans fin, toutes relatives à l’humain et à l’existentialisme.

C’est dans un confinement au cœur de nulle part, coupé de tout, que le scénario d’Ex Machina tente de répondre si l’être humain, face à une intelligence dotée de conscience, peut oui ou non faire la part des choses lorsque l’on touche directement à ses émotions. On peut aisément se mettre à la place de Caleb, que ferions-nous à sa place ? Qui croire ? Qui manipule qui ? La sincérité de la machine qui paraît évidente, car neutre et vierge du monde extérieur, soit disant neuve de part la création, ou le créateur, renfermé dans sa soif d’absolu, jouant sur le libre arbitre de ses créations. C’est en cela qu’Ex Machina est particulièrement intéressant et philosophique, notamment sur l’humain, sa capacité à compatir, sa fascination et finalement, sa grande naïveté. Caleb en est là : fasciné, il ne fait plus la part des choses et baisse la garde, mélangeant réalité et fantasme, l’humain et le robot. Tout est de question de limites. Alors quand le sujet est aussi perturbant qu’Alicia Vikander, n’importe quel mâle tomberait dans le panneau.

Ex Machina est un film de science fiction flirtant avec le thriller, le philosophique et l’existentiel, engendrant des questions psychologiques sur la création, la perception, les limites, l’image (en l’occurrence la création est-elle à l’image du créateur ou peut-elle évoluer en tant qu’individu propre ?). Profond, intelligent, futuriste, avec un point de vue pas si inaccessible de notre monde moderne, et complexe, il réveillera certains raisonnements si vous deviez vous retrouver dans la même situation.

PS : Il y a une scène mémorable de danse. Vous ne regarderez plus Oscar Isaac de la même manière.

Sortie en salles le 03 juin.

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Miss Bobby_Un voisin trop parfait

Miss Bobby_Un voisin trop parfait Ça ressemble à un titre d’une émission d’M6, ça donne envie de dégainer la pancarte avec la note zéro dessus, sauf que c’est pire qu’une émission d’M6 ! On pourrait ranger Un voisin trop parfait au rang de téléfilm du dimanche 13h de la TNT, mais à mon avis, même la TNT n’en voudrait pas. À la limite, il faudrait être dans l’état de James Franco dans Every Thing will be fine pour pouvoir se coltiner Un voisin trop parfait.

Un voisin trop parfait est une vaste comédie, sorte de bouffonnerie médiocre où vous êtes le roi des idiots, ni plus ni moins, tant le niveau est élevé. Et dès les premières images vous êtes subtilement prévenus : si vous cherchez des acteurs talentueux, une réalisation particulièrement fine et recherchée, un scénario à vous ronger les ongles, désolé, mais ça ne sera pas dans ce film. Salut !

Je ne sais même pas par où commencer !

Le plus flagrant… je ne peux même pas dire le plus flagrant, tout est négativement flagrant ! Argh ! Je ne sais pas si Adobe Photoshop est un partenaire du film, en tout cas, le visage de Jennifer Lopez est un énorme placement de produit pour le logiciel ! On ne voit que la netteté de sa peau à l’image, alors que les autres acteurs, pauvres mortels, doivent se contenter d’un simple maquillage qui laisse transparaître leurs pores. Donc, à la vue de Jennifer Lopez (normalement, vous ne devriez pas voir le film, à moins d’être maso) pas la peine de frotter vos yeux, votre vue n’est pas floue, c’est juste que le budget effets spéciaux est sur son visage.

Question : qui a dit qu’on pouvait s’improviser acteur ? Personne je crois. Un voisin trop parfait est une belle preuve de talent inexistant où l’émotion est aussi vive que le regard d’un poisson rouge dans un aquarium trop sale (ou que le regard de James Franco dans…. cf. la vanne un peu plus haut). L’œil est vide et le visage mono expressif, *ronflements*. Le scénario a été écrit sur un vieux mouchoir usagé, listant un nombre incroyable de clichés : mon cœur balance entre la pose partiellement dénudée et naturelle de J-Lo à la fenêtre, en pleine méditation/admiration ; le plan retraçant la musculature poisseuse en sueur du beau gosse ; les événements tragi-comiques qui prennent le temps pour se développer, laissant ainsi nos héros le temps de se retourner (ouf ! J’ai presque failli mourir, c’en était moins une).

Deux choix se proposent à vous : soit vous prenez Un voisin trop parfait au premier degré et dans ce cas-là, vous risquez de trouver le temps long. Soit vous le prenez au second degré et vous rirez beaucoup (meilleure manière). Ne le voyez pas comme un mauvais moment à passer, mais comme une suite de clichés et de séquences absurdes qui vous feront mourir de rire.

Sortie en salles le 20 mai.

by Miss Bobby
A-la-poursuite-de-demain

A-la-poursuite-de-demain En voilà un film qu’il ne faudra pas rater ! À la poursuite de demain est une bouffée d’air frais, généreuse, inattendue, surfant sur une vague 80’s que l’on retrouve avec plaisir.

On ne sait pas trop à quoi s’attendre avec ce Tomorrowland (en version anglaise), si ce n’est qu’il y a George Clooney et une jeune femme qui, je l’espère, fera son trou à Hollywood, retenez bien son nom, il s’agit de Brittany Robertson, apportant clairement ce renouveau au paysage cinématographique.

À la poursuite de demain vous embarquera dans un monde futuriste, où vous serez autant émerveillés que les personnages, courant vers un demain presque imaginaire, qui fait rêver, faisant appel à votre cœur et à vos yeux d’enfant.

Même si la fin est un peu facile et qu’on s’attendait à ce qu’elle soit grandiose, À la poursuite de demain ne s’offre pourtant pas un scénario des plus simples. En plus de thèmes très riches tournés sur les inventions, le futurisme, le courage, l’ambition, et notamment, le fait d’aller au bout de ses idées, de croire en soi (merci Disney de faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en nous), l’environnement est très travaillé pour un sujet qui nous concerne tous : la destruction de notre planète par nos soins.

Le film s’oriente sur une certaine naïveté pas déplaisante via les traits de Casey (Brittany Robertson) qui joue avec beaucoup de sincérité et naturel, au point qu’on imagine aisément le même genre de réactions si nous étions à sa place. Un personnage dont la tête baigne dans les étoiles, mais qui n’en reste pas moins les pieds bien sur terre, notamment grâce aux aléas qui touchent sa famille. George Clooney apporte une seconde figure paternelle, plus autoritaire, plus drôle, plus bougonne et loufoque faisant un lien entre les différents espaces temporels.

Exercice assez compliqué que de parler d’À la poursuite de demain, il saura indéniablement plaire aux enfants, chez qui l’imagination tient encore une grande place dans leur quotidien, et aux adultes, chez qui, justement, la réalité a pris le dessus face à aux rêveries. En tout cas, il émerveillera. Pour faire plus simple, aller voir À la poursuite de demain, vous ne serez pas déçus !

Sortie en salles le 20 mai.

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