Miss Bobby_Blu-Ray La famille Bélier

Miss Bobby_Blu-Ray La famille Bélier J’aime quand le cinéma français sort des petits films comme ça, très populaires à première vue, pas forcément recherchés et qui peuvent se faire vite juger (en l’occurrence par l’affiche et le titre). Heureusement, l’affiche ne fait pas forcément le film et derrière La famille Bélier se cache un film qui vous veut du bien. Un film qui vogue sur la vague d’Intouchables en traitant du handicap par l’humour. Il est possible que vous n’en ayez pas entendu parler, ce n’est pas grave, nous sommes là pour corriger cette erreur.

La famille Bélier, comme un bélier, a la particularité d’avoir des parents sourds, un fils sourd et une fille entendante. Ça arrive. Elle est le porte-parole de ses parents fermiers lorsqu’ils vendent leurs produits au marché, quand ils vont chez le médecin, elle leur est indispensable hors de la maison. Son prof de chant (l’hilarant Eric Elmosnino) lui découvre un talent caché pour le chant (donc. Un talent caché pour la géographie, ça marche moins bien). Et cette jeune fille, interprétée par Louane Emera, finaliste de The Voice, va devoir faire comprendre à ses parents à quel point la chanson a pris une place importante dans sa vie. Imposée sa voix dans une famille de sourds.

Même si on a une vague idée de ce qui va se passer, cela n’empêche pas au film de nous offrir des moments de forte émotion, à vous tirer la larmichette et dresser vos poils de dos. Karin Viard et surtout François Damiens dégage beaucoup de sensibilité sans sortir une syllabe. Eric Elmosnino apporte le côté trashouille par des phrases bien senties. Seule Louane pêche dans son jeu et sort parfois quelques fausses notes. Mais elle prendra tout le monde au dépourvu dans deux séquences du film incroyablement fortes.

La famille Bélier c’est le film qui fait du bien, qui émeut, qui fait sourire. Il n’est pas parfait, mais il vous marquera à coup sûr.

Je vous mets au défi de ne pas ressortir en fredonnant du Michel Sardou.

Bonus :

– À la découverte des Bélier (24 minutes) : un supplément passionnant sur la langue des signes, sa complexité et le travail colossal qu’ont dû effectuer les acteurs pour l’apprendre, car ce n’est pas qu’une histoire de signes, il y a également des sons, le jeu d’acteur en lui-même. L’équipe du film s’exprime sur ce travail qui a demandé plusieurs mois d’apprentissage, leur manière de travailler sur le plateau, avec des coachs et des intervenants.

– Karaoké : Je vole et En chantant

– Bande-annonce

Sortie en vidéo le 29 avril.

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Miss Bobby_La French_Blu-Ray

Miss Bobby_La French_Blu-Ray Ce qui est bien avec le cinéma, c’est que si vous n’êtes pas au fait de l’actualité (qu’elle soit actuelle ou passée), elle peut vous rafraîchir la mémoire ou vous en apprendre un bon paquet sur ce que vous auriez loupé à l’époque. Pour ma part, c’est ce qui s’est passé avec le film La French. Je ne connaissais rien sur la French Connection, ni sur le juge Pierre Michel. Eh bien merci !

Ça se passe dans les années 70 et la French Connection fait rage à Marseille : les corps tombent comme des mouches, les rivalités explosent et la poudreuse envahit le monde entier. Vous n’avez pas le choix, vous faites partie du business ou vous vous retrouvez dans le vieux port de Marseille à nourrir les poissons.

Gaumont a eu l’idée de nous plonger directement à cette époque en ressortant leur vieux logo des cartons. Le ton est donné, bienvenue en 1975 ! Tout y est : voitures, décoration d’intérieur, costumes, musique, cigarettes à n’en plus finir, on s’y croirait tellement c’est bien fait.

Cédric Jimenez a choisi deux icones actuelles du cinéma, deux potes : Jean Dujardin et Gilles Lellouche. Le premier incarne le juge, sans être brillant, laissant parfois ressortir des mimiques à la Dujardin, cassant son jeu qui aurait pu être bien meilleur. Le deuxième revêt l’habit du malfrat Zampa avec brio : la froideur, la colère interne, le côté énigmatique rendent le personnage stressant, vraie cocotte minute prête à exploser à tout moment, laissant le spectateur sur le qui-vive à l’affût du moindre geste annonciateur du pire. Lellouche vieillit, Lellouche mûrit, Lellouche devient de plus en plus talentueux. Il en crève l’écran dans un face à face avec Dujardin de toute beauté, laissant presque l’acteur oscarisé au second plan.

La French souffre parfois de quelques longueurs, mais rien de bien méchant. Je regrette encore le choix du comédien Cyril Lecomte, qui décidément, n’arrive jamais à me convaincre par son jeu d’acteur. Petite fausse note également avec Benoît Magimel, pas spécialement concluant.

Même si vous connaissez déjà l’histoire du juge Michel et de la French, ce film vaut le coup de se déplacer en salles pour le remarquable travail effectué et pour un duo d’acteurs qui sait aussi jouer autre chose que de la comédie lorsqu’ils sont ensemble.

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Bonus :

– Le making of (53 minutes) : Making of très complet qui retrace aussi bien le gros travail de reconstitution sur les années 70, que le casting, la direction des acteurs, les décors, les méthodes employées pour la réalisation (notamment les choix artistiques), interventions des acteurs sur leur personnage. Très intéressant.

– Scènes coupées (7 minutes) : 7 scènes

– Bande-annonce

Sortie en vidéo le 03 avril.

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Miss Bobby_Dear White People

Miss Bobby_Dear White People Ce titre pourrait s’apparenter à un début de lettre manuscrite, pourtant il s’agit là d’une émission de radio présentée par une jeune et charismatique noire interprétée par Tessa Thompson, dans le film du même nom : Dear White People.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : je suis passée complètement à côté du film, et en beauté ! Il a du potentiel, c’est un fait, mais je ne pense pas être la cible sur plein de niveaux. Je vais plutôt vous exposer comment je l’ai perçu, libre à vous de m’expliquer votre opinion, je serai ravie de lire ce que je n’ai pas su voir.

Dear White People se range dans la catégorie film polémique, fausse polémique même : création d’un propos et d’un débat qui n’a pas forcément lieu d’être, en l’occurrence pousser la différence blanc contre noir en cherchant la petite bête, en cherchant les coups. Et ça, ça m’énerve. J’imagine que ce type de comportement existe bel et bien (plus aux Etats-Unis sans doute), mais nous n’avons pas le même genre de problème en France (le racisme est là, c’est indéniable). Je vais arrêter de tourner autour du pot, le film met en exergue une nana qui défend les droits des noirs, dans une université cotée où chacun est bien parqué dans une communauté (dite « maison », un peu comme à Poudlard, mais en moins fun), en créant des pseudos conflits. S’ajoute à cela qu’à chaque fois qu’elle ouvre la bouche je ne comprends rien, toujours sur la défensive, à émettre un jugement très strict prouvant un état activiste mal placé sous prétexte qu’elle veut se prouver quelque chose… Hey ! C’est bon ! D’ailleurs, TOUS les personnages veulent se prouver un truc. C’est lourd. Qu’il y en ait un ou deux qui soit paumé, bon, je veux bien, mais ils jouent tous un double jeu et aucun n’affirme sa vraie personnalité. Du coup, je me suis perdu entre des « belles » paroles fondées dans un cadre qui ne s’y prête pas, où vient s’ajouter la question « Comment trouver sa place en tant que noir ? », à la limite, j’aurais vraiment préféré que le film se centre sur ce deuxième sujet, facilitant l’identification, l’intégration de manière générale, ça touche du monde.

Le montage est chapitré, pour quelle raison ? Cela n’apporte aucun intérêt et en plus, on finit par perdre le fil. En revanche, les cartons de présentation des « maisons », ça j’ai trouvé ça sympathique et bien fait. Il y a plusieurs petites idées intéressantes comme ça qui ne sont pas abouties et pas assez travaillées, des personnages dont on définit mal leur rôle et leur but. Se pose la question des fêtes racistes aussi, où il faut s’habiller et se comporter comme un noir (par exemple), c’est typiquement le genre de choses qui nous est étrangère ici, cela ne m’empêche pas de comprendre le problème, mais idem, il est perdu dans le flot d’idées.

Dear White People avait du potentiel pour plaire (et il plaira à certains), un combat pour sa couleur face à des idéaux très ancrés créés par les blancs dans le milieu étudiant, mais pour ma part, il a été mal orienté vers une sorte de gue-guerre officieuse où ce sont surtout les égos qui sont mis à mal et où ce combat démarre sur des fondements qui n’existent pas ou peu (dans le film j’entends), accentuant certains clichés.

Sortie en salles le 25 mars.

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Miss Bobby_Diversion_concours

Miss Bobby_Diversion_concours J’avais une double crainte avec Diversion : une bande-annonce assez légère et Will Smith, ce qui laissait présager rien de bon. J’aime bien quand ça démarre comme ça et que ça finit en me surprenant agréablement.

Comme son nom l’indique, Diversion introduit le spectateur dans le vol de haut niveau : on commence par les poches et on termine par de la pure escroquerie. Nicky (Will Smith) initie à la fois Jess (Margot Robbie) et le public, c’en est tellement passionnant qu’on en serait presque à vouloir changer de carrière. Et en plus, c’est ludique de prendre les gens pour des pigeons ! Mais là où Diversion va plus loin, c’est qu’il entourloupe aussi les spectateurs.

À la manière d’Insaisissables, les limites sont repoussées toujours plus loin au point de fomenter de votre côté plusieurs théories sur l’évolution du scénario et vous pourrez en parler autour de vous, chacun aura sa propre hypothèse. Histoire minutieusement cousue, apportant une touche comique très inattendue titillant le trashouille, tout joue sur la diversion : des personnages plus complexes qu’il n’y paraît jouant sur les apparences, un jeu de réalisation qui vous permet de vous focaliser sur une action précise (le film ne s’appelle pas Focus en anglais pour rien) et vous, qui n’y verrez que du feu (sauf si vous êtes particulièrement doués).

Margot Robbie l’atout charme, méfiez-vous tout de même de son sourire ravageur, Will Smith l’atout malin comme un singe, méfiez-vous de ses belles paroles, et Adrian Martinez en atout hilarant. Diversion saura en surprendre plus d’un, très bonne surprise en tout cas !

Sortie en salles le 25 mars.

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Miss Bobby_Astérix DDD_DVD

Miss Bobby_Astérix DDD_DVD Si vous ne connaissez pas cet album d’Astérix, pas de panique… Moi non plus. Heureusement qu’Alexandre Astier a décidé de dépoussiérer ce tome oublié d’Uderzo et Goscinny. Si vous n’avez pas vu la bande-annonce, ni entendu parler du film, sachez qu’il s’agit bien d’un film d’animation et non d’un film en prises de vue réelles. Rendons à César ce qui lui appartient (pour la blague, c’est fait).

Première chose : Astérix le domaine des Dieux est en images de synthèse. Ça peut paraître rebutant à première vue (j’étais la première sceptique), mais en fait, quand on se rend compte que l’univers d’Astérix est bien présent, on s’habitue à l’effet 3D. D’ailleurs, je n’ai pas eu l’occasion de le voir avec des lunettes 3D, cependant, on voit clairement en 2D qu’il y a eu du travail sur certains effets et sur la profondeur de champ pour optimiser la 3D. Donc l’image de synthèse approuvée pour une série de dessins animés en dessins traditionnels très ancrée dans le patrimoine français. J’aime beaucoup l’effet de texture. Le tissu du pantalon d’Obélix en est un très bon exemple.

Deuxième chose : Alexandre Astier y a mis de sa touche personnelle si spécifique, en grande partie dans les dialogues, les références (King Kong, Le Seigneur des anneaux, voire même dans la politique. Amusez-vous à les repérer) et en ajustant le scénario (en collaboration avec Louis Clichy) pour lui donner une dimension plus cinématographique, plus soutenue. Les gags sont parfois prévisibles, mais n’en restent pas moins jouissifs. Il aurait pu d’ailleurs pousser le bouchon un peu plus loin (Maurice – Double réf.) dans l’humour, élément majeur et attendu avec Asterix et Astier. On ne va pas lui en vouloir, il y a tout de même des perles qui me font mourir de rire (même après un second visionnage).

Troisième chose : LE casting. Particulièrement travaillé et bien choisi. Déjà, pour les amateurs du dessin animé originel, sachez que Roger Carel a accepté de sortir de sa retraite pour reprendre le doublage d’Astérix ! Et ça, c’est tout bonnement génial : ça donne un petit côté nostalgique, tout en faisant un lien avec les vieux dessins animés. Toute façon, je ne vois pas qui d’autre pourrait faire Astérix à part Roger Carel. C’est un monument. L’idée de génie, qui vaudrait un dessin animé rien qu’à lui seul, c’est Duplicatha (l’esclave) et la voix qui lui est associée : Laurent Lafitte. Comment vous dire ? Le personnage, la voix, le langage et la diction, du pur bonheur en boîte ! Duplicatha se suffit à lui-même pour le comique. Rien que d’y penser, j’en ri toute seule. Florence Foresti sied à merveille à Bonemine, Astier joue très bien son rôle de centurion, Elie Semoun est parfait en légionnaire casse-pieds, Lorànt Deutsch s’habille très bien de l’architecte Anglaigus, clin d’oeil à Alain Chabat en lui accordant le doublage du sénateur Prospectus, etc, etc. Des voix qui nous sont toutes familières et que l’on prend plaisir à reconnaître.

En définitive, Astérix – Le domaine des Dieux est un mélange de traditionnel par l’histoire, l’univers d’Uderzo et Goscinny, et de contemporain avec la touche d’Alexandre Astier. Si on n’avait qu’une chose à demander : à quand une adaptation rajeunie des 12 travaux d’Astérix, à mon sens le meilleur album et le meilleur dessin animé des aventures d’Astérix ? Allez-y je suis incollable dessus.

Miss Bobby_Asterix DDD_DVD

Bonus :

– Interview Alexandre Astier et Louis Clichy (16 minutes) : La naissance du projet, volonté de créer un film en 3D à la base. Pourquoi le choix s’est orienté sur Le domaine des dieux ? Comment adapte-t-on une bande-dessinée autant ancrée dans le patrimoine, notamment en appuyant le travail sur les dialogues et les enjeux. Qu’est-ce qui a été ajouté par rapport aux dessins de base (texturisation par exemple) ? Comment gérer un aussi gros budget ? L’équipe a dû faire des choix, car chaque prise de position graphique a un coût. Cette partie des suppléments développe vraiment l’envergure du projet dans le paysage français, se rapprochant beaucoup plus des méthodes américaines.

– Astérix le domaine des dieux : Les voix (6 minutes) : quelques images sur l’enregistrement des voix et la manière de travailler plutôt inhabituelle.

– Scènes coupées (8 minutes) : 4 scènes,  dont 2 alternatives non terminées, façon croquis – storyboard.

– Bande-annonce

– Teaser

Sortie en vidéo le 31 mars.

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Miss Bobby_Cendrillon

Miss Bobby_Cendrillon Aaaahhh Cendrillon, un de mes dessins animés préférés quand j’étais petite : la robe qui brille, les pantoufles de verre, Gusgus et son petit zétonné (ça m’a marquée cette expression et ça me fait toujours autant rire), les souris qui chantent. Que de souvenirs. Bizarrement, le prince, rien à faire, mais la robe et le carrosse, ça en jetait quand même ! Ma curiosité a été piquée lorsque j’ai vu les premières images de l’adaptation de Kenneth Branagh, des images qui laissaient présager une adaptation assez fidèle. Alors conte magique ?

Le moins que l’on puisse dire concernant la fidélité du récit, c’est que Kenneth Branagh s’est collé au propos, tellement collé que rien ne surprenant ne c’en est dégagé, à part quelques petites choses, notamment que Cendrillon monte à cheval, après tout, elle aussi peut avoir des passes-temps autre que la couture et le ménage, tout est trop fidèle. Cendrillon plaira indubitablement aux enfants, surtout aux petites filles (je vais revenir sur ce point), néanmoins les adultes resteront sur leur faim. Je n’aurais pas été contre un peu de fantaisie, quelques divergences, peut-être une version plus adulte, plus sombre et avec plus de caractère. On reste dans le Disney pur et dur, comprendre ultra lisse. Les acteurs sont trop beaux, les dents brillent beaucoup trop, la peau est trop blanche (merci Photoshop), en gros, c’est trop propret, le charisme des personnages n’existe pas. Même les pubs Colgate ne font pas aussi bien. J’aurais voulu cette touche comique qui ressortait avec les souris, mais celles-ci ne parlent pas, elle baragouinent.

Ceci étant dit, mon cœur de jeune fille (qui se cache je-ne-sais-où) a été émerveillé à l’apparition de la marraine la bonne fée, interprétée par Helena Bonham Carter, sa magie, c’était waouhhh, c’était beau, ça brillait de partout, la robe… quelle robe ! Ils n’ont pas lésiné sur les moyens, sur ce moment tant attendu de la transformation. Il y a vraiment de quoi impressionner les yeux des petites filles, en plus le film est très coloré, tous les costumes sont particulièrement travaillés. L’actrice qui s’en sort le mieux est Cate Blanchett dans son rôle de marâtre, très charismatique et subtilement diabolique.

Cendrillon est là où on l’attend, magique, beau, bien taillé telle une pantoufle de verre, et qui ne s’évertue pas à aller s’aventurer dans les bois.

Sortie en salles le 25 mars.

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Miss Bobby_Divergente 2

Miss Bobby_Divergente 2 Divergente 2 ou comment emmener mon adolescente de fille imaginaire au cinéma si je lui avais inculqué le mauvais goût.

BAM !

Je sais, c’est rude, mais bon, il faut ce qu’il faut. Je suis sortie de la séance sans trop savoir quoi en penser, ou disons sans trop savoir ce que j’allais écrire, partagée entre un sentiment d’ennui et d’avoir été prise un peu pour une idiote.

Divergente 2, c’est quand même fadasse. À titre de comparaison (et ça, je ne suis pas la seule à le faire), j’ai trouvé l’épisode 3 d’Hunger Games bien plus palpitant, parce que le film en est là, au même stade que son concurrent avec Jennifer Lawrence, une phase plus tragique, plus calme du coup, préparant le spectateur à ce qui devrait être une fin spectaculaire. Sauf que pour la tension, on repassera. Difficile de définir ce qu’il manque. Manque d’émotions ? Oui. De pression ? Oui. De logique ? Certainement, Naomi Watts mère de Quatre (elle est dans sa quarantaine et lui trentaine), on n’y croit pas une seule seconde. Elle fait bien de préciser qu’elle l’a eu jeune, j’aurais dit très très jeune. C’est d’un ridicule, peut-être que ça passe dans le livre, mais à l’image, non ! Après que Tris soit devenue super guerrière des temps modernes durant la transition, bon… Pourquoi pas. Quatre ne sert plus à grand chose, sorte de faire-valoir pour remplir la case romantique qui traîne dans les pattes de Shailene Woodley, d’autant qu’on se demande si elle a vraiment besoin de lui tant elle est super « badass », mais l’amuuuur.

Je vous passe la qualité des effets spéciaux, très passable. Il y a tout de même deux points qui m’ont fait rire : les répliques de Miles Teller et surtout, sa première apparition dans son uniforme, j’ai cru qu’il sortait tout droit des 4 Fantastiques « je passais par là, j’ai vu de la lumière. Désolé, je n’ai pas pris le temps de me changer ».

Je crois que si vous me demandez dans une semaine ce que contient ce Divergente 2 : L’insurrection, je ne suis pas sûre de pouvoir vous répondre.

En salles depuis le 18 mars.

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Miss Bobby_A trois on y va_bande annonce

Miss Bobby_A trois on y va_bande annonce J’ai cherché une belle phrase d’accroche, quelque chose qui rime ou quelque chose de poétique pour démarrer cette critique de ce film qui m’a poignardé le cœur, mais je n’ai pas trouvé. J’ai, je pense, les mots pour vous décrire À trois on y va, mais je n’ai rien pour l’amorcer. Alors tout sortira, peut-être de manière brouillonne, peut-être en désordre.

À trois on y va, le nouveau film de Jérôme Bonnell est un triangle amoureux plus particulier que les autres : un couple se trompe avec la même femme.

C’est une comédie romantico-mélancolique, à la fois douce et terriblement amère, une spirale de passion et d’amour qui aspire, piégeant quiconque s’y aventura, surtout les plus naïfs. Mélodie, celle dont le cœur s’est involontairement immiscé entre ce couple, s’est perdue dans une chimère, la pire de toute : l’espoir que. Un jour, peut-être. Elle est éperdument amoureuse de Charlotte, envisageant tout avec elle et attendant quelque chose qui ne viendra peut-être jamais. Et de l’autre côté, il y a Micha (en couple avec Charlotte donc), qui voit sa copine s’éloigner, cette copine qui a toujours été insaisissable, énigmatique, et qui va lui aussi se tourner vers Mélodie. Micha reste indéniablement accroché à Charlotte, Charlotte ne peut pas se défaire de Micha, et Mélodie bien qu’ayant un cœur assez gros pour accueillir deux personnes, bien qu’elle apporte bonheur et réconfort, bien qu’elle se donne corps et âme, Mélodie souffre et se perd lentement.

C’est difficile de s’abandonner à quelqu’un qui ne s’abandonne pas totalement à vous, de faire des choix, de se défaire d’une vie de couple pas si heureuse, qui ne se raccroche plus à grand chose, mais qui perdure par sécurité et habitudes. C’est difficile d’être fort, de prendre des décisions : rester ou s’éloigner ? Être heureux ou malheureux ? Se séparer ou continuer l’air de rien, gardant ses œillères bien fixées.

C’est à celui qui fera le premier pas vers le changement, qui se sacrifiera, vers une certaine liberté, la liberté et le courage de recommencer ailleurs et de tourner la page. Pour être heureux il faut savoir passer par la souffrance du manque, de la distance, de la rupture, de la nouveauté, de l’inattendu, passer outre la naïveté que tout va bien en apparence et que fuir ne réglera rien.

Jérôme Bonnell signe un film drôle, innocent, sensible, tendre, naïf, parfois enfantin, parfois plein de grâce pour de jeunes adultes qui apprennent l’amour au jeu du hasard. Une réalisation douce et épurée, l’utilisation de gros plans pour accentuer la proximité et l’identification, intégrant complètement le spectateur à l’histoire. Trois acteurs attachants pour trois personnages bien distincts.

Certains se reconnaîtront dans ces sentiments qui explosent, dans ce tiraillement et dans cette souffrance qui gangrène tout.

J’avoue en relisant ma critique que c’est un peu embrouillé, mais elle représente bien la confusion des sentiments.

Sortie en salles le 25 mars.

Je vous mets quelques photos de la rencontre avec Jérôme Bonnell, Félix Moati et Sophie Verbeeck. Ils se sont exprimés sur le film, le fait qu’il représente à la fois la souffrance et la liberté d’aimer, qu’il a été construit comme une comédie, mais qu’il a fallu accepter la mélancolie qui s’imposait d’elle-même. Jérôme Bonnell a précisé qu’il a essayé une fin alternative, mais qu’elle ne fonctionnait pas, il voulait qu’elle apporte une fin pour chaque personnage, que jusqu’à la fin, chaque geste est un geste d’amour. Le réalisateur a créé un carnet personnel entre lui et chaque acteur, sorte de correspondance permettant de construire les passifs des personnages, de mieux les cerner, notamment celui de Sophie Verbeeck dont le personnage de Charlotte est très mystérieux, elle a d’ailleurs dû faire un gros travail de contenu afin d’éviter que son personnage parte dans tous les sens tant celui-ci est complexe.

Crédit photos Djoolien.

Merci à Wild Bunch et Cartel.

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Miss Bobby_#Chef_concours

Miss Bobby_#Chef_concours Non, je ne rabâche pas à tout le monde que ce film est génial… enfin j’essaie. Jon Favreau nous a tous cloués sur place en nous servant un film indépendant bien loin de ce qu’il a pu nous proposer auparavant (Iron Man en pôle position). Un film indé’ certes, mais qui saura plaire au grand public tant les sujets traités sont universels : la famille, l’amitié, le travail et bien sûr, la cuisine. Des ingrédients en quantité raisonnable et fouettés énergiquement pour ne pas s’ennuyer, voire en redemander.

Jon Favreau, papa d’Iron Man premier et second du nom, a su sublimer un domaine ayant un peu trop le vent en poupe : la gastronomie, à la fois en tant que chef d’un grand restaurant dont le patron Dustin Hoffman se borgne à rester coincer dans ses valeurs sûres, par crainte de perdre sa clientèle chérie. Mettant à l’honneur de grands plats d’inspiration française (le restaurant s’appelle Gauloises en français dans le texte), ainsi que le savoir-faire que cela implique. Ainsi, on constate que Carl Casper (interprété par Favreau) se sent bloqué dans sa passion, sa créativité par un patron ancré dans ses vieilles habitudes. Que l’on soit chef, peintre, écrivain ou que l’on fasse un tout autre métier, ne pas être libre de s’exprimer entraîne non seulement une dégradation dans le travail, mais provoque également des dégâts sur la vie personnelle.

De l’autre côté, il y a ce goût de se laisser tenter par l’aventure (surmonté d’une pointe de peur bien sûr, ça donne du piquant), de revenir aux bases tout en les sublimant, pour faire de la simplicité un bonheur logé dans un morceau bien croquant de sandwich cubain. Qui dit retour aux valeurs profondes, dit aussi association avec les notions familiales. Jon Favreau a très bien compris (comme tous les amoureux de bonne cuisine), que la nourriture rassemble et peut parfois réconcilier. Elle est synonyme de partage et de réconfort, deux idées importantes dans la vie et retranscrites avec sagesse dans #Chef.

En fait, #Chef c’est une histoire d’amour entre un homme et la cuisine, mettant à jour tout le potentiel qui réside dans cette dernière, dans les différents niveaux d’émotions qu’elle procure. La cuisine est avant tout don de soi, s’ouvrir aux bonheurs simples parfois, s’aventurer dans des curiosités et dans des expériences inédites. Mais qu’est-ce qu’un #Chef sans des amis, une famille pour l’aider à évoluer, à se surpasser et à faire face à ses craintes ?

Vous l’aurez compris, Jon Favreau m’avait déjà piégé avec Iron Man et il m’a littéralement laissé sur le carreau (ou ma faim) avec #Chef.

Mon conseil : que vous soyez entre potes, en famille ou avec votre tendre moitié lorsque vous verrez ce film, n’oubliez pas de réserver une table dans un restaurant après votre séance, car vous allez avoir faim (paroles de scout) et vous aurez envie de partager vos idées sur le film. Et quoi de mieux qu’un bon repas ?!

Miss Bobby_#Chef_Blu-Ray

Bonus :

– Commentaire du scénariste/réalisateur Jon Favreau et du chef cuisinier/coproducteur Roy Choi : les commentaires sont particulièrement intéressants, certaines recettes sont révélées et on comprend la liberté qu’a eu Jon Favreau en réalisant un film indépendant à contrario d’un gros film de studio.

– Scènes supplémentaires et étendues (10 minutes) : 7 scènes. En soi, elles n’apportent rien de plus.

– À l’intérieur du camion (8 minutes) : petit making of sur la formation enseignée par le chef Roy Choi à Jon Favreau pour qu’il puisse ressentir réellement ce qu’être un chef et pas seulement le mimer. Recette de fruits rouges à la crème. On apprend la différence entre la nourriture sur un tournage lambda et celle du film (je vous conseille de fermer les yeux sur cette partie, ça donne très faim).

J’aurais aimé la recette du sandwich cubain par Jon Favreau par exemple (ou d’autres recettes), ou un plan des restaurants du film ou ce merveilleux endroit où l’on peut manger une viande cuite lentement au barbecue durant une nuit (même si tout est révélé dans les commentaires). Un peu plus de fantaisie en somme, un bêtisier et plus de contenu.

En vidéo depuis le 11 mars.

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