Capri, c’est fini ! Ça y est ! Vous ne boufferez plus du festival de Deauville ! Alléluia !

Mais je tenais à en rajouter une dernière couche en vous faisant un micro résumé.

  • 20 films et 1/3 vus : le 1/3, c’est les 30 minutes du Terrence Malick
  • 7 conférences de presse
  • 1 interview
  • 7 autographes
  • 3 selfies

Tous mes articles sur Deauville 2015.

Et quelques photos :

Deauville 2015 - Jour 9 - Hommage Patricia Clarkson

Le Jour 9 tirait la révérence de ce 41ème Festival du cinéma américain de Deauville qui a fait venir pour son dernier jour l’actrice Patricia Clarkson et concluant mes 10 jours de films par Crazy Amy et Sicario en cérémonie de clôture.

CRAZY AMY

Une fois n’est pas coutume, j’ai écrit la critique en entier avant. Je ne ferai donc pas de résumé. Ma critique de Crazy Amy.

SICARIO

Il a reçu quelques avis mitigés à Cannes, Sicario a pu ajouter le mien malheureusement. Denis Villeneuve m’a habitué à des films beaucoup plus profonds et psychologiques que celui-ci. J’ai donc été bernée par la bande-annonce qui m’a vendu un film complètement différent de celui que j’ai vu, néanmoins pas mauvais, il faut bien le reconnaître. Sicario est un film qui balade le spectateur, lui offrant sur un plateau une histoire qui sera métamorphosée aux 3/4 du film et c’est en cela que je ne suis pas ressortie convaincu. Le film se divise en deux parties très inégales, une très grosse première partie, qui s’approche plus d’un thriller, orientée sur le personnage d’Emily Blunt. Celle-ci est bien plus travaillée, plus approfondie, elle pose bien l’action et la situation. La seconde est expédiée et vire sur le personnage de Benicio Del Toro, tout s’accélère et s’enchaîne trop vite, ne nous laissant que très peu de temps pour comprendre le virement. Enfin, les personnages manque de profondeur, Villeneuve nous a habitués à des personnages bien plus complexes, qui nous en révélaient beaucoup plus. Le film n’en reste pas moins intéressant, avec des séquences particulièrement prenantes.

Deauville 2015 - Jour 9 - Hommage Patricia Clarkson

PALMARÈS DE CE 41e FESTIVAL DE DEAUVILLE

Prix d’Ornado-Valenti : Les Cowboys de Thomas Bidegain

Prix du public : Dope de Rick Famuyiwa

Prix de la critique : Krisha de Trey Edward Shults

Prix Kiehl’s de la révélation : James White de Josh Mond

Prix du jury : Tangerine de Sean Baker

Grand prix : 99 Homes de Ramin Bahrani

Je retiendrai en films en compétition Dope et 99 Homes (je n’ai pas eu la chance de voir Krisha), qui m’ont vraiment plu. Si vous m’avez suivi, j’ai été déçue par la qualité des films proposés. J’ai néanmoins eu un gros coup de cœur pour Experimenter et Danny Collins (hors compétition). Je ne reviendrai pas sur le festival en lui-même, les privilèges, etc. Y-aura-t-il une troisième édition pour moi l’année prochaine ? Je ne sais pas. J’ai été bien refroidie.

Retrouvez l’ensemble du journal de bord de Deauville 2015.

Deauville 2015 - Jour 8 - Michael Bay

Oui, le festival est terminé et pourtant, je continue mon journal de bord. Je me dis que je dois bien le finir pour les rares personnes qui l’ont suivi. Jour 8, le jour où Michael Bay a fait péter le tapis rouge. Je rencontrais en chair et en os (et bizarrement, pas en métal) le papa de Transformers. Vous connaissez mon affection pour la franchise. C’est comme Keanu Reeves pour Matrix, ce sont des petits accomplissements pour moi. Deux films en compétition et une première à la clef : Babysitter, Dope et Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E.

BABYSITTER

Et encore un film sans plus ! J’ai dû forcer ma mémoire à me souvenir du film tant il est marquant. Grossomodo, c’est une jeune fille qui rejoint une famille en plein divorce. Le père est réalisateur et la mère actrice. Ils ont eu deux enfants, dont un adolescent. On suit son arrivée, les changements qu’elle opère malgré elle sur le jeune garçon et sur la famille. À part ça, quel est le message ? Eh bien je le cherche toujours. Babysitter n’est pas mauvais et ce range dans la catégorie que j’aime appeler de « films bobo » où le titre en jette par sa typo trendy/hype, ses couleurs filtrées façon Instagram. J’avais eu le même effet avec Day out of days, où le concept bobo était poussé plus loin. Soit. Et du coup, dans cette même veine de faire de jolies images Pinterest au cinéma, on se retrouve sans fin. Encore. Je ne comprendrais décidément jamais ce cinéma esthétique, au propos vague, où la déduction du message s’associe au vécu du spectateur : vous serez touchés, car probablement, l’histoire fera écho à votre avis. Et si vous ne l’êtes pas, eh bien tant pis, vous n’aviez qu’à avoir une jeune nounou noire (je précise, cela a son importance dans le film) dans votre enfance ! Donc encore une fois, Babysitter c’est beau, pas trop mal construit, assez intéressant par moments, mais qui vous laissera sur le bord de la route à la fin.

CONFÉRENCE DE PRESSE DE MICHAEL BAY

D’après les propos de Michael Bay en conférence de presse, les détraqueurs diront qu’on comprend mieux son cinéma, ses montages et sa manière de filmer. Il ne prépare pas ses films avec un storyboard, il préfère tout penser dans sa tête, même pour le montage et ne tourne que le nécessaire. Il n’aime pas les cinéastes qui font beaucoup tourner la caméra, créant des heures de rush non utilisées. Il ne voit pas l’utilité du e-cinéma, pour lui, les films doivent être découverts sur grand écran la première fois, et non sur un petit écran, comme les jeunes le font sur leur téléphone ou leur tablette. Il a également évoqué sa collaboration avec Aerosmith, pour lesquels il avait déjà réalisé un clip avant Armageddon. Après la réalisation de ce dernier, il a vu avec Jerry Bruckeimer pour que le groupe rejoigne ce film, créant au passage l’un des plus gros morceaux d’Aerosmith. On en déduit donc que Liv Tyler n’était pas présente au générique d’Armageddon à cause de son papa (Steven Tyler, chanteur d’Aerosmith), puisque le groupe s’est greffé bien après.

Deauville 2015 - Jour 8 - Michael Bay

DOPE

C’est le film en compétition qui m’a le plus plu. Un jeune noir récupère par mégarde un sac rempli de drogue et ne sait pas quoi en faire, lui qui est un gentil geek à la base, bien sous tous rapports, amoureux du R’n’B des années 90. Dope est un film intelligent qui joue sur les préjugés et notamment que nous sommes conditionnés pour que, selon une description, notre imagination associe une image particulière, sciemment ancrée par la société dans notre catalogue de clichés. Je ne vous aurais pas dit que ce garçon était noir, vous n’auriez pas forcément imaginé ce geek de cette manière. Sur une bande-originale particulièrement entraînante, Dope nous mène par le bout du nez, nous donnant ce que nous voulons bien recevoir et ne provoquant jamais en nous un sourcillement de doute. Malin ! Une belle découverte emmenée par des jeunes acteurs très prometteurs.

AGENTS TRÈS SPÉCIAUX : CODE U.N.C.L.E.

Non, je ne m’attarderai pas sur le fait qu’à chaque fois que je vois Henry Cavill, j’ai un petit filet de bave au bord des lèvres. Encore moins lorsqu’il porte un costume autre que celui de Superman. Un film que j’ai réellement apprécié et qui me laisse dans une impasse sur le papier. Je ne sais absolument pas quoi écrire dessus, si ce n’est que Guy Ritchie s’offre quelques effets que j’aime beaucoup (et qui avaient déjà titillé ma rétine dans les Sherlock Holmes), une très belle retranscription des années 60 tant sur le fond que sur la forme : des décors, en passant par les costumes, le montage, la réalisation et même jusqu’aux sous-titres. Des dialogues très drôles et subtils où les deux beaux gosses (l’autre c’est Armie Hammer) se tirent dans les pattes à coups de joutes humoristiques. Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. s’apparente aux vieux films d’espionnage, où les maîtres-mots sont classe, glamour et humour. Un trio d’acteur (n’oublions pas la part féminine avec Alicia Vikander) qui prend à l’écran, dans un film qui ne tombe pas dans la facilité.

Deauville 2015 - Jour 7 - Ian McKellen

Ce septième jour fut placé sous le signe des Anneaux, du Seigneur et des X-Men. Si vous n’avez pas compris l’allusion, je veux parler d’Ian McKellen. Également son prochain film Mr Holmes et d’un tout petit peu du nouveau Terrence Malick : Knight of Cups.

MR HOLMES

McKellen se métamorphose pour entrer dans son personnage de détective à la retraite, vieillissant son corps, sa démarche pour apparaître comme un retraité de 90 ans. La force du film réside dans l’interprétation de son acteur principal, un rythme lent, mais pas chiant, où l’on suit Sherlock qui tente de retranscrire sur papier sa dernière enquête, marquante, mais mal rédigée par Watson. Beaucoup de finesse de jeu et de réalisation pour ce Mr Holmes, où McKellen est entouré de très beaux seconds rôles, notamment avec le jeune Milo Parker.

CONFÉRENCE DE PRESSE DE IAN MCKELLEN

L’acteur nous a révélé qu’il préparait ses rôles au cinéma comme ceux au théâtre, où la vision est d’ensemble, l’œil porté sur le corps entier, en commençant par les pieds, c’est pourquoi il accorde beaucoup d’importance à la démarche. Pour préparer son rôle dans Mr Holmes, Sir McKellen n’a pas souhaité s’inspirer des autres interprétations (au total. 120 acteurs ont joué le célèbre détective), préférant apporter sa patte. Il a évidemment évoqué sa fierté d’avoir participé à X-Men ainsi qu’au Seigneur des Anneaux, toutefois, il ne veut plus apparaître dans de grosses franchises. Enfin, il a terminé en disant qu’en vieillissant la vie ne devenait pas plus facile et qu’il pensait tous les jours à la mort.

Deauville 2015 - Jour 7 - Ian McKellen

KNIGHT OF CUPS

Ça va aller très vite, je ne suis restée que 30 minutes et je ne me lancerai pas dans une critique par souci d’honnêteté et d’objectivité. Dès la seconde image j’ai su que ça allait être long, chiant et ultra contemplatif. Il y a quelques années, j’encaissais pas trop mal les 3h de The Tree of life, ma patience n’aurait pas survécu aux 2h de Knight of Cups, ni aux questions pseudo existentialistes à renfort d’images du cosmos et de plages désertes. Ça va deux minutes ! N’ayant découvert Malick qu’à partir de l’arbre de vie, je n’ai pas le recul pour faire une comparaison avec son cinéma d’antan (bien meilleur selon les retours que j’ai eu). J’ai sauté À la merveille, qui ne m’inspirait rien de bon après visionnage de la bande-annonce. J’aurais dû me méfier avec celui-ci, mais je me suis laissé guider par une lueur d’espoir, espérant au fond de moi que Malick se sortirait de sa léthargique philosophique à deux balles pour pondre autre chose qu’un film sans narration. Raté ! On ne va pas se le cacher, Malick est un fainéant qui prend les spectateurs pour des quiches (pour ne pas dire autre chose). Il a mis au point avec The Tree of life une matrice bien rodée qu’il réutilise. Ça fait maintenant trois films qu’il tente de nous berner ! Stop ! On a compris le concept du beau, de l’immensément grand et de l’incroyablement petit, la nature, l’être humain, la musique qui laisse croire aux grandes épopées, les phrases sorties d’un bouquin de philo sur la vie, la vie et… la vie. On a pigé ! Donc, pour Knight of Cups, je ne saurai vous dire de quoi parle le film, mais pour le peu que j’ai vu, la forme est exactement la même que les deux précédents films de Terrence Malick. À vous de voir.

Deauville 2015 - Jour 6 - Ruth and Alex Morgan Freeman

Nous touchons à la fin de ce festival et je me décide enfin à tenter de rattraper, non pas mon retard, mais ma motivation.

Donc les films du sixième jour :

JAMES WHITE

Clairement, la sélection n’est pas placée sous le signe de la joie et la bonne humeur. James White est une partie autobiographique de son réalisateur Josh Mond, premier long-métrage pour extérioriser ce qu’il a vécu avec sa mère. La question étant : est-ce toujours utile de faire un film lorsqu’on a vécu une mauvaise expérience ? Non. Le réalisateur a perdu sa mère à cause d’un cancer, il a vu son état s’aggraver de jour en jour, l’obligeant à endosser la dureté de la vie et ses exigences très rapidement. James White retrace cette partie-là, l’agonie de la mère et son fils qui tente de gérer tant bien que mal ce qui lui tombe dessus. Je ne sais pas trop ce que cela apporte au spectateur, le film ne dégage que peu d’émotions. Je vais être honnête avec vous, je n’ai même pas grand chose à dire sur ce film qui reste dans cette sensation de ce 41ème festival, à savoir que les films de la compétition sont certes meilleurs que l’année dernière où ils étaient particulièrement mauvais, mais il ne casse pas trois briques, un vague « sans plus » se dégage : ce n’est pas mauvais, ce n’est pas bon, ça passe. Donc en gros, James White, à 9h, faut s’accrocher tant le film est joyeux.

Deauville 2015 - Jour 6 - Ruth and Alex Morgan Freeman

RUTH AND ALEX

Alors là ! Si vous pensiez qu’il n’était pas possible de toucher le fond avec un scénario, Ruth and Alex en est la preuve vivante, ou morte, selon le point de vue. Un couple de vieux joué par Morgan Freeman et Diane Keaton passe tout le film à… roulement de tambours… chercher un appartement ! Merci, au revoir ! Bon sang ce qu’on s’en fout ! Pardonnez mon langage, mais c’est fatigant de voir à quel point Hollywood peut prendre les gens pour des cons ! Re-excusez mon langage ! Dans la même veine, je parlerai de Terrence Malick surnommé « la grosse arnaque ». Reprenons. Un vieux, une vieille, un vieux chien, une agent immobilier (qui est morte dans James White – c’est la même actrice, la rouquine de Sex and the city), un appartement avec trop d’escaliers, une tentative d’attentat et des visiteurs d’appartements qui éclaboussent le film de clichés jusqu’à la dernière scène « fatidique » avec un jeune couple exécrable. C’est d’un chiant ! En gros, ils sont inquiets pour leur chienne qui a des problèmes de santé et pour leur appartement qu’ils ont décidé de vendre, car ils ont du mal à grimper les cinq étages. S’ajoute à cela les informations qui diffusent en boucle un mec qui aurait bloqué le pont de Williamsburg avec un camion qui serait peut-être piégé, puis qui se serait enfuit, blablabla. ON S’EN FICHE ! Groupé ou indépendamment, ces éléments ne servent à rien. La chienne malade, quel est l’intérêt ?? Ils n’ont pas pu avoir d’enfant, donc c’est comme leur gosse. OK. On se coltine les actualités et ce mec soit disant « fou » juste pour une morale à la fin. Super, merci ! C’était vachement cool !

Deauville-Jour 5-Danny Collins Al Pacino

Les jours se suivent, les films s’enchainent et les publications trainent. C’est le propre d’un festival en même temps. La fatigue se fait ressentir, l’inspiration se perd en cours de route, les stars se raréfient et là, pour le coup, ce n’est pas de ma faute. Je ne sais pas comment le Festival s’est organisé cette année, mais la semaine est plutôt plan-plan, pas de grosses personnalités qui défilent, elles sont toutes venues ce week-end. Il en restera quelques-unes pour la fin de la semaine (déjà). Je suis toujours punie et je n’ai toujours pas d’interviews (à part Almereyda hier), même pour les célébrités qui viennent juste pour les hommages et qui ne font pas de conférence. Je crois que cette édition 2015 ne m’aime pas. Tant pis, je ne l’aime pas non plus. Trois films pour ce cinquième jour, Dixieland, Tangerine et Danny Collins.

DIXIELAND

Tout ce qu’ l’Amérique a de plus beau à offrir dans un seul et même film. Une vraie carte postale ! Vous sentez mon second degré ? Bienvenus dans le Mississippi où vous pourrez trouver la crème de la crème américaine, droguée au plus profond de la cloison nasale, où la beauté se montre par de vieux tatouages verdâtres et des couronnes en or comblant quelques chicos manquants, ainsi que par un maquillage à faire pâlir Castorama. Miam. Dixieland pose son « univers » dans cette région idyllique, entre-coupant son récit par des séquences d’habitants vivant là-bas – en tout cas, cela ajoutait de l’authenticité et donnait l’impression que ce n’était pas des acteurs. Tout ça pour montrer que le Mississippi, c’est moche et qu’il y a de grosses probabilités pour finir mort d’une overdose ou, si vous avez de la chance, avoir une carrière prolifique dans la drogue ou le strip-tease (selon si vous êtes un homme ou une femme ou les deux). Entre ces interludes, il y a bien un scénario, d’un mec qui sort de prison et qui rencontre une nana, dont la mère est mourante, qui va se mettre à se désaper pour payer les factures. Vous avez dit original ?! Lui ne souhaite pas retomber dans ses magouilles et aimer sa belle jusqu’à la fin de leurs jours (au bout de deux jours, ils se disent »je t’aime », fort), malheureusement, lui étant un bad boy, il attire les ennuis tel un aimant. Rien de passionnant avec ce Dixieland, photo d’une Amérique profonde biberonnée à la drogue, où ne se dégage ni intérêt, ni émotions. Vite oublié.

TANGERINE

Ou le film qui donne mal à la tête. Attendu à cause de sa réalisation entièrement en iPhone 5S, Tangerine relate une soirée dans la vie de deux transsexuelles. C’en est épuisant. Filmé avec un iPhone ne veut pas dire qu’il faut faire l’impasse sur le scénario ou sur la réalisation. Le premier tient sur un post-it, avec des dialogues ultra redondants, si on n’a pas compris que Sin-Dee cherchait Chester et sa morue blanche, c’est que vraiment on est sourds ! En gros, Tangerine nous fait suivre la furie Sin-Dee qui marche et qui crie comme une dératée. Et des « bitch » ceci et des « bitch » cela, bitch, bitch, bitch… STOP ! Le compte est bon. Merci. Une image constamment filtrée qu’on en dirait un compte Instagram, des acteurs qui en font des palettes entières de caisses, une caméra qui bouge sans arrêt, entre le champ – contre-champ surexploité, l’accélération des mouvements, le suivi beaucoup trop rapide des acteurs en mouvement et une musique qui donne la gueule de bois, Tangerine m’a fatiguée.

Deauville-Jour 5-Danny Collins Al Pacino

DANNY COLLINS

Deuxième coup de cœur de ce festival (toujours hors compétition) et nouveau film de Al Pacino (qui s’enchainait quelques bouses récemment). Danny Collins relate une vieille rock star, qui continue de faire des tournées pour chanter ses grands classiques aux fans qui ont autant vieilli que lui et qui, par un curieux cadeau – une lettre que John Lennon lui avait écrit 30 ans auparavant, dont il ne connaissait pas l’existence –  se retrouve à reprendre sa vie et sa carrière en mains ainsi qu’à reprendre contact avec sa famille. Une vraie bouffée d’air frais dans ce festival placé sous les signes de la solitude, de la drogue et des histoires tristes. Pacino y est simple et hilarant, tous comme les autres acteurs (Jennifer Garner, Bobby Cannavale, Annette Bening, Christopher Plummer et l’excellente toute jeune actrice, Giselle Eisenberg). Danny Collins ne tombe jamais dans le convenu, ni les clichés ou le surjeu. Un film qui plaira au plus grand nombre, qui donnera un coup de fouet à votre moral, vous fera passer un très bon moment. Et puis bon, Pacino dans ce genre de rôle, charmeur, drôle, vivace, on en redemande !

by Miss Bobby
Deauville-Jour 4-Michael Almereyda

Je ne désespère de rattraper mon retard un jour… Quatrième jour, les conférences de presse ont fait place en ce jour à quatre films (les choses sérieuses commencent) et à une table ronde ! Youhouh ! Déjà mieux que rien, celle de Michael Almereyda, réalisateur de The Experimenter. Une journée placée sur le signe des points de suspension puisque sur les quatre films, seul Experimenter nous a gratifiait d’une vraie fin.

C’est parti !

EXPERIMENTER

Attention ! Gros gros coup de cœur ! Experimenter retrace l’expérience réalisée par le docteur Milgram dans les 60’s sur l’obéissance, pour analyser les réactions comportementales des gens face à l’autorité lorsqu’une personne est en souffrance, et ce, suite à la dernière guerre mondiale, ces gens qui en ont fait souffrir d’autres sous l’autorité. Je ne connaissais pas du tout cette expérience et j’ai été fascinée par le sujet, autant que par le film en lui-même, orienté sur les expériences sociologiques (à la portée de tous), sur la vie de Milgram et finalement son objectif de révéler certaines vérités, et surtout, de les faire accepter. Experimenter est à la fois un biopic, un documentaire et une fiction, se centrant à la fois sur la vie du Docteur, sur ses recherches, en imposant parfois un côté théâtral pour avancer l’irréel, tout en s’adressant aux spectateurs par des apartés face caméra. 1h34 de film absolument passionnantes, métaphoriques, intelligentes et qui désorientent par leurs propos ainsi que par les résultats effarants. Experimenter est emmené par Peter Sarsgaard, taciturne (en même temps, les universitaires sont rarement joyeux), nous faisant totalement oublié l’acteur derrière la fausse barbe (particulièrement moche soit dit en passant et très kitch, trop 60’s à mon goût). Aussi pourrez-vous voir Winona Ryder en femme modèle. Experimenter est pour le moment (à mon cinquième jour de festival, oui, j’écris bien le quatrième), mon coup de cœur hors compétition.

DAY OUT OF DAYS

Bienvenus à Hollywood, les sortis de secours se trouvent sur les côtés. Les stars, les paillettes, les tournages, le glamouuuur, la quarantaine et… plus rien. Voilà ce que nous raconte Day out of days. Quelques jours dans la vie d’une actrice, promise il y a 10 ans à un brillant avenir et sur le point d’épouser son compagnon à l’écran, une love story et un destin comme Hollywood en fabrique et qui fait l’admiration du public. Pourtant, 10 ans après, la quarantaine a sonné, le téléphone ne sonne plus, la coqueluche des jeunes est parti avec une star moins vieille. Day out of days fait partie de ses films de Deauville (et ils sont nombreux), qui ne sont pas mauvais, mais qui ne révolutionnent pas le cinéma. Le film est un portrait d’Hollywood bien réel, vécu par certaines stars ayant dépassées les 40 ans et qui sont oublié par le système. Elles doivent survivre à la solitude, voire à la dépression et sont obligées d’accepter des petits rôles ou des films ridicules. Melanie Griffith nous fait l’honneur d’avoir un rôle, pas des plus passionnants, qui aurait pu taper sur les nerfs si elle était plus souvent à l’écran (le contraste chirurgie esthétique et voix fluette, j’ai du mal). Day out of days s’octroie une fin qui arrive comme un cheveu sur la soupe, mais n’en reste pas moins une vue intéressante d’Hollywood loin de ses paillettes et de ce que nous envoie les tabloïds.

COP CAR

Pour la faire simple, Cop Car est un scénario de court-métrage qui tient avec difficulté sur 1h30, pourtant, il ne manquait pas grand chose pour accrocher notre intérêt une bonne fois pour toutes. Des enfants volent une voiture de police appartenant à un shérif (Kevin Bacon) avec un petit cadeau dans le coffre. Celui-ci se met à leur poursuite pour tenter de récupérer et sa voiture, et son contenu. Cop Car est de ces films épurés, où il n’y a pas besoin de décors riches pour exister et c’est souvent là qu’émergent des plans magnifiques, je pense notamment à la voiture, roulant dans une nuit noire avec juste les gyrophares qui fonctionnent. C’est le jeu du chat et de la souris auquel il manquerait quelque chose, car c’est clairement le problème du film, il manque une force, un je-ne-sais-quoi indéfinissable qui l’aurait rendu plus palpitant et nous aurait tenu en haleine. Encore un film qui nous laisse sur une fin trop ouverte.

I SMILE BACK

C’est ce qui s’appelle finir la journée en beauté ou comment parler de la dépression ? Youhouh ! Sarah Silverman n’est pas mauvaise dans I smile back, jouant une femme complètement paumée et folle sur les bords, malheureusement, cela ne suffit pas à faire tenir le film qui manque cruellement d’empathie. À aucun moment son histoire nous touche. Et encore une fois, le film nous laisse en plan sur la fin.

TABLE RONDE D’EXPERIMENTER avec Michael Almereyda

J’ai également pu interviewer en table ronde le réalisateur d’Experimenter, Michael Almereyda, qui nous a expliqué l’intérêt qu’il porte à la sociologie et aux comportements humains, la métaphore, l’utilisation de décors théâtraux, ses futurs projets, etc. Une table ronde qui sera bientôt retranscrite et que vous pourrez retrouver sur le blog.

Deauville-Jour 4-Michael Almereyda

by Miss Bobby
Deauville-jour 3-Orlando Bloom

Bon, ça y est, je déclare officiellement ma prise de retard dans la publication de mon journal de bord ! La faute à la fatigue et à mon ordinateur. Les conférences de presse s’amenuisent pour laisser place au cœur du sujet : les films, les films et encore les films ! Pour ce troisième jour, trois films : Jamais entre amis, Le Prodige et 99 Homes. Et une conférence de presse qui va rendre jaloux plusieurs personnes, celle d’Orlando Bloom présent pour un hommage.

CONFÉRENCE DE PRESSE D’ORLANDO BLOOM

Orlando Bloom a pris le temps de nous raconter son parcours, en commençant par l’une de ses plus grandes aventures, Le Seigneur des anneaux, nous précisant qu’il a été casté peu de temps après être sorti de l’école de théâtre, jeune diplômé, ce fut pour lui un apprentissage inestimable et qu’après une telle trilogie, il faut arriver à bien tenir sa carrière, en faisant les bons choix. Comme souvent chez les artistes étrangers, Bloom adore le cinéma français, et le public français, qui a une approche unique du cinéma. Il a bien voulu se confier un peu sur le tournage de Pirates des Caraïbes 5, il apparaîtra au début et à la fin du film, également, qu’il étaient particulièrement intéressant de travailler avec les deux réalisateurs (qui ont réalisé Kon-Tiki), Joaquim Ronning et Espen Sandberg.

Jamais entre amis

La charmante Annie de Community (Alison Brie) qui rencontre le charmeur Jason Sudeikis, un duo qui pourrait être improbable et pourtant qui fonctionne.  Deux accros du sexe qui font le pacte de ne jamais déraper ensemble en devenant amis. Cette trame est mise en place dès le début, sauf qu’à aucun moment elle n’est appliquée, dans le sens où il l’addiction n’est jamais montrée, s’attendant à une abondance de partenaires pour les deux protagonistes, mais celle-ci ne vient jamais, ce qui est dommage puisque le film nous est vendu comme ça. Toutefois, une certaine alchimie ressort de couple d’amis, il l’aide à panser ses blessures et elle joue son rôle d’amie. Tout est naturel, sans chichis. Jamais entre amis oscille entre finesse de l’action et la « brutalité » des mots, sortants de la bouche de trentenaires via un humour trash et sans filtre. Le film est sincère, Alison Brie y est sexy et mimi tout plein, et Jason Sudeikis est à la fois beau gosse (comme d’habitude) tout en ayant un je ne sais quoi inhabituel, une sorte de tendresse et d’authenticité fort appréciables.

Le Prodige

Ça tombe bien, j’ai vu Le Tournoi il y a une semaine, donc j’ai pu comparer ces deux films qui parlent des échecs, sauf que Le Prodige est sur fond de guerre froide, et ce ne sont pas des petits jeunes qui font n’importe quoi. Tobey Maguire incarne Bobby Fischer, le célèbre joueur d’échecs Américain, à la fois prodige et atteint d’un gros niveau de paranoïa, dans un contexte qui entretenait cette dernière : cette impression d’être constamment sur écoute, surveillé. Le Prodige souffre de longueurs et d’un ventre bien mou au milieu là où finalement Fischer perd pieds, et s’enfonce dans sa folie. Pour autant, Edward Zwick, a su filmer une chose essentielle que je n’ai pas trouvé dans le Tournoi : la beauté du jeu d’échecs par de gros plans sur les pièces, tout en arrivant à capter l’attention du spectateur en retransmettant la tension du jeu, vous tenant en haleine durant toute la dernière partie du film. Le Prodige aurait pu être moins long en raccourcissant certaines séquences de paranoïa, il n’en reste pas une belle performance pour Maguire. J’ai noté aussi que Liev Schreiber n’a pas son charisme habituel en jouant le rôle du joueur d’échecs russe, Boris Spassky. Mention spéciale pour la bande-originale.

99 Homes

Ce qui est bien quand on assisté aux conférences de presse avant de voir les films, c’est qu’on est influencé avant par l’équipe et c’est qu’au visionnage qu’on se rend compte si elle a réussi à nous convaincre. Par exemple, Life, j’avais une idée du film exposée notamment par le réalisateur, mais le film n’était pas du tout à la hauteur de mes attentes, sur-vendu ! C’est la même chose avec 99 Homes, sauf que, par les dires de son réalisateur Ramin Bahrani, j’ai eu un tout autre effet : voir le film différemment par la véracité des faits. 99 Homes s’accapare un sujet pour le moins inattendu avec les agents immobiliers spécialisés dans les saisies, un film particulièrement intéressant, auquel on ne pense pas et dont on en s’imagine pas les travers, ni à quel point les choses peuvent aller loin. Des agents portant des armes, des familles qui se retrouvent sans logement du jour au lendemain, dans la détresse de voir leurs biens disparaître et face à l’humiliation d’être à nue en face de leurs voisins. Andrew Garfield tombe le masque de Spiderman pour celui d’un jeune homme lambda, vivant avec son fils et sa mère, il n’est pas embellit, juste brut, offrant un très beau jeu d’acteur aux côtés de Michael Shannon (sans ses chaussettes Joconde), froid et charismatique. 99 Homes aurait mérité quelques coupes, pour le rendre un peu moins long, mais c’est un très bon film au sujet intéressant.

by Miss Bobby
Deauville-Jour 1 Keanu Reeves

Ça y est le premier jour est passé et il fut beaucoup moins palpitant que l’année dernière lorsque Jessica Chastain éclairait de sa beauté notre début de festival. Nous sommes partis très tôt afin de prendre notre temps et profiter d’un petit déjeuner fort copieux chez Dupont avec un thé. Nous avons bien sûr récupéré notre accréditation, précieux sésame pour apprécier pleinement et sans trop de stress le festival. Tandis que mes comparses et amis blogueurs reçoivent tour à tour des confirmations de tables rondes, je dois me résoudre que mes chances d’interviews s’amoindrissent. En effet, n’ayant pas pu participer aux projections parisiennes avant le festival, je me vois pénaliser. Ce n’est pas grave, il me reste encore les films et les conférences, qui sait, peut-être des interviews feront leur apparition plus tard.

Nous pensions croiser Keanu Reeves ou Eli Roth dans les rues de Deauville, à la manière de Chastain l’année dernière et peut-être décrocher un selfie, mais en vain. Bonus de dernière minute : nous avons réussi à récupérer deux places (au lieu de quatre) pour la cérémonie d’ouverture de ce Deauville 2015. Cette cérémonie rendait hommage à Neo alias Keanu Reeves. Si on m’avait dit un jour que je l’aurais en vrai sous mes yeux (et demain en conférence de presse), moi la grande fan de Matrix, jamais je ne l’aurais cru. Et pourtant. L’entrée de l’acteur s’est faite de la plus belle manière, sur la musique de fin de Matrix, Rage against the machine, comme si Neo était entré dans la salle de projection. J’en suis restée admirative. Suite à cet hommage où Keanu Reeves nous a offert un discours retraçant les péripéties de sa carrière le menant jusqu’à ce jour, le jury du festival ainsi que le jury révélation furent présentés. Point de passage sur scène comme l’année précédente, point d’hommage non plus à ceux qui nous ont quittés en un an. Bon. Le film d’ouverture fut Everest de Baltasar Kormakur avec Jason Clarke (les deux avaient fait le déplacement, ils seront d’ailleurs présents en conférence de presse demain) et mon mari Jake Gyllenhaal.

Deauville-Jour 1 Keanu Reeves

EVEREST

Je suis un peu mitigée sur cette ascension de l’Everest (en 3D et Atmos) : l’émotion est particulièrement palpable, difficile parfois, on ressent à quel point cette escalade a été très éprouvante (d’autant que c’est tiré d’une histoire vraie). Visuellement, j’ai été impressionnée sur le travail de la 3D, la profondeur de champs, néanmoins, je ne sais pas si c’est l’éloignement qui accentue les défauts, mais j’ai clairement repéré les séquences réalisées en studio pour plusieurs raisons : la lumière est trop artificielle parfois, la fumée sortant de la bouche est numérique de temps en temps (et ça se voit), les effets de soleil ne sont pas réalistes. On perd donc la sensation d’extérieur et on se déconnecte de l’action, enfin, je l’ai ressenti comme ça. Et la surabondance de personnages fait qu’on peut se perdre en conjoncture : qui fait quoi ? Qui est dans quelle équipe ? On s’y perd. Everest n’en reste pas moins impressionnant, esthétiquement beau, très bien interprété, les acteurs sont exemplaires.

J’espère qu’il y aura quelques bonnes surprises au niveau des interviews pour moi durant ce 41ème Festival de Deauville.

À demain !

by Miss Bobby