Miss Bobby_Love

Miss Bobby_Love Love était LE film sulfureux du 69ème Festival de Cannes ! Pornographique, les journalistes et le public s’étaient rués à sa séance de minuit, tels des voyeurs excités, pour juger par eux-mêmes du « taux » de pornographie dans le nouveau film de Gaspar Noé. Je ne me suis pas rué dans la salle, mais j’ai pu juger la bête. Est-ce que le réalisateur débourre la machine ? Ou a-t-il trouvé un sens profond à cet étalage sexuel ?

C’est toujours traitre les films tendancieux comme Love ou Nymphomaniac, ils sont très vite rangés dans une case où soit disant le metteur en scène trouve un moyen subtil de faire ressortir ses pulsions les plus basses ou comment faire du porno au cinéma, sans vraiment que ça soit du porno. Bon, il y a toujours des têtes pseudos pensantes qui s’offusqueront. Si cela leur donne un sens à leur existence, ma foi. À ma grande surprise, je n’ai pas détesté Love, ni vraiment aimé. Le propos général est cohérent, logique, émouvant, même si la réalisation m’a gênée.

Noé n’a pas inventé l’eau chaude, il expose un couple dans ses différentes phases d’évolution, et ce, grâce à un montage déconstruit. Au revoir romantisme et autre niaiserie. Vous pensiez que ça se finissait toujours bien ? Que tout est toujours beau ? Détrompez-vous et regardez ! Noé montre un couple follement amoureux qui peine à gérer cette overdose d’amour. Des questions qui peuvent nous traverser l’esprit : construire à deux, aimer et être démonstratif, surmonter les obstacles, appréhender le caractère de l’autre et sa vision d’aimer, plonger dans la déchéance, s’aimer et se faire mal, tomber dans les jeux malsains, voire même accepter l’ex, la place qu’elle a et qu’elle a eue… Là où d’autres réalisateurs seraient tombés dans le schéma classique d’un film romantique ou d’un drame, reléguant le sexe au simple drap sur la poitrine de son héroïne, Noé a décidé de tout montrer. Et finalement, ce n’en est pas choquant. Le caractère est pornographique, certes, par le fait de montrer et de non simuler ce que d’autres cachent ou montrent subtilement. Noé a-t-il voulu lui aussi faire un film sulfureux et provocateur, histoire de faire parler ? Possible. J’y ai vu un couple qui s’aime, qui se cherche, qui tente de recoller les morceaux en essayant des choses différentes, se créant des sensations inédites communes qui permettraient de se ressouder. Un couple presque comme les autres, où l’on ne nous voile pas les relations intimes. C’est tout.

Malgré une réalisation léchée, à la photographie particulièrement colorée, lumineuse, je l’ai trouvée très égocentrique, se parquant dans un style m’as-tu vu où les titres sont placardés sur l’écran, où les coupes sont trop nettes et brutes, ça m’a dérangée. Je ne saurais vous expliquer ce ressenti, car je n’ai ni l’analyse technique, ni la culture ciné pour, il paraitrait que le procédé est redondant chez Gaspar Noé. Je ne peux confirmer, m’offrant avec Love mon premier film du réalisateur. Néanmoins, à défaut de comparer ses films, je n’ai que la modestie de vous partager cette sensation « je fais un film indépendant, pornographique, où j’ai envie de me prendre la tête sur le montage et la réalisation super travaillés, mais avec un sens profond, et je te le balance, telle une éjaculation en pleine figure » (voilà, je l’ai dit. Oui, c’est cru !).

En fait, même si j’aurais voulu un film moins pompeux, moins long, le propos ne m’a pas laissée indifférente dans le traitement du couple, de son évolution, de ses troubles, doutes. La 3D m’a parue inutile, certains méandres amoureux m’ont même retournée. Love n’est pas qu’un simple film pornographique, ça serait réducteur de s’arrêter à cet aspect, car enlever toute la nudité, le film garde un propos et un traitement des relations sentimentales intéressants.

Sortie en salles le 15 juillet.

PS : Pour info, le film est interdit aux moins de 16 ans.

http://www.imdb.com/title/tt3774694/?ref_=nv_sr_1

by Miss Bobby
Miss Bobby_Cinquante nuances de Grey

Miss Bobby_Cinquante nuances de Grey « Monsieur Grey va vous recevoir » et quand il reçoit Cricri, il met les petits martinets dans les grands !

Ça y est ! Les fans/femmes vont se réjouir l’adaptation du sulfureux livre Cinquante nuances de Grey de E.L. James sort aujourd’hui en salles ! Accrochez vos petites culottes ! Quoi que honnêtement, elles ont dû mieux s’envoler à la lecture du livre qui est plus chaud (les descriptions valent mieux que des images, vive l’imagination).

Je ne vais pas tergiverser pendant des heures : vous prenez le livre, vous prenez le film, c’est exactement la même chose. Mais vraiment, tout pareil, à part quelques scènes olé olé qui ont sauté, tout y est ! La niaiserie et le côté « deux de tension » d’Anastasia, la froideur légendaire de Christian le tout sur fond de cul-cul la praline. Cul-cul, c’est rien de le dire. Le fantasme incarné par Monsieur Grey est enfin incarné à l’écran, vous pourrez rêver de lui sous les traits de Jamie Dornan : il respire la confiance en lui, le charisme, mais pas le désir, sans doute dû à l’effet porte de prison. Vous pourrez aussi vous imaginer sous les traits de Dakota Johnson : elle respire la naïveté, la crédulité, voire la stupidité parfois, elle n’a ni charisme, ni talent dramatique, même mon poisson rouge me fait vivre plus d’émotions ! À part ça, tout va bien. Deux acteurs qui séparément ont sans doute du talent, mais réunis dans le film le plus sulfureux de l’année ne dégagent aucune tension sexuelle (c’est un peu bête, vu que c’est en partie le sujet du film).

Arrêtons de tourner autour du pot de lubrifiant, si vous êtes cinéphile, je ne vous le cache pas, ça va être dur pour vous : comédie romantique ultra niaiseuse relevée d’une touche de sexe. Qualifier 50 Nuances de Grey de pornographique reviendrait à ranger Mommy dans la catégorie comédie. Oui, il y a du sexe (d’un réalisme à couper le souffle. J’espère que vos pratiques ne ressemblent pas à celles de Grey, parce que ma pauvre dame, ça doit faire mal – et je ne parle pas de fouettage – mais bien de coïtus tout ce qu’il y a de plus banal), mais pas de quoi hérisser trois poils sur la cuisse de Dakota Johnson. Une fois que vous avez enlevé les parties de jambes en l’air, qu’est-ce qui reste ? Des regards vides. Mais encore ? Des dialogues lourds de sens et subtils : « je ne fais pas l’amour, je baise » (tu fais bien de préciser Cricri). Et autour, du vent et des courants d’air.

Je vous avouerai que j’ai perdu en objectivité, j’avais lu le bouquin, j’allais forcément comparer et honnêtement, c’est ultra fidèle au livre, tellement fidèle que devant l’écran j’avais l’impression de relire le tome 1 (en même temps, je n’ai pas lu les deux autres), tout en dénotant les passages qui ont sauté.

Pour la faire courte : si vous êtes fan, pas de problème, vous serez absolument ravis (et ne tenez pas compte de ma critique). En revanche, si Cinquante Nuances de Grey vous a laissé de marbre, tel le regard de Jamie Dornan, vous l’aurez compris, vous n’allez pas aimer, ou alors il vaut mieux ne rien avoir à faire, ou vous avez besoin d’éteindre votre cerveau, ou vous voulez faire une sieste, ou vous êtes curieux, ou vous voulez impressionner votre copine.

Je me rassure comme je peux : j’ai vu toutefois des films bien pires, cependant, je n’aurais pas été contre une adaptation moins carrée et à la ligne, qui aurait donné un coup de fouet (toi aussi utilises le champ lexical du sado-masochisme), plus éloigné de ce romantisme gnangnan.

PS : Si quelqu’un peut m’expliquer ce phénomène : certes c’est mal écrit (pour le film et le livre), mal joué, mal réalisé, alors pourquoi j’ai quand même envie de savoir ce qu’il va se passer ensuite ? C’est grave docteur ? La curiosité est à tel point à son paroxysme que je me verrais presque en ménagère à « dévorer » (non sans difficulté) Cinquante nuances plus sombres et Cinquante nuances plus claires. En fait, E.L. James a tout compris !

Sortie en salles le 11 février.

by Miss Bobby