A couteaux tirés

A couteaux tirés

Avec ou sans le chandelier ?

Ils sont beaux, ils sont très riches, ils ont tous un égo qui ne passe plus les portes, ils sont incroyablement exécrables et petite particularité sympathique : ils sont tous potentiellement coupables d’avoir tué le patriarche. Ils forment la famille Thrombey et chacun veut sa part du magot. Daniel Craig revêt l’habit du détective privé, Benoit Blanc, avec un sens du drame et du chic que l’on se délecte à chacune de ses apparitions. À renfort de son accent mi-anglais, mi-je ne sais où et de son sens de l’observation aussi aiguisé qu’un couteau, il va tirer les vers du nez de cette haute bourgeoisie où les membres sont tous À couteaux tirés !

Comme chaque bon film d’enquête, l’ambiance reste la même : un brin lugubre, un lieu toujours luxueux, ce petit parfum bourgeois – coincé, des égo gonflés à bloc et un humour cynique, légèrement pincé. Alors, dès la première image d’À couteaux tirés, l’atmosphère est posée, nous sommes invités à sortir notre monocle pour tenter de dénicher le moindre indice, la moindre parole suspecte vous fera lever un sourcil (oui, car vous êtes comme ça, à la limite, vous vous frotterez doucement le menton, si vous avez une barbe, c’est encore mieux).

À couteaux tirés est simple, efficace et bien mené. On s’approche de la pièce de théâtre par des personnages un peu grotesques (dans le bon sens du terme) et caricaturaux, loin de me déplaire. Chris Evans s’en sort pas mal encore dans un autre registre que celui de Captain America, il est toujours plaisant de voir Jaime Lee Curtis, et les autres d’ailleurs : Don Johnson, Toni Colette, Michael Shannon, Christopher Plummer, chacun arrivant à nous faire détester son personnage avec brio. Très classique du genre, À couteaux tirés est divertissant, on rentre dans le jeu (Cluedo ?) tout de suite, on sait où l’on va, même si l’on ne connait pas la fin et on reste très attentif pour essayer de comprendre ce qu’on avait manqué.

Sortie en salles le 27 Novembre 2019.

by Miss Bobby
Miss Bobby_DVD Cold in July

Miss Bobby_DVD Cold in July Fin des années 80 au Texas, une époque et un Etat qui font rêver, voici l’ambiance de Cold in July. Un mélange de couleurs, une atmosphère un peu moite du fin fond des Etats-Unis, du sang et la crème de la population locale. Une vraie carte postale.

Le film vous emmène directement dans les profondeurs texanes, là où il fait bon de porter le chapeau de cowboy et où tous les prétextes sont bons à titiller la gâchette. Trois figures masculines : un père de famille (Michael C. Hall), un père ex-taulard (Sam Shepard) et un cowboy exubérant (Don Johnson), c’est par leurs défauts que l’histoire de base va se déconstruire pour nous emmener vers une piste totalement différente.

C’est sur une bande originale particulièrement réussie que les premières images instaurent une atmosphère lourde, où chaque séquence peut apporter son lot de mauvaises surprises, comme si tout pouvait exploser à la figure en un claquement de doigts. Un scénario qui traite de l’angoisse, de la peur, à la limite de la paranoïa, par les conséquences d’un acte qui pourrait être anodin, mais qui va bouleverser l’existence de son personnage principal.

Une fine retranscription des années 80 par les décors, les costumes (et la coupe mulet) et la musique.

Cold in July est un polar qui vous fascinera, qui vous ne vous mettra pas forcément à l’aise, à l’instar de Richard, toujours à l’affût.

Bonus :

– Scènes coupées avec commentaire audio (15 minutes) : 8 scènes. Les commentaires apportent vraiment une touche intéressante sur le pourquoi ces scènes ont été coupées, même si elles apportaient au récit.

– Bande-annonce

– Liens internet

– Crédits

Sortie en vidéo le 06 mai.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Ray_Liotta_Deauville 2014

Comme diraient les anglo-saxons : « What a day ! » (quelle journée !). Ce jour du 09 septembre 2014 restera gravé dans ma mémoire et pour très longtemps. D’ailleurs, je pense le fêter chaque année, il aura son propre anniversaire. Que sait-il passé pour que ce jour soit autant marquant (si vous n’avez pas jeté un oeil à la page Facebook ou à Twitter) ?

Reprenons depuis le début : ça s’est passé en 1984… pas non plus depuis le commencement. Ma journée a démarré tardivement, préférant sauter la projection de The Better Angels (à raison, quand on voit les retours) pour débuter par la conférence de presse de monsieur Ray Liotta. Et c’est là que cette journée a pris un tournant important dans mon catalogue de souvenirs. Ray Liotta est quelqu’un de très cool et en plus de très drôle. Lors de la conférence il n’a d’ailleurs pas hésité de mentionner à la traductrice sa capacité de mémorisation en plaignant son mari. Liotta a été très touchant en précisant que le moment qui a été le plus difficile pour lui fut durant le tournage du film Les Affranchis, il a perdu sa mère et le film lui a permis de tenir le coup. Il a également précisé que la plupart des rôles qu’il a joué sont des hommes durs, de poigne, complètement à l’opposé de son caractère doux et pas du tout bagarreur. Et clou du spectacle – et c’est là que j’entre en jeu malgré moi – en train de répondre tranquillement à une question, monsieur Ray Liotta n’a pas hésité à se tourner vers moi pour me préciser à quel point il adorait mon tatouage. J’aime autant vous dire que lorsque vous recevez un tel compliment d’un acteur de son envergure, vous ne savez plus quoi dire à part merci et vous virez rouge pivoine. J’en suis restée pantoise et tous mes petits camarades aussi. Le genre de chose qui ne s’oublie pas. Ray Liotta aura rendu mon festival définitivement inoubliable. A moins que Pierce Brosnan ne me fasse un compliment à son tour lors de la table ronde de vendredi matin. Je me rends compte que j’ai peut-être oublié de vous mentionner ce détail. J’en reparlerai.

Miss Bobby_Ray_Liotta_Deauville 2014

La journée s’est poursuivie avec la projection de The Good Lie, d’une heureuse pause gourmande pour partager du cidre rosé ainsi qu’une gaufre. Petit arrêt plage pour enfoncer ses pieds dans le sable et retour au Centre International de Deauville (plus communément appelé le CID) pour l’hommage à Ray Liotta évidemment, suivi du film Alex of Venice. Nous étions très bien placés pour apprécier l’incroyable discours d’introduction de Vincent Lindon déclarant son amour à Henry Hill sans concession, avec beaucoup d’humour et de tendresse. De loin, le meilleur discours du festival.

Retour sur The Good Lie :

En voilà une découverte qui fait du bien. Un film tiré d’une histoire vraie dont les acteurs ont eux-mêmes vécu l’histoire. Comment des enfants soudanais réussissent à survivre à la guerre, puis à s’envoler aux Etats-Unis à l’âge adulte pour atteindre un meilleur niveau de vie. C’est incroyablement touchant, sincère, humble, sans chichis, exposant des valeurs fortes comme la famille, l’honnêteté, le partage et le sacrifice. On voit ces enfants essayant d’échapper aux balles, à la maladie, au deuil, puis vient ce contraste formidable entre la vie américaine et les difficultés à s’adapter à des choses très simples, comme téléphoner, dormir, allumer la lumière. Le spectateur se prend de plein fouet les « valeurs » modernes face à celles ancrées dans les racines et qu’il nous arrive de perdre de vue.

Retour sur Alex of Venice :

Ca partait bien pourtant : il y avait ce je ne sais quoi de rétro dans la couleur qui fleurait bon le petit film indépendant sympathique, plein d’émotions… Eh bah non ! Gros plantage ! Ca fleurait surtout la grosse sieste et l’ennui. Hormis Don Johnson finalement peu présent à l’écran, le reste… Ouais, voyez comme je suis inspirée ! C’est un tout petit morceau de vie dans l’existence débordante d’Alex. Tout petit morceau où l’on ne ressent aucune empathie (j’aurais bien voulu pourtant), aucune tristesse, rien. En fait, on dirait un mauvais film de vacances. Très utile pour vous préparer à aller dormir cela dit.