Miss Bobby_Ant-Man

Il m’aura fallu attendre Ant-Man et mon indisponibilité à me rendre à la projection pour enfin avoir un article pour mon blog de Mondocine ! Est-ce que l’homme fourmi a su éveiller son âme d’enfant ? Je vous laisse juger par vous-même (vous verrez, on est loin de ma longueur de critique, mais c’est un autre niveau, un autre type d’analyse. Vous allez aimé, j’en suis sûre) :

Miss Bobby_Ant-Man Un peu à la manière des Gardiens de la Galaxie, l’adaptation du Comics Ant-Man arborait de faux airs de film « à part » dans l’univers Marvel actuel. Si le studio affiche clairement son intention de le rattacher prochainement à sa franchise Avengers, le projet de long-métrage autour de l’homme-fourmi représentait un pari risqué et audacieux, à de nombreux égards. En premier lieu, parce que Ant-Man est un super-héros atypique, loin d’être une fière figure musculeuse tout en puissance et en virilité comme quantité de ses voisins. On parle quand même d’un combattant en costume de la taille d’un insecte ! Ensuite, car visuellement, le film représentait un vrai défi formel pour parvenir à ramener à échelle réduite, tous les codes et les ingrédients d’un univers de super-héros traditionnel. Dans tous les cas, une chose est sûre, Ant-Man revient de loin. De très loin, même. Mis sur la table à la fin des années 80 avant de capoter pour cause de « proximité » avec Chérie, J’ai rétréci les Gosses (véridique), l’homme-fourmi a du patienter et attendre les années 2000 et la déferlante de film de super-héros, pour connaître enfin son envol sous la direction du cinéaste Edgar Wright. Un choix original pour un film original, qui semblait toutefois rassurer bien des fans, même si le mariage entre le réalisateur décalé de la trilogie Cornetto et Disney, laissait songeur. L’histoire le confirmera d’ailleurs, puisque le divorce sera prononcé en 2014 après des années de développement, lorsque le britannique abandonnera l’affaire à quelques semaines du tournage, pour divergences artistiques profondes avec le studio sur la ligne directrice à donner à Ant-Man. La folie d’Edgar Wright se serait-elle un peu trop frictionnée avec le formatage des films Marvel de la Phase II, dont Ant-Man est la dernière pierre ? Une évidence. Repris par Peyton Reed, cinéaste plus docile, auteur de comédies comme La Rupture ou Yes Man avec Jim Carrey (notez l’ironie du titre), Ant-Man commençait alors à inquiéter malgré son alléchante distribution, l’omni-sympathique Paul Rudd endossant le costume de l’homme-fourmi, entouré de beaux noms tels que Michael Douglas, Evangeline Lilly, Corey Stoll ou Michael Peña. Des inquiétudes ensuite nourries par des premières bandes annonces peu convaincantes, puis presque balayées aussi sec par les dernières, nettement plus rassurantes et prometteuses d’un grand spectacle potentiellement réussi et soufflant un vent d’air frais au milieu des Iron Man, Thor, Avengers et autres Captain America.

Miss Bobby_Ant-Man

Mais trêve de blabla, que vaut donc Ant-Man à l’arrivée, est-il la folie virtuose et virevoltante espérée ou une cruelle déception nous obligeant encore à patienter avant de voir un film Marvel pleinement abouti et fédérateur ? La première impression que laisse le film de Peyton Reed, est comparable à celle d’un thé tiède que l’on viendrait tout juste de se servir et dont on se satisferait par flemme de se relever pour aller le faire réchauffer encore un coup. Ce n’est pas désagréable en soi mais le plaisir du palais à un parfum de gâché et d’inachevé. En somme, Ant-Man baigne dans un entredeux, à la fois divertissement satisfaisant rappelant vaguement l’esprit du premier Iron Man (probablement le Marvel auquel il serait le plus comparable dans l’absolu) et petite déception laissant un sentiment mitigé, doublé d’un arrière-goût d’amertume. Point par point, c’est sans arrêt cet écartèlement qui va revenir caractériser le lancement des aventures de l’homme-fourmi au cinéma. Comme les fourmis qui sont petites et travailleuses, Ant-Man est au final un « petit film » mais qui essaie avec générosité. Sauf qu’il le fait bien souvent maladroitement et ne capitalise jamais assez sur ses qualités, au point de finir par en faire des défauts.

Le script par exemple, où ruissèlent en fond de toile, de vagues restes du travail d’Edgar Wright, laissant entrevoir le projet qu’aurait pu être Ant-Man, si son passage dans le moule Marvel version Kevin Feig ne l’avait pas défiguré par un lissage destiné à le faire rentrer dans les canons actuels du studio. Par intermittence, les idées nées sous la direction du réalisateur de Hot Fuzz et Scott Pilgrim s’affichent comme de vagues morceaux de tapisserie mal décollés, mais la matrice dans laquelle il a été refondu ne lui seyait guère et lui ôte une bonne partie de son originalité, de sa créativité et de sa truculence attendues. Ces restes ne suffisent pas à embellir et à transcender un ouvrage qui oscille inlassablement entre audace et sagesse, entre envie et impersonnalité. La direction artistique et la mise en scène de Peyton Reed se soumettent ensuite aux mêmes indélicatesses. Si Ant-Man est prometteur au départ, parvenant à matérialiser avec brio son concept de la miniaturisation au détour de quelques séquences ahurissantes (la première transformation dans la baignoire, par exemple), il ne parvient pas à maintenir son haut-niveau formel sur la durée et le défi technique finit par sombrer lentement dans le non-incroyable, peu aidé par une 3D qui ne joue pas assez avec une mise en scène filmant des scènes d’action assez fades. Et ainsi de suite, de la conduite de l’histoire à l’humour injecté, des personnages aux effets spéciaux, en passant par l’interprétation ou le production design, Ant-Man est la perpétuelle histoire d’un mariage maladroit, souvent trop ou pas assez, souvent embarqué dans la bonne direction mais ne s’appliquant pas à la suivre avec panache.

Miss Bobby_Ant-Man

Ant-Man paraît surtout être un film qui ne sait pas très bien ce qu’il fait, où il va, et ce qu’il veut être. Si l’on reconnaîtra bien volontiers qu’il déploie de gros efforts pour s’ériger au-dessus du panier de crabes où évolue ses confrères tous semblables à des photocopies des uns et des autres, reste qu’il ne parvient jamais à convaincre pleinement, capable du meilleur comme du moins bon, capable de soubresauts mais rechignant à embrasser pleinement décalage et second degré. On regrettera autant ses tunnels de dialogues et sa trop longue exposition, que l’on pourra être séduit par certaines de ses fulgurances (notamment un combat avec un guest dont on vous garde la surprise). De même que l’on aura souvent éprouvé des difficultés à pénétrer dans son univers miniature souffrant d’un manque d’épique entravé par son concept alors que globalement, le spectacle nous est apparu sympathique. Sympathique mais affichant des carences en lyrisme, doté d’intentions épatantes mais manquant d’adresse, essayant des choses mais sans se révéler vraiment surprenant. Le chat qui se mord la queue en définitive, où l’on perçoit des notes de bonne volonté mais insuffisamment traduites. A propos de son concept « macro », on ajoutera que Ant-Man joue à un jeu dangereux dans un premier temps malin, mais qui vrille vers un effet boomerang à chaque fois que Peyton Reed essaie de s’en amuser un peu. Le recours au running gag resituant à échelle réelle, l’épique du spectacle miniature, finit par en devenir contreproductif. On rit d’abord de la blague, avant d’être gêné par ce procédé annihilateur à force de ramener la vision du spectateur vers la réalité d’un film qui se joue à une échelle anti-épique. En clair, Ant-Man essaie de nous absorber dans sa dimension lilliputienne avant de briser la crédibilité de qu’il avait construit en nous imposant une réalité premier degré pas loin du ridicule : les explosions ou les destructions massives ne sont que de micro-effets ne cassant pas grand-chose de significatif. Seuls les combats essaient de garder un cap un brin impressionnant.

En bref, Ant-Man a deux visages et aucun des deux ne réussit à prendre vraiment le dessus sur l’autre. Tant est si bien que le film en devient bancal, à la fois correct et dans le même temps, insatisfaisant et ne comblant pas notre appétit alors que s’y côtoient des envies intéressantes et un potentiel sabordé, dans un long-métrage au final trop moyen pour convaincre. Loin d’être la purge redoutée par certains, Ant-Man n’est pas non plus le sommet qu’il aurait pu être. Reste une distraction pleine d’humour (même s’il a tendance à dériver vers la lourdeur) mais inscrite au régime des intermittents du spectacle. Et histoire de prévenir, ne manquez pas la traditionnelle scène post-générique, elle a sa pertinence.

Sortie en salles le 14 juillet.

Nicolas Rieux – Mondocine

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Miss Bobby_Blu-Ray_Kingsman services secrets

Miss Bobby_Blu-Ray_Kingsman services secrets C’est à chaud que je m’attèle à l’écriture du test Blu-Ray de Kingsman : services secrets et cela ne va pas être une mince affaire, car je ne sais pas par où commencer. Je suis dans une veine inspiratrice, mais mes idées partent dans tous les sens tant le film m’a mise à terre telle une prise de Jujitsu, coupant net le souffle, me laissant K-O. En gros, vous prenez Star Wars, Pulp Fiction, La Fièvre du samedi soir, Kick Ass, James Bond (pour ne citer que ceux-là), vous secouez bien fort et vous obtenez Kingsman. Grande classe.

Kingsman : services secrets, film d’espionnage, mais pas que. Tantôt film d’action qui tranche littéralement dans le vif du sujet, tantôt comédie crue à l’humour British, tantôt parodie faisant le pied de nez à J.B. (Jason Bourne ? Non, James Bond), Matthew Vaughn sert sur un plateau une oeuvre pour les amoureux du cinéma, sachant apprécier des scènes tels des ados attardés et excités à l’approche du prochain Iphone/Star Wars/épisode de Game of Thrones (rayez les mentions inutiles). En somme, de la jouissance pure ou Noël après l’heure (ou avant l’heure, c’est selon).

Des séquences mémorables, à deux doigts de la folie, symbiose entre l’horreur, l’action et le burlesque, recalant au passage les valeurs pieuses. Chorégraphies parfaites ou comment l’espion britannique rencontre Benny Hill. Grandiose. Ou encore l’anarchie illustrée par le disco, l’apparition de John Travolta sous les traits de Sofia Boutella alias la femme kangourou aux lames acérées.

Scénario point cousu de fil blanc, où se mélange la formation des nouvelles recrues face au maniement de parapluie des anciennes générations, nous laissant nous accrocher aux personnages, accordant notre sympathie et notre fascination. Des personnages mis en valeur par des acteurs superbes : Samuel L. Jackson affublé d’un petit plus (que vous découvrirez par vous-mêmes, je ne souhaite pas vous gâcher la surprise) rendant chaque scènes hilarantes, Colin Firth offre son flegme, sa classe et son charisme dans un rôle hors normes d’espion. La gymnastique n’a plus de secret pour lui. Mention pour leurs seconds rôles à Michael Caine et Mark Strong. La nouvelle génération éclot sous le visage du minet Taron Egerton, gueule d’amour qui suit les traces de Colin Firth et c’est réussi.

Kingsman : services secrets est un trip exaltant pour grands enfants à l’approche de leur anniversaire, regroupant différents genres et mélangeant les références. Définitivement à avoir dans votre DVDthèque pour vous aérer l’esprit. Vous m’en direz des nouvelles.

Miss Bobby_Kingsman_services secrets

Bonus

– Tout sur Kingsman : Services Secrets (1h30) : *La formation d’un super espion – de la BD à l’écran, * Héros et voyous, *Matthew Vaughn : Un style bien à lui, *Les armes et les gadgets, *Un montage choc, *La BD qui inspira le film : 1h30 de making of, de quoi ravir les amateurs de contenu. Un bonus particulièrement complet et passionnant sur la construction du film, la distinction entre la BD et l’œuvre filmique, apportée par le travail de Matthew Vaughn. La volonté de celui-ci de faire une sorte de film parodique, à la fois comique et très sérieux, avec les codes du genre. Le choix du casting, un élément important par rapport à l’évolution des personnages. Un bêtisier n’aurait pas été de trop.

– Galeries

– Film annonce

Sortie en vidéo le 08 juillet.

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Miss Bobby_DVD_Hungry hearts

Miss Bobby_DVD_Hungry hearts Adam Driver n’est pas qu’un acteur exubérant, il peut aussi éclater de talent dans des rôles très modestes et particulièrement dramatiques, comme dans Hungry Hearts où il incarne un jeune père luttant contre sa femme dans l’éducation de son bébé. Le synopsis est plus détaillé que moi :

Jude est Américain, Mina Italienne. Ils se rencontrent à New York, tombent fous amoureux et se marient. Lorsque Mina tombe enceinte, une nouvelle vie s’offre à eux. Mais l’arrivée du bébé bouleverse leur relation. Mina, persuadée que son enfant est unique, le protège de façon obsessionnelle du monde extérieur. Jude, par amour, respecte sa position jusqu’à ce qu’il comprenne que Mina commence à perdre contact avec la réalité.

Un drame brutal où l’on se sent comme Jude, impuissant et désemparé face à sa femme, ses convictions, ses croyances et son entêtement maladif. Comment faire comprendre à son conjoint que ses actions sont mauvaises, alimentées par des préjugés erronés ? Accepter de mettre en péril son couple pour le bien-être de son enfant, et surtout, accepter que la personne que l’on a connue a totalement changé. C’est également tenter d’appréhender le comportement de Mina : nous sommes tiraillés par cette mère qui aime profondément son fils et en même temps, par le mode de vie qu’elle lui impose, qu’elle juge bon.

Saverio Costanzo retranscrit une sensibilité et une authenticité très justes, bien réelles, voire même très délicates. Le spectateur prend une place d’observateur discret, comme s’il vivait lui-même l’action au cœur de ce couple, comme une troisième personne, sans verser dans le voyeurisme. Adam Driver et Alba Rohrwacher brillent par leur simplicité au point qu’ils nous laissent juste assez de place pour qu’on puisse s’immiscer dans leur intimité sur la pointe des pieds. Hungry Hearts ouvre les portes d’un couple en proie aux difficultés, aux obstacles psychologiques. Face à face entre l’impuissance de la situation, le combat quotidien, les convictions de chacun, Hungry Hearts est troublant, terriblement émouvant et dur. Un petit film sans prétention, bourré d’émotions, particulièrement réaliste et intime, interprété avec brio.

Sortie en vidéo le 07 juillet.

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Miss Bobby_Les Minions

Djoolien est de retour sur le blog (ça ne sera pas la dernière fois) ! Le veinard a eu la chance de voir Les Minions avant sa sortie (je suis à peine frustrée). S’est-il transformé en banane après le visionnage ?

Miss Bobby_Les Minions Comme moi, vous n’aviez pas loupé à la fin de « Moi, moche et méchant 2 » la séquence annonçant le prequel dédié aux Minions, et bien nous y voilà ! Nous repartons loin loin loin en arrière, à l’ère monocellulaire, rien que ça, parce que les Minions ont toujours été là, depuis le tout début ! Ils ont un seul but dans leur existence : servir le maître le plus impitoyable, le plus cruel, le plus méchant ! Mais ils ont un énorme problème, les méchants, ça ne reste pas en vie bien longtemps ! C’est là qu’intervient Kevin, notre Minion qui veut sortir son espèce de cette spirale infernale, d’un naturel protecteur et aventureux, il recherche des volontaires afin de mener à bien cette mission : trouver leur nouveau maître. Il se retrouvera donc accompagné de Stuart, l’adolescent guitariste en recherche de reconnaissance et de bellas, et de Bob (et sa papuche), le cadet de la tribu, complètement innocent, curieux de tout et un brin survolté.

Notre trio part donc à l’aventure afin de trouver LE maître à servir, et cette quête va leur faire voir du pays ! Direction New York et sa jungle urbaine, Orlando et enfin Londres pour se frotter à la monarchie anglaise. Tous ces changements de décors amènent une vraie dynamique au film, rythmant le scénario, sans nous laisser le temps de s’ennuyer.

L’histoire ancrée dans les années 60 donne un effet visuel assez inédit pour un film d’animation, avec des scènes assez décalées et particulièrement appréciables. La bande son est tout logiquement inspirée des 60’s avec, excusez du peu : Jimi Hendrix, The Beatles, The Turtles, The Who, The Doors ! Un régal !

L’animation des Minions est bluffante, on ne comprend pas très bien ce qu’ils disent, un mélange de Français/Italien/Espagnol/non défini (même en VO), pourtant leurs expressions et leur mimiques nous permettent de très bien les comprendre, superbe ! L’histoire des Minions nous fait penser à une critique de la société où pour survivre, le faible va se placer sous le joug du plus fort, pas par contrainte, mais par choix pour continuer d’exister/survivre, quitte à y perdre un peu de soi.

Les Minions est une jolie réalisation, on pourrait s’attendre à rire non stop, mais ce n’est pas le cas. Certains seront déçus, mais ce vide est largement comblé par l’action, la découverte, et les petites séquences d’émotion. Pas de mauvaise surprise du côté des blagues, rien de potache, parents et enfants y trouveront des références qui leur parleront. Ce film nous démontre un joli savoir faire et on en ressort quand même avec la banana !

Sortie en salles le 08 juillet.

Djoolien

PS : Retrouvez le dictionnaire Minion – Français pour ne pas être largué pendant le film !

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Miss Bobby_Youth Paolo Sorrentino

Miss Bobby_Youth « La jeunesse »

En sélection officielle lors du dernier Festival de Cannes, j’ai eu le plaisir de découvrir Youth hier soir. Il m’avait beaucoup intriguée au dernier Showeb, l’extrait que nous avions eu était pour le moins étonnant (dont l’affiche s’inspire). Les retours cannois étaient un peu partagés, mais il en ressortait plutôt du positif et il faisait partie des films en compétition que j’avais envie de voir.

Que vaut ce nouveau film de Paolo Sorrentino (le premier que je découvre de ce réalisateur) ? Youth est-il source de jeunesse éternelle ? Était-il à la hauteur de mes attentes ?

Youth, c’est 2h de film sur la vie, ordinaire, extraordinaire, la vieillesse, la jeunesse, l’être humain, les émotions, le commun des mortels. Comme champ d’exposition, un hôtel perdu dans les Alpes Suisses, gigantesque huis clos entouré de verdure et de fleurs champêtres, lieu de villégiature pour le voyeurisme, l’observation, l’intrusion dans le quotidien, où les personnalités tendent à se révéler. Microcosme caché dans les montagnes, chaque chambre est révélatrice de personnages atypiques, aux secrets bien enfouis.

« La jeunesse » de Sorrentino s’oppose à la vieillesse, parfois elles s’allient ou se mélangent. Youth expose les destins croisés de célébrités, de personnes ordinaires au service de ces personnalités de renom, pour finalement nous faire comprendre que bien que nous soyons physiquement différent, que nous sommes ou avons été connus ou que nous ayons un métier lambda, que nous soyons jeune ou vieux, nous sommes tous pareils : nous fonctionnons avec nos émotions, nous avons nos secrets, nos mensonges, nous nous cherchons, nous nous évadons avec nos passions, nos activités. Peu importe que vous ayez accompli de grandes choses dans la vie, cela ne fait pas de vous quelqu’un de fondamentalement meilleur, au contraire. Les mots et les actes nous égratignent tous.

Réalisateur, compositeur, masseuse, assistante, prostituée, etc. nous avons tous une particularité qui nous rend tous extraordinaire, qui nous différencie, qui nous rend unique et qui peut apporter quelque chose d’authentique aux autres, faisant ressortir des qualités inespérées, et même quelque chose qu’ils ne trouvent pas au fond d’eux-mêmes.

La réalisation est surprenante, gracieuse, profonde, recherchée, méticuleuse, accompagnée d’une superbe photographie. Paolo Sorrentino a su sublimer le quotidien paisible des résidents de cet hôtel, offrant des portraits émouvants, sensibles, parfois drôles, innocents, solitaires (à ce propos, le film met aussi en exergue la vaine quête de l’être humain à lutter contre la solitude) à travers des acteurs d’exception : Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda, aucun ne tombe dans le surjeu, apporte énormément au récit. On s’accroche à chacun d’entre-eux.

Youth est riche de sujets, d’interprétations, il est fascinant, troublant de réalisme et de sensibilité. Il capte l’attention par une qualité de photo remarquable, une réalisation léchée et complexe, et un scénario dans lequel chacun pourra s’y retrouver. J’en oublie la bande originale, une pure merveille. Sorrentino a su jouer avec les émotions de ses personnages et ceux du spectateur, regardant au plus profond de nous-mêmes avec un grand sens du détail.

Sortie en salles le 09 septembre.

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Miss Bobby_Un incroyable talent

Miss Bobby_Un incroyable talent J’aime bien ce concept de e-cinéma honnêtement, il redore vraiment le blason de la VOD ou du DTV (Direct To Video) qui souffre de films très/trop bons marchés, de piètre qualité. Avant, quand on disait qu’un film sortait directement en vidéo, c’était synonyme de mauvais film. Depuis que le e-cinéma a fait son apparition, nous offrant de chouettes pépites comme les Dossiers du département V (chez Wildbunch) ou Adaline (chez TF1), le e-cinéma est vraiment plein de bons espoirs, je veux pour preuve Un incroyable talent. Je suis tombée des nues, car j’étais persuadée qu’il sortait sur grand écran. Comme quoi.

Un incroyable talent reprend l’histoire de Paul Potts, cet anglais, chanteur et passionné d’opéra, persécuté par ses camarades à cause de son talent et qui a participé à l’émission Britain’s Got Talent (la meilleure version de « La France a un incroyable talent »). C’est un film divertissant et relativement plaisant que nous offre David Frankel, même si le film souffre d’une légère baisse de régime où l’on attend le fameux moment fatidique, Un incroyable talent arrive à nous hérisser quelques poils (même si ce n’est pas James Corden qui chante), on s’attendrit également sur ce parcours atypique où les assimilations sont faciles quand on a une voix de ténor. On se met aisément à la place de Paul qui souhaite vivre de sa passion et devenir quelqu’un, être épanoui.

Un incroyable talent est un film gentillet, plaisant, qui tire un peu sur la longueur parfois, mais parfait pour passer une soirée agréable.

Sortie en e-cinéma le 03 juillet.

by Miss Bobby
Miss Bobby_DVD_American Sniper

Miss Bobby_DVD_American Sniper Prenez votre respiration avant de voir American Sniper, car vous allez être plongé tête la première dans la guerre en Irak, et comme c’est Clint Eastwood qui s’y colle, il va vous attraper par les cheveux et faire en sorte que vous restiez bien en immersion, quitte à suffoquer.

Que connaissons-nous vraiment de la guerre ? Et de celle en Irak que les Américains ont pris soin de créer ? Pas énormément de choses au final : les familles comptent leurs morts, des images fuitent sur Internet, mais savons-nous ce que ça fait d’être réellement à la place d’un soldat ? Par n’importe lequel en plus, celui porté en héros national, ayant sauvé bon nombre de ses frères d’arme et honoré par son nombre de victimes (des terroristes) dans le camp adverse. C’est à cela qu’on devient « La Légende ».

C’est sans ménagement aucun qu’American Sniper vous bouclera un casque sur la tête pour vous emmener au cœur de l’horreur via les yeux de Chris Kyle. Tout y passera :

– L’analyse du danger afin de protéger les troupes, détecter qui est une menace et qui ne l’est pas, sachant que la menace peut revêtir n’importe quel visage.

– Les embuscades

– Les confrères qui tombent

– Sauver sa peau

– Savoir déconnecter

– Et le plus important, savoir digérer et assimiler sa première fois, sa première victime

C’est avec une froideur à glacer le sang que Clint Eastwood montre et filme la vie de ses soldats, et de celui-ci en particulier, en adaptant le livre écrit par Chris Kyle. Ne vous attendez pas à sortir tout guilleret de ce visionnage, vous vous sentirez mal, mal à l’aise, voire retourné. Là où d’autres réalisateurs auraient pris le temps de lisser le récit, de gommer certaines séquences, Eastwood opte pour le cru, le froid, sans retenue, sec comme une balle en pleine tête, alternant son propos entre images au combat et retour à la « réalité », je dirais même les durs retours, où l’on voit son héros dépérir psychologiquement face à une famille qui ne peut décemment pas le comprendre.

Clint Eastwood a choisi le très charismatique Bradley Cooper, métamorphosé en monsieur muscles pour incarner Chris Kyle, un rôle inédit dans lequel il excelle, laissant paraître la détresse et la sensibilité dans son regard, prouvant que les soldats ne sont pas des machines de guerre seulement entraînées à tuer.

Certains reprocheront le parti pris de Clint, exposant à outrance son côté Républicain et ses idées bien campées sur la guerre, créant la polémique autour de la sortie de son film. Je n’y ai vu que le portrait d’un pays, un portrait qui ne m’a pas surprise, portant au drapeau ce patriotisme à l’excès, ses valeurs qui peuvent être remises en cause. D’aucuns iront titiller la petite bête en persistant et en signant que l’image de l’Amérique, telle qu’elle est montrée, est simplement le reflet des opinions de son réalisateur, pourtant je n’ai pas été choquée, une bonne grosse partie des Américains érigent leur pays comme surpuissance mondiale, défendant leurs militaires, prônant le port d’armes, accrochant leur drapeau à leur porte, rien n’est surprenant. C’est juste une réalité que nous ne connaissons pas. À mon avis, on ne nous montre pas assez l’Amérique profonde, l’Amérique Texane, l’Amérique qui dépense des millions pour ses campagnes de recrutement militaires.

American Sniper est une excellente adaptation de Clint Eastwood, qui fait réfléchir et prendre conscience des valeurs d’un pays.

Bonus :

– L’histoire d’un soldat : Le parcours de l’American Sniper : Suivez le réalisateur Clint Eastwood et son équipe, ainsi que Bradley Cooper et Sienna Miller, alors qu’ils surmontent d’énormes obstacles créatifs et logistiques pour mettre à l’écran la véritable histoire du Navy SEAL Chris Kyle.

Sortie en vidéo le 30 juin.

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Miss Bobby_Victoria

Miss Bobby_Victoria Quand on est jeune, on a toujours ce petit goût d’interdit dans la bouche, on est à l’affût des moments qui rendront notre vie palpitante, qui feront qu’on se sentira vivant. Le tout est de savoir saisir ces moments et de s’arrêter quand il faut.

Victoria est jeune, jolie, insouciante et elle aime s’amuser. Et pendant un plan séquence de 2h15, sa vie va complètement changer. Un peu pompette en sortant de boîte, elle va suivre un petit groupe de garçons, bien imbibés eux-aussi, par curiosité et pour goûter au danger. La particularité du film réside dans sa réalisation, 2h15 d’un plan séquence où l’on ne quitte pas Victoria des yeux, traversant la ville avec ces jeunes hommes, à faire connaissance avec eux, se révélant petit à petit, faisant tomber ses barrières et se laissant aller, passant d’une inconnue à un membre à part entière de la bande.

La première moitié est assez lente, c’est une mise en place de l’action, elle instaure la proximité et l’attachement, procédé logique dans la narration, mais pas du tout palpitant pour le spectateur. Comme si vous veniez de rencontrer de nouvelles têtes, vos échanges sont limités aux questions et à faire connaissance, emprunts d’une certaine naïveté et d’inattendu. On a d’ailleurs du mal à s’intégrer à la bande. Première partie à double tranchant qui pose les bases, mais qui laisse le spectateur sur le côté, ressentant trop le déroulé de leur fin de soirée ou début de rencontre (tout dépend de comment on se positionne).

La seconde partie est plus palpitante, mais s’accompagne d’un nombre incalculable de vraisemblances. Je conçois qu’un individu, quel qu’il soit, s’embarque dans des situations qui ne laissent présager rien de bon, par simple soif d’adrénaline et de nouvelles rencontres. Delà à prendre une jeune femme qui aime s’amuser, qui semble plutôt « sage », raisonnable et raisonnée, qui décide de faire n’importe quoi, à prendre des décisions dangereuses, dans une société où sortir dans la rue quand on est une femme n’est déjà pas facile, je n’ai pas compris le but. Le personnage de Victoria vire d’un opposé à un autre, trop rapidement, certainement pour se prouver quelque chose que je n’ai pas cerné, prenant des décisions improbables et tout à fait illogiques. L’anti-thèse de ce qu’une personne normalement constituée ferait. Et ces invraisemblances sont légion et cassent l’approche réaliste. On se doute qu’il fallait bien qu’il se passe quelque chose durant ces 2h15 (sinon, ç’aurait été particulièrement difficile), mais pas au point de partir sur des séquences éloignées de la réalité. Quoi que, il est certainement possible que certaines personnes dans le monde virent en quelques heures du tout au tout juste en faisant de nouvelles rencontres… Néanmoins, c’était trop gros pour moi.

Je pense que le film m’aurait bien plu s’il avait été plus court et plus logique, d’autant que certaines émotions sont disproportionnées et si vous n’avez pas eu l’actrice – comme nous – pour vous expliquer le pourquoi du comment de ses réactions surjouées, vous allez presque en rire. Il faut toutefois souligner la prouesse technique du plan séquence, répété plusieurs fois pour être sûr d’être bien calé. Je sais que le film en a touché beaucoup, bon… Je suis passé à côté malheureusement.

Sortie en salles le 1er juillet.

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Miss Bobby_Blu-Ray_ Jupiter Le destin de l'univers

Miss Bobby_Blu-Ray_ Jupiter Le destin de l'univers De l’univers… n’exagérons rien. Déjà Jupiter : Le destin d’un film, ç’aurait été mieux, au lieu de ça, c’est le destin d’un gâchis cinématographique. Je ne sais pas ce que font les Wachowski depuis qu’ils ont quitté Néo, mais à un moment donné, il va falloir se ressaisir. Cloud Atlas était pas mal, mais pas de quoi retourner l’univers ciné, mais avec Jupiter Ascending (en anglais), c’est la plantade. C’est d’un bordel, désolée pour mon français, mais il faut être clair à un moment donné. Non seulement c’est le fouillis, et en plus c’est chiant.

Je vais tenter de vous la faire courte : les scènes d’action partent dans tous les sens au point qu’il est difficile de suivre qui fait quoi, ça tangue, ça tourne, ça tombe… Ouh la stop ! Stop ! Si on peut éviter la nausée, merci. Sur le scénario : vendu en film fantastique et d’action, on se retrouve avec du fantastique où il ne se passe pas grand chose, où les acteurs jouent relativement comme des pieds, la palme allant à Eddie Redmayne : autant je l’avais trouvé incroyable dans Une merveilleuse histoire du temps, autant avec son murmure quand il débite des dialogues (j’ai tendu l’oreille plus d’une fois), son côté faussement méchant-cruel auquel on ne croit pas une seule seconde, tape sur les nerfs. À vouloir créer un personnage mystérieux et énigmatique, c’est une grande farce à lui tout seul.

S’ajoute à cela une sur-enchère d’effets spéciaux qui ne m’ont absolument pas convaincue, n’intégrant pas le spectateur et nous laissant complètement hermétique à l’action. En gros, c’est moche, ce n’est pas palpitant, ça discute beaucoup, c’est mal joué et on s’ennuie ferme. Une belle promesse sur le papier qui est retombée comme un soufflé raté.

Miss Bobby_Jupiter ascending

Bonus :

– Jupiter Jones : Noter destinée est ancrée en nous (7 minutes)

– Caine Wise : Guerrier interplanétaire (5 minutes)

– Les Wachowski : Le pouvoir de l’esprit (8 minutes)

– Des mondes à l’intérieur des mondes (10 minutes)

– Jupiter le Destin de l’univers : Combinaison génétique (11 minutes)

– Un « bullet time » plus évolué (10 minutes)

– De la terre à Jupiter (Et partout entre les deux) (10 minutes)

Sortie en vidéo depuis le 24 juin.

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