Miss Bobby_Love

Miss Bobby_Love Love était LE film sulfureux du 69ème Festival de Cannes ! Pornographique, les journalistes et le public s’étaient rués à sa séance de minuit, tels des voyeurs excités, pour juger par eux-mêmes du « taux » de pornographie dans le nouveau film de Gaspar Noé. Je ne me suis pas rué dans la salle, mais j’ai pu juger la bête. Est-ce que le réalisateur débourre la machine ? Ou a-t-il trouvé un sens profond à cet étalage sexuel ?

C’est toujours traitre les films tendancieux comme Love ou Nymphomaniac, ils sont très vite rangés dans une case où soit disant le metteur en scène trouve un moyen subtil de faire ressortir ses pulsions les plus basses ou comment faire du porno au cinéma, sans vraiment que ça soit du porno. Bon, il y a toujours des têtes pseudos pensantes qui s’offusqueront. Si cela leur donne un sens à leur existence, ma foi. À ma grande surprise, je n’ai pas détesté Love, ni vraiment aimé. Le propos général est cohérent, logique, émouvant, même si la réalisation m’a gênée.

Noé n’a pas inventé l’eau chaude, il expose un couple dans ses différentes phases d’évolution, et ce, grâce à un montage déconstruit. Au revoir romantisme et autre niaiserie. Vous pensiez que ça se finissait toujours bien ? Que tout est toujours beau ? Détrompez-vous et regardez ! Noé montre un couple follement amoureux qui peine à gérer cette overdose d’amour. Des questions qui peuvent nous traverser l’esprit : construire à deux, aimer et être démonstratif, surmonter les obstacles, appréhender le caractère de l’autre et sa vision d’aimer, plonger dans la déchéance, s’aimer et se faire mal, tomber dans les jeux malsains, voire même accepter l’ex, la place qu’elle a et qu’elle a eue… Là où d’autres réalisateurs seraient tombés dans le schéma classique d’un film romantique ou d’un drame, reléguant le sexe au simple drap sur la poitrine de son héroïne, Noé a décidé de tout montrer. Et finalement, ce n’en est pas choquant. Le caractère est pornographique, certes, par le fait de montrer et de non simuler ce que d’autres cachent ou montrent subtilement. Noé a-t-il voulu lui aussi faire un film sulfureux et provocateur, histoire de faire parler ? Possible. J’y ai vu un couple qui s’aime, qui se cherche, qui tente de recoller les morceaux en essayant des choses différentes, se créant des sensations inédites communes qui permettraient de se ressouder. Un couple presque comme les autres, où l’on ne nous voile pas les relations intimes. C’est tout.

Malgré une réalisation léchée, à la photographie particulièrement colorée, lumineuse, je l’ai trouvée très égocentrique, se parquant dans un style m’as-tu vu où les titres sont placardés sur l’écran, où les coupes sont trop nettes et brutes, ça m’a dérangée. Je ne saurais vous expliquer ce ressenti, car je n’ai ni l’analyse technique, ni la culture ciné pour, il paraitrait que le procédé est redondant chez Gaspar Noé. Je ne peux confirmer, m’offrant avec Love mon premier film du réalisateur. Néanmoins, à défaut de comparer ses films, je n’ai que la modestie de vous partager cette sensation « je fais un film indépendant, pornographique, où j’ai envie de me prendre la tête sur le montage et la réalisation super travaillés, mais avec un sens profond, et je te le balance, telle une éjaculation en pleine figure » (voilà, je l’ai dit. Oui, c’est cru !).

En fait, même si j’aurais voulu un film moins pompeux, moins long, le propos ne m’a pas laissée indifférente dans le traitement du couple, de son évolution, de ses troubles, doutes. La 3D m’a parue inutile, certains méandres amoureux m’ont même retournée. Love n’est pas qu’un simple film pornographique, ça serait réducteur de s’arrêter à cet aspect, car enlever toute la nudité, le film garde un propos et un traitement des relations sentimentales intéressants.

Sortie en salles le 15 juillet.

PS : Pour info, le film est interdit aux moins de 16 ans.

http://www.imdb.com/title/tt3774694/?ref_=nv_sr_1

by Miss Bobby
Miss Bobby_The road within

Miss Bobby_The road within Autant le film d’ouverture de ce Champs Élysées Film Festival était quand même pas terrible, autant ce premier film de la compétition est un petit bijou de film indépendant. Un sujet assez compliqué traité avec beaucoup de légèreté et d’humour.

The Road Within traite des handicaps psychologiques, trois en particulier : le syndrome Gilles de la Tourette, l’anorexie et les T.O.C., chez les adolescents. Un thème qui pourrait refroidir rien qu’à la lecture du synopsis ou qui peut vite tourner au drame, aux clichés. Et c’est là où Gren Wells accouche d’un long-métrage frais, divertissant, particulièrement drôle, un brin naïf, tendre et interprété avec brio par trois jeunes acteurs pas méconnus du grand écran : Dev Patel (Slumdog Millionaire, Indian Palace), Zoë Kravitz (Mad Max Fury Road, Divergente) et le rôle principal tenue par la gueule d’ange Robert Sheehan (Killing Bono).

Road trip physique et psychique, ne tombant pas dans la facilité, The road within ne cherche pas à résoudre, préférant montrer, appréhender, et faire sauter les préjugés qui s’accrochent telle une vilaine petite saleté à un maniaque de la propreté. On suit paisiblement, parfois gravement et souvent en riant ce chemin sinueux et tortueux de l’esprit qui fait rage chez ces personnages riches en défauts, mais terriblement attachants, laissant transparaître des failles, des troubles et des comportements difficiles à gérer, à analyser, à guérir. Des caractères joués avec beaucoup de justesse et de talent, auxquels on se prend très vite de compassion, ressentant une forte empathie, qu’elle soit comique ou plus grave,

The Road Within est sans prétention, il brille par l’interprétation de ses acteurs, Dev Patel est admirable, balançant entre une profonde sensibilité et ses troubles qui peuvent virer à l’extrême, le rendant souvent très drôle. J’ai été vraiment touchée par son regard, la souffrance qu’on pouvait y lire parfois. Idem pour Robert Sheehan, nous gratifiant de jurons plus originaux les uns que les autres, néanmoins très brut dans ses gestes, s’approchant au mieux de la réalité. Il n’y a que Zoë Kravitz qui m’a le moins touchée.

The Road Within est une jolie découverte, surprenante, sensible, grave et très drôle qui a réussi à m’accaparer.

Pas de date de sortie pour le moment, j’espère que vous aurez la chance de découvrir cette petite pépite en salles.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Valley of love

Miss Bobby_Valley of love J’ai envie de le retitrer : Valley of emptiness (vallée du vide au lieu de l’amour), avec en personnages Gérard et Isabelle qui jouent leur propre rôle, ou presque.

J’ai toujours peur de ces films qui débutent par une longue séquence contemplative (j’avais eu le même problème avec Sofia Coppola et son Somewhere), là on suit Isabelle Huppert de dos qui traîne sa valise. Voilà voilà. Remarque, ça donne le ton, pourquoi garder la surprise sur le fait qu’on va s’embêter (j’allais dire s’emmerder, mais je tiens à rester polie).

En gros, c’est un couple de divorcés qui va suivre un parcours laissé par le fils suicidé en plein cagnard dans la Vallée de la mort en Californie. Sorte de pseudo voyage initiatique qui leur fera comprendre pourquoi leur fils a mis fin à ses jours. D’accord. Et si j’ai envie de résumer encore plus, ce sont deux divorcés, qui se plaignent de la chaleur accablante et qui se rappellent bons et mauvais souvenirs sur fond de culpabilité. Depardieu joue son propre rôle, d’ailleurs, c’est le seul qui joue, car Huppert a clairement oublié son actors studio sur le tarmac à Roissy.

À part « juste une mise au point » et le fait qu’il fasse chaud, qu’est-ce qui se passe ? Le réalisateur Guillaume Nicloux a voulu ajouter une vague intrigue spirituelle mal exploitée, mal introduite, qui aurait pu être intéressante dans un contexte différent et qui n’a pas sa place dans Valley of love. Enfin je l’ai vue comme ça. Des séquences qui tournent en rond, plates, répétitives, où rien ne ressort, ne faisant pas spécialement avancer le récit. Le film est à l’image des deux minutes d’introduction de son réalisateur : lent, qui tourne autour du pot en faisant du hors sujet pour présenter son film, pour finalement cibler son discours sur la chaleur étouffante sur le tournage. C’est exactement ce qu’on retient du film.

Valley of love est un film qui ne donne pas envie d’aller visiter la Vallée de la mort tant il y fait chaud, que l’air y est irrespirable et que les zones d’ombre y sont quasi inexistantes. Gérard Depardieu est seul à nous donner un vrai jeu d’acteur et des émotions face à une Isabelle Huppert mono-expressive, froide et sans consistance. Je vais être sympa, il y a une courte séquence où son jeu est intéressant. C’est peu. Et au milieu coule un scénario sur un fils mort, sur le passé, sur la culpabilité et les pourquoi.

Sortie en salles le 17 juin.

by Miss Bobby

La mère dans le TGV

Parce qu’on l’a tous croisée…

La jeune mère accompagnée de son bébé, on en prend pitié, forcément, elle est toute seule, mais faut pas déconner non plus ! Au lieu de prendre deux places, elle en a pris qu’une, ça va qu’il y avait encore de la place dans le TGV, car le bébé et son fauteuil portable (il doit y avoir un terme plus technique), prennent une place rien qu’à eux. Les personnes en face de nous ont dû jouer aux chaises musicales. Pas merci, rien. Bon. Elle n’a pas arrêté de marcher sur le pied de Manureva. Pas d’excuse, rien. Bon. Elle répondait régulièrement au téléphone qui n’était pas sur vibreur. Elle a fredonné des berceuses (pas le plus gênant à la limite). Mais le comble de l’impolitesse, la goutte de pipi qui fait déborder la couche : elle a changé la couche de son gamin devant nous et a mis la couche dans la petite poubelle. Joie, bonheur, odeurs. C’est-à-dire que je veux bien qu’une mère avec un enfant soient prioritaires hein, toutefois, ça ne l’excuse pas d’être malpolie et dégoûtante.

Un futur enfant mal éduqué quoi !

À éradiqué au lance-flammes !

by Miss Bobby

Les festivaliers à Cannes

Parce qu’on a les a tous croisés…

Je suis prête à parier que vous n’avez pas tous croisé les deux personnalités qui ont gagné le droit d’être dans mon lance-flammes. Le Festival de Cannes, ses Cannois et ses stars. De la paillette droit dans l’œil ! C’est avec un regard averti que j’ai pu repéré (sans trop de difficultés) :

– Les traines-savates : porter des tongs ne donne pas le droit de trainer des pieds. *Schcrtch schcrtch schcrtch* que c’est énervant. Levez les pieds bon sang !

– Le festival du mauvais goût : j’en ai vu des tenues moches dans ma vie, mais autant et en si peu de temps, ça pique.

– L’homme qui drague et qui pourrait être mon père. Merci, mais non merci.

– Les vieux, et surtout les vieilles, sont incroyablement désagréables. Ça forcerait presque le respect la vanne bien sentie.

– La vieille aigrie : après la cérémonie de clôture, des places se sont libérées pour le film. Elle a donc choisi de changer de place. Malheureusement, un jeune garçon qui lui en avait juste profité pour aller aux toilettes, a voulu réclamer sa place (afin d’être à côté de ses copains et de l’adulte qui les encadrait), eh bah croyez-le ou non, il a fallu s’y mettre à plusieurs pour qu’elle daigne bouger dans une des nombreuses places vacantes. Évidemment « c’est moi, à 78 ans, qui doit bouger ». Pas la peine de s’éterniser hein.

– La dame qui réclame une invitation à ceux qui passent devant elle avec le précieux sésame (nous en l’occurrence), et parce que nous n’en avions pas une en plus, a râlé un « ils pourraient faire un effort quand même ! ». Bah attends, je vais te donner ma place, et je vivrais ma première montée des marches un autre jour ! Ça me fait plaisir.

Et le meilleur pour la fin, enfin, la meilleure :

– Nous avons croisé Maïwenn et Emmanuelle Bercot qui attendaient le même ascenseur que nous. Des blogueurs ont félicité Bercot pour sa palme (qui les a remerciés) et Maïwenn, qui a eu la grandeur de leur répondre « ça pue ici ! ». Grande classe ! Effectivement, ça puait, mais un merci ne t’aurait pas écorché le trou béant qui te sert de bouche. Et parce que c’est une femme incroyable, elle a tenté de nous « rabaisser » subtilement dans l’ascenseur, en demandant clairement à Bercot si sa veste était de Dior. Maïwenn, je portais une robe H&M et je t’em**** !

Du pseudo glamour quoi !

À éradiquer au lance-flammes !

by Miss Bobby
Miss Bobby_Cannes2015

Miss Bobby_Cannes2015

C’était un après-midi en semaine, Manureva m’appelle et me dit : « tu voudrais vivre une aventure un peu folle avec moi ? ». J’aime bien le mot aventure, il éveille l’excitation chez moi. Elle me demandait si je souhaitais partir avec elle le 24 mai, pour participer à la cérémonie de clôture du 68è Festival de Cannes (tout compris). Waouh ! Elle a l’art de gagner les concours.

C’est ainsi, que nous avons embarqué le 24 dans le TGV de 7h19, notre tenue spéciale « montée des marches » dans nos valises, direction la croisette. Ce ne fut pas une mince affaire de trouver une tenue adéquate : parce qu’on n’a pas forcément le budget pour aller avec (non Dior n’est pas accessible à tous) et puis surtout, il faut voir grand, glamour, chic. « Trop » ne fait pas partie du vocabulaire cannois.

Miss Bobby_Cannes2015

Je partais avec deux idées en tête : 1. Qui dit beau concours, dit star et qui dit star, dit lunettes de soleil et rien que les lunettes de soleil (pas toute nue non plus !). 2. Voir Jake Gyllenhaal de très très près. Je peux déjà vous spoiler la fin, nous n’avons pas vu mon mari. Au moins, j’étais au même endroit, en même moment et pas très loin, ce qui est toujours mieux que des kilomètres de séparation.

Miss Bobby_Cannes2015

Arrivées à 12h30 à Cannes, nous avons rejoint l’hôtel Gray D’Albion (excusez du peu), afin d’y déposer nos valises et rencontrer les autres gagnants ainsi que l’équipe de choc et de charme d’OCS (c’est eux qui offrait ce grand bonheur). Programme : accréditation temporaire et nominative pour la journée, donnant accès aux « coulisses », à l’arrière du palais et à notre déjeuner au bord de la mer à la plage des Palmes. La plus grande difficulté a été d’éviter les coups de soleil en soulevant la coupe de champagne durant l’apéro. Dur. Un déjeuner délicieux, autour de la bonne humeur. Vent de panique (non, je n’en fais pas de trop. Je vous l’ai dit, on en fait jamais de trop durant le festival) avec l’arrivée d’un énorme nuage gris et de la fraîcheur. Ce n’est pas un nuage qui va gâcher notre montée ! Ensuite, notre duo a fait un détour pour voir le palais vide, l’effervescence des passants, les fameux escabeaux, l’organisation (ça parait simple comme ça devant sa télé) et nous en avons profité pour faire une bise au jeune V., qui a vécu son premier festival comme blogueur et qui allait tenter de dénicher une invitation pour la cérémonie (tout le monde n’a pas notre chance). Il a réussi, pour ceux que ça intéresse, il est tellement débrouillard ce garçon ! Passage à la boutique officielle pour Manureva, faut dire que les cartables bleus distribués à la presse étaient très chouette. Fin de cette petite promenade avec le retour à l’hôtel et la découverte de notre chambre 4 étoiles. Petite frayeur : nos valises ont mis du temps à arriver dans notre chambre, nous faisant perdre de précieuses minutes qui auraient été utiles à nos coiffures. Ah oui, j’ai oublié de préciser, vous ne montez pas les marches quand bon vous semble. Vous avez un créneau horaire. Forcément, 15h30 à la chambre, nous devions être prêtes et présentes dans le lobby à 17h35. Nous avons pu seulement démarrer que vers 16h. Douche + lavage de cheveux + maquillage sophistiqué + tentative de coiffure sophistiquée + tenue + donner des coups de main à l’une et à l’autre, eh bien mine de rien, moins de 2h, c’est court pour se préparer.

Atteindre le tapis rouge

Vous allez sortir dehors, en tenue de soirée/gala/festival/de star, c’est votre première fois, vous êtes magnifique (si si, vous êtes beau quand même, plus qu’en temps normal). Le chemin jusqu’au palais est balisé, la police fait la circulation, il y a des voitures officielles qui arrivent en masse et l’entrée démarre au milieu de la rue (bien plus haut), c’est là qu’il faut montrer pour la première votre sésame, l’invitation. Juste avant ce passage, vous avez un paquet de personnes, essentiellement des femmes en tenue de soirée (de ce que j’ai vu, car vous ne pouvez pas vraiment vous attarder), avec des pancartes, vous demandant si vous n’avez pas une invitation en plus. Avec un peu de chance, on vous râlera dessus (mais j’y reviendrai dans un lance-flammes dédié). Des photographes (le genre de ceux qu’on croise en boite de nuit) nous ont arrêté pour nous prendre en photos. Cette impression d’être connu est exaltante, même si complètement erronée. Une fois le premier passage passé, nous avons marché jusqu’au second, plus près du palais, des gens accoudés aux barrières de sécurité vous regardent, là, on se dit qu’avoir une jolie démarche est un plus, même si on est personne. Deuxième passage. Nous approchons du palais qui est maintenant blindé de photographes, de monde et de gens. Nous n’entrons pas par le bout du tapis (il faut un billet orchestre), mais par l’entrée corbeille (c’est moins bien que l’orchestre, mais mieux que le balcon).

Miss Bobby_Cannes2015

Moment fatidique

Une fois le troisième passage, nous sommes arrivées doucement sur les marches, hésitantes, puis tout s’est enchaîné à une vitesse folle, au point qu’il est impossible de comprendre ce qu’il s’est passé : on a envie de profiter du moment, mais en même temps de prendre des tonnes de photos. Choses très compliquées pour deux raisons : les photographes, d’une rare gentillesse, qui nous somment de nous pousser (n’oublions pas, nous ne sommes rien du tout) et les pousseurs, ces mecs qui vous disent d’avancer, de ne pas rester dans le passage, de ne pas prendre de photos, de vous pousser, d’avancer, d’avancer, d’avancer. Hey ! Mais laissez-moi le temps d’en profiter bon sang ! Je ne le fais pas tous les jours ! C’est stressant (je ne vous dis pas ma tronche sur les photos). Nous avançons lentement, regardant la tonne de photographes criant et flashant, nous tentons de nous photographier en prenant quelques poses sympathiques et nous essayons d’atteindre le moins vite possible les fameuses 24 marches. Une fois l’escalier atteint, rebelote : pousseurs, tentatives de photos. Et en ce qui m’a parue durer 2 minutes et qui en a durer 10 (enfin je crois), nous étions en haut. Quoi ?! Déjà ?? Une fois dans le palais des festivals, j’ai constaté que le personnel était très poli. Le groupe nous attendait à l’entrée de la salle, nos premières réactions nous sont demandées : « je n’ai pas compris ce qui s’est passé tant c’était rapide. Nous avons essayé de prendre notre temps, mais les pousseurs sont stressants ». Voilà comment j’ai ressenti cette expérience hors normes. Une fois installées dans la salle, nous nous sommes rendues à l’évidence que nous ne verrons que Jake Gyllenhaal (et les autres) seulement de notre place, heureusement, nous étions du côté du jury.

La cérémonie de clôture

Autre moment fort : le début de la cérémonie, cette musique distinctive, le discours de Lambert Wilson, l’arrivée du jury et comprendre que cette année, nous ne la regarderons pas devant notre télévision. Émotions. Nous y sommes ! Nous avons pu remarquer que le jury s’ennuie, qu’en vrai, c’est beaucoup plus émouvant, j’ai failli pleurer avec le très beau discours de Vincent Lindon. Une fois la cérémonie terminée, chacun se félicite et s’embrasse, tout le monde part, les techniciens enlèvent le décor, le film de clôture, La Glace et le ciel est annoncé. À la fin de la projection, l’équipe du film est applaudit.

68è Festival de Cannes – Cérémonie de clôture

En attendant mon article, la cérémonie de clôture du 68è Festival de Cannes vue de l'intérieur. Mieux qu'à la télévision.

Posted by Miss Bobby on mercredi 27 mai 2015

Notre folle journée cannoise s’est terminée au Majestic, au restaurant La petite maison de Nicole, où certaines personnalités sont passées (Maïwenn, Michel Denisot, Leïla Bekhti, Emmanuelle Bercot) pendant que nous nous régalions de notre repas. C’est ici que le rêve s’est terminé, que le groupe s’est divisé et que nous avons remercié OCS pour cette formidable aventure. Nous avons rejoint quelques blogueurs fatigués par leur festival, nous avons tenté d’entrer à LA soirée sur le toit du Marriott, à défaut d’y avoir accédé, nous avons croisé Frances McDormand et Ariane Labed, nous avons pris l’ascenseur avec « l’adorable » Maïwenn aka la malpolie et Emmanuelle Bercot ou l’art d’être une personnalité connue et de te regarder de haut (elles ont certainement oublié qu’un jour, elles n’étaient rien. Elles sont encore loin d’atteindre George Clooney). Nous avons terminé en apothéose en soulageant nos pieds dans un bain chaud (merci les talons). Je vous passe la journée du lendemain, la « farandole de corn flakes » du petit déjeuner, la balade sur la plage, la bonne grosse glace, le cocktail sur une plage privé et le retour.

Un immense merci à Manureva de m’avoir choisie pour cette journée unique ainsi qu’à OCS pour ce très beau cadeau, l’organisation aux petits oignons, les autres participants ultra sympa et à Thierry et Géraldine, deux amours. Grâce à vous, je me suis senti star le temps d’une soirée !

by Miss Bobby
Miss Bobby_DVD_Mommy

Miss Bobby_DVD_Mommy Peut-on vraiment se remettre  d’un film comme Mommy ? Avec sa prochaine sortie en vidéo, je me pose toujours la question et la réponse est pourtant évidente : non.

Ce que je suis sur le point de vous dire démontre que Mommy est bien plus qu’un film, c’est une expérience douloureuse (dans le bon sens du terme, s’il y a vraiment un sens positif à la douleur), marquante au fer rouge, qui peut laisser une cicatrice. Je me considère actuellement comme fraichement cicatrisée, j’aurais pu revoir le film, mais cela aurait fait trop mal. Je n’ai pas eu le courage de me ré-infliger ça. Ne vous y méprenez pas, douleur il y a eu, mais pour un film incroyable, un chef d’œuvre comme rarement j’en ai croisé.

Xavier Dolan, jeune génie, a réussi à sortir du profond de son être un bijou. J’en reste encore médusée et fascinée. Être capable de faire ressentir autant de choses aux spectateurs…

À ceux qui demanderont quelle est l’histoire, j’ai envie de leur répondre : c’est l’histoire d’une mère et de son fils adolescent en difficultés. C’est amplement suffisant. Vous et moi savons que la relation peut être compliquée, cette complexité est retranscrite avec beaucoup de justesse, de sensibilité, d’humilité et d’honnêteté, qu’on en vient à avoir de l’empathie, voire à s’intégrer entièrement à la situation.

Tout est réfléchi, utile : des effets visuels, en passant par la bande originale, les dimensions de l’écran très réduites qui peuvent perturber et qui perturbent. Et le choix des acteurs… Le choix des acteurs… Une claque venue du Canada, inconnus en Métropole, déjà croisés dans la filmographie de Dolan, retenez bien ces trois noms, car ils vous mettront sur le carreau : Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval et Suzanne Clément. Ces acteurs ont su dépasser certaines limites dans l’incarnation de personnages. Ils sont tout bonnement incroyables et criant de vérité, tout comme le film.

Drôle, touchant, violent, triste, passionné, troublant, Mommy vous plongera à cœur perdu dans cette relation difficile. Pour reprendre ce que Xavier Dolan a très justement dit dans On n’est pas couché : « je mets le spectateur au même niveau que les personnages ». C’est exactement ça, il arrive à vous immerger et à vous ballotter d’un personnage à un autre, avec ses espoirs et ses désillusions, malmenant votre cœur comme il malmène la Mommy et son fils.

Tant de choses à dire et si peu de mots qui sortent pour une expérience qui m’a fait mal, pour un film qui donne envie de s’asseoir sur un banc pour vous laisser digérer ce qui vient de vous arriver, vous laissant perdu.

Mommy est une aventure cinématographique qu’il est rare de vivre. Ne la manquez pas !

Bonus :

– Entretien audio avec Xavier Dolan (48 minutes) : Xavier Dolan parle de sa filmographie, de sa manière de construire chaque film différemment.

– Entretien avec Xavier Dolan, Anne Dorval et Suzanne Clément (19 minutes) : l’expérience cannoise, les émotions ressenties et l’accueil du public. Comment l’ont-ils vécu ?

– Discours de Xavier Dolan à Cannes (6 minutes)

– Revue de presse

– Crédits

Sortie en vidéo le 18 mars.

by Miss Bobby