Paddington 2

Paddington 2 : le sandwich à la marmelade toujours à la mode !

Paddington 2L’ours anglais accro aux sandwichs à la marmelade d’orange est de retour. Qu’est-ce qu’il y a à dire sur Paddington 2 ? A vrai dire, pas beaucoup de choses, il est impossible de le détester tellement il est mignon sous ses airs maladroits, on a toujours envie de lui faire un gros câlin et de glisser nos doigts dans sa belle fourrure. C’est Paddington quoi ! On ne peut que l’aimer ! Le retrouver dans cette suite est un réel plaisir non dissimulé, nous transportant dans une histoire très farfelue où Hugh Grant est un comédien voleur très imbu de sa personne. Dans un autre rôle complètement à contre-emploi, celui de Brendan Gleeson, armoire peu commode (oh le jeu de mots !) qui cache un cœur aussi tendre que de la crème ! On se régale de découvrir l’acteur dans un rôle très burlesque, loin de ses rôles romantiques. Paddington 2 nous offre une grande mascarade où la prison prend des airs… comment dire ? Arf ! Vous verrez par vous-mêmes ! N’oubliez pas que Paddington est là pour vous émerveiller, on est embarqué dans cette douce absurdité qui réveille notre âme d’enfant.

Paddington 2 nous emmène dans une aventure rocambolesque sucrée avec cet arrière goût de marmelade d’orange, douce comme un bonbon, un petit plaisir tout doux ! C’est rythmé, il y a une séquence incroyable qui nous plonge dans un livre pop up, c’est terriblement bien réalisé et plein d’émotions ! Et puis ce Londres intemporel, cette vie de quartier so british, moi j’adore !

Qu’on soit grand ou petit, on va voir Paddington 2 avec son sandwich à la marmelade sous le chapeau et on va papoter du film devant une tasse de thé bien chaude et des scones !

Sortie en salles le 06 Décembre 2017.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Guillaume_Gallienne_Paddington

Quand Mondocine m’a dit : tu veux faire la table ronde de Guillaume Gallienne pour Paddington ? J’ai dit un grand oui tout de suite ! J’adore ce qu’il fait et ce qu’il est, en tant que comédien et en tant que personne. Il s’est attardé une bonne trentaine de minutes pour répondre à nos questions sur le doublage du petit ours qu’est Paddington. Sinon, n’hésitez pas à retrouver ma critique de Paddington.

Comment avez-vous doublé Paddington par rapport à Mr. Peabody ? Quel a été le changement d’expérience ?

Guillaume Gallienne : Bon, ce n’est pas le même film. L’un est un cartoon et l’autre ne l’est pas. Après, je n’ai pas maquillé ma voix, que ça soit dans l’un ou dans l’autre, j’ai déjà fait des choses où je maquillais plus ma voix, comme Sammy ou U, Lasare le Lézard dans U, c’est vrai que la voix était plus maquillée disons. Ce sont des personnages très différents, donc ça change le jeu, Peabody est un papa, son souci, c’est la responsabilité, il est même un peu trop coincé là-dessus au début, alors que Paddington est un enfant. Un enfant de quel âge, on ne sait pas, il pourrait avoir 8 ans, comme il pourrait en avoir 12 ou 13, on ne sait pas trop. Et puis le moteur de Paddington, c’est vraiment la naïveté, mais la naïveté, ni infantilisée, ni… ce n’est pas un crétin : il est intrépide, il est insolent, pas insolent, pas tellement, plus intrépide. Mais c’est une vraie naïveté, il est en découverte de tout, même d’émotions graves voire tristes, il les découvre à chaque fois. Ça surprend, souvent avec pudeur, mais toujours avec beaucoup de courage : à chaque fois il rebondit, il y va, il constate les choses, il encaisse, mais il y va. Ce que je trouve très bien fait dans le film, c’est que si les enfants devaient s’identifier à lui, je trouve ça juste, car il peut avoir des moments de gravité comme les enfants peuvent avoir. Ça, je trouve ça très très bien fait. Et ses moments drôles ne sont pas forcément dans des mises en scène hyper efficaces. Il se trouve que c’est drôle, mais ce n’est pas schématique. Je trouve ça souvent plus poétique, le film est très poétique. L’autre chose, c’est que moi je connaissais les livres enfant, parce que j’avais une nanny anglaise qui me les a fait lire ou qui me les a lus d’ailleurs, c’était en anglais. Ce que je trouve très bien rendu dans le film, c’est que les deux raisons pour lesquelles Michael Bond a écrit cette histoire au début en 1956, c’était pour 1. Le fait qu’il a été traumatisé par les enfants orphelins, pendant la guerre et après-guerre, qui étaient là avec une étiquette autour du cou. Il a été traumatisé par cette image et par le racisme qu’il y avait à Londres dans les années 50, où il y avait des noirs qui n’avaient pas le droit de rentrer dans des restaurants ou des choses comme ça. Et je trouve que ces deux choses-là sont extrêmement bien rendues dans le film avec beaucoup de subtilité. C’est un film aussi sur le racisme, l’acceptation de l’étranger malgré ou finalement grâce à ses différences, et on voit qu’il y a quelque chose de l’ordre de « sans famille », de Dickens, la première image dans la gare où il est pile à un endroit où c’est marqué « Lost and Found » (perdu et trouvé*). Voilà. Dans les objets trouvés. Il y a quelque chose de touchant comme ça, de très touchant, moi j’ai versé ma larme plusieurs fois en le faisant. Donc voilà, c’est vrai que là, ce n’est pas cartoon, que les personnages en face sont Hugh Bonneville, Nicole Kidman, Julie Walters. D’ailleurs, l’acteur anglais qui fait la voix anglaise, ne maquille pas du tout sa voix non plus.

Miss Bobby_Guillaume_Gallienne_Paddington

S’il y avait une suite à Paddington, est-ce que vous aimeriez avoir un rôle physique ? Et si oui, quel type ?

G.G. : Ah bah non, parce que je serais la voix de Paddington, bah je vais continuer de faire la voix de Paddington !

Ah oui, mais vous parlez anglais, vous pouvez…

G.G. : Non, maintenant jouer en anglais, volontiers, je l’ai déjà fait, j’adore le faire donc, jouer an anglais, volontiers, mais Paddington, là, non quand même. Maintenant quel est mon personnage préféré dans Paddington, ça je peux vous répondre. Je pense que c’est quand même Mister Brown. D’abord, j’adore cet acteur, je n’ai aucune envie de le remplacer, il est génial. J’aime beaucoup ce personnage, car il évolue beaucoup, au départ il est quand même assez hostile et il arrive à demeurer sympathique alors qu’il tient des propos au départ qui sont carrément limites. Ouais, il est dur, il n’est pas du tout généreux au début. Il évolue bien.

Quel regard portez-vous sur le film en tant que réalisateur et comédien ?

G.G. : Je trouve que le film est extrêmement bien réalisé, parce qu’il est très délicat, et poétique, jamais schématique comme je le disais tout à l’heure. Même la scène de travestissement avec Hugh Bonneville, c’était étonnant comment c’est traité. Je trouve ça très intelligent. C’est rare le travestissement traité comme ça. Nicole Kidman m’a bluffé, parce que je trouve qu’elle a choppé un truc. Elle est d’une sincérité dans son rôle et en même temps, le décalage par rapport à l’univers, à Paddington, ça s’adresse aussi à des gamins de 5 ans, je trouve qu’elle le tient. Je ne sais pas comment elle fait. Ne pas voir les ficelles et de dire : elle fait comment, car elle est tout le temps sincère, elle est même presque touchante, on sent une femme meurtrie, une petite fille meurtrie, qui a été humiliée enfant. Elle ne grossit pas tellement les choses avec le voisin épouvantable. Je trouve qu’elle ne grossit pas tellement, c’est sur un fil et le fait qu’elle ait accepté de terminer en se prenant une remorque entière de fumier sur la tête, alors ça, mais chapeau ! Non, mais la classe ! Elle est étonnante. Et puis le rythme, la lenteur, ce chemin-là quoi, elle trace une route qui termine sous le fumier quand même. Non, mais qui s’adapte je trouve au passage qui est limite Mission : Impossible à… ouais, je la trouve vraiment… Et puis j’adore Julie Walters, mais je crois que Julie Walters, elle pourrait lire le bottin que je trouverais ça bien, depuis L’éducation de Rita je suis fan de cette actrice. Là aussi, c’est génial, la scène de beuverie avec l’agent de sécurité. Mais ça aussi, c’est la puissance de jeu, de ces acteurs-là, qui jouent très sérieusement des scènes, qui ne perdent jamais la crédibilité, jamais même en poussant le curseur. Mais ça ne se réduit jamais à une grimace, « it’s never une attitude », c’est toujours un état. Et toujours avec un brin de fantaisie.

Miss Bobby_Paddington

Après tous les doublages que vous avez pu faire (Peabody, Paddington, Sammy), est-ce que vous avez acquis une forme d’aisance au doublage – même si c’est plus simple que le jeu d’acteur – est-ce que vous avez pris une certaine méthode ?

G.G. : Ce n’est pas une méthode, mais disons que je n’ai jamais été impressionné par la bande rythmo. J’ai choppé le truc d’entrée. Mais je fais ça aussi avec le serpent dans la série Le petit Prince et je fais ça aussi toutes les semaines à France Inter, je n’ai pas de bande rythmo, mais le rapport en tout cas, à dire le texte et être face à un micro, à juste dire, sans public présent, je le fais toutes les semaines à France Inter et ça ne peut pas faire de mal, ça fait 5 ans et demi que l’émission existe. J’aime ça, j’aime plonger, sans décider auparavant. D’ailleurs à France Inter, je ne lis jamais les textes avant. C’est souvent des textes que j’ai lu il y a longtemps dont je me souviens, et encore, après 5 ans, je n’ai pas tout lu. Mais je ne lis jamais avant, je ne travaille jamais le texte avant. De même en synchro, j’écoute une fois la scène en anglais, parce qu’elle existe en anglais, mais je l’écoute une fois, mais je n’essaie pas d’imiter ce que fait l’acteur anglais, je retiens l’information dramaturgique qui est donnée, après je plonge. Parce que c’est ce qui m’amuse, c’est ce qui rend la chose créative, sinon ça serait ennuyeux. Que ce soit à la radio ou en studio de doublage, on n’a pas peur de se planter, parce que si on se plante, pas grave. Mais je ne fais pas tellement de prises, c’est une sorte d’énergie. En plus je retiens très vite le texte, je le retiens presque malgré moi, donc je suis plus sur l’image, je suis autant sur l’image que sur la bande rythmo. Mais c’est un rôle physique, on est derrière un petit bar, derrière un micro dans une cabine, mais sur place, vous bougez beaucoup. Paddington, il y a beaucoup de moments où quand même il court, il marche, il se casse la gueule, il bouffe, donc fallait que ce soit vécu pour que ça passe, ça colle à l’image.

Miss Bobby_Paddington

Est-ce que les habitudes et les coutumes anglaises sont bien représentées dans Paddington ? Et qu’aimez-vous tout particulièrement chez les Anglais ?

G.G. : Je trouve qu’elles sont très bien représentées, mais justement, la qualité du film par rapport au livre, je trouve que le film se dégage de cette limitation au « folklore » britannique. Ça y est, mais ce n’est pas un code permanent et obligatoire. Ca y est parfois en référence et de manière assez drôle, mais ce n’est pas aussi présent que dans les livres, je trouve que du film se dégage une poésie un peu plus universelle : le décor de cette maison avec cet arbre dans l’escalier qui fleurit à la fin. Des images qui sont assez merveilleuses et pas seulement « would you like a nice cup of tea ? » (Voulez-vous une tasse de thé ?*). Voilà. Ça y est, mais point trop n’en faut. Misses Bird est d’ailleurs d’une originalité démente, Julie Walters en fait un truc absolument génial et moins « uptight » (crispée*) que peut l’être Misses Bird dans la collection de livres.

Ce que j’aime chez les Anglais ? Je ris tous les jours en Angleterre, ce que les Anglais appellent « sense of humor and wicked » (très bon sens de l’humour*). Il y a un esprit et un humour, pas un esprit, un humour anglais qui me fait rire. C’est ce qui me manque le plus quand j’en suis loin, c’est ça. Et puis la langue anglaise, je parle anglais à mon fils vu que je parle anglais quotidiennement, mais d’entendre l’anglais, ça me manque parce que la tonicité de la langue, c’est une langue qui est quand même synthétique, rapide, tonique, et puis c’est une langue où tout mot peut-être un verbe, donc c’est une langue qui peut être très active, on peut transformer tout mot en verbe. C’est ce qui me vient à l’idée, après le côté « cosy », « nice cup of tea », le plaid, les scones, tout ça j’adore, mais voilà je suis ravi en même temps d’habiter Paris, de ne pas avoir une pression d’eau de douche aussi nulle, de ne pas me brûler les mains dès que je veux avoir un peu d’eau chaude aux robinets, car l’eau froide et l’eau chaude sont forcément séparées en Angleterre et que du coup « Ah ah » (il mime le fait de se brûler). Il y a plein d’autres avantages après à être en France et pas à être en Angleterre. Ce n’était pas la question.

Vous avez évoqué votre fils, est-ce qu’il l’a vu ?

G.G. : Non, je l’emmène dimanche. Mais ça y est, on déjà dans les bouquins, il est à fond, il est Paddington, moi je suis Mister Brown, en plus on vient d’acheter un chien, donc l’idée d’un animal à poil dur, on connaît.

Vous lui avez dit que ça sera votre voix dans un corps d’ours ?

G.G. : Ça je lui ai déjà dit, parce qu’en fait il avait vu Peabody et au dernier tiers du film, on pense que Peabody est mort. Et mon fils a retenu, retenu, retenu et au moment où la salle s’est rallumée, il a explosé en sanglots pendant 15 minutes. Donc là je l’ai prévenu, je lui ai dit : « attention, à un moment, on a peur, on a très peur », parce qu’il y a des moments qui sont émouvants. Voilà, je l’ai prévenu, car je ne m’attendais pas du tout à cette réaction. Ça m’a vraiment « overwhelmed » (bouleversé*). Mais il est content.

Mais papa est dedans ?

G.G. : Ah ça je n’y pense pas, je ne le projette pas du tout sur lui, c’est plus le ludisme de la chose, du sujet, du film, ce qui peut raconter de moins drôle, mais d’intéressant et puis je lui raconte les doublages, je lui fais faire des doublages en rigolant : « tu peux me le jouer, hmmm, il a peur. Ouais, maintenant la même phrase, mais il est super content. Pas mal. ». C’est juste de l’amusement.

Miss Bobby_Guillaume_Gallienne_Paddington

Le doublage des acteurs était déjà fait lorsque vous avez doublé ?

G.G. : Non. Je l’ai fait seul, mais ça je n’ai pas besoin, et puis je suis bilingue. Et j’écoutais en anglais, je sentais bien l’énergie ou pas. D’ailleurs, l’énergie que je mets dans le Paddington en français, n’est pas du tout la même que l’acteur anglais. Enfin je trouve. Lui est vachement sur la réserve. Je le trouve assez grave, plus posé que ce qui m’est venu et puis parce qu’il y a une tonicité qui est écrite dans la langue anglaise et qu’il faut décider en langue française. On est la seule langue où l’accent tonique est libre de choix. Ça varie beaucoup, ça change beaucoup, c’est à l’acteur de décider où il va tonifier la phrase, alors qu’en anglais c’est d’office.

Est-ce que vous pourriez nous donner votre point de vue sur la polémique vis-à-vis de la censure britannique, l’insinuation sexuelle, ce qui nous paraît en France disproportionné ?

G.G. : Vous voulez vraiment mon avis là-dessus ? Mon avis, ça serait que j’aimerais bien que les personnes qui ont pris cette décision, consultent, je crois qu’on pourrait commencer par deux séances par semaine, ça me paraît raisonnable. Après, plus largement, le politiquement correct me gave, mais il est la conséquence de choses qui parfois sont aussi positives. […] Après, on doit protéger nos enfants au risque de les bêtifier[…]. Non, mais la référence sexuelle de la scène de Hugh Bonneville, c’est drôle de différencier le déguisement à partir du moment où il s’agit d’un travestissement. S’il y a bien un âge où on se déguise, c’est bien dans l’enfance, après on le fait moins, à tort, c’est drôle les soirées à thème, mais ça peut mal tourner (rires), je ne vois pas pourquoi vous riez. Je ne comprends pas, cet excès de zèle qui est vraiment mal tombé. Après qu’on n’emmène pas un enfant de moins de 5 ans, moi je comprends, dans le film il y a des choses un peu dures. Si j’avais un enfant de moins de 5 ans, je ne l’emmènerais pas, mais à partir de 5 ans, ça va. Mais là, « parental guidance », c’est compliqué, mais bon. Il y a tellement d’abus, c’est ça aussi le problème. C’est presque un message politique pour dire attention, mais à ce moment-là, qu’ils disent attention sur certains sites internet, en même temps quand on autorise les kiosques à journaux à afficher en extérieur de kiosque, à hauteur d’enfant, des couvertures de magazines porno, est-ce qu’on peut juste être un tout petit peu cohérent ? Je ne sais pas si cette info est juste pour l’Angleterre, il faudrait vérifier. Puritains, je ne suis pas sûr.

Miss Bobby_Paddington

Je voulais sortir un peu de Paddington et vous demander quels sont vos projets en tant que réalisateur ? Par exemple, un film en anglais pourquoi pas ?

G.G. : Alors on m’en a proposé un, enfin plusieurs, il y en a un que je vais lire, mais je ne me vois pas accepter un film de commande avant d’avoir réalisé mon second film que j’ai en tête depuis 12 ans, que j’écris en ce moment, mais que je ne tournerai pas avant l’automne 2016, pour deux raisons : la première, c’est que cette année, j’avais des engagements auprès du Français qui étaient de longue date, que ce soit Lucrèce ou la reprise d’Oblomov en tournée et au Vieux Colombier en janvier, la reprise de Lucrèce finalement en avril et Fil à la patte en juin. J’ai accepté deux longs métrages en tant qu’acteur en 2015, février-mars et septembre-octobre, je suis en tournage. Mais après, en novembre 2015 jusqu’en juillet 2016, je voulais être disponible pour la première saison programmée par Eric Ruf, qui est notre nouvel administrateur général, voilà je voulais être disponible pour sa première proposition artistique. Ça ne sera pas avant 2016 le tournage, donc il ne sortira pas avant 2017. Mais c’est une histoire que je porte en mois depuis 12 ans.

Ça parlera de vous ?

G.G. : Non, non pas du tout. En même temps Truffaut disait qu’on fait toujours le même film. C’est tiré d’une histoire vraie qu’une amie m’a racontée il y a 12 ans, sa vie, et cette histoire ne m’a pas quitté depuis, je la porte en moi, j’ai l’impression de connaître chaque silence, chaque respiration. C’est l’histoire d’une jeune femme qui a grandi dans une famille qui ne parlait pas, des personnes qui vivaient les volets clos, et qui à 20 ans, a pris son baluchon, est montée à Paris pour être comédienne, sauf qu’elle n’avait pas les mots pour se défendre. Et voilà, ça m’a toujours touché les gens qui n’avaient pas les mots pour se défendre, un grand bavard comme moi. C’est une personne modeste, humble, très humble, elle est modeste aussi socialement. Ça demande beaucoup de travail, car je ne le suis pas du tout et il faut que je rentre là-dedans, je cherche comment filmer la simplicité, la pauvreté aussi, enfin la simplicité en tout cas, sans que ce soit glauque. Et pour l’instant l’auteur que je suis est partagé entre l’homme d’images et l’homme de lettres, et donc j’écris des transitions, des liens beaucoup trop littéraires que je raye, parce que ce j’aime au cinéma c’est l’ellipse et donc il faut que je trouve l’ellipse qui n’est pas littéraire, qui n’est pas explicative, mais qui se fait soit à l’image, soit contre l’image, parfois ça peut être un cut. Donc je cherche ça dès l’écriture pour ne pas dépenser de l’argent inutilement. Parce que le sujet est humble, j’aimerai que le budget le soit aussi. Je trouve ça important. Mais je n’ai pas été élevé pour faire avec les moyens, donc il faut que j’apprenne. En tant que co-producteur, je m’y atèle dès l’écriture pour ne pas avoir à me dire à moi-même : « bah faut couper mon gars ! ».

Un grand merci à Way to Blue, Studio Canal et Mondocine d’avoir pensé à moi !

by Miss Bobby
Miss Bobby_Paddington

Miss Bobby_Paddington Au pays de Paddy, on aime les sandwichs à la marmelade d’orange. Pour la rime, vous repasserez ! Il n’est pas trop mignon ce Paddington ? On a envie de lui faire un gros câlin avec sa fourrure façon moumoute et ses yeux malicieux.

On ne va pas se le cacher, c’est un film pour enfants, qui n’ennuiera pas forcément les adultes. L’histoire est construite sous forme de gags très visuels, sans pour autant oublier de traiter des sujets importants tels que le racisme, la différence, l’acceptation, des notions qu’il est bon de mentionner dès le plus jeune âge.

Graphiquement, soyons honnête, il est beau Paddington ! Il a une fourrure si bien réalisée qu’on aimerait le caresser et lui faire des chatouilles. Regardez comme il est choupinou :

Miss Bobby_Paddington

Paddington ravira les petits (ils auront peut-être peur parfois, car le film n’est pas niais non plus) et donnera faim aux plus grands (quelle idée de mettre si bien en valeur les sandwichs à la marmelade d’orange ?!).

Sortie en salles le 03 décembre.

Retrouvez un compte-rendu de ma rencontre avec Guillaume Gallienne (voix français de Paddington) en suivant ce lien : https://www.missbobby.net/rencontres/paddington-rencontre-avec-guillaume-gallienne.html

by Miss Bobby
Miss Bobby_Roger_Michell

J’ai eu la chance parmi quelques blogueurs de rencontrer le réalisateur du film Un week-end à Paris (qui n’est autre que le réalisateur du très célèbre Coup de foudre à Notting Hill) : Roger Michell.

Dans The Mother, vous développez la sexualité d’une sexagénaire et là, on découvre un couple de sexagénaires. Qu’est-ce qui vous attire dans ce type de personnage ?

(rires) Quand nous avons fait The Mother, nous étions assez jeunes, le personnage semblait très vieux. Mais maintenant, on est plutôt proche de la soixantaine, on reste toujours plus jeune que lui, mais nous sommes plus proche du personnage en matière d’âge dans ce film, Un week-end à Paris. Je pense que c’est par accident que nous avons fait ces trois films autour de personnages âgés. Dans le premier film (The Mother), c’était autour du sexe et de la sexualité de cette vieille femme. Le second film (Venus) est plus tourné autour de l’amour que du sexe. Et dans ce film, c’est vraiment très différent, c’est à propos du mariage. D’habitude, on parle du commencement des relations humaines et comment les choses peuvent devenir dramatiques. Nous voulions faire un film où la relation peut prendre fin. Mais je n’ai pas d’âge particulier sur lequel je veux travailler.

Pourquoi avez-vous choisi de présenter cet hôtel, leur chambre, toutes ces petites histoires concernant l’hôtel ?

Quand nous avons préparé le film, nous avons posé une simulation autour de l’hôtel, ce que ça pourrait coûter (le room service, deux nuits, etc). Ça valait des milliers d’euros. Et le comptable a dit : « ce n’est rien. Certaines personnes vivent dans cet hôtel ».

Miss Bobby_Un week-end_à Paris

[spoiler] Je ne pensais pas que vous auriez fini comme ça, sur le fait qu’ils ne puissent pas payer et qu’ils aillent demander de l’aide à Morgan. Pourquoi ?

Ils n’ont rien. La seule chose qu’ils ont c’est un chapeau, un manteau, un téléphone portable. Ils n’ont pas de passeport, pas d’argent, éventuellement, ils paient le prix de toute la responsabilité et ça les rend libres, libres de ne rien avoir du tout. Et ils sont négligents. Le film se réfère comme vous le savez à la Nouvelle Vague, à propos de jeunes gens qui font des expériences dans le monde et qui sont vivants, dans le sens où c’est vif.

Avez-vous des livres ou des films sur le couple qui vous ont inspiré pour faire ce film ?

Non, pas vraiment. C’était plutôt par rapport à nos vies. Vous savez, nous trois on travaille ensemble depuis 20 ans, on a passé environ trois ou quatre mariages, il y a neuf enfants entre nous, donc la vie peut nous inspirer. Vous devez apprendre au fur et à mesure, n’est-ce pas ? Ça ne s’arrête jamais, même en vieillissant. On continue de comprendre. Ce film est comme une empreinte sur le sable, une vie qui change. Après avoir fait ce film, j’ai appris à travers les films et les lectures, que les gens, du moins Angleterre, divorcent de plus en plus à l’heure actuelle. Du temps de mes parents, on attendait que les enfants partent de la maison et on ralentissait, en attendant de mourir. Et maintenant, les gens ne font plus ça, ils n’ont plus besoin de faire ça. Ils vivent un peu plus longtemps, ils sont jeunes plus longtemps, ils sont riches plus longtemps, ils veulent une vie correcte.

Que signifie pour vous Paris ?

Evidemment, Paris est célèbre pour être une ville romantique, importante conséquence dans ce film non-romantique. Mais c’est l’aspiration d’un couple qui vient pour apprécier un week-end romantique, qui immédiatement tourne mal, parce qu’ils choisissent le mauvais hôtel, etc, etc. Paris est aussi, pour les britanniques, une destination légendaire. Mais maintenant, avec le train, c’est comme un truc fantastique et excitant. Les Anglais, prendre un train pour un autre pays, c’est tellement une nouvelle expérience. C’est ce que la plupart des gens font le week-end. Il serait possible de poser le film à Berlin, Francfort, mais ça ne serait pas comme une résidence.

Miss Bobby_Roger_Michell

Avec Coup de foudre à Notting Hill et Dérapages Incontrôlés, vous dirigez des acteurs très connus dans de gros films. Votre dernier film semble être plus intime, pourquoi ? Est-ce une volonté venant de vous ou des raisons budgétaires ?

J’essaie un gros film de temps en temps, avec une sécurité financière de faire trois petits films. C’est pour ça qu’on m’autorise à faire de gros films. Celui-là à un budget bien plus bas que The Mother. Mais c’est bien de faire des films sans argent, vous avez entièrement le contrôle, personne ne vous dérange pour savoir comment vous dépensez l’argent, vous faites le film que vous avez envie de faire. Je me sens plus européen qu’américain. Je préfère le travail en Europe.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’inclure un acteur américain et un personnage américain dans ce film ?

Il a changé beaucoup. A la base, il était français, puis indien, et enfin, il est devenu américain. C’était presque un voyage. Mais le fait qu’il soit américain, il ressemblait à Jeff Goldblum, on écrivait pour Jeff Goldblum, ne sachant pas s’il allait le faire ou non, mais ça ressemblait à Jeff Goldblum. J’ai fait un film avec lui quelques années en arrière en Amérique. On était donc content de son enthousiasme et de sa présence sur le film. C’est un grand contraste dans ce film, en comparaison à Nick. Il est surprenant.

Avez-vous une idée de ce que sera votre prochain film ?

On l’a déjà filmé. J’ai commencé à le couper. C’est un téléfilm en deux parties. Et c’est écrit pas Peter Morgan qui a écrit The Queen et Rush. Peter écrit des histoires sur des personnes réelles. Cette histoire raconte une histoire vraie sur un professeur à la retraite accusé d’avoir assassiné sa tante, à Bristol, dans l’ouest de l’Angleterre, il y a trois ans. Il a été arrêté. Il semblait très étrange. Il ressemblait à un meurtrier. Et quand il a été arrêté, tous les journaux – nous avons d’épouvantables journaux en Angleterre – ont raconté d’horribles histoires sur lui, qu’il était un meurtrier, etc. Ensuite, ils ont trouvé le meurtrier, mais apparemment, c’était trop tard, ce personnage a été détruit. Donc c’est son histoire. L’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu le faire, c’est parce que l’histoire est importante, mais surtout, il était mon professeur. C’est Jason Watkins qui jouera le rôle.

Souvent, c’est difficile de juger le jeu d’acteur dans une langue étrangère. Souvent je regarde des films français et le jeu d’acteur est incroyable, incroyable, incroyable, parce que je ne parle pas, je n’ai pas de nuance, vous voyez ce que je veux dire ?

Avez-vous des acteurs avec qui vous souhaiteriez travailler ?

Non, pas vraiment. J’ai appris au fil des années que le casting est vraiment important, si vous pouvez faire un casting proprement, cela veut dire que vous aurez à travailler moins en tant que réalisateur. C’est toujours un projet de trouver le parfait acteur.

Est-ce que vous admirez des réalisateurs ?

J’en admire des vieux ! C’est un métier très difficile. J’admire beaucoup de réalisateurs français de cette période comme Godard. J’admirais Pasolini, Fellini quand j’étais jeune. Les grands réalisateurs européens je présume. Ils ont eu un grand impact sur moi quand je grandissais. Et puis, plus tard, je me suis intéressé aux films américains du siècle dernier. J’ai des goûts très éclectiques, je peux aussi bien regarder Lars von Trier ou Spielberg.

Merci à Cinefriends.

N’hésitez pas à relire ma critique du film Un week-end à paris !

by Miss Bobby
Miss Bobby_Un week-end_à Paris

Miss Bobby_Un week-end_à Paris

Je vous propose de gagner Un week-end à Paris, enfin presque, de gagner 5×2 places pour le nouveau film de Roger Michell : Un week-end à Paris.

Synopsis

Un couple anglais vient à Paris fêter leurs trente ans de mariage. Ils redécouvrent la ville, mais aussi l’humour, la fantaisie, et le plaisir d’être ensemble.

Pour le principe, c’est comme d’habitude : répondez aux questions suivantes en vous aidant de la bande-annonce.

Vous pouvez retrouver ma critique du film.

Vous avez jusqu’à la sortie du film pour tenter votre chance, le 05 mars.

LES PARTICIPATIONS PAR COMMENTAIRE NE SERONT PAS ACCEPTÉES.

[Vous pouvez aussi me suivre sur Facebook : https://www.facebook.com/MissBobbyD et sur Twitter : https://twitter.com/MissBobbyD]

by Miss Bobby
Miss Bobby_Un week-end_à Paris

Miss Bobby_Un week-end_à Paris Autant commencé directement par LE point négatif : le conflit générationnel. J’ai bientôt trente ans, le couple court sur sa soixantaine, il m’est difficile d’avoir les mêmes réflexions :

– mariés depuis 30 ans

– remise en question de son couple

– bilan sur sa vie

– les accomplissements

– les regrets

A la limite, le bilan j’en ai fait un il n’y a pas si longtemps, un très gros, je peux comprendre. D’ailleurs, que ça soit clair, j’ai compris tout le message du film, ça ne m’a pas laissé insensible, néanmoins, je ne le vois pas au meilleur moment, il me manque 30 ans de plus et un couple bien ancré dans la routine depuis des lustres.

C’est inquiétant si à leur âge j’en viens à me poser ce type de questions, les grosses questions existentielles qui peuvent remettre toute une vie ou un mariage en cause. Et puis faire se questionnement loin de chez soi (ils viennent d’Angleterre), c’est traître : on se laisse emporter par la ville, le voyage et en même temps, tout ressort au grand jour, en étant éloigné du quotidien et de ses habitudes. Je le comprends très bien pour l’avoir vécu. On ne revient pas totalement indemne d’un voyage.

J’aime cette image de Paris que donnent les réalisateurs étrangers, d’autant plus lorsqu’ils y mêlent un brin d’amour (une pensée pour Woody Allen et son Minuit à Paris), ils arrivent à me donner cette envie de visiter la capitale.

Au-delà du souci de génération, Un week-end à Paris est intéressant par la remise en cause du couple après trente ans de vie commune, la routine qui a pris la place de la passion, le degré d’amour que chacun porte à l’autre, les défauts qui ont remplacé les qualités, les compliments évaporés par les reproches.

Il suffit d’un rien pour tout faire voler en éclats.

Je terminerai par une phrase qu’on m’a souvent répétée et qui correspond assez bien au film :

Dans un couple, il y en a toujours un qui aime plus que l’autre.

Sortie en salles le 05 mars

Gardez un œil ouvert, les comptes rendus de la rencontre avec le réalisateur Roger Michell et l’actrice Lindsay Duncan sont à venir.

by Miss Bobby