Miss Bobby_Le Solitaire_Blu-Ray

Miss Bobby_Le Solitaire_Blu-ray+dvd Dégainez le perfecto, le pantalon serré, les voitures reines du dérapage et la musique 80’s, le premier film de Michael Mann, Le Solitaire, s’offre une ressortie en Blu-Ray.

L’histoire du Solitaire pourrait être très simple : un voleur de diamants s’offre un dernier tour avant de se ranger. Sauf que c’est bien plus que cela. James Caan interprète Frank, un homme qui a déjà passé 11 ans à l’ombre, 11 ans à rêver d’un idéal de vie et à acquérir cette philosophie : « pour ne pas avoir peur et défier la mort, il faut se foutre de tout », créant une personnalité sûre d’elle et dotée d’un grand professionnalisme dans ce qu’il fait. James Caan joue avec beaucoup de détails ce voleur qui se précipite dans sa quête de la vie parfaite. En effet, toutes ces années perdues derrière les barreaux, il souhaite plus que tout fonder une famille, quitte à sauter les étapes en allant trop vite, en ne faisant pas les meilleurs choix. Caan s’est évertué à ne faire aucune contraction de mots durant tout le film (« it is » au lieu de « it’s »), car il percevait son personnage comme une personne qui n’est pas du genre à se répéter. Il l’explique très bien dans les bonus.

Je pense que les passionnés sauront décrire avec précision le travail de Michael Mann, sa patte. Je n’ai pas vu beaucoup de ses films, je n’ai donc pas le recul nécessaire, mais je dois dire que le travail de réalisation est assez remarquable, sa fixation sur des objets et des détails, la superbe photographie sur les décors de nuit, ce côté brut et froid de l’acier, de la dureté du personnage, face à ces façades aux lumières colorées typiques de cette époque. Le réalisateur sublime les séquences de casse en mettant en scène la minutie, le professionnalisme, au point qu’on serait limite tenté de changer de métier et de se spécialiser dans le vol de diamants tant ça a l’air passionnant. D’ailleurs, Michael Mann s’est entouré de policiers et de voleurs, tous jouant dans le film, il a accordé un grand soin aux rencontres, s’intéressant de très très près à ces caïds, ancrant son film dans un rare réalisme, voire même un surréalisme (quand on prend le temps de lire le livre).

Tous les détails de la réalisation du Solitaire sont dans l’interview de Michael Mann, emmenée par Michael Henry Wilson. S’ajoute à cette passionnante rencontre, d’autres interviews du réalisateur sur trois de ses films (Ali, Public Enemies, Collateral), ainsi qu’une analyse approfondie du film par Wilson.

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Bonus :

– Souvenirs du Solitaire, entretien avec James Caan : 25 minutes spécialement enregistrées pour cette édition Blu-Ray du Solitaire. On écoute avec délectation et passion les propos de Caan sur l’emploi du temps de tournage de Michael Mann où les journées pouvaient s’étendre sur 17 heures de tournage, entre le jour et la nuit. Il développe les intentions de son personnage, son choix de vie, ses objectifs, sa manière de l’interpréter via une démarche, un accent et une élocution spécifiques. Il révèle de nombreuses anecdotes, notamment sur sa collaboration avec les vrais voleurs (qui jouent les flics ripoux). Il termine en évoquant sa grande fierté pour une des séquences du film.

– Bande-annonces

– Liens Internet

Ce très beau coffret comprenant le DVD, le Blu-Ray et le livre est sorti le 11 mars.

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Miss Bobby_Suite Française

Miss Bobby_Suite Française Les films sur la guerre ne m’ont jamais vraiment attirée, surtout les drames purs, hors du champ de bataille, qui tournent autour de la famille ou autre drame personnel. Alors quand j’ai lu le synopsis de Suite Française, je ne partais pas avec beaucoup de sympathie :

Été 1940. France. Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’oeil inquisiteur de sa belle-mère. L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier…

Et finalement, j’ai été agréablement surprise. Suite Française va bien au-delà du drame en pleine seconde guerre mondiale, il remet en cause les idéaux de patries à travers les yeux d’un officier allemand et d’une charmante Française (campée par Michelle Williams, tout ce qu’il y a de plus Américaine). Saul Dibb a su créer une telle empathie pour ses protagonistes qu’il vous sera difficile de ne pas vous poser cette question : que ferai-je à sa place ? L’amour naissant entre deux camps rivaux, tenter de faire abstraction de la tragédie, que ce soit du côté français en acceptant ses sentiments pour une personne qui participe à un génocide, soutenant les valeurs d’un dictateur, répandant la terreur. Mais aussi du côté allemand, faire comprendre à l’autre que l’on ne partage pas les idées de son dirigeant, mais qu’on est obligé de les suivre, être contraint d’obéir et surtout, faire comprendre qu’on est de bonne foi et digne de confiance.

Mettez-vous à leur place. Les conventions, les croyances, le jugement, l’amour de son pays et la situation se mettent en travers. Suite Française esquisse avec beaucoup de grâce, de sensibilité et de retenue ces doutes dans ce contexte dramatique. Les acteurs sont sublimés par une réalisation et un jeu qui n’en font jamais de trop, une pure délicatesse. Le spectateur est pris à parti entre deux cœurs, entre deux nations, entre deux raisons, et il est tout aussi torturé que les personnages. Michelle Williams est tout en discrétion face à Matthias Schoenaerts qui explose en charisme (on craque pour sa dureté et son côté tendre). Kristin Scott Thomas n’est pas en reste en marâtre aussi solide qu’un roc, cachant avec son soin sa sensibilité.

Suite Française ne fait pas d’éclat, mais il s’apprécie telle une douce mélodie au piano.

Sortie en salles le 18 mars.

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Miss Bobby_Blu-Ray Fury

Miss Bobby_Blu-Ray Fury Et telle une Fury le talent de David Ayer se déversa.

Je n’avais pas vu Fury au cinéma lors de sa sortie, heureusement pour moi que j’aie pu rattraper cette erreur avec le Blu-Ray. Quelle mise sous tension ! J’ai cherché les fautes, je ne les ai pas trouvées. On s’engouffre dans cet espace exigu du tank Fury et de ses tankistes lors de la seconde guerre mondiale. Il ne faisait pas bon d’être claustrophobe.

Fury s’apparente à la même vague qu’American Sniper, la violence ne ressort pas à proprement parlé, mais la suggestion, la froideur et la brutalité de l’immersion dans la guerre font que le film vous nouera le ventre, laissant s’installer une lourdeur et cette odeur de mort qui guette à chaque instant les protagonistes. La guerre, la proximité, le confinement, la boue et les choix difficiles s’immiscent insidieusement dans le spectateur, le piégeant dans la fureur d’une guerre qu’il n’a pas vécu. On en sent presque une odeur désagréable, mélange de moiteur, saleté et de cadavres empilés. Telle fut la réalité.

Les acteurs se valent tous, il n’y en a pas un qui va tirer la couverture à lui, chacun ayant une personnalité bien distincte, apportant son lot d’émotions, de doutes et sa vision du champ de bataille. Ils se complètent et forment une seule unité, c’est ce que voulait le réalisateur David Ayer en leur imposant un entrainement militaire particulièrement rude et c’est chose réussie.

Fury n’est pas un simple film sur la guerre, c’est un film sur des hommes d’un point de vue différent, celui du tank et toutes les restrictions que cela engendre : champ visuel réduit, exposition aux tirs ennemis, une machine lourde à manœuvrer. Certaines séquences sont absolument bluffantes et confèrent une authenticité, nous plongeant directement dans l’action et la tension. Fury est un vrai travail cinématographique et historique, qui marque les esprits et qui sait retranscrire avec beaucoup de détails l’enfer de la seconde guerre mondiale.

Miss Bobby_Fury Blu-Ray

Bonus :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Blu-Ray de Fury n’est pas chiche en suppléments (90 minutes) et qui plus est de très bonne qualité et passionnants. Seules erreurs, les deux coquilles qui se sont glissées dans les sous-titres.

– Scènes supplémentaires et étendues (45 minutes) : 16 scènes

– Frères de sang (11 minutes) : rencontre avec les vétérans, immersion militaire totale pour les acteurs pour créer une sorte de fraternité, de famille, faire ressortir la cohésion de groupe et qu’à l’écran, les acteurs soient soudés.

– Le journal de guerre du réalisateur (17 minutes) : organisation du tournage avec la préparation minutieuse des emplacements des tanks, une séquence importante tournée sous différents angles afin de définir la meilleure approche pour comprendre rapidement les personnages.

– Guerriers blindés : les vrais hommes des sherman (12 minutes) : quatre vétérans racontent ce qu’est être tankiste, le tout à renfort d’anecdotes. Un supplément très touchant.

– Dompter la bête : comment conduire, viser et tirer d’un tank de 30 tonnes (12 minutes) : segment passionnant sur la conduite de tank, comment les manœuvrer et l’effet d’avoir un tel engin entre les mains, surtout quand celui-ci est un tank authentique de la seconde guerre mondiale.

– Galerie de photos

– Films-annonces : Equalizer, The Amazing Spider-Man 2, 22 Jump Street, Sex Tape

En vidéo depuis le 23 février.

Je vous mets au passage le superbe buzz kit que j’avais reçu pour l’occasion de Wardaddy (merci à Cartel et Sony) :

Miss Bobby_Fury_Buzz kit

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Miss Bobby_Selma

Miss Bobby_Selma Selma ou la longue marche de Martin Luther King. Je fais partie de ces personnes qui ne connaissent pas spécialement toute l’histoire de Luther King (je ne m’en cache pas) et je me dis qu’heureusement les films existent, cela me permet de remédier à ce problème (que ce soit sur ce sujet ou sur un autre). Si vous êtes comme moi, la lutte de Martin Luther King pour les droits civiques des Noirs en Alabama ne vous dit absolument rien, croyez-moi que Selma va vous rendre plus intelligent.

Comment vous expliquer que Selma est un film intéressant, mais pas captivant ? Il est intéressant, par son histoire qui ne se focalise pas sur le fait que Martin Luther King « fait un rêve ». Le film oscille entre explications de la situation, les décisions prises pour tenter de remédier au problème et les actions, en l’occurrence, les marches. Selma se retrouve parfois répétitif dans le propos, perdant à chaque fois l’entrain. Cela dit, les retranscriptions des marches, de la toute première dans Selma à la plus connue jusqu’à Montgomery, portent le spectateur et l’immerge dans l’horreur de la violence vécue à l’époque. Cette dernière y est brute, non dissimulée, forte, portant une puissance émotionnelle qui noue l’estomac. Cette vision est d’autant plus poignante qu’elle est réelle, tout s’est vraiment déroulé. C’est absolument horrible de constater que des personnes sont capables du pire juste pour empêcher d’autres d’obtenir des droits, sous prétexte qu’ils ne sont pas de la même couleur. Alors le public assiste à ces images fictives représentant la réalité et il est tout bonnement impuissant.

On reconnaîtra à David Oyelowo une très grosse ressemblance avec Martin Luther King et une présence à l’écran. Pourquoi avoir ajouté Malcolm X au tableau ? D’aucune utilité.

Selma pêche par sa redondance et son manque de vitesse, mais brille par son acteur principal et ses faits retranscrits avec beaucoup de véracité.

Sortie en salles le 11 mars;

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Miss Bobby_Et beaucoup plus si affinités DVD_concours

Miss Bobby_Et beaucoup plus si affinités DVD_concours Il y a de ces acteurs que j’aime bien suivre, car je les ai vus évoluer durant de longues années et qu’ils ont ce capital sympathie qui fait que. Daniel Radcliffe fait partie de ceux-là (en tant que bonne fan de la saga Harry Potter). Du coup, quand j’ai vu le synopsis de Et (beaucoup) plus si affinités, je me suis dit que ça allait être intéressant de voir « Potter » dans un rôle comme celui-là. Et je dois bien avouer qu’il m’a plutôt conquise. C’est marrant, car je jauge un acteur ou une actrice sur une chose assez particulière et distincte qui suggère son degré de « lâchage ». Vous allez rire, mais à partir du moment où un acteur (ou trice, hein, toujours pareil, pas me répéter tout le temps), catalogué de lisse, mignon et propret finit dans un film en disant des gros mots ou des phrases à grosses connotations sexuelles, eh bien j’adore ! Il y a un début de cassage d’image. C’est bête, je sais, mais j’aime bien. Comme Jennifer Aniston dans La famille Miller qui lâche le troupeau de chevaux pour le coup !

Revenons à notre mouton, le film !

Comédie romantique avec ses codes bien ancrés qui ne laisse que peu de place à la surprise, mais bon, je ne vais pas m’en plaindre, je savais ce que je venais chercher. Je pense que beaucoup se reconnaîtront (moi-même je suis tombée dedans) dans cette histoire sur cette limite qui sépare l’amitié et l’amour, sur les difficultés que cela engendre et les décisions qu’il faut parfois prendre. Hormis le schéma classique, Radcliffe s’en sort dans ce rôle de jeune adulte torturé par ses sentiments, formant un duo tout mimi avec sa partenaire à l’écran Zoe Kazan. Petit bonus foufou pour Adam Driver, commençant à rouler sa bosse hors de la série Girls.

En fait, je pense qu’il faut arrêter de se leurrer, ce n’est pas le film du siècle, mais on s’en fiche, Et (beaucoup) plus si affinités s’en tire plutôt bien, il nous laisse un peu rêveur et nous accroche la guimauve qui nous sert de cœur. Oui, je suis une minette et j’assume !

Bonus :

– Making of (18 minutes) : divisé en sept chapitres retraçant le tournage, le choix des acteurs, l’écriture du scénario, le choix des villes et des décors, les personnages.

– Interviews sur le tapis rouge (2 minutes) : courte description du film, du travail sur l’improvisation par le casting lors de l’avant-première.

– Scènes coupées (4 minutes) : trois scènes coupées

Sortie en vidéo le 11 mars.

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Miss Bobby_Blu-Ray Au-delà de nos rêves

Miss Bobby_Blu-Ray Au-delà de nos rêves Voir un film qui est sorti en 1998 avec Robin Williams, ça pince toujours un peu le cœur, encore plus lorsque le film en question est Au-delà de nos rêves et qu’il ressort en Blu-Ray.

Au-delà de nos rêves est un film pour ceux qui croient en l’Amour, le vrai, le puissant, celui qui va bien au-delà de la mort, qui surmonte les gros obstacles et qui montre comment on reconnaît un couple fusionnel. Quand deux personnes sont faites pour être ensemble, l’univers pourra s’interposer entre-elles, elles finiront toujours par se retrouver. C’est comme ça dans une vie, puis dans la prochaine et dans la suivante, etc. Elles n’ont plus besoin de mots pour se comprendre et sont liées, jusque dans la mort. C’est beau et fort.

Hormis un message sur l’amour transcendant toutes les barrières que ce soit la dépression, la mort, la réincarnation, Au-delà de nos rêves instaure un univers particulièrement coloré à travers le reflet de la peinture, laissant se dégager une douce poésie mêlant l’art, l’amour et la fantaisie.

Robin Williams reste égal à ce qu’il était, chaleureux, entier, partageant ses émotions avec beaucoup de cœur, relayant au second plan le jeu des autres acteurs, notamment celui de Cuba Gooding Jr. et Annabella Sciorra.

Seul grand intérêt de cette ressortie en blu-ray est de permettre à ceux qui ne le connaissaient pas de découvrir Au-delà de nos rêves (comme moi). Il n’y a aucun bonus et la qualité de l’image s’approche plus de celle d’un DVD,

Sortie en Blu-Ray le 03 mars.

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Miss Bobby_Blu-Ray Respire

Miss Bobby_Blu-Ray Respire C’est un conte pour adolescentes : trouver la meilleure amie qui nous fera vivre de grandes aventures, qui nous prendra telle qu’on est et qu’on admirera plus que tout. Seulement voilà, tous les contes ne sont pas de fées. Elles sont sûres d’elles, elles émanent quelque chose d’indestructible et d’insaisissable, elles attirent l’œil des garçons par leur confiance, les autres filles veulent être comme elle. Telle une sirène, elle envoûte et vous embarquera très bas dans les bas-fonds sans même que vous vous en rendiez compte. Et elle vous y laissera, un boulet au pied au cas où vous seriez tenté de remonter à la surface.

C’est ce qu’a raconté Mélanie Laurent avec son second film Respire, cette amitié qui donne des ailes et qui vous détruit, pour laquelle vous seriez prêt à tout par pure naïveté, aveuglé par votre passion. Un titre tout en nuance pour un sujet qui touche beaucoup plus de personnes qu’on ne le croie. Cette amitié qui vous donne l’impression de respirer à pleins poumons et finalement, qui vous étouffe, tuant à petit feu tout brin de gaieté qu’il vous reste. Un film puissant, jouant avec subtilité sur les cordes, emprisonnant sa victime comme elle emprisonne le spectateur dans ce tourbillon d’émotions vertigineux.

Mélanie Laurent nous laisse comme son héroïne, Charlie, perplexes, partagés, naïfs et plus que tout, elle nous insuffle cette capacité à pardonner. Pardonner le mal-être, pardonner les écarts, parce qu’au fond, cette destruction ne peut avoir qu’une origine, un être ne peut pas être profondément destructeur envers les autres, non ? Elle nous pousse à rejeter nos limites toujours plus loin, à nous endurcir, à subir. Quoi donc ? L’amitié malsaine, la sexualité chamboulée, l’amour incompris, les doutes, les peurs… soi-même.

Les actrices (Joséphine Japy et Lou de Laâge) illuminent l’écran par leur beauté, qu’elle soit sauvage ou inoffensive, par leur talent de jeunes premières et par ce je-ne-sais-quoi de pureté.

Respire, c’est essayer de comprendre que l’on peut se perdre, très vite, mais surtout, c’est ne pas oublier de se retrouver. Chacun y verra son interprétation.

Miss Bobby_Respire

Bonus :

– Entretiens avec Mélanie Laurent, Joséphine Japy et Lou de Laâge : Les deux actrices expliquent le caractère de leur personnage respectif et leur amitié passionnelle. Elles abordent leur expérience du lycée et de la perversion.

Les deux actrices et la réalisatrice sont parties en week-end à la campagne pour explorer le scénario, le travail à faire tout en passant un très bon moment. Mélanie Laurent a voulu, avec ce week-end, créer un lien entre Lou de Laâge et Joséphine Japy, afin de faire ressortir l’amitié, qu’elle soit plus réaliste à l’écran.

Mélanie Laurent parle du roman Respire qu’elle a lu il y a 15 ans et qui est revenu comme une évidence. De la fascination que nous pouvons développer pour une personne et la souffrance que nous pouvons endurer par amour. Pourquoi ces personnalités très confiantes font si peur ? L’atmosphère qui se dégage du lycée, cette enceinte où les jeunes y sont 80% du temps, le microcosme qui y vit. Elle a voulu faire un éloge de la faiblesse en rendant la parole à ces victimes, en espérant réveiller les mentalités.

– Bande-annonce

Sortie en vidéo le 25 mars.

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Miss Bobby_Blu-Ray Une Nouvelle amie

Miss Bobby_Blu-Ray Une Nouvelle amie La femme, sujet o combien complexe à traiter et à déchiffrer, sensible qui peut très vite se vexer à la moindre contrariété, que ce soit au cinéma ou dans la vie (et je sais de quoi je parle). François Ozon l’a bien compris depuis un moment en la mettant plusieurs fois en avant dans ses films et il en rajoute une couche en adaptant la nouvelle A new girlfriend (qu’il s’était amusé à adapter en court métrage). Et pour enfoncer le clou, il a choisi un acteur des plus virils, adoré du public féminin, aux antipodes de la féminité : Romain Duris. Résultat : plus que réussi.

J’ai toujours eu cette méfiance avec les films d’Ozon, une fois sur deux je n’aime pas, du coup, grosse crainte avec celui-ci. C’était non-fondé et ça me rassure.

Avant tout, et cela n’engage que moi, Une nouvelle amie honore la femme dans ce qu’il y a de plus pur, de plus profond, de plus émotionnel tout ça retranscrit à travers le corps et l’esprit d’un homme. C’en est incroyablement troublant et terriblement émouvant. Romain Duris laisse tomber les masques pour faire ressortir sa part de féminité et bien au-delà. On le regarde de la tête aux pieds, au fond de ses yeux, de son regard, et on n’y voit qu’une femme, oubliant totalement l’homme et l’acteur.

Mais ce n’est pas tout, le film n’est pas qu’une ode à la femme, à la féminité, c’est aussi une histoire d’identité en tant que soi dans la société en assumant sa différence, son originalité, en repoussant ses doutes et ses peurs vis-à-vis du regard des autres. Également d’identité sexuelle, essayer de comprendre les changements quand ils ne sont pas « logiques » ou pas naturels par rapport à ce qu’on suivait dès le départ. Accepter les bifurcations que nous opérons avec nous-mêmes, ce qui demande une grosse remise en question.

Une nouvelle amie c’est prendre conscience de son identité, face aux autres et face à soi-même. Se libérer des clichés et des conventions trop ancrés dans la société. Accepter l’amour et l’amitié différemment. Se sentir femme, dans un corps d’homme, dans un corps de femme, dans la tête d’un homme, dans la tête d’une femme.

Le film fera certainement jaser avec cette histoire stupide de genre et de parentalité peu ordinaire. N’ayant pas l’esprit étriqué, j’ai laissé l’émotion parler d’elle-même par la justesse de la sensibilité de Romain Duris (qui était une évidence pour ce rôle) et la délicate réalisation de François Ozon.

Miss Bobby_Blu-ray Une nouvelle amie

Bonus (85 minutes) :

– Making of : Transformation de Romain Duris en actrice. Essais maquillage, coiffure, prothèses et démarche. Préparation minutieuse des scènes, des décors et des raccords, la difficulté de tourner avec un bébé.

– Scènes coupées

– Entretien avec Anaïs Demoustier : explications sur le casting et le travail sur son personnage de Claire, beaucoup plus complexe et mystérieux qu’il n’y paraît. Le travail avec François Ozon, un réalisateur plein de malice. Elle nous dévoile beaucoup d’enthousiasme pour un tournage et film qui l’ont passionnée.

– Entretien avec Romain Duris : pourquoi a-t-il choisi ce rôle, comment a-t-il appréhender sa transformation radicale, ses références, l’analyse du personnage de David et l’impact de ce rôle sur sa vie.

– Entretien avec Virginia : le travail sur le maquillage, la place de Virginia en tant que femme. Comment s’est passé le tournage et le travail avec François Ozon.

– Essais costumes et lumière

– Essais pour l’amazone

– Projets d’affiches : les premières affiches autour de la transformation sont vraiment superbes.

– Bande-annonce

Note : prenez le temps de regarder Romain Duris en Virginia durant et entre les prises, l’importance qu’il accorde notamment à son vernis à ongles, la beauté de ses mains et sa gestuelle, au point d’en devenir un automatisme. Il aime admirer ses mains vernies, les mettre en valeur, ses jambes également. Ce sont des détails qui font toute la différence et qui son absolument fascinants.

Sortie en vidéo le 11 mars

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Miss Bobby_Lost River

Miss Bobby_Lost River Quand on devient la coqueluche des jeunes comme Ryan Gosling, et que vous annoncez que vous allez tourner votre premier film en tant que réalisateur, on vous attend au tournant. Pari réussi et virage bien amorcé ?

Ryan Gosling a choisi un titre des plus lyriques pour son Lost River, annonciateur de poésie et de rêverie. Mais que se cache-t-il vraiment sous cette rivière perdue ? Des rêves et des espoirs disparus, voire déchus d’une population qui, jadis, pensait vivre le rêve américain avec la maison, la pelouse et la barrière blanche. Un avenir radieux s’annonçait à eux, plein de promesses, les enfants jouant dans la rue, les voisins apportant des paniers de muffins, suffisamment d’argent pour ne pas s’inquiéter. Mais Lost River a fini par tout perdre, y compris son âme, ne laissant que des rues vides de tristesse où l’air y est lourd et macabre.

A Lost River, où la vie a été engloutie sous un réservoir artificiel, les gens tentent de survivre, semblable à des fantômes, sorte de coquilles vides errantes. Les personnages ont tous perdu quelque chose au fond d’eux, essentiellement leur raison de vivre, leur joie, leurs espérances, et les autres êtres viennent s’entasser dans ce lieu de villégiature lugubre et angoissant, cherchant un brin de sensations fortes pour se remémorer ce que c’est d’être vivant en côtoyant de très près l’image de la mort.

Miss Bobby_Lost River_Christina Hendricks

Lost River est un mélange à la fois onirique, coloré, sensible, macabre, horrifique, sombre, oscillant entre le fantasme d’un monde qui n’existe plus et la réalité froide et abrupte. Ryan Gosling souffle un vent glacial teinté de tiédeur glissant le spectateur dans un mal-être presque surréaliste, mais aussi édifiant quand on sait qu’il a existé (Lost River a été tourné à Détroit et s’en inspire). Le choix d’acteurs suffisamment connus est judicieux, permettant une certaine identification et limitant cette barrière public – personnages. Chacun interprète sa partition avec justesse, sensibilité, jouant avec la parcimonie et la timidité, laissant dégager une sorte d’élégance par la fragilité.

Ryan Gosling prouve qu’il a admirablement manoeuvré son virage de réalisateur et de directeur d’acteurs, ne tombant pas dans des clichés ou ne se fourvoyant pas dans un excès de références (on pensera notamment à Nicolas Winding Refn en voyant Lost River). Gosling ne fera pas l’erreur d’apparaître à l’image, même si au fond de nous, on aurait bien voulu le voir une micro seconde. Lost River n’est pas pour tous les yeux, il est à la fois métaphorique et fantasmagorique, il soulève des réflexions sur la société, sur l’être humain, et pourrait presque s’apparenter de loin à un monstre de foire : rebutant et fascinant, possédant mille et une facettes, ouvrant sur plusieurs degrés d’analyse et de compréhension.

Retrouvez la rencontre avec Ryan Gosling et Reda Kateb.

Sortie en salles le 08 avril.

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