Le sens de la fête_film

Le sens de la fêteToujours avides d’originalité, le duo de réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano reviennent avec leur nouveau film, Le Sens de la Fête qui, pour une fois, vous montrera l’envers/l’enfer du décor d’un mariage, par les yeux du traiteur et de son équipe. Le duo a réussi à se faire une place de choix dans le panorama des comédies françaises avec des films sensibles, toujours bien écrits et jouant sur la finesse.

Entrez dans le monde mystérieux des traiteurs, vous savez, ceux que l’on attend avec beaucoup d’impatience lors des événements, qui vont embellir votre soirée/fête en remplissant comme il se doit votre estomac et par conséquent, marquera en grosse partir la réussite – ou non – de ce moment festif. Parce qu’en vrai, on est tous venus pour manger et boire à l’œil, non ?! Nous suivons le chef Bacri entouré de sa belle brigade pendant une journée, du matin jusqu’au le lendemain dans les préparatifs d’un mariage en passant par l’exécution. Un beau portrait d’un métier de l’événementiel qui pourrait presque refroidir le premier novice/naïf venu voulant se lancer dans l’aventure. Parce que bon, quand on est invité, généralement tout se passe bien : les serveurs sont à disposition, on ne manque de rien pour remplir notre gosier, tout va pour le mieux. Mais derrière, cela ne se fait pas tout seul en un claquement doigt ! Le Sens de la fête nous fait une sorte de fiche métier très détaillée :

  1. Le client est roi : toujours l’écouter, lui faire plaisir, répondre à ses demandes, même les plus extravagantes ou celles de dernière minute et surtout, essayer de ne pas l’étrangler. Calme.
  2. Gérer son équipe : les retardataires, les absents qu’il faut remplacer au pied levé, les incompétents, les lents, les têtes en l’air, les égocentriques, les mésententes, et toujours essayer de ne pas en prendre un pour taper sur l’autre. Zen.
  3.  Faire face aux imprévus : un plat raté, un aliment avarié, un problème technique et tout fout le camp ma bonne dame ! Il faut donc être réactif, inventif et sortir le plan de secours. On garde son sang froid.
  4. Avoir de l’humour, beaucoup d’humour, quitte à ce que ça vire au cynisme comme Max (Jean-Pierre Bacri), ce n’est pas grave, c’est une manière subtile de se défouler.
  5. En cas d’extrême urgence : jetez l’éponge si vous êtes entouré d’incompétents finis !

Le rôle de « chef d’orchestre » va comme un gant à Bacri qui vous fera mourir de rire par ses répliques blasées. Vous rirez encore plus avec l’ignorance inouïe de Samy (Alban Ivanov) – les professionnels ayant déjà rencontré ce genre de spécimen rigoleront peut-être moins, vaut mieux l’avoir dans un film que dans sa brigade. Attendez, ça ne s’arrête pas là avec le kéké de service, joué par Gilles Lellouche, Mister DJ comme disait Madonna. Et plein d’autres encore (le casse-pied Benjamin Laverhne, Vincent Macaigne qui sort un peu de son registre d’homme « passible », Jean-Paul Rouve qui collabore pour la troisième fois avec les réalisateurs) !

Le Sens de la Fête est une très bonne comédie, sur un sujet original, jonglant entre un humour subtil et un peu pataud (mais ça fonctionne très bien) avec une belle équipe de bras cassés.

Sortie en salles le 04 Octobre 2017.

by Miss Bobby
Marie-Francine_Lemercier

Marie-Francine_LemercierJe ne vais pas y aller par quatre chemins, je ne porte pas Valérie Lemercier dans mon cœur, qui, à mon sens, en fait toujours dix tonnes, et ça me gonfle. J’ai quand même suivi les conseils de Mondociné qui m’a dit que le film était plutôt bien. Et j’ai eu raison de l’écouter. On prend le même principe que Retour chez ma mère avec Alexandra Lamy et on recommence, en mieux.

Marie-Francine a 50 ans, son mari la plaque pour une minette de 32 ans et elle perd son emploi par-dessus le marché. Retour à la case départ, ne touchez pas 20 000€. Et quel départ! Le moins qu’on puisse dire, c’est que ses parents sont sacrément gratinés. Interprétés par Hélène Vincent et Philippe Laudenbach, ils cassent aussi bien la tête à notre héroïne, qu’à nous, donnant des moments à la fois énervants et drôles. Valérie Lemercier s’est octroyée un personnage en retrait, réservé, qui subit les autres. Elle va croiser sur son chemin Patrick Timsit alias Miguel, la très bonne surprise du film (mais ça ne tient qu’à moi).

La salle a beaucoup ri et il y a de quoi, mais pas moi. J’étais plutôt subjuguée par le rôle de Timsit, un homme sincère, tendre (cuisinier en plus), plein d’humour, de simplicité et de spontanéité. J’étais plongée dans le lien qu’était en train de créer ces deux personnages et ça m’a suffit. C’était drôle, mais ça glissait sur moi. Ce n’est pas grave, Marie-Francine m’a plu pour d’autres raisons du coup.

Lemercier ne prend pas son film pour ce qu’il n’est pas, il y a une certaine franchise mélangée à de la pudeur qui s’en dégage, on prend autant de plaisir à voir le couple de parents, que les galères de M-F ou le rayonnement de Miguel. Marie-Francine est une comédie légère et agréable.

Sortie en salles le 31 Mai 2017.

by Miss Bobby