Miss Bobby_Stinking heaven

Miss Bobby_Stinking heaven Le paradis n’est certainement pas dans Stinking Heaven, l’enfer à la limite, je dirais même les tréfonds de l’enfer. Lors du dernier festival de Deauville, Nathan Silver nous avait gratifié de son premier film Uncertain Terms d’un ennui total, il réitère l’exercice deux crans au-dessus, enfin au-dessous. L’échelle de la médiocrité à donc un nom, plutôt un seuil : Stinking Heaven.

Dès les premières secondes, le film s’octroie un format 4:3 à la définition plus que mauvaise (délibérée) qui laissent les vidéos tournées dans mon enfance pour de vrais chefs d’œuvre. Un grain tellement gros que si les Nokia 3310 avaient été dotés de caméra, on aurait eu ce résultat. Voyez un peu le niveau.

Le choix de la qualité 80’s passablement digéré, passons au « contenu »… Alors là, autant si l’esthétisme laisse l’œil abattu, autant le scénario vous laissera pour mort sur votre siège. Encéphalogramme plat.

Lisez un peu le synopsis pour voir :

Un couple de jeunes mariés, Jim et Lucy (Keith Poulson, Derag Campbell), sont les pionniers d’une communauté qui prône les bienfaits d’une vie ascétique dans une banlieue du New Jersey. Les membres du groupe se nourrissent, se lavent et travaillent tous ensemble, tout en préparant du ‘thé sain fait maison’ qu’ils vendent dans leur van. Malgré les disputes et les problèmes individuels, Jim et Lucy ont réussi à créer un véritable havre de paix pour ce groupe de marginaux. Une harmonie qui va être perturbée par l’arrivée inattendue d’Ann (Hannah Gross), ancienne droguée et ex-petite amie d’un des membres de la communauté. Sa présence provoquera chez les membres des crises de paranoïa, des rechutes, et parfois même, la mort.

Définition de l’ascétisme (selon Larousse) : Vie rude et austère, où l’on se prive des plaisirs matériels. Effort visant à la perfection spirituelle par une discipline constante de vie. Manière de vivre de quelqu’un qui s’impose certaines privations.

Cela peut vous paraître très flou comme concept, mais je peux au moins vous dire quelques rares choses sur ce qui se passe dans cette œuvre fabuleuse (je peux vous révéler des séquences, croyez-moi qu’il y a un gros pourcentage de chances pour que vous l’évitiez, sauf si vous ne jurez que par ce type de film qui dépasse l’expérimental pour aller s’écraser dans le vide abyssal du cinéma, là où certains films ne sont que des réalisations abstraites ultra fadasses). Comment expliquer le contenu sachant que je ne l’ai suivi que d’un œil ?! C’est une communauté qui vit sous le même toit où chacun, à tour de rôle, reconstitue le traumatisme qui l’a conduit au mal-être. Ces reconstitutions sont filmées, se passent au sein de la communauté et permettent d’exorciser les démons. Entre temps, il se passe des choses entre eux, des pseudos drames, des pétages de plomb. Absolument passionnant.

Avec Stinking Heaven, le principe de l’ascèse reste toujours aussi flou. On ne comprend pas vraiment l’intérêt d’un tel objet filmique, ni son but. On s’ennuie ferme, on subit et on se rend compte que 1h10 de film peut être très long. Si vous envisagez ce type de vie, si vous souhaitez vous documenter dessus, si l’analyse comportementale en communauté ascétique vous intéresse, si vous faites un mémoire sur pourquoi certains réalisateurs s’acharnent à créer ce type de film, voire, si vous avez besoin d’une sieste, alors courez voir Stinking Heaven. Sinon, pas la peine de vous faire du mal pour rien.

Pas de date de sortie pour le moment.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Franny

Miss Bobby_Franny C’est l’histoire d’un philanthrope en mal d’amour. Richard Gere laisse de côté son charme légendaire pour incarner Franny, un homme brisé par un terrible accident, terriblement seul, et incroyablement altruiste.

Franny brille par son personnage et l’interprétation de son acteur principal, plus que par le contenu de son scénario bien trop planplan. En effet, le script de base devait comporter des drames afin de donner du caractère et du rythme à ce film, mais Gere a préféré proposer des changements au réalisateur allant dans un déroulement linéaire, et plat rendant le film inconsistant, parfois ennuyeux, sans grand intérêt.

Néanmoins, là où il m’a particulièrement touchée, c’est dans le caractère de Franny, ressentant un mal profond et une grande solitude dans sa forteresse, qui revêt son plus beau masque d’homme enthousiaste, optimiste, heureux de vivre, et généreux, alors qu’il n’en est rien. Il se sent bien qu’en étant entouré et en donnant, soit de sa personne, soit sa fortune.

D’aucuns penseront qu’il achète l’amour des gens en leur offrant cadeaux sur cadeaux, que son omniprésence est fatigante. Elle l’est, il ne faut cependant y voir qu’un moyen de lutter contre le vide interne. C’est en cela que Franny souffre, à chercher une perfection dans le regard des autres : celui qui aide, celui sur qui on peut compter, qui apporte beaucoup que ce soit physiquement, émotionnellement, voire matériellement parlant. Il donne sans compter, souhaitant se rendre indispensable, inoubliable. Il veut avoir un impact et ne pas être oublié. Dans sa quête d’irréprochabilité, en retenant ses propres émotions pour privilégier celles des autres, il lui arrive d’exploser : le perfectionnisme émotionnel à un coût, il ronge de l’intérieur. S’excusant mille fois juste après, par culpabilité et parce qu’il n’envisage pas une seule seconde de faire souffrir ceux qui croisent sa vie.

Franny n’est pas parfait, il manque de consistance, d’enjeux et de rebondissements, mais sa force réside dans son personnage et l’interprétation de Richard Gere (un défaut aussi puisque c’est à cause de lui si le film ne s’envole pas).

Pas de date de sortie pour le moment.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Hors de portée

Miss Bobby_Hors de portée Quand t’es dans le désert, depuis trop longtemps, ton film devient un enfer et c’est vraiment embêtant. On a beau gratter, on ne peut pas gagner à tous les coups et clairement, avec Hors de portée, on perd son temps. Mince Michael, qu’est-ce que t’as été faire là-dedans ?

Dès les premières minutes, ça sentait le roussi, un je-ne-sais-quoi de vide qui planait dans l’air sous-couvert de dialogues qui laissaient présager des répliques à faire passer un enfant de 5 ans pour un génie. Une virée dans le désert pour aller chasser l’ours, qui va se transformer en chasse à l’homme. Enfin, ça, c’est ce qu’on nous vend sur le papier. Catégorisé comme thriller, je m’attendais à un suspense haletant, où Michael Douglas, animé par le vice et le jeu, traquerait le pauvre Jeremy Irvine, dans un acharnement sans merci, lui faisant vivre un enfer sur terre. Eh bah c’est raté ! Madec (Douglas) quand il traque le gibier, il l’épuise tout en le suivant tranquillement en super 4×4/maison roulante/5 pièces tout compris avec hall d’entrée. Vas-y cours Forrest Ben, moi je te regarde et je me prends un petit cocktail en attendant. Attendez ! Laissez au spectateur le temps de reprendre son souffle, c’est trop haletant. Sinon, le soleil ça brûle la peau (c’est dommage, j’avais oublié ma crème solaire) et l’eau s’assèche, à défaut de mouiller. C’est ballot.

Peau brûlée : 100%

Cloques et lèvres séchées : 100%

Vives émotions : 0%

Jeu d’acteur : -50% (pour le coup, il a été soldé)

Et le moment aggravant du film, c’est quand une partie de la salle s’est mise à rire, pas parce que c’était drôle, juste car les dialogues et certaines séquences étaient affligeants. Entre facilité, absurdité et ridicule, Hors de portée est une traque au temps, soit on accroche sur le concept de l’usure, retranscrit par un flot d’émotions aussi vif qu’un squelette d’animal mort entre deux touffes d’herbes sèches, soit on prend son mal en patience, en espérant un sursaut qui pourrait rattraper le film. Irvine n’a pas compris comment il fallait interprété la peur et l’épuisement, et Douglas… là je ne sais pas ce qui lui a pris.

Vous l’aurez compris la chasse, c’est mieux en forêt et durant la nuit ! Dans le désert, en étant sur-équipé et sans vraiment avoir de quoi se cacher ou de s’amuser pour le suspense, on s’embête.

Pas de date de sortie pour le moment.

by Miss Bobby
Miss Bobby_The road within

Miss Bobby_The road within Autant le film d’ouverture de ce Champs Élysées Film Festival était quand même pas terrible, autant ce premier film de la compétition est un petit bijou de film indépendant. Un sujet assez compliqué traité avec beaucoup de légèreté et d’humour.

The Road Within traite des handicaps psychologiques, trois en particulier : le syndrome Gilles de la Tourette, l’anorexie et les T.O.C., chez les adolescents. Un thème qui pourrait refroidir rien qu’à la lecture du synopsis ou qui peut vite tourner au drame, aux clichés. Et c’est là où Gren Wells accouche d’un long-métrage frais, divertissant, particulièrement drôle, un brin naïf, tendre et interprété avec brio par trois jeunes acteurs pas méconnus du grand écran : Dev Patel (Slumdog Millionaire, Indian Palace), Zoë Kravitz (Mad Max Fury Road, Divergente) et le rôle principal tenue par la gueule d’ange Robert Sheehan (Killing Bono).

Road trip physique et psychique, ne tombant pas dans la facilité, The road within ne cherche pas à résoudre, préférant montrer, appréhender, et faire sauter les préjugés qui s’accrochent telle une vilaine petite saleté à un maniaque de la propreté. On suit paisiblement, parfois gravement et souvent en riant ce chemin sinueux et tortueux de l’esprit qui fait rage chez ces personnages riches en défauts, mais terriblement attachants, laissant transparaître des failles, des troubles et des comportements difficiles à gérer, à analyser, à guérir. Des caractères joués avec beaucoup de justesse et de talent, auxquels on se prend très vite de compassion, ressentant une forte empathie, qu’elle soit comique ou plus grave,

The Road Within est sans prétention, il brille par l’interprétation de ses acteurs, Dev Patel est admirable, balançant entre une profonde sensibilité et ses troubles qui peuvent virer à l’extrême, le rendant souvent très drôle. J’ai été vraiment touchée par son regard, la souffrance qu’on pouvait y lire parfois. Idem pour Robert Sheehan, nous gratifiant de jurons plus originaux les uns que les autres, néanmoins très brut dans ses gestes, s’approchant au mieux de la réalité. Il n’y a que Zoë Kravitz qui m’a le moins touchée.

The Road Within est une jolie découverte, surprenante, sensible, grave et très drôle qui a réussi à m’accaparer.

Pas de date de sortie pour le moment, j’espère que vous aurez la chance de découvrir cette petite pépite en salles.

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Miss Bobby_Valley of love

Miss Bobby_Valley of love J’ai envie de le retitrer : Valley of emptiness (vallée du vide au lieu de l’amour), avec en personnages Gérard et Isabelle qui jouent leur propre rôle, ou presque.

J’ai toujours peur de ces films qui débutent par une longue séquence contemplative (j’avais eu le même problème avec Sofia Coppola et son Somewhere), là on suit Isabelle Huppert de dos qui traîne sa valise. Voilà voilà. Remarque, ça donne le ton, pourquoi garder la surprise sur le fait qu’on va s’embêter (j’allais dire s’emmerder, mais je tiens à rester polie).

En gros, c’est un couple de divorcés qui va suivre un parcours laissé par le fils suicidé en plein cagnard dans la Vallée de la mort en Californie. Sorte de pseudo voyage initiatique qui leur fera comprendre pourquoi leur fils a mis fin à ses jours. D’accord. Et si j’ai envie de résumer encore plus, ce sont deux divorcés, qui se plaignent de la chaleur accablante et qui se rappellent bons et mauvais souvenirs sur fond de culpabilité. Depardieu joue son propre rôle, d’ailleurs, c’est le seul qui joue, car Huppert a clairement oublié son actors studio sur le tarmac à Roissy.

À part « juste une mise au point » et le fait qu’il fasse chaud, qu’est-ce qui se passe ? Le réalisateur Guillaume Nicloux a voulu ajouter une vague intrigue spirituelle mal exploitée, mal introduite, qui aurait pu être intéressante dans un contexte différent et qui n’a pas sa place dans Valley of love. Enfin je l’ai vue comme ça. Des séquences qui tournent en rond, plates, répétitives, où rien ne ressort, ne faisant pas spécialement avancer le récit. Le film est à l’image des deux minutes d’introduction de son réalisateur : lent, qui tourne autour du pot en faisant du hors sujet pour présenter son film, pour finalement cibler son discours sur la chaleur étouffante sur le tournage. C’est exactement ce qu’on retient du film.

Valley of love est un film qui ne donne pas envie d’aller visiter la Vallée de la mort tant il y fait chaud, que l’air y est irrespirable et que les zones d’ombre y sont quasi inexistantes. Gérard Depardieu est seul à nous donner un vrai jeu d’acteur et des émotions face à une Isabelle Huppert mono-expressive, froide et sans consistance. Je vais être sympa, il y a une courte séquence où son jeu est intéressant. C’est peu. Et au milieu coule un scénario sur un fils mort, sur le passé, sur la culpabilité et les pourquoi.

Sortie en salles le 17 juin.

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Miss Bobby_Spy

Miss Bobby_Spy Paul Feig, réalisateur de plusieurs comédies trashouilles où les héroïnes n’hésitent pas à se moquer d’elles, revient avec en tête de course, Mélissa McCarthy, récurrente chez Feig, dans Spy tel un Colin Firth dans Kingsman, tout en ronds de jambes.

Spy, à la vue de la bande-annonce, peut laisser paraître une comédie potache où l’on se demande ce que sont venus faire Jude Law et Jason Statham. Un trio d’acteurs complètement inattendu qui va s’avérer très efficace à l’écran et surtout hilarant.

Quand vous ne pouvez plus utiliser vos espions habituels pour l’infiltration, il faut savoir aller chercher du côté de la bureaucratie, on n’est pas à l’abri d’y découvrir des pépites aussi douées sur le terrain que derrière un ordinateur. C’est comme ça que Susan (McCarthy) va se retrouver affublée de mille et une perruques pour dézinguer du méchant.

Après Mes meilleures amies et Les Flingueuses, Paul Feig monte d’un cran dans le trashouille s’octroyant – à la manière d’un Matthew Vaughn et de son Kingsman – un film aux dialogues peu châtiés et à l’action exaltante. Les rôles y sont inversés, alors que beaucoup s’attendront à voir Statham faire ce qu’il fait de mieux, à savoir du Statham, ils seront surpris de voir l’acteur jouer à fond sur l’autodérision, se moquant des rôles qu’il a pu incarner et de son assimilation aux films d’action. Oui, il sait être drôle. Jude Law n’a qu’un second rôle, mais a une scène d’ouverture qui donne le ton de Spy. Quant à Melissa McCarthy, régulière chez le réalisateur, celui-ci lui a dessiné un rôle éprouvant physiquement et 100% trash. Elle n’est plus relayée au rang d’actrice ronde qui fait rigoler les copains.

Spy est une très bonne comédie (n’en déplaise à certains), qui m’a fait m’écrouler de rire bon nombre de fois par des répliques qui en choqueraient plus d’un, où Paul Feig a fait la part belle à l’improvisation. Pour information, il ne fait jamais de répétitions, laissant tourner constamment la caméra afin de saisir les meilleurs moments d’impro. Je me suis réellement régalé.

Sortie en salles le 17 juin.

Retrouvez le compte de rendu de la rencontre avec Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham.

Retrouvez les images de la rencontre avec Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham.

Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham pour #Spy

Rencontre avec Melissa McCarthy, Paul Feig et Jason Statham pour #Spy

Posté par Miss Bobby sur mercredi 10 juin 2015

by Miss Bobby
Miss Bobby_Jurassic World

Miss Bobby_Jurassic World On pensait en avoir fini avec les dinosaures depuis quelques millions d’années et puis a débarqué un mec qui aurait pu être le frère caché de Steve Jobs, geek sur les bords, grand enfant dans l’âme, passionné de cinéma et qui nous a pondu un film mémorable (pas le seul à son palmarès) : Jurassic Park. C’était en 1993 et ce type n’est autre que Steven Spielberg. Il allait en effrayer plus d’un avec son T-Rex animatronic et ce parc merveilleux où des hommes, grands rêveurs et scientifiques chevronnés ont su recréer un monde préhistorique plein d’animaux gigantesques. Avec son film jurassique, Spielberg allait marquer une génération de petits et grands enfants. Un deuxième, puis un troisième (de Joe Johnston) ce sont succédés, mais ils n’ont jamais atteint les griffes attisées du premier tyrannosaure.

L’air de rien, 22 ans plus tard, à l’heure où Hollywood pioche dans les vieux pots de confitures pour en faire des nouvelles avec un meilleur goût, c’est naturellement que les dinos sont sortis des cartons, ont été dépoussiérés pour faire, devinez quoi ?! Jurassic World ! Devez-vous rugir de plaisir à la sortie de ce nouvel opus ? Vieille confiture ou marmelade fraîchement préparée ?

On ne savait pas trop comment allait être positionné ce nouveau film, suite ? Reboot ? En fait, c’est un mélange des deux plutôt correct jouant sur la nostalgie : reconstruction du parc 20 ans après, auquel il a été apporté des améliorations (il ne faudrait pas qu’il y ait encore des problèmes de sécurité, hein…), dont le concept a évolué avec la société : toujours plus loin, plus gros, plus féroce et plus de dents. Il faut que ça en jette, il faut que l’intérêt du public soit sans cesse renouvelé, il faut du spectaculaire, de la peur au ventre. Et tout ça, les enfants, ce n’est pas avec un pauvre T-Rex qu’on y arrive. C’est donc là que World surfe sur la vague actuelle du sensationnel, en repoussant les limites de la génétique, créant, à l’aide de combinaisons d’ADN, des dinosaures aux noms improbables. Ne vous inquiétez pas, les velociraptors, diplodocus, et les autres, qui ont bel et bien existé, sont présents. Jouer sur la nostalgie était une excellente idée, réveillant l’âme d’enfant des fans de la première heure, titillant nos bons souvenirs en réutilisant le thème original à maintes reprises, tout en sortant des références à la louche. Un parti pris réussi, qui fait sourire plus d’une fois. Comme si Spielberg et son Jurassic Park n’étaient pas loin, planant au-dessus du film, tel un fil rassurant : « c’est nouveau, mais nous ne vous prenons pas complètement pour des idiots, nous savons ce que vous venez chercher et comment vous avez été bercés ».

C’est bien gentil, mais ça ne suffit pas de ressortir la recette de la grand-mère (enfin du grand-père en l’occurrence). Aurait-il fallu ajouter un meilleur ingrédient secret ou mieux travailler la préparation. Le casting est moins puissant, les émotions se sont perdues en route et la technologie a fait disparaître cette authenticité. Là où Spielberg jouait au marionnettiste avec de l’animatronic, Trevorrow a naturellement utilisé du numérique, la sensation de réel disparaît et tout ce qui lui était associé également : le spectaculaire, la peur, l’inattendu. Essayez de regarder le premier film, vous verrez, il n’a pas pris une ride et il fait toujours flipper ! Je n’ai eu que de brefs sursauts, mais pas de quoi me ronger les ongles. J’aurais aimé avoir de l’empathie et la boule au ventre pour ces deux gosses, être fasciné devant ce nouveau monde et ces bêtes, parce que même si le choix s’est orienté sur la nouveauté, pour ne passer que très brièvement sur l’ancien, je n’aurais pas été contre des séquences longues et posées qui nous auraient laissé le temps de nous émerveiller une seconde fois. D’avoir plus d’interaction entre l’homme et les animaux. Et puis, même si l’idée de la transformation génétique est particulièrement intéressante accompagnée de son message sur une société toujours plus consommatrice de sensations fortes, avoir des dinos modifiés, ça m’a gênée. Le premier est tellement marquant et il y a un assez gros panel de bestioles pour s’amuser avec je pense, pourquoi aller en créer d’autres ? Je chipote certes, j’ai trouvé ça dommage, toutefois cohérent avec le propos et d’actualité.

Je terminerai par la partie française du film : Omar Sy. Notre doudou national qui tâte du dino, il y a de quoi être fier, en revanche, question talent et utilité du personnage, on repassera. Omar n’est toujours pas à l’aise avec son anglais et cela se ressent dans son jeu, au point de jouer faux. Et soyons honnêtes, son rôle n’apporte rien du tout.

Ce n’est clairement pas dans les vieilles cassettes VHS qu’on fait les meilleurs films, preuve en est, Jurassic World n’a pas égalé le maître, toutefois, il n’en reste pas moins un bon divertissement, dans l’air du temps, s’imposant sur la nostalgie, mais perdant en authenticité et en émotions.

Sortie en salles le 10 juin.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Blu-Ray Papa ou maman

Miss Bobby_Blu-Ray Papa ou maman Si tu as vu la bande-annonce de Papa ou maman et que tu doutes, que tu te dis que c’est une comédie française qui paraît débile, qui dévoile tout dans sa bande-annonce et que ça a l’air naze, je t’arrête tout de suite : TU TE PLANTES LAMENTABLEMENT (carrément !). Laisse-moi t’expliquer pourquoi :

1. Le duo Foïs – Lafitte. Comment t’expliquer que tu vas te pisser dessus du début à la fin avec ce duo d’acteurs qui assume à la fois le trash, tout en repoussant les limites de l’acceptable ?!

2. Le scénario. Fallait y penser quand même : chacun voulant mener sa petite vie et faire son bonhomme de chemin, faut bien que l’un des deux gère les enfants. Et quitte à ce que ça soit la guerre, autant y aller franco ! Qui arrivera à se débarrasser de la garde des enfants ?

3. L’écriture. Tu prends Ted, tu y ajoutes une histoire peu probable de parents qui divorcent et qui font tout leur possible pour refiler la garde des enfants à l’autre. Tu secoues bien et tu obtiens des séquences absolument exquises de drôlerie, de finesse (enfin je me comprends) dans les vannes, de trashouille délectable, de simplicité aussi fortes que des « patounettes » (mettant ces parents au même niveau que le spectateur. Avouez qu’il vous arrive de sortir des expressions ringardes vous aussi ?!).

4. La réalisation. Super dynamique, enchaînant les gags (qui sont particulièrement nombreux, repoussant crescendo la limite), laissant peu de répit au public. Moi, ça me va très bien. Et tu verras, on en redemande, en fait, on est aussi vicieux que ces parents frappés du ciboulot. Ah si ! Car je ne sais pas qui sont les pires : eux qui pourrissent la vie de leurs enfants ou nous qui sommes à deux doigts de les encourager dans leur bêtise !

Si je résume bien  : si tu ne ressors pas de Papa ou maman en ayant eu les larmes aux yeux à force de rire et en ayant garder en tête des expressions et des vannes, franchement… je te propose le divorce !

Bonus :

– Making of (21 minutes)

– Module papa (30 secondes)

– Module maman (40 secondes)

– Bande-annonce

Sortie en vidéo le 10 juin.

by Miss Bobby
Miss Bobby_BR_Halt and Catch Fire

Miss Bobby_BR_Halt and Catch Fire Un jour, je discutais avec V. (de Satoorn) et  il m’a conseillée de regarder Halt and Catch Fire, une petite série pas connue en France et qui mérite d’être connue. Si vous êtes plutôt geek, orientés sur l’informatique, ses débuts, son évolution et en plus, si vous aimez la musique des années 80, cette série est faite pour vous !

Avant qu’il n’y ait la marque à la pomme, c’est IBM qui tenait le haut du panier informatique et électronique, toujours à la pointe de l’innovation. Halt and Catch Fire est emmenée par le très charismatique Lee Pace (que vous avez pu repérer dans de nombreux longs-métrages), qui pour des raisons obscures, est parti de chez IBM pour tenter d’aller révolutionner le concurrent. Il est secondé par le très geek Scoot McNairy qui a toujours réussi à rester dans l’ombre. Pour sa saison 1 et en seulement 10 épisodes, la série a réussi à développer un rythme effréné, enchaînant les rebondissements, vous mettant au même niveau que les personnages en insufflant des moments de répit très passagers. Un rythme soutenu aussi bien au quotidien qu’au travail appuyant sur la course à l’innovation. Toujours être le premier, être à la pointe de la création et de l’évolution. Sans cesse. C’est d’autant plus palpitant que la série est inspirée de faits réels et qu’en à peine 30 ans, la technologie a fait des progrès incroyables. C’est particulièrement intéressant et passionnant de voir par quoi certaines personnes sont passées pour en arriver aux systèmes que nous utilisons actuellement. Les ordinateurs légers et rapides, l’Internet, n’ont pas été créés en un claquement de doigts.

Je pense que vous l’aurez compris, si la technologie vous intéressent, les noms qui font le monde de demain vous passionnent, savoir comment tout a débuté et comprendre la logique de la compétition informatique à l’époque (toujours présente), Halt and Catch Fire saura accaparer votre attention (et votre temps, une fois dedans il vous sera difficile de décrocher).

Miss Bobby_Halt and catch fire

Bonus :

– Retour sur les épisodes

– Faire renaître les années 80 (4 minutes) : segment sur la reconstitution de l’époque : des décors, aux costumes, en passant par l’atmosphère texane.

– Digital cowboys : les pionniers de l’informatique (3 minutes) : dans les années 80, c’était la course à l’innovation, la naissance de pionniers qui allaient révolutionner l’informatique, dans une culture et une mentalité texanes particulières, bien arrêtées. Les créateurs ont voulu imaginer le show comme un western, un face à face entre cowboys modernes et la génération d’avant, construire sur des valeurs qui ne prônent pas le changement.

– Briser les codes : recherche et technologie (6 minutes) : il faut savoir que beaucoup de choses qui se déroulent dans la série sont vraiment arrivées. L’équipe a fait appel à un consultant technique pour coller au plus près à la réalité, à l’histoire vraie. D’ailleurs, les informations sur les tableaux sont de lui et sont de réelles données informatiques. Un supplément sur la recherche de l’équipe sur les faits, également sur la documentation des acteurs.

Sortie en vidéo depuis le 03 juin.

Et je vous laisse écouter la musique du générique que j’adore :

by Miss Bobby