BR_The Lobster_film_Colin Farrell

BR_The Lobster_film_Colin Farrell Petit cours d’anglais, histoire que vous vous interrogiez un peu plus sur le titre : the lobster signifie le homard. C’est plus chic qu’en français. Ma curiosité avait été piquée par le synopsis :

Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.

Dans le genre dystopie, on est loin d’Hunger Games. Une société qui punit le célibat et qui vous transforme en animal si vous n’avez pas trouver un partenaire de jeu, fallait y penser. Heureusement que ce n’est qu’une fiction, sinon il y aurait moins d’espèces en voie de disparition. Que vaut cet homard ? Vivace ou prêt à être passé à la casserole ?

Le film de Yorgos Lanthimos se divise clairement en deux parties, que ce soit dans le scénario que dans la qualité. Car si The Lobster met en exposition des mœurs où l’État impose d’être en couple – comme dans tout bon régime qui se respecte – il y aussi des dissidents marginaux qui accueillent les brebis célibataires, mais (forcément) qui imposent aucune relation entre les membres sous peine de punition drastique. The Lobster est-il vraiment une dystopie en fin de compte ? Toute la première partie exploite les conditions misent en œuvre pour trouver votre moitié : vous atterrissez contre votre gré à l’Hôtel où se mélange hommes et femmes de tout âge, l’accent est appuyé sur l’alchimie, aucune relation sexuelle n’est permise. Si vous rencontrez l’élu de votre cœur, vos physionomies respectives s’accorderont à l’unisson. Si tu boites, je boiterai aussi. C’est beau l’amour ! C’est donc ça l’Amour, ce n’est pas seulement partager des intérêts, c’est aussi se fondre l’un dans l’autre, pour ne former plus qu’un. Ce premier morceau particulièrement riche déroule le fonctionnement de l’Hôtel et les personnages. Une ambiance froide, aseptisée qui ne laisse que peu de place aux émotions et à la spontanéité amoureuse. Ironie ! S’il existait une formule ou des codes pour trouver l’âme sœur, ça se saurait. Il s’y mêle un mélange de curiosité et une vérité pas si éloignée de la nôtre sur les « clichés » créés sur les couples.

Le second morceau est plat et redondant, l’action tourne souvent en rond, appuyée par la répétition du décor (des arbres partout), réduisant les possibilités créatives. La vie dans le fin fond de la forêt où est censée prôner la liberté, n’est finalement que de la poudre aux yeux, une liberté payante, soumise à des règles, à une autorité et à des punitions.

The Lobster est une fable originale qui pourrait être au fond, un aspect de notre société sur la liberté, le libre arbitre et ce formatage imposé « naturellement » sur le couple, la famille, par les médias, les publicités et la société en elle-même. En somme, vous serez jugé parce que vous ne serez pas casé avec des enfants à partir d’un certain âge, vous aurez le choix entre suivre cette voie, quitte à vous trouver une moitié qui ne vous convient pas, pourvu que l’illusion fonctionne. Ou vous pourrez accepter de rester célibataire et le regard des autres sur votre choix de ne pas entrer dans des cases. J’aurais voulu une seconde partie moins froide, aussi fournie et intéressante que la première, toutefois, The Lobster n’en reste pas moins un OFNI très intriguant, ne serait-ce que par son titre. À ne pas mettre entre toutes les mains !

En quel animal voudriez-vous être transformé ?

Bonus :

  • Entretien avec Yorgos Lanthimos
  • Entretien avec Ariane Labed
  • Necktie (court-métrage, 2013)
  • Making of
  • Bande-annonce
  • Bande-annonce de Alps
  • Crédits

Le Blu-Ray contient environ 23 minutes de bonus. Yorgos Lanthimos s’entretient sur l’histoire de son film, qu’au fond, il n’est pas si éloigné de la réalité et il explique pourquoi. Ariane Labed développe son enthousiasme pour l’émergence du cinéma grec, tout en précisant le travail assez particulier du réalisateur, en passant par son expérience de danseuse qui lui a beaucoup servi dans ce film (ou dans d’autres).

Sortie en vidéo le 08 Avril 2016.

by Miss Bobby
BR_Seul sur Mars film Matt Damon

BR_Seul sur Mars film Matt Damon Bonjour chers passagers, les issues de secours se trouvent ici, ici et ici à plus de 4 mois de distance, veuillez accrocher vos ceintures. Nous espérons un bon voyage avec notre compagnie Ridley Scott Space.

Je vous passe la question bateau digne d’un examen de philo : que feriez-vous seul sur Mars ? Ne me dites pas que ça dépend de la température de l’eau et donc si vous devez emporter votre maillot de bain ou non. À l’heure où la découverte de l’eau sur la planète rouge est bien une réalité, le réalisateur Ridley Scott nous expose son voyage à bord d’Arès 3 vers une planète que l’Homme a déjà foulée. Et là où certains réalisateurs auraient digresser avec de la fioriture comme une longue introduction, des familles qui prennent de la place, un aller-retour qui prend du temps, il s’est focalisé sur son sujet : on vient voir un type seul sur Mars. Point.

Film de science-fiction ou d’anticipation, la limite est fine. C’est surtout une œuvre sur l’Homme, sa capacité à survivre avec ses ressources, qu’elles soient matérielles, intellectuelles ou émotionnelles. Nombreux tomberont dans la facilité de comparer le film de Scott avec celui d’Alfonso Cuarón parce qu’ils ont des points de liaison : la solitude, l’abandon, le combat face à soi et à un environnement hostile, la peur, etc, néanmoins, il est important de noter que Gravity se passe dans l’espace, qu’il y a une réelle prouesse technique tant dans le matériel utilisé pour les prises de vue que la réalisation en elle-même. Scott n’est pas en reste avec sa mission vers Mars, apportant beaucoup de soin à la profondeur de champ, une qualité d’image très pure et un choix de plans audacieux. Ainsi, le réalisateur introduit régulièrement le spectateur par des caméras postées à la première personne que ce soit près du casque, sur le rover, suivant les mouvements par des caméras embarquées, dégageant une action de proximité. Scott s’amuse avec les écrans et cette barrière virtuelle, définissant le point de vue du public, parfois spectateur, parfois acteur, selon si l’action se passe du côté de la NASA ou de Mark Watney (Matt Damon).

Sur le scénario, les 2h20 de Seul sur Mars passe bien plus vite qu’un aller-retour Terre-Mars. Chaque séquence a son utilité, les petits détails comptent et à aucun moment je n’ai senti un ennui. Matt Damon y est aussi drôle, qu’émouvant (et toujours charismatique), même si le casting est particulièrement fourni avec de très beaux noms (Michael Peña, Sean Bean – belle référence soit dit en passant, Kate Mara, Sebastian Stan, Chiwetel Ejiofor) aucun n’éclate dans son jeu, Damon est, pour le coup, vraiment seul a tiré son épingle.

Seul sur Mars est prenant, captivant, angoissant, fascinant, il donnerait presque envie de voyage et de grands espaces. Il dégage beaucoup d’empathie et indubitablement, vous vous mettez à la place de son personnage principal. Je n’ai pour ma part aucun élément négatif flagrant à reprocher au film de Ridley Scott, je me suis délecté de ce voyage martien à la fois spirituel, scientifique et humain.

BR_Seul sur mars film Ridley Scott

Bonus :

L’interface du menu se présente comme un panneau de contrôle. C’est plutôt sympa.

  • L’écriture et la réalisation
  • La distribution et les costumes
  • Bêtisier
  • Arès III : révision complète du scénario
  • Arès III : la présentation de Mark
  • Après 10 jours d’isolement
  • Arès : la plus grande aventure martienne
  • Être au top
  • Un hommage à Watney
  • Film annonce
  • Galerie

C’est la première fois que je vois des bonus comme ça. Je les ai trouvés géniaux ! Toute la partie Arès jusqu’à la fin sont des suppléments traités dans l’optique du film, comme une aventure qui a réellement existé. Ainsi Arès III : révision complète du scénario est construit comme un faux reportage télévisuel de 17 minutes où les acteurs incarnent leur personnage et sont interrogés pour expliquer au public (dans le film) comment la NASA a géré cette mission secours. Une fausse enquête au cœur d’une aventure périlleuse. Les autres suppléments se focalisent sur l’entraînement de Mark Watney filmé à la manière d’une publicité sportive, sur l’hommage et le soutien mondial envers l’astronaute, sur les interviews des personnages après 10 jours d’isolement, etc. Toute la première partie est dédiée au travail de fond, la collaboration entre l’équipe du film et la NASA, ainsi que cette volonté de coller au plus près de la science et d’un possible futur vrai voyage sur Mars. Des bonus d’environ 1h particulièrement intéressants, travaillés à part du film et qui lui confère une dimension réelle.

Sortie en vidéo depuis le 24 Février 2016.

by Miss Bobby
BR_Nous trois ou rien film Kheiron

BR_Nous trois ou rien film Kheiron Vous vous souvenez du meilleur pote de Kyan Khojandi dans Bref ? Le mec pervers ? Kheiron. Celui-là même qui fait de la scène et qui balance des bonnes grosses vannes au public (comme pas mal d’humoristes). Ça y est, vous l’avez replacé ? Bon, eh bien préparez-vous à être soufflé, le comique s’est mis à la réalisation avec son premier film Nous trois ou rien et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on ne l’attend absolument pas là ! Oubliez le mec décrit plus haut et attendez-vous à être surpris !

Kheiron a décidé d’exposer sur grand écran la vie de ses parents en interprétant en prime le rôle de son père. Dis comme ça, vos premiers préjugés vont s’orienter sur un comique qui réalise son premier film, il y a de fortes chances que ça soit une comédie populaire, écrite et filmée avec les pieds. Sauf qu’un public en partie de blogueurs n’offre pas une standing ovation à n’importe qui, de même que le public lors des avant-premières.

Et qu’est-ce qui raconte ce film alors ?

D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Nous trois ou rien est un jeu d’équilibriste d’une grande finesse entre un humour très travaillé qui vous tire des fous rires avec une facilité déconcertante, une tendresse inouïe portée par un regard fort sur la famille, l’amour, qu’il soit fraternel ou via le couple formé par Hibat et Fereshteh, toujours plein de sincérité et de pudeur. Ou encore un torrent d’émotions par la réalité de la situation, le combat politique, les actions menées. Le film vous soulève d’allégresse par la cocasserie d’une famille nombreuse, les vannes que peuvent s’envoyer les frangins, cette cohésion familiale (aussi développée par les parents de Fereshteh) et puis votre cœur se serrera sur la dureté et la froideur des autorités emmenées par un gouvernement dictatorial.

Kheiron ne s’est pas contenté de retranscrire une histoire vraie, il a su conter celle de ses parents via les yeux d’un fils admiratif et d’un cinéaste professionnel, ne tombant jamais dans la facilité, s’octroyant des légèretés en faisant « travailler les copains » pour mieux tourner au ridicule le gouvernement en fonction à l’époque.

On ne peut que féliciter le résultat, traiter d’un sujet grave et fort, avec humilité, humour, dans un premier film, j’ai juste envie de dire : chapeau !

Bonus :

  • Bande-annonce
  • Module réactions

On aurait voulu, sur un si joli film, avoir beaucoup plus de bonus que les réactions du public et des blogueurs à la sortie des salles.

Sortie en vidéo le 09 Mars 2016.

by Miss Bobby
BR_Agents très spéciaux Code UNCLE Henry Cavill

BR_Agents très spéciaux Code UNCLE Henry Cavill Non, je ne m’attarderai pas sur le fait qu’à chaque fois que je vois Henry Cavill, j’ai un petit filet de bave au bord des lèvres. Encore moins lorsqu’il porte un costume autre que celui de Superman. Un film que j’ai réellement apprécié et qui me laisse dans une impasse sur le papier. Je ne sais absolument pas quoi écrire dessus, si ce n’est que Guy Ritchie s’offre quelques effets que j’aime beaucoup (et qui avaient déjà titillé ma rétine dans les Sherlock Holmes), une très belle retranscription des années 60 tant sur le fond que sur la forme : des décors, en passant par les costumes, le montage, la réalisation et même jusqu’aux sous-titres. Des dialogues très drôles et subtils où les deux beaux gosses (l’autre c’est Armie Hammer) se tirent dans les pattes à coups de joutes humoristiques. Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. s’apparente aux vieux films d’espionnage, où les maîtres-mots sont classe, glamour et humour. Un trio d’acteur (n’oublions pas la part féminine avec Alicia Vikander) qui prend à l’écran, dans un film qui ne tombe pas dans la facilité.

Bonus (33 minutes) :

  • Vue d’espion : recréer les années 60
  • Une classe supérieure de héros
  • Les motos Métisse : classes et très british
  • Les gars de U.N.C.L.E.
  • Un homme au talent extraordinaire
  • U.N.C.L.E. : espion sur le plateau

Des bonus essentiellement concentrés sur la reproduction des années 60 aussi bien dans les décors que dans la précision des costumes. Il faut dire que le travail est particulièrement minutieux. On apprend également que Henry Cavill et Armie Hammer, en plus d’être de talentueux acteurs, sont aussi de très bons cascadeurs, amoureux des beaux véhicules (les vieilles voitures ou encore les motos d’époque). Les bonus offrent plusieurs minutes de making of et expliquent cette manière très calme de travailler du réalisateur Guy Richie. L’image du Blu-Ray est nette et de bonne qualité.

Sortie en vidéo depuis le 03 Février 2016.

by Miss Bobby
Blu-Ray Tirez sur le pianiste film

Blu-Ray Tirez sur le pianiste film Je ne sais trop quoi penser de Tirez sur le pianiste de Truffaut. Un pianiste (Charles Aznavour) dont la carrière s’est brisée suite à l’arrêt brutal de son histoire d’amour. L’homme vivant promis à un glorieux destin, a fait place à un pianiste quitté par la lumière et la joie de vivre, sévissant dans un bar de quartier.

Moi qui ne suis pas du genre à être « choquée » par la moindre séquence machiste qui passe par là, j’avoue que le rang de la femme dans ce film en prend un sacré coup. Entre rabaissements, gifles, faire-valoir sexuel, elle est bien égratignée. Et puis, elle est source de chute, d’échec, de dépression. Bonjour le tableau. Heureusement que d’autres films la mettent sur un piédestal. Du coup, tout ce traitement qui est régulier dans le film, m’a gênée. Tout comme je suis restée insensible à l’histoire de ce pianiste.

Peut-être que le cinéma de Truffaut ne m’atteint pas. À voir avec d’autres films !

Bonus :

  • Présentation du film par Serge Toubiana (4 minutes)
  • Commentaire audio du film par Marie Dubois (1h21)
  • Commentaire audio du film par Raoul Coutard (1h21)
  • Les bouts d’essai de Marie Dubois (1959) (3 minutes)
  • Bande-annonce originale

Sorti en Blu-Ray depuis le 04 novembre 2015.

by Miss Bobby
Blu-Ray Hôtel du nord film

Blu-Ray Hôtel du nord film Pour sa ré-édition en Blu-Ray, je découvre enfin Hôtel du Nord, le fameux film de Marcel Carné où Arletty s’égosille avec sa « gueule d’atmosphère ».

L’Hôtel du Nord est avant tout une histoire d’amour, de celle qui fait mal, plus qu’un lieu où les habitués y ont élu domicile. Un jeune couple décide d’en finir par amour, pour être heureux, mourront ensemble, de toute manière, nous n’avons plus rien à perdre. Et puis un autre, atypique, mal-assorti.

Des « gueules » et des personnages populaires, pour deux couples emblématiques délivrant deux messages de l’amour bien différents. Tout d’abord le couple Annabella – Jean-Pierre Aumont : elle, est une amoureuse éperdue, au romantisme à fleur de peau, prête à s’abandonner cœur et âme pour l’homme qu’elle aime. Elle croit en l’Amour véritable. Lui est un lâche amoureux qui n’assume pas toutes ses décisions, balancé entre ses craintes et sa volonté de laisser celle qu’il aime s’envoler pour la rendre heureuse. Quand les hommes comprendront qu’une femme amoureuse est une femme déterminée, prête à souffrir et à se battre pour son homme, ils auront compris bien des choses.

Et puis il y a le duo Arletty – Louis Jouvet, deux figures charismatiques indomptables. C’est une fille de joie qui s’est amourachée d’un homme libre. Elle cache sa naïveté romantique sous son caractère et sa désinvolture de femme forte, qui ne souhaite pas se laisser piéger par l’amour et surtout dompter par celui-ci. Et pourtant. Lui est à l’image de Raymonde, il ne veut pas s’accrocher et surtout, il ne veut pas tomber dans le panneau des bons sentiments. Il va où bon lui semble, tel un grand solitaire. Et pourtant.

L’amour y est synonyme de patience et de contradictions, tantôt figure de grand romantisme, tantôt de dureté et d’émotions enfouies, entouré par les seconds couteaux qui proposent d’autres facettes de celui-ci : fidèle sur la longévité ou infidèle, apportant un aspect comique et bon vivant.

Hôtel du Nord, ce sont des femmes qui aiment et des hommes qui se perdent en aimant, des femmes qui savent ce qu’elles veulent et qui ne lâchent rien et des hommes qui ont parfois du mal à assumer leur sensibilité. C’est un film fort et dramatique par ses émotions brutes livrées au spectateur par des acteurs brillants : la tendresse, la mélancolie, les éclats de colère, les déceptions. Des va-et-vient amoureux sous l’œil protecteur des seconds rôles bienveillants de cet hôtel. Pour ma part, ces couples ont tous une certaine naïveté dans leur façon d’aimer, que ce soit en espérant, en ayant de vaines croyances ou qu’en se leurrant.

La restauration n’est pas époustouflante, l’image est certes plus claire et nettoyée, un léger grain subsiste. Cela dit, l’édition Blu-Ray fera le bonheur des cinéphiles.

Hôtel du nord film Arletty Bonus

  • Présentation du film par Serge Toubiana (4 minutes) : Quelques minutes qui retrace la genèse du film, l’écriture initiale du scénario et la place du personnage d’Annabella dans le film face à Arletty.
  • Bande-annonce originale

Sorti en Blu-Ray depuis le 04 novembre 2015.

by Miss Bobby
Blu-Ray_Le jeu du faucon_Sean Penn

Blu-Ray_Le jeu du faucon_Sean Penn Encore une découverte Wild Side qui n’en finit plus de ressortir des films en version Blu-Ray, pour mon plus grand plaisir. À l’honneur aujourd’hui, Le jeu du faucon de John Schlesinger, tiré d’une histoire vraie, celle de Christopher Boyce et Daulton Lee.

Synopsis

Peu après le scandale du Watergate, un jeune homme employé dans l’électronique de pointe et en possession d’informations gouvernementales ultra-secrètes, décide de vendre des renseignements à l’URSS. Il convainc son meilleur ami de traiter avec les diplomates soviétiques de l’ambassade de Mexico. Mais ce dernier multiplie les maladresses et les deux espions en herbe se trouvent bientôt engagés dans un engrenage fatal…

Avec son Jeu du faucon, Schlesinger explique en images que tout le monde ne peut pas s’improviser espion (mince, moi qui envisageais une reconversion). Adapté d’une histoire vraie, on y découvre un  jeune dealer et consommateur de drogues (Sean Penn) qui va se trouver enrôlé par son ami (Timothy Hutton). Ce dernier récupère des informations secrètes transmises par la CIA. Ces deux hommes vont se lancer dans une entreprise qui va complètement les dépasser, pensant faire le bien en vendant des informations, à aucun moment ils ne pensent trahir leur pays. L’un est assoiffé par sa volonté de faire quelque chose de bien, sous forme de vengeance contre la CIA. Et l’autre va s’improviser espion sous couverture, idée renforcée par les drogues.

On aurait presque du mal à croire que cette histoire est vraie tellement elle est incroyable. C’est comme si vous décidiez de vous improviser maçon, sans rien y connaître, en espérant que personne ne découvrira la supercherie. On observe sur l’écran la montée en puissance de cette tricherie, on y croit autant qu’eux jusqu’au point de non retour qui va entraîner leur perte. Même si le rôle de Boyce est calme, on apprécie avoir un contraste entre les deux caractères, d’autant que Sean Penn en Daulton Lee est saisissant, une vraie tête à claques agaçante.

C’est la première fois que Le jeu du faucon sort en Blu-Ray et si vous n’avez jamais eu l’occasion de découvrir ce film (et cette histoire), ça sera un bon moyen de faire une pierre, deux coups. Un film prenant, brillamment interprété.

Bonus :

  • Jeu d’espions : entretien avec Philippe Rouyer (18 minutes)

Sorti en vidéo depuis le 04 novembre 2015.

by Miss Bobby
Blu-Ray_Spy film melissa mccarthy

Blu-Ray_Spy film melissa mccarthy Paul Feig, réalisateur de plusieurs comédies trashouilles où les héroïnes n’hésitent pas à se moquer d’elles, revient avec en tête de course, Mélissa McCarthy, récurrente chez Feig, dans Spy tel un Colin Firth dans Kingsman, tout en ronds de jambes.

Spy, à la vue de la bande-annonce, peut laisser paraître une comédie potache où l’on se demande ce que sont venus faire Jude Law et Jason Statham. Un trio d’acteurs complètement inattendu qui va s’avérer très efficace à l’écran et surtout hilarant.

Quand vous ne pouvez plus utiliser vos espions habituels pour l’infiltration, il faut savoir aller chercher du côté de la bureaucratie, on n’est pas à l’abri d’y découvrir des pépites aussi douées sur le terrain que derrière un ordinateur. C’est comme ça que Susan (McCarthy) va se retrouver affublée de mille et une perruques pour dézinguer du méchant.

Après Mes meilleures amies et Les Flingueuses, Paul Feig monte d’un cran dans le trashouille s’octroyant – à la manière d’un Matthew Vaughn et de son Kingsman – un film aux dialogues peu châtiés et à l’action exaltante. Les rôles y sont inversés, alors que beaucoup s’attendront à voir Statham faire ce qu’il fait de mieux, à savoir du Statham, ils seront surpris de voir l’acteur jouer à fond sur l’autodérision, se moquant des rôles qu’il a pu incarner et de son assimilation aux films d’action. Oui, il sait être drôle. Jude Law n’a qu’un second rôle, mais a une scène d’ouverture qui donne le ton de Spy. Quant à Melissa McCarthy, régulière chez le réalisateur, celui-ci lui a dessiné un rôle éprouvant physiquement et 100% trash. Elle n’est plus relayée au rang d’actrice ronde qui fait rigoler les copains.

Spy est une très bonne comédie (n’en déplaise à certains), qui m’a fait m’écrouler de rire bon nombre de fois par des répliques qui en choqueraient plus d’un, où Paul Feig a fait la part belle à l’improvisation. Pour information, il ne fait jamais de répétitions, laissant tourner constamment la caméra afin de saisir les meilleurs moments d’impro (vous le verrez dans les bonus). Je me suis réellement régalé.

Retrouvez le compte rendu de la rencontre avec l’équipe de Spy.

Spy film jason statham

Bonus

Vous en aurez pour votre argent avec les bonus de Spy, vraiment tournés sur la rigolade et les bêtisiers sous toutes ses formes. Le making of se retrouve essentiellement dans « Les coulisses de Spy », tout le reste vous fera rire. On y voit un Paul Feig (toujours en costume), très à l’aise avec son équipe, qui n’hésite pas à se mouiller, ainsi qu’une ambiance très décontractée. Un vrai régal d’avoir des bonus aussi fournis et qui ne se prennent pas au sérieux.

  • Scènes coupées (3 minutes) : 3 scènes
  • Scènes alternatives (30 minutes) : 15 scènes
  • Bêtisier top-secret (6 minutes)
  • Les coulisses ultra-secrètes du bêtisier (4 minutes)
  • Les improvisations du réalisateur Paul Feig (9 minutes)
  • Susan et ses hommes (8 minutes)
  • Pas facile d’être une super méchante (5 minutes)
  • Super nuisible (2 minutes)
  • Les différentes morts d’Anton (1 minute)
  • Le problème des alias (2 minutes)
  • Le grand Rick Ford (4 minutes)
  • Rien que pour vos yeux : blagues à gogo (13 minutes)
  • Le monde des espions (2 minutes)
  • Parler est une forme d’art (2 minutes)
  • Les super méchants du monde animal (2 minutes)
  • Les coulisses de Spy : 9 segments
  • Commentaires audio de l’équipe du film
  • Galerie
  • Bande-annonce

Sorti en vidéo depuis le 28 octobre 2015.

by Miss Bobby
Blu-Ray_Girls Only

Blu-Ray_Girls Only film Keira Knightley Le fantasme de retrouver son adolescence, qui n’a jamais voulu ça ? Fuir sa vie d’adulte, les responsabilités, les impôts, les factures, si seulement. C’est ce rêve qui est exposé dans Girls Only, via les yeux de Keira Knightley.

En fait, il faudrait faire comme elle, disparaître une semaine et rencontrer une adolescente, pour passer du temps loin de toutes les contraintes vendues avec la vie d’adulte. Quelques jours à être insouciante, à se prendre pour une lycéenne, à fréquenter des jeunes et leurs problèmes. Girls Only n’exploite pas seulement ce fantasme de l’adulte régressant, mais également l’ado qui peut vivre des épreuves toutes aussi marquantes que nous, les grands. Sommes-nous définis par ce qu’on a vécu à l’école ? Nos amis rencontrés à cette époque ? Le film rapporte justement que nous avons nos propres décisions à prendre et qu’elles ne nous ont pas à être imposées par un groupe, sous prétexte qu’on se connait depuis des années et qu’on doit évoluer ensemble via un diktat social. Oui, il est possible de rencontrer de nouvelles personnes, ne pas faire comme tout le monde, ne pas grandir à la même vitesse que son entourage et surtout, ne pas avoir les mêmes attentes.

Malheureusement, ce cocon amical n’était pas obligé de ressortir à l’écran par des clichés, notamment par la meilleure amie, ultra parfaite, tirée à quinze épingles, perles aux oreilles, qui a déjà planifié sa vie (et celles de ses amies) sur 30 ans. Le personnage d’Allison est tellement agaçant et antipathique. Vous me direz que c’est fait exprès, mais était-ce vraiment nécessaire de pousser le cliché aussi loin ? Les relations de couple sont particulièrement mis à mal : entre les divorcés, les infidélités, l’hypocrisie, le « amour pour la vie » (ah oui ! Le petit ami, Anthony, joué par Mark Webber, le charisme d’un bulot, la naïveté en plus et le caractère en moins. Bon sang ce qu’il est niais ! Il est d’un chiant, on doit sacrément s’ennuyer avec un mec pareil). Ça donne envie de sa caser quand on fait un aussi joli portrait du couple.

Girls Only se laisse regarder, on comprend le traitement de l’adulte qui a du mal à grandir et qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie, malmenée par son groupe d’amis qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’a pas évoluée comme eux.  C’est un film qui pousse à aller chercher ailleurs ce qu’on n’a pas réussi à trouver dans les vieux pots ou dans les acquis. Sortir de ses habitudes et de sa zone de confort pour trouver qui l’on est, tout en malmenant certaines valeurs. La présence de Sam Rockwell vient secouer un peu le tout. Les prestations de Knightley et Chloe Moretz sont loin d’être étourdissantes.

À regarder si on se sent perdu.

Girls Only film Keira Knightley

Bonus (très belle qualité d’image):

  • Making of (11 minutes) : Les 3/4 de ce segment sont consacrés à la réalisatrice, Lynn Shelton, pourquoi elle a choisi ce scénario, pourquoi Seattle et surtout, c’est une succession de commentaires très élogieux de la part de l’équipe, à quel point elle est formidable, le tournage décontracté, etc. Aucune utilité.
  • Interview décalée – Keira Knightley par Sam Rockwell (2 minutes) : Tous les deux à prendre un petit déjeuner, Rockwell pose des questions préparées à Knightley. Concept amusant qui manque de spontanéité.

Sortie en vidéo le 18 novembre.

by Miss Bobby
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