La belle saison film critique

La belle saison film critique Ça se passe dans les années 70, à la campagne, et plus exactement à la ferme. Delphine (Izïa Higelin) travaille à la ferme pour aider ses parents. Antoine l’aime depuis toujours, mais sa préférence se penche du côté des filles. Carole (Cécile de France), elle, est à Paris, elle est casée avec Manu, féministe et fière de l’être. Tout les sépare : leur sexualité, leur ville, leur travail, leur mode de vie, leurs idéaux.

La Belle Saison s’attarde sur deux sujets au fort potentiel narratif : le féminisme et l’homosexualité dans les années 70. Beaucoup de matière et assez de gravité pour en faire un film intéressant et touchant. Cependant, ces deux sujets qui ont autant d’importance surtout dans ce contexte sont traités inégalement. En effet la première partie se pose sur le combat des femmes, l’égalité qu’elles souhaitent avoir face aux hommes, que ce soit par les salaires que par la libre disposition de leur corps ou de leur parole. Elle s’étiole dans la seconde partie, laissant place à l’acceptation de l’homosexualité face au regard des autres, à sa famille, dans le milieu rural. Alors il y a bien un sursaut sur le retour au féminisme, en essayant de faire comprendre à l’ancienne génération que les valeurs doivent changer, néanmoins, elle n’est que survolée et finalement, pas assez approfondie. Je pensais que ces deux combats allaient se rejoindre et que l’histoire aurait pu garder autant d’importance pour l’un et l’autre. Cela peut aussi se comprendre d’une autre manière, en n’insistant pas pour faire passer le message féministe sur le personnage de la mère (interprétée avec brio par Noémie Lvovsky), bien ancrée dans ses valeurs où c’est l’homme qui prend toutes les décisions et qui dirige d’une main de fer la famille ainsi que l’entreprise familiale. Cette volonté de ne pas en rajouter pour garder une certaine harmonie du moment, profiter de l’instant présent…

La Belle Saison n’en reste pas moins d’une simplicité folle, où les émotions sont à la fois graves et légères, traitées avec beaucoup de beauté par une réalisation fluide, une interprétation sincère, des actrices sans artifices, ne tombant jamais dans le surjeu. Des sujets toujours d’actualité et qui touchent par le combat et par cette vision étriquée de la société.

Sortie en salles depuis le 19 août.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Tiens-toi_droite

Miss Bobby_Tiens-toi_droite Ou comme dirait la chère Manureva de Regardezmoica : Tiens-moi droite. Ça ferait aussi un bon titre de film (dans un autre genre que celui dont je suis sur le point de vous parler).

Tiens-toi droite, phrase fétiche qu’il nous ait arrivées d’entendre lorsque nous étions petites : mets pas les coudes sur la table, dis bonjour à la dame, on voit ta culotte, etc. Sorte de pseudo formatage pour être la fille et future femme parfaite. Et c’est bien tout le message du film : les femmes ne sont pas parfaites et on ne les aime pas moins pour autant. Messieurs, vous voilà au courant !

Tiens-toi droite peut paraître un peu brouillon au premier abord, des portraits qui s’enchaînent, plus ou moins reliés, pas forcément clairs dès le début et puis, tout se met en place à la fin, pas plus mal, il faut du temps pour comprendre une femme, son ressenti, son vécu et sa vie parfois brouillonne. Du recul nécessaire pour apprécier le film et toutes les petites choses sous-entendues (comme nous en somme). Et qu’est-ce que le public doit voir dans Tiens-toi droite ? Les femmes ne sont pas qu’une apparence, sous l’enveloppe se cache un mécanisme complexe qui peut être difficile à décrypter. Elles savent laisser paraître ce qu’elles ont envie, alors qu’au fond, la tempête fait rage. Une femme, c’est un être fort et fragile, avec des doutes, des peurs, qui a besoin d’être soutenu, rassuré, aimé, épaulé, guidé, se sentir bien dans sa peau, dans ses valeurs, dans sa tête. Ce n’est pas qu’une cruche vide. Mais le plus important, c’est qu’autant il peut être compliqué pour les hommes de nous comprendre, autant, il peut être aussi compliqué de nous comprendre nous-mêmes, de nous découvrir, de nous épanouir et d’aller de l’avant.

Vous le savez déjà, chaque individu est vendu avec son propre mode d’emploi, il suffit de prendre le temps de le lire (même si le nombre de pages est interminable). Tiens-toi droite pourra vous laisser perplexe dans un premier temps, et puis, tout finira par s’éclairer, vous verrez. Aussi messieurs, nous comprendrez-vous peut-être un peu plus, que nous soyons femme entreprenante, maman, assistante, icone pour enfants, etc.

Prenez-nous telles que nous sommes, nous le faisons bien avec vous.

Sortie en salles le 26 novembre.

by Miss Bobby
Miss bobby_Jacky au royaume_des filles

Miss bobby_Jacky au royaume_des filles Chez Pathé, quand ils sortent un film aussi original que celui-là, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils savent vous mettre dans l’ambiance : accueillie par une commandante et un gueux en voilerie qui m’ont donné mon invitation officielle et tamponnée pour la projection de Jacky au royaume des filles, en République démocratique de Bubunne. Une homme en voilerie nous attendait dans la salle et veillait à ce que les femmes et les gueux soient bien séparés dans la salle (elle-même divisée par un ruban). Tout le monde a joué le jeu, c’était très amusant.

Il faut savoir que cette mise en scène collait parfaitement avec le thème du film :

En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper…

Avec ce film, Riad Sattouf prend le pari d’inverser les rôles, les femmes au pouvoir, chefs de famille et les hommes… eh bah les hommes à la popote ! Avant de vous emballer mesdames, parce que je vous vois venir : génial ! Des hommes soumis qui font à manger (enfin de la bouillie), le ménage, qui s’aplatissent devant vous telles des crêpes froides dans une assiette trop grande (ne me demandez pas), portant une voilerie… Ça peut plaire, à moi non, enfin je veux dire, ça m’a plu dans le film, aucun problème, mais dans la réalité, ça finirait par m’ennuyer très très vite.

Bref. La particularité du film réside dans sa créativité et son originalité par la création d’un monde, d’une culture, d’une religion, d’une mode. C’est totalement inédit et assumé. On n’est pas loin du totalitarisme vu sous un angle comique, même si, concernant la comédie, je m’attendais à ce que cela soit plus drôle. Je vous le conseille parce que c’est un film français qui reste droit dans ses bottes, plutôt… bah plutôt couillu enfin du moins couillard (vous comprendrez).

Sorties en salles le 29 janvier.

by Miss Bobby