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Ce n’est pas parce que ce sont les vacances, que les concours sont partis faire trempette (bientôt mon tour cela dit). Aujourd’hui sort le troisième et avant dernier volet de Divergente en DVD et Blu-Ray.

Synopsis

Sous le choc, Tris et Quatre doivent fuir et franchir le mur encerclant Chicago. Pour la première fois, ils quittent la seule ville et famille qu’ils aient connues. Mais au delà du mur se trouve un monde hostile qu’ils vont devoir affronter. Tris et Quatre doivent rapidement déterminer en qui ils peuvent avoir confiance alors qu’une bataille menaçant l’humanité toute entière est sur le point d’éclater…

Pour la sortie en vidéo de Divergente 3, je m’associe une nouvelle fois à M6 Vidéo pour vous faire gagner :

1 DVD

DVD_Divergente 3_film 1 Blu-Ray

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Il vous suffit comme d’habitude de répondre aux questions qui suivent en vous aidant de la bande-annonce. Vous avez jusqu’au 27 Juillet pour jouer.

LES PARTICIPATIONS PAR COMMENTAIRE NE SERONT PAS ACCEPTÉES.

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by Miss Bobby
Les 4 Fantastiques film critique

Djoolien est allé voir Les 4 Fantastiques et son cœur de geek a été pour le moins déçu !

Les 4 Fantastiques film critique Au cinéma est sorti hier Les 4 Fantastiques, j’ai pu le voir lundi en avant-première et je ne vous cache pas que j’étais très impatient !

Pourquoi est-ce que j’étais si impatient ?

Les 4 Fantastiques est la réponse de Marvel à la Ligue de Justice d’Amérique de DC Comics, c’est la plus longue série de Marvel, 588 comics en 50 ans, une véritable institution pour les fans dont je fais partie ! Les deux films précédents réalisés par Tim Story ne m’avaient pas convaincu même s’ils étaient divertissants, c’est donc tout naturellement que se reboot réalisé par Josh Trank (connu pour Chronicle) m’enthousiasmait tout particulièrement !

Le film commence et on se régale, la mise en place des personnages est fluide, logique et intelligente ! Le personnage de Reed Richards et son amitié avec Ben Grimm est vraiment saisissante, grâce a une introduction par un come-back dans leur enfance. C’est très habile et permet au film de partir sur des bases solides. L’introduction des autres personnages est bien plus légère, en ne s’attardant que sur la relation qui les lie à Reed et à leur principaux traits de caractères, c’est beaucoup moins délicat, on s’attache beaucoup moins à eux. Cela ne colle pas à 100% avec les comics, mais ce n’est franchement pas gênant.

À presque la moitié du film, c’est le drame ! Ce n’est pas que c’est ennuyant (je n’ai pas envie de regarder ma montre), mais je trouve quand même le temps un peu long ! J’ai l’impression qu’on fait durer les présentations, alors que je n’attends qu’une chose :les voir, moi, ces quatre Fantastiques !

Enfin ils arrivent, ils ont leurs pouvoirs, et bien au bout de cinq minutes, ils n’en veulent plus, un comble ! Non sans rire, je veux bien des héros torturés, mais ceux-là sont quand même sacrément tordus !

Et quand nous découvrons le méchant (auquel on ne s’attendait pas du tout), il ne reste plus beaucoup de temps avant la fin du film. Nos quatre Fantastiques nous l’emballent rapidement afin d’avoir encore un peu de temps pour se trouver un nom (oui parce que maintenant, ils en veulent de leurs pouvoirs). On reste avec l’impression de ne pas avoir eu beaucoup de scènes d’action et celle qu’on attendait est au final bâclée, c’est vraiment dommage.

Il n’y a aucun abus d’effet spéciaux et ceux-ci sont assez bons, le seul bémol est l’endroit où nos héros reçoivent leurs pouvoirs qui m’a paru un peu fade de prime abord.

Grosse déception donc pour ce reboot qui tient ses promesses en début pour finalement nous laisser sur notre faim, serait-ce pour nous vendre les futurs épisodes ?

Et bien le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas gagné !

En salles depuis le 05 août.

Djoolien

by Miss Bobby
Miss Bobby_DVD_Whiplash

Miss Bobby_DVD_Whiplash Ça raisonne comme un « splash », ça pourrait presque être rigolo comme l’eau, sauf que Whiplash rime avec le « splash » du fouet, celui qui claque sec et qui fait saigner.

Whiplash est l’histoire d’un jeune prodige de la batterie, ses vices sont le jazz et la perfection. Il va rencontrer ce professeur tyrannique qui va le pousser à bout pour aller jusqu’au bout.

Deux figures du cinéma qu’on ne s’attend pas à voir dans ce film. D’abord, la figure montante à la gueule cassée qu’est Miles Teller qui, après avoir prouvé qu’il pouvait faire sans problème le kéké dans des comédies pour ados en mal de super fêtes, prouvent avec The Spectacular Now et maintenant, Whiplash tout le talent qu’il cache sous le capot. De la graine d’émotion et de sensibilité qui ne demande qu’à grandir, s’épanouir et à exploser. Miles Teller vous coupera le souffle dans le sens le plus littéral du terme par sa méthode d’exploitation de la batterie, de la torture psychologique et physique, voire même par la folie des grandeurs qui le gagne petit à petit, transformant ce petit batteur de lycée en un monstre aliéné par la musique. Face à lui, un monsieur qu’à première vue on n’aurait pas choisi pour ce rôle, mais que Damien Chazelle a préféré pour incarner la tyrannie presque au bon cœur. Et quelle réussite ! J.K. Simmons laisse libre court à son charisme obscur et à l’excès de confiance dégagé par son personnage de professeur, oscillant sans cesse entre la fausse gentillesse, l’hypocrisie bien placée et l’incarnation du diable en personne, démontant tout sur son passage, mêmes les âmes les mieux accrochées.

C’est ainsi que Whiplash offre un spectacle à la fois musical, sensible et incroyablement fort grâce à ce duo que l’on pourrait comparer à un ouragan, tant il est puissant. L’histoire de cette ascension semée d’embûches vous plaquera au fond de votre siège, hérissant vos poils de bras, appuyant sur votre corde sensible comme si votre vie en dépendait. Damien Chazelle offre un film brièvement inspiré de sa jeunesse, intimiste, qui vous marquera au fer rouge.

Bonus

– Entretien avec Damien Chazelle (5 minutes) : Comment lui est venue cette idée ? Son amour pour le jazz.

– Entretien avec J.K. Simmons (5 minutes) : J.K. Simmons fut très surpris de découvrir Damien Chazelle, il l’imaginait autrement et ne s’attendait pas à ce qu’il soit aussi jeune. Il explique que son expérience dans la musique lui fut très bénéfique pour ce film.

– Entretien avec Miles Teller (5 minutes) : Interview enregistrée durant le Festival américain de Deauville (séquence souvenirs). Miles Teller explique lui aussi que son expérience comme batteur lui a simplifié la vie sur le tournage

– Whiplash, le court-métrage (17 minutes) : Le professeur est également joué par J.K. Simmons et reprend l’introduction du long-métrage, lorsque Andrew participe à son premier cours.

– Bande-annonce

Retrouvez une interview plus complète de Damien Chazelle et Miles Teller réalisée durant le Festival américain de Deauville.

Sortie en vidéo depuis le 06 mai.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Divergente 2

Miss Bobby_Divergente 2 Divergente 2 ou comment emmener mon adolescente de fille imaginaire au cinéma si je lui avais inculqué le mauvais goût.

BAM !

Je sais, c’est rude, mais bon, il faut ce qu’il faut. Je suis sortie de la séance sans trop savoir quoi en penser, ou disons sans trop savoir ce que j’allais écrire, partagée entre un sentiment d’ennui et d’avoir été prise un peu pour une idiote.

Divergente 2, c’est quand même fadasse. À titre de comparaison (et ça, je ne suis pas la seule à le faire), j’ai trouvé l’épisode 3 d’Hunger Games bien plus palpitant, parce que le film en est là, au même stade que son concurrent avec Jennifer Lawrence, une phase plus tragique, plus calme du coup, préparant le spectateur à ce qui devrait être une fin spectaculaire. Sauf que pour la tension, on repassera. Difficile de définir ce qu’il manque. Manque d’émotions ? Oui. De pression ? Oui. De logique ? Certainement, Naomi Watts mère de Quatre (elle est dans sa quarantaine et lui trentaine), on n’y croit pas une seule seconde. Elle fait bien de préciser qu’elle l’a eu jeune, j’aurais dit très très jeune. C’est d’un ridicule, peut-être que ça passe dans le livre, mais à l’image, non ! Après que Tris soit devenue super guerrière des temps modernes durant la transition, bon… Pourquoi pas. Quatre ne sert plus à grand chose, sorte de faire-valoir pour remplir la case romantique qui traîne dans les pattes de Shailene Woodley, d’autant qu’on se demande si elle a vraiment besoin de lui tant elle est super « badass », mais l’amuuuur.

Je vous passe la qualité des effets spéciaux, très passable. Il y a tout de même deux points qui m’ont fait rire : les répliques de Miles Teller et surtout, sa première apparition dans son uniforme, j’ai cru qu’il sortait tout droit des 4 Fantastiques « je passais par là, j’ai vu de la lumière. Désolé, je n’ai pas pris le temps de me changer ».

Je crois que si vous me demandez dans une semaine ce que contient ce Divergente 2 : L’insurrection, je ne suis pas sûre de pouvoir vous répondre.

En salles depuis le 18 mars.

by Miss Bobby
Miss Bobby_Miles_Teller_Whiplash

Le 24 décembre sortira l’excellent Whiplash (ma critique ici). J’avais eu la chance avec quelques autres privilégiés de rencontrer l’acteur principal, le charismatique Miles Teller et son réalisateur, Damien Chazelle (dont vous pouvez retrouver le compte-rendu là). Retour sur cette belle rencontre.

Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Miles Teller : Ce film est venu à moi alors que je venais de finir Divergente. J’étais épuisé, le tournage avait été difficile. Il faisait très froid à Chicago et on avait beaucoup d’entrainement physique. Je voulais me reposer, mais quand j’ai lu le script, je me suis dit que c’était juste impossible que je laisse le rôle à quelqu’un d’autre, c’était impossible que quelqu’un d’autre ait cette opportunité. Donc j’ai tout envoyé bouler et je l’ai fait. Ça m’arrive souvent ce genre de situations !

Dans ce film, vous jouez face à J.K. Simmons. Vous avez beaucoup répété ensemble ? Parce que vu votre relation, il est impératif d’avoir une vraie connexion…

M.T. : Non, en fait, on n’a pas vraiment travaillé avant. J’ai rencontré J.K. Simmons très tardivement. On a fait une lecture du script peut-être une semaine avant le tournage et après, on s’est retrouvé directement sur le plateau. Ce sont deux personnages qui savent exactement ce qu’ils veulent, ce qu’ils attendent. Et pour moi, il fallait juste arriver en ayant bien préparé les scènes et réagir. Il fallait bien écouter et jouer le plus sincèrement possible. C’est ce que j’ai essayé de faire.

Miss Bobby_Miles_Teller_Whiplash

Quelle a été la plus grosse difficulté sur ce tournage parce que votre performance est hallucinante, vos mouvements à la batterie sont très rapides, très douloureux…

M.T. : C’est vrai que c’était fatiguant, mais bizarrement, pour moi, ça n’a pas été les scènes les plus dures. La scène la plus difficile aura été celle de l’accident de voiture. J’ai déjà eu un très grave accident de voiture (il a failli mourir, c’était en 2008, d’où les cicatrices qu’il a sur le visage – ndlr). Et là, je me suis retrouvé avec du sang plein la figure, je devais sortir de la voiture avec cet air déboussolé et ce sentiment de confusion “je viens d’avoir un accident”… Et je sais ce que ça fait. Mais en même temps, je devais jouer cette scène presque comique où la seule chose à laquelle pense Andrew, ce sont ses baguettes de batterie.  C’est presque drôle. Et pour moi qui ai eu un accident de voiture, ce n’était pas évident.

Cette année, vous avez tourné plusieurs films très importants dans votre carrière. Le magnifique The Spectacular Now, Divergente. Mais j’ai quand même cette impression que Whiplash est un vrai tournant dans votre carrière. C’est une vraie “performance”. Est-ce que vous réalisez que cette performance est une étape ?

M.T. : Oui. Pour moi les rôles les plus importants sont généralement des rôles que l’on obtient petit à petit à force de jouer. C’est pour ça que je pense que les acteurs masculins reçoivent leurs meilleurs rôles aux alentours de  30 ou 40 ans. Avant, vous jouez souvent des trucs plus légers. Et c’est très rare d’avoir la chance de faire un film comme Whiplash qui est très exigeant, quand on est un jeune acteur. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Quand vous étudiez la comédie, vous jouez des rôles avec des personnages qui sont beaucoup plus vieux que vous. Et c’était génial de jouer un personnage qui avait une aussi grande palette. Le personnage du début n’a plus rien à voir avec le personnage de la fin. Et je suis impatient maintenant, après Whiplash, de jouer dans des films avec de vrais rôles masculins.

Miss Bobby_Whiplash_Miles Teller

Vous jouiez déjà de la batterie avant ou vous avez eu un coaching particulier pour rendre cette performance crédible ? Comment vous êtes-vous préparé ?

M.T. : J’ai eu ma première batterie à 15 ans. À 6 ans, je jouais du piano. J’ai joué du saxo aussi. J’ai même fait partie d’un groupe de jazz. Je me suis même mis à la guitare pour impressionner les filles. La batterie, c’était pour ça aussi, mais ça marchait moins bien ! J’étais familier avec la position du batteur. Mes amis jouaient tous de la guitare, mais moi c’était de la batterie.  Mais, je me suis remis à la batterie de façon plus intensive avant le tournage. Pendant trois semaines, je travaillais plusieurs heures par jour. Tout ce qu’on peut entendre dans le film, n’est pas toujours de moi, mais l’intensité est réelle.

Damien Chazelle vous a recommandé des chansons, des musiques à écouter avant le tournage ?

M.T. : Il m’a envoyé des choses, oui. Et puis Youtube était une chose géniale pour un acteur. Je peux regarder tout ce que je veux sur mon téléphone ou l’ordi. Et j’ai regardé beaucoup de vidéos sur Joe Jones, Charlie Bird etc… Tout est si accessible. Il fut un temps où il aurait fallu aller à la bibliothèque et tout le bordel. Maintenant, tout est accessible. J’ai regardé des morceaux de vieux jazz pour trouver ce genre de rythme si spécifique et si bon !

Miss Bobby_Whiplash_Miles Teller

Vous disiez que vous aimeriez maintenant avoir plus de vrais rôles “masculins”. Là, vous avez joué dans Les 4 Fantastiques. Vous pouvez nous en parler un peu ou pas ? Et surtout, pour l’avenir, vous aimeriez jouer des rôles de méchants ou des rôles plus psychologiques ? D’autant que dans Whiplash, on voit un tout petit fond de méchanceté involontaire…

M.T. : Je ne suis pas à la recherche spécialement de ça. Avec Divergente, j’ai joué un personnage qui, dans un sens est un peu méchant mais… Mais je ne cherche pas ça particulièrement. Je ne pense pas non plus que J.K. Simmons pense que son personnage est méchant. Il faut rester du point de vue de son personnage. Là, je vais jouer le rôle d’un boxeur (dans le film Bleed for This de Ben Younger). C’est un vrai challenge, avec transformation physique, régime alimentaire, entraînement physique etc… Depuis plusieurs mois je m’entraine et d’ici la fin du tournage je n’aurais plus que 6 % de matière grasse dans mon corps, c’est complètement fou et c’est très dur !

Et vous allez retravailler avec Damien Chazelle ? Peut-on dire qu’il y a un truc de spécial entre vous, vous êtes comme une « team » ?

M.T. : Oui. Quand vous travaillez avec quelqu’un et que le processus créatif est bon, que vous êtes heureux et productif, vous avez envie de recommencer. D’autant qu’après, il y a en plus l’histoire commune, la confiance et le confort. Je n’ai jamais passé autant de temps avec un réalisateur. On a une vraie relation de confiance. Et je n’ai pas envie qu’il travaille avec un autre acteur ! Surtout qu’après Whiplash, tout le monde va vouloir travailler avec lui !

Quand vous rêviez de devenir un jour un acteur, étiez-vous comme votre personnage dans Whiplash, prêt à tout pour atteindre votre rêve, prêt à souffrir pour votre rêve ?

M.T. : Non. En fait, je n’ai pas eu à vivre cela. J’ai eu de la chance. Mais je sais que j’ai besoin de beaucoup travailler, de bien me préparer. Jouer la comédie, c’est vraiment un métier formidable, mais je suis conscient que c’est un métier où tout peut disparaître du jour au lendemain. Mais non, je n’ai jamais eu besoin de dire à mes parents d’aller se faire foutre ou de m’isoler complètement pour jouer. De toute façon, être un acteur, c’est déjà être souvent seul, dans votre hôtel, loin de vos proches etc… Il faut trouver l’équilibre.

Miss Bobby_Whiplash_Miles Teller

Et à propos des 4 Fantastiques ?

M.T. : Donc, ils sont 4 ! (Rires) Ce que je peux vous dire, c’est que c’est un film… Ça fait plus de 50 ans que Les 4 Fantastiques existent. La difficulté a été de les adapter aux années 2000, à 2014, et de ce qu’ils seraient devenus maintenant. À quoi ils ressembleraient en tant que Super Héros d’aujourd’hui. Ce qu’ils sont ou ne sont pas. C’est la partie la plus excitante, de poser une empreinte sur un personnage.

Il va être donc très différent des anciens films ?

M.T. : Très différent. Déjà, Michael Chicklis n’est pas dans le film et il ne porte pas un énorme costume… (Rires)

Un petit mot à propos de Shailene Woodley qui devait venir à Deauville, justement…

M.T. : Oui, elle n’a pas pu.

On lui pardonne… ! (rires)

M.T. : Je lui dirai.

Vous avez joué ensemble dans The Spectacular Now, puis dans Divergente. Vous avez d’autres projets de films ensemble, quelque-chose de différent peut-être ?

M.T. : Oui. Elle n’a jamais fait de vraies comédies. Et pourtant, c’est une fille très drôle, diverse. On essaie de trouver un truc pour retravailler ensemble. On aimerait bien faire un film ensemble sur l’évolution d’un couple ou un musical ensemble, mais j’en prépare un solo avec Damien Chazelle donc elle va m’en vouloir 😉

Vous avez vu White Bird ?

M.T. : Non, pas encore. Il faut que je le vois.

Retranscription par Regardez-moi ça.

Merci à Bossa Nova.

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Le 24 décembre sortira l’excellent Whiplash (ma critique ici). J’avais eu la chance avec quelques autres privilégiés de rencontrer le réalisateur, le timide Damien Chazelle et son acteur principal, Miles Teller (dont vous pouvez retrouver le compte-rendu là). Retour sur cette belle rencontre.

C’est un film très masculin. Il y a le héros bien sûr, mais aussi le père, le professeur, les élèves, mais il n’y a pas de mère ou de figure féminine, excepté sa petite-amie et encore, sa relation avec elle est lointaine à cause de son art… Pourquoi ?

Damien Chazelle : C’est fait exprès. Le monde du jazz, historiquement, c’est un monde masculin. Je trouve ça intéressant de voir qu’après toutes ces années, il y a toujours autant de ségrégation dans le jazz au niveau du sexe. On voit beaucoup de femmes qui chantent, qui jouent du piano. Il y a certains instruments où l’on ne voit pas de femmes. D’un côté, c’est triste. Et d’un autre, il y a le reflet d’une tradition, d’une culture qui n’est pas très loin de la culture militaire, des autres environnements qui ont été, historiquement, très masculins et où la venue des femmes est très récente. Et Fletcher descend de la tradition des Buddy Rich, Miles Davis, Harry James… C’étaient des types très machos. Je pense qu’il y a aussi une sorte de manque de confiance dans les musiciens, surtout les musiciens de jazz. Parce que déjà, c’est une musique qui n’est pas très populaire dans la société, on ne va pas gagner des fortunes. Et quand on est jeune, dans la culture ou la société, les musiciens de jazz seront toujours en-dessous des athlètes (ce que le film montre – ndlr). Il y a donc toujours ce sentiment d’insécurité chez ces jeunes hommes musiciens, par rapport aux sports physiques. Et pour un batteur, c’est difficile car c’est très physique. Il y a un côté presque boxe, avec les mains qui saignent, les doigts qui fatiguent… Mais on est traité comme un petit jazz band geek par le monde et donc, c’est un peu à cause de ces clichés que le jazz est perçu comme quelque-chose de délicat, peut-être même de féminin. Parce que c’est artistique, c’est subtil, c’est tout ce que n’est pas le sport. Le professeur Fletcher sait comment manipuler les peurs et les sentiments de ses élèves, et il le fait en insultant la masculinité de ses élèves. Pour le père, c’est un peu le père émasculé. Il n’a pas réussi à atteindre ses rêves, il n’a pas réussi à garder une famille. C’est un père qui est devenu à la fois père et mère. Et Andrew souffre un peu de ce modèle de société typiquement masculin. La scène avec la famille voisine qui vient dîner est emblématique pour ça. C’est une famille typiquement américaine, avec le père, la mère, les deux fils, on parle football… C’est classique, ça. Et c’est tout ce que n’a pas vécu Andrew et il le sent. Et ça le touche.

Il y a une thématique très présente dans le film, c’est celle de la souffrance. Et il y a un lien entre le plaisir et la souffrance qui est suggéré. Pensez-vous, vous aussi, que pour trouver le vrai plaisir, la vraie satisfaction, il faut passer par la souffrance ?

D.C. : Oui, je pense. L’art n’est pas facile et si c’est facile, c’est que c’est mauvais. Il y a un mythe que je trouve très bête, c’est le mythe du génie né. Ça n’existe pas. On a celui de Mozart par exemple, mais si on connaît vraiment l’histoire de Mozart, on comprend que c’est son père, c’est son éducation, son milieu. C’était une enfance très bizarre, il ne faisait que de la musique. À 5 ans, il avait déjà passé plus d’heures à faire de la musique, que les autres musiciens à 20 ans. Donc, ce n’est pas magique le génie. Il y a du magique dans l’art qu’il créé, mais le génie ne l’est pas lui. Pour moi, la seule chose qui lie tous les génies du monde, quelque soit les disciplines, c’est qu’ils bossent plus que les autres. Et c’est un peu ça que je voulais montrer, que ce n’est pas facile et qu’il faut de la souffrance.

Miss Bobby_Damien_Chazelle_Whiplash

Pourquoi votre choix s’est porté sur J.K. Simmons pour incarner Fletcher ?

D.C. : Le producteur du film a suggéré son nom parce qu’il le connaissait bien. Moi ce que j’adore chez lui, c’est que oui, il peut faire des monstres (on a tous vu Oz), mais c’était il y a longtemps. La plupart de ses rôles ces dernières années, c’était des rôles de pères gentils. Le père qu’il jouait dans Juno, c’est un peu l’équivalent du père d’Andrew dans mon film. Pareil, le patron du journal dans Spiderman, c’est un rôle un peu de père gentil et c’était un rôle comique. Donc, soit il est gentil, soit il est comique. Et je voulais utiliser ses muscles, son visage, pour créer quelqu’un qui fait peur, mais qui sait aussi faire rire et charmer les gens. Charmer parce que sinon, on ne comprendrait pas pourquoi ses élèves restent. Avec Fletcher, on voit bien son talent pour maltraiter les gens, mais en même temps, faire en sorte à ce qu’ils restent à ses cours, c’est ça qui est difficile. C’est facile d’être un monstre. Mais c’est pas facile de faire ça et que les gens vous aiment quand même.

Question sur votre mise en scène. Que ce soit en musique ou au cinéma, dans les deux cas, tout est une question de tempo, de rythme. Comment avez-vous pensé votre mise en scène ? Parce que filmer la musique et que ça ait un rendu cinématographique, c’est un exercice très difficile et vous l’avez parfaitement réussi…

D.C. : Merci. Moi, je ne pense pas que ce soit parfait, mais ce que j’ai essayé de faire… La musique, on l’écoute. Donc, c’est toujours très difficile de trouver des images à mettre sur la musique. C’est comme les images sur la nourriture etc… J’ai commencé avec des documentaires et quand j’étais plus jeune, j’ai filmé des musiciens de jazz et j’adore ça, je trouve ça très beau, avec tous leurs instruments etc… Mais ici, il ne fallait pas que ça fasse style documentaire ou cinéma-vérité. Il fallait que ça soit un style plus formaliste. Je disais à mon monteur, Tom Cross, qui est brillant et qui y est pour beaucoup dans ce film, qu’il fallait créer le film que Fletcher ou Andrew aurait pu créer. Il faut avoir une précision, un tempo exact. Et le style est arrivé comme ça, c’est un style dynamique, métronomique, rythmique et qui va très vite. Comme la musique dans le film.

Un peu comme des scènes de films d’action…

D.C. : Oui, voilà.

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Une chose qui est appréciable dans le film, c’est que votre personnage principal n’est pas complètement bon. On le voit avec la scène avec sa petite-amie. Il est tellement passionné par son art, qu’il en devient un peu égoïste…

D.C. : C’est exactement ça. C’est pour ça que se pose la question de « est-ce que la souffrance au nom de l’art vaut le coup ? ». Pour moi, c’est difficile car je pense que j’aimerai être un humaniste autant qu’un artiste. Et parfois, c’est contradictoire. Surtout pour les musiciens car c’est l’art le plus abstrait. Se dire qu’on peut être musicien sans personne d’autre. C’est un art très solitaire, même quand on est dans un orchestre, il y a toujours un côté très solitaire. Déjà dans mon premier film, qui était plus léger, plus tendre, ça parlait de ça. De la difficulté de trouver un équilibre entre l’art et la vie, l’art et l’amour. Ici, l’amour est une toute petite partie du film, mais elle permet de montrer toute la cruauté du monde du jazz. Parce que historiquement, c’est une musique très cruelle. C’est Buddy Rich, c’est Charlie Parker… C’est la maltraitance. Par exemple, le Bebop a été inventé parce que les jeunes musiciens cherchaient des formes de musique que les vieux ne pouvaient pas jouer. Donc il y avait une forme de rejet, une envie de dire que le jazz, c’était la liberté, l’expression. Et finalement c’est peut-être justement pour parler des thématiques de l’art versus la vie, versus l’amour, que j’ai choisi le jazz comme sujet.

A propos du morceau « Whiplash ». Vous l’avez choisi parce que c’est un morceau emblématique de ce que les élèves étudient en général ou plutôt pour le sens du titre de la chanson elle-même (Whiplash signifie « coup de fouet » en anglais) étant donné que vous racontez l’histoire de quelqu’un qui est vraiment dans l’auto flagellation ?

D.C. : Un peu les deux. Au tout début, c’était quelque-chose de très personnel. Mon tout premier jour dans un orchestre, on jouait Whiplash. Je ne connaissais pas la chanson et j’étais totalement perdu. C’était pas moi qui jouait, moi je tournais les pages et même ça, je n’arrivais pas à le faire. Ça allait très vite, le rythme est très bizarre… Déjà le titre et la chanson me faisaient peur. Et comme je voulais traduire l’angoisse et la peur dans la musique… Et Whiplash est emblématique aussi de… Comme le Bebop avec Charlie Parker, ça c’est les années 70, les Big band de Hank Levy, Don Hales et des musiciens comme ça. Ils créaient des musiques très difficiles pour les batteurs, la difficulté était faite exprès. C’était presque sadique, mais il y avait une démarche artistique aussi. Ce n’était pas pour embêter les gens, mais pour trouver de nouveaux sons, pour expérimenter… Mais à cause de ça, il y a pas mal de morceaux de cette époque qui sont presque impossibles pour un batteur.

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Vous avez étudié le cinéma à Harvard. Est-ce que c’est ce que vous avez appris pendant vos études ou plutôt votre cinéphilie personnelle et vos influences, qui vous ont le plus aidé ?

D.C. : Avant Harvard, j’adorais Hitchcock, La Nouvelle Vague, mais surtout les thrillers etc… Les thrillers ont été mon premier amour, je crois. Je suis allé à Harvard et là-bas, la priorité était plutôt le cinéma documentaire, le cinéma-vérité à la Fredrik Wiseman, Jean Rouch… J’ai commencé à faire des films en 16 mm à l’épaule et c’est un peu comme ça que j’ai appris à filmer les musiciens et à faire des portraits de sous-cultures ou d’environnements très spécifiques. Et pour moi, Whiplash est un peu des deux. Il y a un côté ethnographique, documentaire, observatoire, mais c’est aussi un film un peu à la Hitchcock, à la Scorsese, un film intense, viscéral, cinétique, qui fait peur. Parce que c’est ce que j’aimais plus jeune dans le cinéma. Le cinéma qui marquait. Et c’est aussi à Harvard que j’ai découvert les comédies musicales. Je n’aimais pas trop quand j’étais petit, mais c’est là-bas que j’ai appris à connaître Jacques Demy, Fred Astaire etc… Harvard a été très formateur quand même.

Tout à l’heure, vous parliez du fait que dans les familles américaines, on va encenser quelqu’un qui joue en troisième division de football, par contre un jazzman, ça n’a pas vraiment de valeur. Et visiblement, dans le cinéma, c’est un peu la même chose. C’est difficile de financer un film sur le jazz. Le jazz n’est pas quelque-chose de sexy pour le milieu du cinéma ?

D.C. : Non, pas du tout. C’est même tout le contraire de sexy.

C’est quelque-chose qu’on vous a dit clairement, ça ?

D.C. : Oui. Je le savais déjà, mais on me l’a redit avec ce film. Même après qu’on ait fait le film. Avant Sundance, je lisais ou j’entendais « je ne vais pas aller voir un film sur le jazz » ou « un drame sur le jazz, non merci ! » etc… C’est seulement après Sundance que les choses ont commencé à changer. Et encore, il faut toujours convaincre les gens. Peut-être pas en France, mais aux États-Unis, oui. Là-bas, le jazz n’est pas populaire et c’est bizarre car pourtant, le jazz est un art très américain. C’est peut-être le seul que l’Amérique a vraiment inventé. On pourrait penser que là-bas, ils seraient un peu plus fiers de ça mais non, aux USA, le jazz, on s’en fout. C’est pas un pays où l’art est valorisé. Mais c’est valable pour tous les arts. Je sens qu’en France, c’est plus apprécié, il y a un peu plus d’éducation du côté artistique. Aux États-Unis, le sport est nettement plus important, ne serait-ce que dans les Universités. Et la scène du dîner dans le film, est vraiment emblématique (un dîner entre famille amis où les fils des voisins sont portés aux nues car ils font du football alors que le héros, Andrew, est dénigré car il ne fait « que jouer du jazz » – ndlr) . Ce sont des dîners que moi-même, j’ai vécu.

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Le film est très particulier, très millimétré. J’imagine qu’il y a eu beaucoup de réécriture du scénario ?

D.C. : Oui, au tout début. Je l’ai écrit très vite au départ et après, je l’ai retouché sans arrêt pendant un an et demi.

Je ne saurai pas trop comment l’expliquer, peut-être y arriverez-vous. Quand j’ai découvert votre film, la trajectoire artistique du héros m’a un peu fait pensé à celle du personnage qui fait du théâtre dans Le Cercle des Poètes Disparus (Neil Perry alias Robert Sean Leonard)… Peut-être le côté passion pour l’art, donner sa vie pour lui…

D.C. : Oui… Ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu, mais ça m’avait pas mal frappé quand je l’ai vu, petit. C’est vrai que c’est un peu la tragédie de l’art. Pour moi, faire le portrait de Shaffer, cette école inventée, c’était un peu le reflet de mes propres expériences à Harvard. Parce que la musique à l’Université ou dans une école, on pense souvent à quelque-chose de très jouissif, de très libre, délicat, de sublime. Et on oublie souvent la dureté, le côté cruel et hyper-compétitif. Harvard, c’est vraiment ça. Je voulais explorer ce côté-là de l’éducation.

Dans votre film, vous montrez ce contraste entre l’obsession de l’art et l’amour et cette incompatibilité. Pourtant, dans votre vie personnelle, vous avez rencontré la femme de votre vie à l’Université, elle a soutenu et produit vos films… Vous formez une team. Tout le contraire de ce que montre le film…

D.C. : Heu… C’est un peu dépassé parce qu’on est séparé ! (bravo à notre confrère pour cette question… ndlr) Mais justement, je n’ai pas réussi à trouver l’équilibre entre l’art et le mariage… Je réessaierai sans doute, mais ça n’a pas duré. C’est quand je faisais le montage de ce film que mon mariage s’est écroulé. En tout cas, l’écriture du scénario datait d’avant donc ce n’est pas une réponse à cela. Mais c’est une lutte continuelle. J’essaie tous les jours et pas seulement dans le côté romantique de la chose. Avec la famille, les amis… J’essaie de trouver cette balance dans la vie en général. Je ne suis pas doué pour faire cet équilibre. Je dois m’améliorer là-dessus. C’est une lutte continuelle. On va voir !

Miss Bobby_Whiplash

Aimez-vous Raging Bull ? On sent une inspiration…

D.C. : Oui, beaucoup. C’est l’un des plus grands films qui ait été fait. Ce que j’adore dedans, c’est ce qu’il symbolise. Ça n’allait pas très bien dans la carrière de Scorsese à ce moment-là. Il était un peu dans le creux. Il a fait le film un peu façon kamikaze. Il ne savait pas s’il referait des films alors il s’est dit « je vais tout mettre dans celui-ci parce que c’est peut-être mon dernier ». Et au final, c’est son meilleur. C’est tellement inspirant.

On parlait tout à l’heure de J.K. Simmons. Dans la manière de travailler avec les acteurs du film, il y a t-il eu de la place pour l’improvisation, qui est d’ailleurs quelque-chose d’important dans le jazz…

D.C. : Au début, c’était un peu figé. Les dialogues étaient écrits. Mais il y avait toujours l’occasion de faire quelque-chose d’improviser. Et il y a un peu d’improvisation dans le film. En tout cas, pour les insultes lancées par J.K. Simmons, quelques-unes sont improvisées, mais la plupart étaient écrites car très précises dans le langage. Mais c’est vrai qu’avoir des acteurs aussi doués que Miles Teller ou J.K. Simmons est une chance donc ç’aurait été dommage de ne pas les laisser jouer. J’ai essayé de faire l’équilibre entre la préparation exacte (dialogues, storyboard) et la liberté de tenter des choses. Parce que ce qui était important, c’était l’alchimie entre les acteurs.

Quand on vous écoute parler de jazz, la façon dont vous voyez cet art, cette philosophie du rejet de ce qui a été fait avant, d’inventer de nouvelles choses etc.… En fait, on a l’impression que vous parlez du jazz comme vous pourriez parler de la Nouvelle Vague française. Et justement, dans votre film, à certains moments, j’ai l’impression de revoir le Godard des débuts, ses expérimentations de mise en scène, de montage, avec des plans qui s’entrechoquent etc… Un peu comme à l’époque, le Godard de A Bout de Souffle

D.C. : Oui, peut-être. J’espère. J’adore A Bout de Souffle et je pense que Godard est peut-être le plus grand génie de toute l’histoire du cinéma. Et Scorsese tient beaucoup de Godard donc à chaque fois que je m’inspirais de Scorsese, je m’inspirais un peu de Godard. A Bout de Souffle est peut-être le film le plus important de ces 50 ans dernières années. Et puis dans la Nouvelle Vague, il y avait vraiment un côté jazz. Et pas seulement dans la musique comme pour A Bout de Souffle. Il y a un côté jazz dans le montage, dans la caméra. Et j’adore ça.

Miss Bobby_Whiplash

On sent dans votre film quelque-chose qui vient des tripes. Et de film en film, vous allez sûrement être amené à vous auto-critiquer sur votre travail passé. Sur votre prochain film, il y a t-il des choses que vous aimeriez changer ?

D.C. : Je ne suis pas sûr car mon prochain film est quelque part le contraire deWhiplash dans les émotions que je veux transmettre. Après, on veut toujours apprendre de ce qu’on fait et de ses erreurs et tout ça. Je sais que j’ai appris des choses au niveau structure, écriture, qui vont m’aider sur le prochain film. Mais je sais aussi qu’avec celui-ci, je vais commettre d’autres erreurs que je ne peux pas anticiper. On essaie de les deviner, mais c’est impossible.

De quoi êtes-vous le plus satisfait sur Whiplash ?

D.C. : C’est difficile car j’y vois des petites choses qui me rendent dingue et que je voudrais changer. Des détails. Et ça va sûrement prendre 10 ans peut-être, pour que j’ai assez de recul pour me demander si ce film marche ou pas. Là, je suis trop dedans encore, je vois que les détails que je n’aime pas. On s’améliore avec l’expérience là-dessus.

Le tournage s’est fait en 19 jours, c’est dingue. Vous aimeriez avoir des conditions plus confortables à l’avenir ou au contraire, c’est dans la contrainte que la créativité est meilleure ?

D.C. : Un peu des deux, je pense. La contrainte inspire. Mais avec ce film, on a eu pas mal de chance quand même. On était si proche de l’échec total, chaque jour. Et je n’aime pas cette sensation de peur. Je n’aime pas faire des films avec la peur. Peut-être que cette fois, ça a marché car le film parle de la peur, mais mon prochain film ne parle pas de ça et j’espère avoir un peu plus de temps pour le tourner.

Pourriez-vous nous parler de votre prochain projet, La La Land ?

D.C. : Oui. Ce sera encore un film musical, mais plutôt une comédie musicale, à la Jacques Demy, Vincente Minnelli ou Stanley Donen. Ce sera toujours avec Miles Teller (et Emma Watson – ndlr) et on va tourner l’année prochaine à New York. Là aussi, je pense que ça va parler des mêmes choses, l’art et l’amour, l’art et la vie et comment trouver un équilibre. Les thématiques seront les mêmes, mais pas l’émotion. Là, ce sera plus la joie de la musique, pas la peine et la souffrance. Ça ne sera pas un film brutal. Mais c’est un monde que je connais et qui continue de m’intéresser.

Encore avec Miles Teller… Peut-on dire que, comme d’autres réalisateurs, vous avez trouvé votre acteur fétiche ?

D.C. : (rires) Je ne sais pas parce que ça ne fait qu’un film de tourné, pour l’instant. Et je ne sais pas ce qu’en pense Miles Teller. Mais oui, j’aimerai faire n’importe quoi avec lui. Je pense que c’est le plus grand « jeune acteur américain » à l’heure actuelle. Il peut tout faire. Et c’est quelqu’un de très sérieux, qui bosse beaucoup. C’est drôle parce que la première fois que je l’ai rencontré, il avait l’air un peu fêtard, il rigolait beaucoup, il était très charmeur… La première fois, je me suis dit que ce n’était pas vraiment le personnage d’Andrew. En fait, Andrew, ce n’est pas Miles Teller. Mais ils ont quelque-chose en commun, c’est la passion et la fragilité des yeux et du visage.

En tout cas, la collaboration marche très bien.

D.C. : (rires) Oui, j’espère que ça va continuer !

Whiplash était un projet personnel, qui vous tenait à cœur. J’imagine que l’accueil qu’a reçu le film hier à Deauville, avec cette formidable standing ovation, ça a dû beaucoup vous toucher ?

D.C. : Oui, ça m’a touché énormément. Moi je suis toujours pessimiste, je crains toujours le pire. Et j’étais dans la salle parce que j’ai regardé le film avec mes cousins. La salle était énorme et même si on a fait des projections avant, des festivals etc… C’est la plus grande salle où on a présenté le film. C’est quelque-chose de nouveau quand même et ça a été très émouvant. On était avec Miles Teller et c’était très beau.

Retranscription par Mondocine.net

Merci à Bossa Nova.

Miss Bobby_Whiplash

Miss Bobby_Whiplash Ça raisonne comme un « splash », ça pourrait presque être rigolo comme l’eau, sauf que Whiplash rime avec le « splash » du fouet, celui qui claque sec et qui fait saigner.

Whiplash est l’histoire d’un jeune prodige de la batterie, ses vices sont le jazz et la perfection. Il va rencontrer ce professeur tyrannique qui va le pousser à bout pour aller jusqu’au bout.

Deux figures du cinéma qu’on ne s’attend pas à voir dans ce film. D’abord, la figure montante à la gueule cassée qu’est Miles Teller qui, après avoir prouvé qu’il pouvait faire sans problème le kéké dans des comédies pour ados en mal de super fêtes, prouvent avec The Spectacular Now et maintenant, Whiplash tout le talent qu’il cache sous le capot. De la graine d’émotion et de sensibilité qui ne demande qu’à grandir, s’épanouir et à exploser. Miles Teller vous coupera le souffle dans le sens le plus littéral du terme par sa méthode d’exploitation de la batterie, de la torture psychologique et physique, voire même par la folie des grandeurs qui le gagne petit à petit, transformant ce petit batteur de lycée en un monstre aliéné par la musique. Face à lui, un monsieur qu’à première vue on n’aurait pas choisi pour ce rôle, mais que Damien Chazelle a préféré pour incarner la tyrannie presque au bon cœur. Et quelle réussite ! J.K. Simmons laisse libre court à son charisme obscur et à l’excès de confiance dégagé par son personnage de professeur, oscillant sans cesse entre la fausse gentillesse, l’hypocrisie bien placée et l’incarnation du diable en personne, démontant tout sur son passage, mêmes les âmes les mieux accrochées.

C’est ainsi que Whiplash offre un spectacle à la fois musical, sensible et incroyablement fort grâce à ce duo que l’on pourrait comparer à un ouragan, tant il est puissant. L’histoire de cette ascension semée d’embûches vous plaquera au fond de votre siège, hérissant vos poils de bras, appuyant sur votre corde sensible comme si votre vie en dépendait. Damien Chazelle offre un film brièvement inspiré de sa jeunesse, intimiste, qui vous marquera au fer rouge.

Sortie en salles le 24 décembre.

Miss Bobby_Deauville 2014

Parce qu’avec les moyens du bord je n’avais pas pu tout vous partager comme il se doit.

Retour en photos sur les quelques personnalités croisées lors de ce 40ème Festival du film américain de Deauville.

À l’année prochaine peut-être !

Miss Bobby_Autographes_Deauville 2014

Clap de fin.

Fallait bien que ça arrive à un moment ou l’autre. C’est passé très très (trop ?) vite. Un emploi du temps chargé entre films, conférences de presse, repas, balades sous la grosse chaleur du soleil et l’attente dans l’ombre trop fraiche. Le soleil ne connait pas le juste milieu à Deauville. Un seul petit film pour terminer le festival : Love is strange. Je vous fais le retour et je fais comme le festival, je clôture.

Retour sur Love is strange :

L’amour, à la base, c’est compliqué, mais lorsqu’on est un couple de gays d’environ une soixantaine d’années qui se retrouve à la rue, ça l’est encore plus. Malgré l’effet de lenteur et le fait qu’il ne se passe pas énormément de choses, j’ai aimé le traitement sur le couple, leur amour, le manque, la séparation, les petites habitudes malheureusement perdues. Pas besoin de grandes effusions, la tendresse est subtile et bien présente. Love is strange (l’amour est étrange), je ne sais pas, dans le film il ne l’est pas, c’est tout ce qui gravite autour qui l’est.

Parlons peu, parlons chiffres :

– 17 films vus (dont un revu)

– 5 conférences de presse

– 1 master class

– 7 autographes

– 4 tables rondes

– 1 interview

– 5 selfies avec des stars

– 1 compliment en or

Et plein d’autres choses toutes plus belles les unes que les autres. J’aurais aimé que ça ne se termine pas, j’aurais aimé que l’aventure journalistique continue à Paris. J’aurais aimé être dans ma bulle encore un moment. J’aurais aimé papoter avec des grands noms du cinéma encore et encore et encore. J’aurais…

Qu’est-ce qui se passe maintenant ? Eh bien, je reprends mes petites habitudes, je reprends les concours. J’ai un paquet de critiques et de résumés de rencontres/conférences de presse à écrire. Et si par hasard vous deviez me souhaiter quelque chose : faites que l’aventure Deauvillienne (je sais, ça n’existe pas, c’est Deauvillaise) continue plus concrètement ici.

Je remercie tous ceux qui ont permis cette expérience possible (Le Public Système, les attachés de presse, Mondocine.net, tous les copains blogueurs et tous ceux que j’oublie).

Miss Bobby_Autographes_Deauville 2014 Ca ne se voit pas bien, mais voici tous les autographes que j’ai ramené (de gauche à droite) : Jon Favreau, Olga Kurylenko, Pierce Brosnan, Ray Liotta, Will Ferrell, John McTiernan et Miles Teller.