Miss Bobby_Adaline

Miss Bobby_Adaline TF1 a décidé lui aussi de se mettre au e-cinéma, proposant des films de qualité en téléchargement légal. Leur offre a débuté avec Son of a gun, sorti en e-cinéma le 1er mai. Pour ma part, j’ai vu le second film, Adaline, une romance qui vous fera certainement penser à Benjamin Button.

La belle et délicate Adaline a eu un accident de voiture à 29 ans, accident peu commun qui provoquera chez elle une réaction des plus étranges : son corps arrêtera de vieillir, la laissant aussi fraîche qu’à l’aube de ses 30 ans.

Comment vivre lorsque physiquement on ne vieillit plus ? Face aux yeux des autres, et face à sa famille. Trouver des excuses contre des interrogations sur cette jeunesse éternelle. Et puis, lorsqu’on a eu un enfant avant, accepter que celui-ci grandisse et paraisse plus vieux que nous. Impossible d’expliquer une histoire aussi extraordinaire sans être prise pour une folle ou considérée comme un monstre de foire.

Blake Lively dégage une beauté hors du temps, traversant les époques et les modes comme si elle embrassait chacune d’elles, le sourire aux lèvres, la délicatesse de son jeu et son charisme sont tels une caresse, une douceur, faisant dégager à Adaline à la fois fragilité, sensibilité, caractère. À l’image, Lively est élégante, gracieuse, rayonnante, un vrai plaisir.

Harrison Ford n’a qu’un trop petit rôle, et c’est bien dommage, l’échange entre son personnage et celui d’Adaline est des plus troublants, ajoutant un cachet nostalgique, et débordant sur les regrets. Il y est aussi très sensible, se laissant envahir par les souvenirs, les « si » la vie s’était déroulée autrement.

Adaline n’est pas parfait, le scénario s’octroie plusieurs quelques facilités, où le spectateur se doute de l’enchainement de certaines séquences, perdant en surprise. Il n’en reste pas moins un joli film, que l’on prend plaisir à découvrir et qui aurait peut-être mérité une sortie salles, cela dit, j’espère qu’il rencontrera un succès en e-cinéma.

Sortie en e-cinéma le 22 mai.

by Miss Bobby
Miss Bobby_La tête haute

Miss Bobby_La tête haute La Tête haute, le nouveau film d’Emmanuelle Bercot a fait l’ouverture du 68è Festival de Cannes et nous avons eu la chance de le voir en même temps que sa diffusion cannoise.

Sujet particulièrement difficile que cette tête bien perchée : l’éducation parentale, le passage à l’adolescence, les difficultés psychologiques, la justice. Des thèmes bruts centrés autour de Malony qui a mal démarré dans la vie : un père décédé, une mère trop jeune qui ne comprend pas ses responsabilités, ni comment elle doit élever un enfant, traumatisant son fils à renforts de vulgarités et d’un manque d’amour, ou du moins, d’un absence total de jugement, de prise de conscience, et surtout, un manque cruel de maturité.

La Tête haute fait exploser le talent du jeune acteur Rod Paradot, repéré au détour d’un casting sauvage, débarquant de son CAP dans un univers qui lui est totalement inconnu et faisant face au monument français qu’est Catherine Deneuve. Bon pressenti pour Emmanuelle Bercot, Paradot incarne terriblement bien Malony, à la fois dur, sensible, violent, le jeune homme ne joue pas, il vit son personnage, dégageant une rage profonde, un mal-être, oscillant entre une personnalité qui tente de s’en sortir, et qui replonge à la moindre contrariété. Rod Paradot exprime avec une sensibilité inouïe les démons, les doutes et le déchirement qui éclatent dans la tête de Malony. Benoît Magimel ressort enfin de sa sieste en nous offrant un éducateur spécialisé hanté par son passé et à fleur de peau, ne tombant jamais dans le sur-jeu. Quant à madame Deneuve, point d’éclat, mais un personnage qui cache difficilement sa tendresse et son grand cœur derrière une poigne ferme, rendant son personnage attachant. Mon regret se porte sur Sara Forestier, cantonnée au même genre de personnages paumés depuis quelque temps, ne sortant rien d’original à l’écran. De plus, son dentier m’a sacrément gênée (ce n’est pas de sa faute cela dit), volonté d’accentuer les traits ingrats de son personnage (les vêtements, la maquillage et le cheveu gras sont pourtant suffisants).

Le film aurait mérité quelques coupes pour ne pas avoir ce ressenti d’avoir vu un film de plus de deux heures. Certains passages sont maladroits, mal expliqués et confus, notamment sur le traitement de la relation sentimentale, en l’occurrence comment elle débute. Aussi, une justice bien clémente, un peu trop parfois, qui ne doit pas être représentative de notre système judiciaire, où la juge laisse plus paraître sa sensibilité, sa peine, plus qu’elle ne prend des décisions drastiques, alors que Malony enchaîne les déconvenues. La Tête haute, malgré quelques défauts, qu’on lui pardonnera, n’en reste pas moins percutant et fort en émotions.

En salles depuis le 13 mai.

by Miss Bobby
Miss Bobby_L'épreuve

Miss Bobby_L'épreuve L’Épreuve, un film qui porte bien son nom, tant j’en suis sortie dans la douleur, une bonne, celle d’avoir vu un film qui raconte quelque chose de lourd, de passionnant et de terrible à la fois.

Voici le synopsis qui sera plus clair que si c’est moi qui tente de vous expliquer :

Rebecca (Juliette Binoche) est une photographe de guerre de renommée internationale. Alors qu’elle est en reportage en Afghanistan pour suivre un groupe de femmes qui préparent un attentat suicide, elle est gravement blessée par l’explosion d’une bombe. De retour chez elle en Irlande, pour se remettre de ce traumatisme, elle doit affronter une autre épreuve. Marcus (Nikolaj Coster-Waldau), son mari et Stéphanie (Lauryn Canny), sa fille ainée de 13 ans, ne supportent plus l’angoisse provoquée par les risques que son métier impose. Rebecca, qui est déchirée entre les souffrances qu’elle fait subir à ses proches et sa passion de photoreporter, doit faire face à un ultimatum : choisir entre son travail et sa famille. Mais peut-on vraiment échapper à sa vocation, aussi dangereuse soit-elle ? Renoncera t-elle à couvrir ces zones de combats, et à sa volonté de dénoncer la tragédie humaine de son époque ?

Juliette Binoche est transcendante dans ce rôle de photographe animée depuis toujours par une colère qu’elle tente de canaliser, en exposant au monde ses propres atrocités via des clichés d’une rare puissance, portant sur ses épaules le film et tout ce qui s’en dégage. Il est difficile pour moi de vous faire une analyse ou de vous expliquer ce que j’ai ressenti, tant le film m’a retournée. C’est le destin d’une femme qui se bat pour des valeurs qui touchent tout le monde, pour des choses horribles dont on sait qu’elles existent et qu’on oublie, volontairement ou involontairement, nous focalisant égoïstement sur nos existences. Cependant, elle aussi vit égoïstement, allant au-delà du danger pour vivre sa passion, pour avoir un peu d’adrénaline, se mettant difficilement à la place de son mari ou de ses enfants, dont la femme/la mère est toujours face au danger.

L’Épreuve engage le spectateur sur les choix, entre la raison et la passion, les épreuves de la vie, dépasser ses peurs ou les comprendre, cerner ce que l’on veut, comment on veut évoluer et finalement, tenter de comprendre le chemin que l’on a pu choisir (notamment en construisant une famille avec un métier qui ne s’y prête pas). Le film pose les questions sur le conjoint également, le prix à payer pour aimer en vivant continuellement dans la crainte d’une mauvaise nouvelle ; rencontrer une personne en sachant pertinemment que l’existence avec elle sera peu commune et prendre la décision d’y aller quand même. L’amour peu conventionnel, doit-on se priver ou non ? Construire et prendre le risque que tout explose ? Vivre avec la boule au ventre ?

Aussi, le film montre-t-il en partie l’implication de ces reporters. Clairement, les exemples plutôt extrêmes du film laissent à penser qu’il n’y a pas de parti pris. Le photographe reste en recul et ne s’implique pas dans une action où les conséquences seront désastreuses. Il y a certes une prise de conscience du personnage, mais nous sommes en droit de nous demander pourquoi n’intervient-elle pas, alors que des vies sont en jeu ? Choix délibéré d’Erik Poppe de pas s’étendre sur ce sujet ou est-ce une réalité ? D’être au cœur de l’action, sans y prendre part ?

L’Épreuve n’en reste pas moins, malgré ce détail disgracieux, un film incroyable, porté par une actrice qui se donne entièrement, avec beaucoup de cœur, retransmettant un réalisme troublant et un thème passionnant.

Sortie en salles depuis le 06 mai.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Pitch Perfect 2

Miss Bobby_Pitch Perfect 2 Helloooo Pitches (s’il n’y a pas un de vos amis qui ne vous la sort pas celle-là, vous êtes sauvés !) !

Je laisse de côté la logique qui veut que le premier s’appelle Hit Girls (pour le titre français, ce n’est pas évident à première vue) et celui-là Pitch Perfect 2, pour me concentrer sur le contenu qui est tout bonnement un pur moment de plaisir. Vous allez en ressortir avec une de ces bananes, en ayant la bougeotte et gonflés à bloc.

Second opus, même casting, changement de réalisateur, puisque c’est l’actrice Elizabeth Banks, connue pour son rôle de l’extravagante Effie dans Hunger Games ou pour avoir joué dans Hit Girls (justement) et Blackout Total, qui s’y colle. Choix surprenant à première vue et qui pourrait faire peur. Et la stupéfaction va d’autant plus loin que Pitch Perfect 2 est une réussite totale, laissant quasiment sur place le premier opus. Je suis sûre que vous ne pensiez pas que Banks avait un certain talent pour la réalisation, eh bien moi non plus, il faut dire que sa carrière d’actrice ne vole pas très haut. À suivre sur de prochains films…

À quoi devez-vous vous attendre ? À « plus » : plus trash, plus drôle, plus osé, plus travaillé, plus rythmé, plus de qualité, plus de chansons. Les vannes fusent, c’en est hilarant, et elles ne donneront aucun moment de répit à vos zygomatiques, allant jusqu’à vous laisser stupéfait dans votre siège. Oui, les limites de la décence et du politiquement correct s’envolent en même temps que le fuseau trop moulant de Rebel Wilson. Parlons-en, l’actrice Australienne qui continue de creuser son trou à Hollywood grâce à son autodérision et à ses manières décomplexées d’assumer ses formes, prend une belle place dans ce film au point de rendre les autres personnages presque moins intéressants. La blonde pulpeuse n’hésite pas à se mettre dans des positions inconfortables et vertigineuses, n’ayant absolument pas peur du ridicule. En même temps, pour ceux qui connaissent un peu sa filmographie, elle a fait de l’adage « le ridicule ne tue pas » son leitmotiv, et on ne va absolument pas s’en plaindre.

Plus de personnages aussi, Hit Girls se concentrait sur les Bellas et les Trublemakers, là viennent s’ajouter Das Sound Machine, super puissance allemande, imposant des mash-up remixés à la sauce techno sous la lumière des lasers. À vous en faire décoller votre dentier ma bonne dame ! C’est LA grosse concurrence des filles. On aurait aimé plus de Trublemakers comme dans le premier film, néanmoins à défaut de les entendre plus chanter, certaines têtes masculines participeront plus à l’intrigue.

Pitch Perfect 2, c’est 1h45 (d’ailleurs, il y a une scène dans le générique) de rires et de groove, c’est presque trop court et on en redemande encore ! La barre est haute pour le Pitch Perfect 3.

PS : je vous mets au défi de pas taper du pied ou de la main en rythme sur plusieurs chansons. IM-PO-SSIBLE !

Retrouvez les articles sur ma rencontre avec Elizabeth Banks et la rencontre avec Rebel Wilson.

Sortie en salles le 22 juillet.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Connasse, princesse des coeurs

Miss Bobby_Connasse, princesse des coeurs Elle a démarré sur Canal Plus, comme beaucoup. Son idée à elle : être très franche du collier et une vraie emmerdeuse avec tout le monde, le tout filmé en caméra cachée. Elle a su imposer un style, un franc-parler et surtout, elle a su dire tout haut ce que nous pensons tout bas, aux commerçants notamment. Fort de son succès en programme court, elle a décidé de passer en programme long, tellement long qu’elle a choisi de faire un film : Connasse, princesse des cœurs.

La question qui vous brûle les lèvres : est-ce que l’adaptation est réussie ? Car on ne va pas se le cacher, passer du petit format au très grand, c’est souvent casse-gueule.

C’est réussi, mais.

Déjà, chapeau à Camille Cottin, car elle était culottée avant, mais aller répandre son culot à Londres où elle n’est pas connue, où les autorités ne sont pas les mêmes, où la culture et les réactions différentes, faut le faire. D’autant qu’elle va quand même très très loin parfois.

Si vous n’êtes pas familier de son humour, de son « tact » et de son aisance à laisser les gens sur le carreau, je vous déconseille le film, car le comble de l’impolitesse atteint des sommets et certaines expressions pourraient choquer la mamie qui est en vous (bien que je suis sûre qu’il y ait des mamies très rock n’ roll).

Le concept est toujours drôle même sur grand écran, les vannes sont assumées, cinglantes, on ne peut d’ailleurs s’empêcher de se mettre à la place des victimes de la Connasse, comment réagirait-on à leur place ?! Cependant, le principe qui cartonne sur du court, devient rapidement redondant sur la durée d’un film, au point qu’on finit par se lasser. Pour ma part, c’est là-dessus que le film pèche : le concept sur 1h20 de film (ça reste relativement court cela dit).

Pour les petites anecdotes croustillantes, sachez qu’à chaque personne piégée, l’équipe du film venait se présenter ensuite et s’excuser pour les manières déplacées de Camille Cottin. Qu’elle a eu quelques déconvenues avec la police anglaise, mais rien de bien grave. Que pour tous les taxis qu’elle a laissé en plan, sans payer, l’équipe repassait derrière. En gros, même si le film respire le manque de respect, ce n’est qu’une fiction. Encore heureux !

La Connasse, princesse des cœurs est audacieuse, odieuse, elle assume, elle mériterait de bonnes fessées, mais qu’est-ce qu’elle est drôle ! On aimerait être aussi folle qu’elle !

Sortie en salles le 29 avril.

Quelques photos de la rencontre après la projection.

Crédit photos Djoolien.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Avengers_L'ère d'Ultron

Miss Bobby_Avengers_L'ère d'Ultron Je tiens à préciser à ceux qui liront cet article que j’assume entièrement le manque total d’objectivité. Vous voilà prévenus !

Même si ça commence à devenir un peu le foutoir chez Marvel en ajoutant toujours plus de super-héros, c’est quand même avec délectation que j’accueille les nouveaux membres ou les suites (sauf Ant-Man dont les bandes-annonces ne m’ont pas convaincue). Avengers : L’ère d’Ultron n’a pas dérogé à la règle, et c’est presque comme une petite fille avec sa Barbie le soir de Noël que je recevais certaines séquences. Quand je vous dis manque total d’objectivité, je ne déconnais pas.

Mon problème majeur : des personnages qui apparaissent, disparaissent, qui ne reviennent qu’à la fin, mais qu’on a pu voir non pas dans Avengers premier du nom, mais dans Captain America : Le soldat d’hiver, mais qu’en fait machin devait être mort, mais il ne l’est pas et depuis quand ils sont ensemble ces deux là – on reprend sa respiration – waouh ! Stop ! J’ai de plus en plus de mal à suivre et ça empire si vous commencez à en parler avec une personne qui a lu les comics. C’est comme ça que je me suis retrouvé perdu avec ce genre de conversation : « après, ils vont faire un film sur Scarlet Witch » – « Qui ça ? » – « Bah on vient de la voir, Wanda Maximoff » – « Mais c’est pas encore Scarlet Witch ?! » – « Non, mais elle va le devenir ! » – « Pour ma santé mentale, reste sur Maximoff, sinon je ne vais pas m’en sortir » (extrait d’une discussion avec Manureva qui, après m’avoir embrouillée, a réussi à tout remettre dans l’ordre). Marvel lance 50 franchises en même temps, j’espère qu’ils sont organisés et qu’il va y avoir des pertes, parce que je m’en sortais très bien avec la bande à Cap’, mais si en plus ils ajoutent des personnages qui vont avoir leur propre film, plus les fusions, et j’en oublie, ils vont perdre du monde.

Donc hormis cet imbroglio de personnages qui, avec un peu de concentration, est vite réglé, ainsi qu’une 3D qui porte sur le mal de crâne, il y a des chances que vous preniez tout de même votre pied. Entre vannes très bien senties, références aux précédents films, séquences comiques déjà cultes et scènes d’action à rendre jaloux Batman (si vous saviez tout ce qu’on peut faire avec une moto), Avengers 2 m’a fait m’esclaffer de « oh p***** ! », rire et réagir. J’aurais raccourcis certains morceaux, 2h20, même si c’est du héros bien gaulés à la blague acérée, on les sent parfois passer. Une fin moins tapageuse que le premier, un peu trop d’ellipses, des effets spéciaux parfois un peu bâclés, une confusion avec les personnages, Avengers : L’ère d’Ultron n’en reste pas moins un film que je prendrai plaisir à revoir.

Sortie en salles le 22 avril.

by Miss Bobby
Miss BobbyEvery thing will be fine

Miss BobbyEvery thing will be fine Toute chose ira bien, oui, sauf pour le spectateur. En gros, le film s’étale sur 2h pour nous expliquer qu’à n’importe quel moment de la vie, nous aurons beau avoir des coups durs, à 30 ou à 40 ans, tout finira par s’arranger. Sur le papier, le thème est plutôt intéressant, à l’écran, en revanche l’idée s’envole, quelque part entre l’ennui, le manque d’émotions et le manque d’intérêt. Il y avait définitivement matière à travailler ce sujet différemment, mais Every Thing will be fine se perd en micros séquences inutiles (en longues aussi), où l’on passe notre temps à comprendre le but et les choix du réalisateur.

Choix étonnant, pas inintéressant, l’utilisation de la 3D dans un film qui à priori ne s’y prête pas. Probablement caprice artistique ou volonté de Wim Wenders de jouer avec un concept qui lui échappait. Narrativement parlant, nous sommes d’accord qu’elle ne sert strictement à rien (comme souvent), visuellement, il a accordé de l’attention sur la profondeur de champ et les plans, une réussite qui s’illustre surtout au début du film et qui fini par disparaître, oubliant même que le film est en 3D.

Le choix de James Franco. Autant il aime s’illustrer dans des œuvres indépendantes, avec plus ou moins de succès, encore plus qu’il a un capital sympathie indéniable et un certain talent (ou un talent certain), sauf que la mono expression à mi-chemin entre « ma beuh est super bonne au point que je ne peux ouvrir mes yeux qu’à 40% » et « deux mois que je me paie des insomnies », c’est irritant, et on a envie de le secouer ou de lui mettre une gifle.

L’histoire en elle-même est découpée en… bah en je ne sais pas trop quoi en fait. Succession de séquences longues où le propos n’est jamais clair, ne sachant pas où le film veut en venir, enchaînant les moments de vie, comme si on filmait votre quotidien, sauf que cela n’apporte rien à la narration. S’ajoute à cela des saynètes de quelques secondes à la Terrence Malik, contemplatives montrant des personnages continuant leur vie. Ok. Que doit-on comprendre ? Pendant que certains mènent leur vie tranquillement, ou qu’ils arrivent à surmonter un drame, ou que les difficultés s’enchaînent, la vie continue – ailleurs ?! Je vous avouerai que ce n’est absolument pas pertinent au visionnage, au point que l’idée vient seulement de surgir de mon esprit en écrivant ces lignes. Sur le coup, ce sont des apartés qui ne servent à rien et qui, encore, ne font rien avancer.

Enfin, les émotions. On est en droit d’attendre un torrent de larmes, voir une forte empathie pour les personnages lorsque le pire intervient, on veut avoir le cœur serré, se retenir de pleurer, parce que bon sang, c’est dur quoi ce qui leur arrive. Eh bien non ! La dureté de la vie coule sur nous telle la pluie sur un imperméable, et ça nous passe au-dessus royalement.

Every thing will be fine s’engage à retranscrire le quotidien dans son ennui et sa monotonie la plus totale, c’est réussi, imposant parfois des situations dramatiques complètement inutiles pour insuffler un dynamisme au récit qui aurait pu être apporter autrement. Le film image maladroitement les émotions et nous laisse insensible à un scénario qui devrait pourtant tous nous toucher, puisqu’il évoque tout simplement les cycles d’une vie.

Sortie en salles le 22 avril.

by Miss Bobby
Miss Bobby_L'année prochaine

Miss Bobby_L'année prochaine L’année prochaine est toujours pleine d’espoir, surtout lorsqu’on est en Terminale et que la future année est synonyme de changements, de déménagement, d’université et surtout qui rime enfin avec vie d’adulte.

Deux meilleures amies : une délurée, Aude, qui aime s’amuser, les garçons, et prendre la vie comme elle vient. L’autre, Clotilde, qui a dû grandir trop vite suite à la mort de sa mère, a oublié ce qu’était être une adolescente, rêve de carrière en s’enfonçant dans une personnalité psycho-rigide.

L’année prochaine développe l’évolution d’une amitié solide face aux débuts dans le grand bain : passer d’une bourgade de province à la vie trop chère de la capitale, se chercher et se construire dans les études, en essayant de cerner ses capacités, ses envies, ce que l’on veut vraiment, en analysant ses attentes futures. Clo’, la tête dans le guidon de la philosophie impose son ambition carriériste à Aude, l’artiste bonne vivante.

Ce petit film français dépeint avec justesse ce que beaucoup auront certainement vécu : l’amitié qui s’étiole au profit des responsabilités, des chemins qui se séparent et finalement, des différences évidentes qui s’installent.

Le choix des actrices est inégal, Jenna Thiam est impétuante et fraîche, tandis que Constance Rousseau tombe régulièrement dans le faux et manque de naturel. La vie comme on l’a tous vécue, grandir vu par le prisme de l’amitié.

Sortie en salles le 24 juin.

by Miss Bobby
Miss Bobby_En route !

Miss Bobby_En route ! Il est de ces films d’animation dont on sait pertinemment qu’ils ne vont pas faire de grand bruit, qui ne vont pas exploser au box office et qu’on oubliera rapidement. En route ! malheureusement en fait partie. J’ai un léger problème, j’aurais dû vous écrire la critique rapidement, car depuis que j’ai vu le film, j’ai dormi et un peu oublié. C’est dire. Déjà, si vous pouvez, voyez-le en VO, je pense que certains jeux de mots se perdent dans la VF et pour le peu que j’avais entendu, elle ne semblait pas intéressante, pourtant je suis une fervente adepte de la VF dans les dessins animés.

Autre chose, de taille, la bande-annonce vous raconte une histoire totalement différente du scénario. Ce n’est pas la première fois qu’on nous fait de la publicité mensongère et ce ne sera pas la dernière, mais je ne vois pas l’intérêt, d’autant que les séquences vendues sont radicalement différentes.

En route, ce sont des extra-terrestres qui sont obligés de changer régulièrement de planète, car ils se font pourchasser par des « méchants » qui finissent toujours par détruire leur nouvel habitat. Et donc, la dernière planète où les Boovs décident de s’installer est… je vous le donne en mille : la nôtre ! Pas la peine de chercher des points de références cinématographiques, eux ne font pas dans la demi-mesure : ils débarquent, ils prennent les humains et les parquent tous dans une zone, pour mieux investir les villes. Pseudo District 9, mais à l’envers. C’est une prise de position étonnante, pas forcément la meilleure puisque les humains ont une manière de se rebeller de cet état qui leur est imposé en… ne se rebellant pas. Normal. Ensuite, c’est Tif qui part à la recherche de sa maman (enlevée par ces nouveaux habitants) et qui croise sur sa route Oh. S’ensuit un road trip entre découvertes des cultures et obstacles. Ça ne casse pas trois pattes à un canard.

En route ! ne réinvente pas le film d’animation aussi bien sur les graphismes que sur son scénario déjà vu, on retrouvera ici et là quelques touches humoristiques bien senties qui ne feront peut-être pas mouche en français. On ne peut s’empêcher de penser à Sheldon de Big Bang Theory, puisque c’est Jim Parsons qui double Oh. Je tiens tout de même à vous mentionner que si vous n’aimez pas Rihanna et ses chansons, vous risquez de subir le film qui est une publicité géante pour l’artiste qui prête sa voix à Tif et dont les tubes sont diffusés en boucle.

Sortie en salles le 15 avril.

by Miss Bobby