Blade Runner 2049_Villeneuve

Blade Runner 2049S’il y a bien une sortie cette année qui émoustillait les cinéphiles et qui n’est pas Star Wars VIII, c’est bien Blade Runner 2049. D’autant qu’aux manettes, ce n’est que le petit génie canadien, Denis Villeneuve. On aime ou on n’aime pas ce garçon, personnellement, j’Adore avec un grand A. Histoire de suivre correctement cette suite, j’ai donné une seconde chance à Blade Runner premier du nom en espérant ne pas m’endormir à la moitié encore une fois. Je passe mon avis sur le sujet, on n’est pas là pour en parler.

La question qui vous brûle les lèvres : que vaut ce Blade Runner 2049 revu et corrigé par Villeneuve ? On prend à peu de choses près les mêmes et on recommence, enfin on continue. Tous les codes qui ont marqué les bien heureux cinéphiles sont là : la lenteur, l’atmosphère étouffante de ce Los Angeles japonisé, on y évoque la vie et non plus la mort, et puis cette question d’intelligence artificielle, presque humaine, censée être non-émotive, l’humain plus qu’humain, la place des répliquants en tant qu’être.

Là où j’espérais que le réalisateur allait apporter un peu de dynamisme à ce scénario qui cueillera les plus naïfs (coucou !) et n’entubera pas les peu crédules, Villeneuve a fait le choix de conserver cette lenteur latente. D’un côté, la réalisation s’envole vers de tels sommets de beauté que le spectateur ne peut qu’apprécier cette lenteur. En effet, tout le monde s’accordera à dire que ce Blade Runner 2049 est époustouflant : la photographie est tellement travaillée que pléthore de plans peuvent être isolés pour n’en garder que la quintessence photographique. Un pur travail d’orfèvre mêlant l’art, la sculpture avec le porno chic, les jeux vidéo, le tout surmonté par une société littéralement écrasée par les publicités. On se retrouve avec un univers dépourvu d’âme, claustrophobique, étouffant, et à la fois un monde ouvert, vestige de l’ancien monde, où l’excès d’antan est devenu presque historique.

De l’autre côté, cette lenteur pourra faire souffrir, par un film trop long, mettant en lumière des scènes inutiles et surtout, des personnages terriblement creux, sans consistance émotive. Malgré un joli casting, les personnages de Blade Runner 2049 sont fades, peu profonds au point qu’il est difficile de leur accorder un quelconque intérêt. On notera également le personnage de Jared Leto, complètement anecdotique dont on ne comprend ni les propos, ni le but ou l’intérêt.

Cette suite de Blade Runner n’est pas à la hauteur des espérances, néanmoins, elle marquera surtout les mémoires pour sa prouesse visuelle et sa continuité avec le précédent. On oubliera que le scénario est parfois un peu facile, voire timide, que Villeneuve a poussé peut-être un peu trop la métaphysique au point de traiter de beaucoup de sujets, et que les personnages sont superficiels. Toutefois, à voir définitivement sur grand écran pour l’émerveillement esthétique.

Sortie en salles le 04 Octobre 2017.

by Miss Bobby
Miss Bobby_DVD_The_Best offer

Miss Bobby_DVD_The_Best offerQuand The Best Offer est sorti en salles en avril, je n’en ai pas du tout entendu parler, le succès n’a pas dû être au rendez-vous et pourtant. Franchement, je m’en veux d’être passée à côté (j’ai pu heureusement me rattraper avec le DVD et vous allez pouvoir en faire autant). Ce type d’injustice cinématographique se passe malheureusement très souvent et je suis là un peu pour y remédier (en criant bien fort pour qu’on m’entende). Quand j’ai reçu le communiqué, je l’ai lu et il est parti directement dans ma corbeille. J’avoue. J’ai regardé la bande-annonce qui ne m’a pas spécialement accrochée. J’ai laissé décanter, et puis, je ne sais pas, je me suis dit casting anglo-saxon très intéressant et un synopsis qui me pique aussi la curiosité, j’ai fouillé dans la corbeille, ressorti le communiqué et j’ai laissé ma curiosité faire son boulot. Et elle a eu du nez sur ce coup-là !

Synopsis (histoire que vous soyez à votre tour intrigués) :

Virgil Oldman est un commissaire priseur de renom. Véritable institution dans le milieu de l’art et misogyne assumé, il n’a de relation intime qu’avec la collection de tableaux qu’il a su constituer secrètement au cours des années. Personne ne le connaît vraiment, même pas son vieil ami marchand d’art Billy. Lorsqu’une cliente lui demande une expertise mais n’accepte de lui parler qu’au téléphone, Virgil est piqué de curiosité et ne peut se résoudre à laisser tomber l’affaire. Quand il la voit pour la première fois il tombe violemment sous son charme.

The Best Offer est d’une rare finesse et élégance, à tous les niveaux : une réalisation particulièrement fluide et sobre portant la beauté de l’art ainsi que la complexité de son personnage principal sur le piédestal du raffinement. Un scénario aux rouages particulièrement détaillés, travaillés, laissant le spectateur au même niveau que monsieur Oldman, dégageant précautionneusement l’oeuvre d’art qui se cache sous la grosse couche noire laissée par le temps. Rouages tels un puzzle dont les pièces s’imbriquent une par une avec minutie découvrant une fresque monumentale. Vous serez happés par l’art de la séduction, l’art des bonnes manières, l’art de faire tomber les barrières et l’histoire du temps, l’observation méticuleuse d’œuvres et de contrefaçons, aussi belles et fascinantes que les originales. Geoffrey Rush est admirable, superbe dans sa retenue, faisant évoluer Virgil Oldman avec une grâce infime et beaucoup de pudeur.

The Best Offer est une très belle découverte et j’espère que vous me ferez confiance sur ce film, il mérite vraiment d’atterrir dans votre DVDthèque.

Sortie en vidéo depuis le 19 novembre.

by Miss Bobby